Que voulez-vous, depuis quinze jours, le samedi n’est plus monopolisé par l’épisode hebdomadaire de
Doctor Who, il faut bien tuer le temps ! Et quel meilleur moyen de le faire que de se lancer dans une expédition à Londres avec deux amis pour aller voir la
Doctor Who Experience ?
Je remercie d’ailleurs Yann en passant d’avoir lancé l’idée (je n’y serais jamais allée seule), et Mathilde d’avoir supporté deux fans de Doctor Who surexcités (comprenez deux gamins) pendant une bonne partie de la journée, ce qui n’est pas toujours très facile.
C’est donc comme ça qu’on se lève à cinq heures du matin (
Paris s’éveille, la chanson est rigoureusement exacte d’ailleurs) un samedi pour aller prendre le premier Eurostar de la journée. Ce qui permet d’admirer le lever du soleil sur le chemin, ce qui n’est pas désagréable…
Ce qui est bien c’est qu’arrivés à Londres, on ne voit pas trop la différence, les français sont partout. J’imagine que c’est un phénomène connu par tous les touristes, mais à part les vendeurs dans les magasins, j’ai eu l’impression de n’entendre que des français. Même les bons vieux bus rouges sont estampillés français !
Bref une fois les pieds sur le sol britannique, direction le métro (vive
Neverwhere pour mémoriser les stations de métro) pour se rendre directement à la Doctor Who Experience, de peur qu’il y ait foule. Effectivement, il y avait foule, mais pour l’autre évènement hébergé dans les mêmes locaux (un truc de musiques impliquant des tambours à en juger par le titre). Du coup on s’est un peu gelés les pieds pour rien, mais on est fan ou on ne l’est pas…
Difficile de rater l’endroit, bien fléché à la sortie du métro et couronné d’un TARDIS au-dessus de l’entrée… Une fois à l’intérieur, on se paye une belle volée d’escaliers (à défaut de courir comme dans DW, on grimpe !) et on atteint enfin l’exposition.
Nous n’avions pas pris nos places à l’avance, du coup l’entrée nous est revenue à 20 £ (plus les frais de carte bancaire si j’ai bien compris le charabia du monsieur qui m’a vendu ma place), mais on peut faire quelques économies sur Internet si on les prend suffisamment à l’avance (trois jours avant ça revient au même avec les frais de transaction).
Bref après avoir fait scanner nos billets par un ouvreur qui à en juger par sa surexcitation mange la même chose que Ten au petit déjeuner, nous voilà dans une salle d’attente avec quelques petites choses pour passer le temps : le Dalek version WWII, les costumes de Vampires in Venice et des Silurians…
Et puis, en avant pour l’expérience interactive !
Je n’ai pas de photos à vous montrer vu qu’on n’avait pas le droit d’en prendre, en même temps c’eut été du gâchis de perdre son temps avec son appareil photo. On pourrait sous-titrer cette partie « comment rajeunir de vingt ans en cinq minutes ».
En effet, dès qu’on rentre là-dedans, c’est juste un pur moment de bonheur (youhouh une aventure avec le Doctor), d’émerveillement (on monte à bord du TARDIS !), avec quelques sueurs froides (vous savez qu’on a beau savoir que ce n’est qu’un machin téléguidé, un dalek c’est impressionnant ?).
Bref, tout à coup, on a quatre ans et on le vit vachement bien. Y’a des passages rudement bien faits (notamment le Starship UK et le TARDIS), et le Doctor est en grande forme comme toujours. Je n’ai pas compris tout son blablatage, mais il y a deux trois bons délires.
(Le Hello Shoppers ! vient de là, il nous traite de shoppers tout du long, avides pratiquants du shopping, un peu comme pour nous prévenir qu’il faut prévoir la carte bleue à la fin de l’expo…)
Et ensuite, on attaque l’exposition à proprement parler qui est sacrément riche… Je suis ressortie avec plus d’une centaine de photographies et j’ai pris à peu près tout à en photo. Doctor Who me fait perdre tout sens des réalités, que voulez-vous…
La part belle est donnée au Doctor bien sûr, avec les costumes de toutes ses incarnations. C’est vraiment à partir du 3e qu’ils ont commencé à s’amuser question costume, par contre ce n’est pas plus mal qu’ils soient revenus des excès du sixième (et dans une moindre mesure du septième), parce que ça pique un peu des yeux.
Nos Doctors actuellement sont nettement plus sobres :
Et au centre, on trouve le costume de Eleven (sur un mannequin particulièrement raté, ils auraient mieux fait d’oublier la tête comme pour les autres), devant le TARDIS.
A part ça, on trouve quelques objets…
Et un bon paquet de monstres en tout genre.
Dont de terrifiants Silence planqués au plafond.
Une belle galerie qui retrace l’évolution des Cybermen à travers les époques (et les progrès techniques)
Des daleks en tout genre… J’ai beaucoup aimé celui-ci, le premier dalek de
la saison 1 de 1963. Quel n’a pas été mon choc de découvrir que ses protubérances étaient bleu ciel ! Bah oui ces épisodes-là sont en noir&blanc, on imagine pratiquement que tout ce qui est filmé est en nuances de gris quoi !
On trouve à peu près toutes les créatures des cinq dernières saisons, Slitheen, Sycorax, Sontaran… Et puis quelques bouts de décors :
Le TARDIS de Nine et Ten, avec un écran qui vous rediffuse la régénération de Tennant. Du coup on ne reste pas trop longtemps dans cet endroit sous peine de se mettre à pleurer. Si si je vous jure !
On a aussi un TARDIS des anciennes saisons, au look résolument minitel !
Et puis bien sûr, il y a aussi les costumes de tous les compagnons de l’air moderne. Je ne vais pas tout vous mettre mais ça fait plaisir de voir celui de la petite Amelia…
Celui de Donna… quoique je suis un peu déçue qu’ils fassent une telle fixette sur les fringues de Journey’s End pour pratiquement tous les compagnons de l’ère RTD, avec Rose et Martha ça fait vraiment le trio veste en cuir !
Et Jack bien sûr, dont l’usure du manteau est assez impressionnante. Il doit représenter un bon budget fringues sur les tournages lui !
Et puis il y a aussi une reconstitution d’un bureau du Art Department de la BBC (dont le bordel fait peur), des maquettes pour montrer comment construire un ood, et des panneaux de signalisation bien délirants
Cerise sur le gâteau, quelques morceaux de la saison 6 sont également présents, en plus des Silence. On trouve en fin de parcours un ganger et surtout…
La console du Junk Tardis et la robe d’Idris de
The Doctor's Wife. Il n’y a rien de la deuxième partie de la saison 6 (je ne vois pas où ils les mettraient ceci dit), mais il y a déjà largement de quoi baver.
Inutile de dire que quand on arrive à la boutique, on est fin cuits et prêts à vider nos porte-monnaie, d’autant plus qu’il y a du goodie pour tous les goûts, de la trousse scolaire, du puzzle, des romans, des dvds, des legos, des figurines, des tee-shirts…
Je suis restée relativement sage vu ma récole finale :
Le plutôt joli livret de l’exposition, un porte-clefs TARDIS (à défaut d’avoir la clé du TARDIS, je compense !) et quelques badges en tout genre qu’il faudrait que je pense à utiliser un jour (mais j’aime bien les accumuler comme souvenirs sur mes étagères, ça vaut bien les cartes postales !).
Une fois dehors, nous sommes allés manger dans une pizzeria (ce qui n’est pas franchement typiquement anglais, mais les pizzas étaient très bonnes, et le numéro du serveur avec la râpe à fromage carrément inattendu), avant d’attaquer la deuxième visite geek de la journée, et de loin la plus cruelle :Forbidden Planet
J’en avais entendu parler, je connaissais largement sa réputation de temple de la geekerie et de lieu de damnation éternelle, mais je vous avoue que je ne m’attends pas à ça. Ce n’est quand même pas souvent qu’on se retrouve dans un magasin à ne plus savoir où donner de la tête tellement il y a de choses à voir.
Mais plus que la partie goodies, extrêmement riche en elle-même, c’est le sous-sol de Forbidden Planet, la partie librairie/dvd qui m’a le plus impressionné. Je crois même que mon cerveau a complètement freezé à un moment.
Le rayon comics qui n’en finit pas, les étagères entières consacrées à Star Wars ou Doctor Who, et même la rayon romans SFF n’est pas inintéressant du tout. Et surtout on trouve des livres qu’on ne verrait nulle part ailleurs. Comme un Where is the Doctor ? par exemple (plus facile mais aussi rigolo que les Où est Charlie ?).
Histoire de ne pas consacrer notre journée à nos activités geeks, on s’était donnés un créneau de vingt minutes, pour rester presque une heure dans la boutique au final. Et personnellement je n’aurais pas dit non à une heure supplémentaire pour faire le tour complet des lieux !
Comme il ne me serait pas venu à l’idée de repartir les mains vides, je me suis fixée une somme à dépenser et j’ai rempli mon panier en fonction, histoire de rester un minimum raisonnable.
Du coup j’ai craqué pour deux albums de Gaiman qui me manquaient :
Et histoire de bien enfoncer le clou sur le caractère particulier de cette boutique, si
Blueberry Girl est un exemplaire tout à fait classique,
Crazy Hair est dédicacé.
Bon c’est pas pareil que d’avoir vu l’auteur, mais quand même, ça a son petit effet. Et puis histoire de me consacrer à mes autres passions geeks, j’ai investi dans The Jedi Path, un sympathique livre Star Wars.
Après ça, nous avons rangé nos tenues de geeks (ou presque) histoire que Mathilde profite aussi de sa journée. Nous nous sommes donc reconvertis dans le tourisme, et nous sommes partis en balade dans les coins bien touristiques. Enfin remarquez, on peut associer les deux casquettes, c’est pour ça que j’ai pris ça en photo à Picadilly Circus
Nous sommes ensuite passés devant Buckingham Palace, où on s’est demandé si cette statue n’était pas dans Blink.
Après vérification (Yann avait l'épisode sur son téléphone, on est geek ou on ne l'est pas), ce n’est pas le cas. Nous avons continué notre router le long de Saint James Park, où je n’ai jamais vu autant d’écureuils de ma vie.
Le pire c’est qu’ils ne se soucient guère des humains, ils vaquent à leurs occupations comme si de rien n’était. Je veux bien échanger quelques pigeons parisiens contre des écureuils londoniens, c’est tout de même plus sympathique.
Nous avons terminé notre circuit par Big Ben (of course) et Trafalgar Square, avant de nous rapatrier vers la gare, littéralement morts de fatigue. Nous nous sommes affalés sur un banc en attendant le départ, tout en admirant nos achats.
Et c’est là que j’ai fait ma dernière affaire de la journée, bien que n’ayant plus un sou en poche (en vérité il me restait une livre sterling dans mon porte-monnaie).
Yann s’est rendu compte que son exemplaire de The Brilliant Book 2012 de Doctor Who était abîmé, et il était trop tard pour retourner le changer. Du coup il a racheté un exemplaire dans une librairie à la gare (c’est pas en France qu'on trouverait ce genre de choses à la gare), et j’ai hérité de l’exemplaire défectueux. C’est Noël en avance ! Et c’est donc le sac à dos bien plein que je suis rentrée chez moi, à minuit bien sonnée.
C’était une journée bien remplie, et Londres est une ville très intéressante à visiter (à vrai dire je vous épargne mes commentaires sur l’architecture parce que sinon cet article va atteindre les 3000 mots). Je compte bien y retourner, sur une durée un peu plus longue, histoire de profiter pleinement de Forbidden Planet, et de visiter quelques musées également (on n'est même pas allés voir les Tournesols de Van Gogh à la National Gallery, pourtant on serait resté dans la thématique...).