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vendredi 1 mai 2026

Aspects – Ian McDonald

Couverture de la novella Aspects

Dans la série des motivations improbables, j'ai commencé ce texte car une collègue de boulot l'avait lu récemment et voulait avoir mon ressenti tant il l'avait laissée perplexe. Du coup ce qu’elle m’en a dit m’a titillé et je l’ai commencé plus tôt que prévu. Mais j’aurais sans doute fini par y venir car il fut un temps où je lisais du Ian McDonald à foison, et mon blog me dit que je n’ai rien lu de lui depuis 6 ans. 6 ans !

dimanche 21 juin 2020

Le temps fut – Ian McDonald

Le temps fut - Couverture

Voilà bien longtemps que je n’avais pas consacré un peu de temps à Ian McDonald, un auteur que j’apprécie pourtant beaucoup. Heureusement, la collection Une heure-lumière est là pour me permettre une petite escapade dans ses univers, en attendant que je me replonge dans sa trilogie lunaire.

samedi 30 septembre 2017

Luna : Nouvelle Lune (Luna 1) – Ian McDonald


Cela faisait un petit moment que je n’avais pas lu de Ian McDonald (alors que j’ai La petite déesse dans le collimateur depuis longtemps), mais l’été étant propice à la conquête spatiale, j’ai voulu m’intéresser à son dernier né, Luna, premier tome d’une trilogie ( ?) qui nous emmène visiter notre satellite dans le futur.

dimanche 27 septembre 2015

Le fleuve des dieux - Ian McDonald


L’an dernier, après quelques démêlés avec le très étrange Brasyl, j’avais mis en pause mon exploration de l’œuvre de Ian McDonald. Il était grand temps que je m’y remette, en partant cette fois-ci visiter l’Inde du futur qu’il a imaginé pour son roman Le fleuve des dieux.

Direction donc l’année 2047, où l’Inde est toujours animée par des divisions intérieures, où la pluie se fait attendre depuis plusieurs années et où les intelligences artificielles sont légions (on parle d’aeai). Grâce à neuf personnages différents dans les destins se croisent dans la ville de Vârânacî, le roman nous balade dans toute la société indienne, dans un monde qui semble à la fois très proche et très éloigné du nôtre.

Difficile de ne pas penser à La maison des derviches en lisant Le fleuve des dieux, je suis donc condamnée à faire cette chronique sous forme d’une gigantesque comparaison. Les deux romans étant construits à l’identique à quelques détails près, j’ai passé toute ma lecture à jouer au jeu des sept différences.

On a affaire à la même projection futuriste dans une ville qui sert pratiquement d’unique lieu de décor (ici Vârânacî, Istanbul du côté des Derviches). On suit la même ribambelle de personnages dont les histoires finissent par se croiser. On se retrouve une fois encore face à la même incroyable mise en scène d’une culture qu’on ne connaît pas forcément beaucoup, ou uniquement des clichés (ici l’Inde).

Et à l’image de La maison des derviches, Le fleuve des dieux n’est pas facile d’abord, surtout si on se laisse engloutir sous les termes indiens qui ponctuent le récit et les dialogues (le lexique à la fin est un modèle d’inutilité, je ne l’ai jamais ouvert pour les mots qu’il propose, toujours pour ceux qui n’y étaient pas !).

Cependant, peut-être parce que j’étais familiarisée avec le mode de récit, et sans doute grâce à mes vagues souvenirs de mes cours d’art indien (et ses éléments de mythologie), je suis rentrée bien plus facilement dans Le fleuve des dieux, et j’ai trouvé la lecture aisée.

Cela tient aussi, je pense, à une intrigue qui se n’éparpille pas tant que cela (tous les personnages se croisent assez rapidement ou finissent par évoluer dans la même direction), et une partie scientifique relativement facile à comprendre, qui s’intéresse principalement à la question de l’intelligence artificielle (un sujet qui parle à tout lecteur de SF).

Du coup en se lançant dans Le fleuve des dieux, on part dans un voyage fort exhaustif (on aborde à peu près tous les aspects de l’Inde), qui nous projette dans un futur proche qui sonne tellement juste qu’on pourrait le croire déjà réel. Inutile de dire que les différentes étapes du périple ne laissent pas indifférent, et que les parcours des différents personnages soulèvent de nombreuses questions et réflexions.

Un univers extrêmement travaillé (et sans aucun doute très documenté), une belle galerie de personnages (il n’y a guère que Shiv qui ne m’a pas trop parlé), une histoire plutôt prenante… et pour couronner le tout, ces ingrédients sont sublimés par une très belle écriture (et je me permets de saluer au passage le boulot de Gilles Goulet, le traducteur, j’ai idée que ça n’a pas dû être facile !).

Bref après la déception de Brasyl, je suis ravie de renouer avec l’œuvre de Ian McDonald, une très belle science-fiction qui peut être difficile d’abord mais mérite qu’on se plonge dedans. Prochain objectif : La petite déesse, recueil de nouvelles dans le même univers.

CITRIQ

853 p.

mardi 27 mai 2014

Brasyl - Ian McDonald


Lorsque ce roman de Ian McDonald a été sélectionné pour la lecture de mai du Cercle d’Atuan, je me suis vaguement dit que trois McDonald en trois mois, c’était peut-être un peu beaucoup. Et effectivement, Brasyl a été le roman de trop, même si c’est la faute au roman en lui-même et non à l’enchainement des lectures.

Brasyl est un roman qui nous raconte trois histoires : il y a d’abord Marcelina, une productrice de téléréalité qui cherche en 2006 le concept qui la propulsera au sommet ; vient ensuite Edson, un jeune homme des années 2030 qui trempe dans de vilaines combines et se retrouve mêlé à des histoires d’ordinateurs quantiques des plus complexes ; enfin, au XVIIIe siècle, un prêtre jésuite cherche dans la forêt amazonienne un de ses frères qui aurait dévié de la voie.

Toutes ces histoires sont liées, d’abord par une unité de lieu (le Brésil), et par une histoire d’univers parallèles et de physique quantique que l’on découvre tant bien que mal au cours de notre lecture, et plutôt mal que bien, hélas.

Mais parlons d’abord des qualités de ce roman, car aussi laborieuse qu’ait été sa lecture, il y a quand même un truc qui m’a plu. Comme La maison des derviches (auquel il ressemble beaucoup au niveau de la structure) qui nous faisait découvrir la culture stambouliote, Brasyl est une incroyable plongée dans la culture brésilienne.

J’ai eu la même sensation de vertige, de découvrir un monde complètement différent, bref qu’on n’avait pas besoin de traverser une galaxie pour se confronter à des univers qui nous semblent étrangers voire parfois difficiles à comprendre. Ian McDonald sait vraiment y faire dans le domaine, et je n’ose imaginer la documentation nécessaire pour que son roman sonne aussi « vrai ».

Mais le problème, c’est que pour immerger encore plus le lecteur, il a truffé son roman de mots en portugais (traduits pour certains mais pas tous dans un lexique à la fin du livre), ce qui fait qu’on se retrouve assez vite noyé, et que la lecture en devient franchement laborieuse.

Et malheureusement, il n’y a pas que dans les dialogues qu’on se noie, mais tout au long de l’intrigue, tellement confuse que je n’en ai compris que quelques idées ici et là, mais que j’ai bien du mal à rassembler les morceaux ensemble. Je n’arrive pas à savoir s’il a trop délayé son histoire, ou si la moitié des explications de physique quantique s’est perdue en route.

Du coup même si j’ai bien aimé certains passages comme les idées d’émissions de Marcelina (plus trash c’est pas possible), la société ultra connectée d’Edson où l’on trouve des puces RFID jusque dans les sacs à main et où on peut copier des chaussures de marque sur une imprimante 3D, ou le parcours du Père Quinn en général (c’est de loin le plus facile à suivre), Brasyl a été une lecture laborieuse, presque frustrante puisque nos efforts ne sont pas récompensés à la fin.

Cela ne va pas me fâcher avec cet auteur pour autant (j’ai trop aimé ses autres textes pour ça), mais je vais faire une petite pause avant de me replonger dans ses œuvres. Et me concentrer sur les textes qu’il a écrit après Brasyl, qui m’ont l’air bien mieux fichus (si je me fie à La maison des derviches).

Avis des autres atuaniens :
Baroona, Hilde, Kissifrott

CITRIQ

dimanche 20 avril 2014

Etat de rêve - Ian McDonald


Jusqu’à maintenant, j’avais surtout découvert l’écriture de Ian McDonald au travers de romans plutôt épais. Etat de Rêve, c’est un peu tout le contraire puisque c’est un recueil de nouvelles (un format bien différent).

Et le moins qu’on puisse dire, c’est que Ian McDonald est aussi à l’aise dans le format court que dans le gros pavé. En trente pages à peine, il produit sans peine des histoires foisonnantes d’idées qui m’ont souvent évoqué la vieille SF des années 50 dans sa capacité à émerveiller le lecteur, l’aspect désuet en moins.

Et il fait cela sans pour autant en oublier le récit. Il s’amuse d’ailleurs beaucoup avec des modes de narration parfois étranges, insérant des histoires dans l’histoire, des interviews, ou lorsqu’il écrit à la deuxième personne. C’est parfois un peu déstabilisant, voire une source de confusion, mais cela s’associe à merveille aux univers mis en scènes.

En fait ce qui m’a frappé, dans les idées comme dans la structure, c’est la virtuosité dont fait preuve l’auteur, à tous les niveaux : il arrive à écrire des histoires à caractère plutôt fantastique en s’appuyant sur un arrière-plan de SF, tout en trouvant le temps de poser ses personnages, de monter une intrigue, d’interroger le lecteur et de susciter l’émotion.

A ce niveau-là, c’est pratiquement de l’orfèvrerie, et si toutes les nouvelles ne m’ont pas autant plu (comme toujours dans un recueil), je n’ai jamais été déçue du voyage. Du coup, je ne peux résister à l’envie de vous parler de chaque nouvelle en détail.

Rêves impériaux
Ce très chouette texte qui alterne avec brio les points de vue et les modes de récit nous raconte comment des scientifiques tentent de guérir des maladies incurables en plongeant les patients dans un sommeil artificiel où leurs rêves les aident à combattre cancer et autres cellules malades. Très prenant, et la résolution est touchante.

Scènes d'un théâtre d'ombres
Dans une sorte de Venise alternative du futur, un jeune homme fortuné cherche à se venger de l'homme qui lui volé la femme qu'il convoitait. L'ambiance étrange, à la fois futuriste et surannée imprègne tout au long de la lecture, et reste encore à l'esprit bien après.

Christian
Sur une plage, un jeune garçon rencontre un homme qui fait voler ses cerfs-volants à travers les dimensions. Encore une fois, on se retrouve avec une nouvelle qui semble se dérouler dans un futur lointain et pourtant légèrement désuet. Avec ses histoires dans l'histoire, c'est un très joli et très touchant récit de SF.

Roi du Matin, Reine du jour
Le titre vous semble familier, il s'agit en fait de la première partie du roman éponyme (qui était donc une nouvelle à l'origine). Je ne l'ai pas relu, mais de mémoire, c'est excellent !

La Roue de Sainte-Catherine (Notre-Dame de Tharsis)
Le dernier voyageur d'un train de voyageurs sur Mars, du point de vue d'un petit garçon. Là encore, on retrouve ces univers décalés où l'émerveillement est au rendez-vous, sans pour autant oublier la SF. Ian McDonald a vraiment le sense of wonder dans la peau !

Portrait inachevé du Roi de la Douleur, par Van Gogh
Cette nouvelle nous plonge dans l’esprit de Van Gogh, alors qu’il sombre petit à petit dans la folie à cause de l’intervention du Roi de la Douleur, un étrange personnage venu du futur. Un récit très documenté qui se révèle aussi brillant que touchant.

L'Île des morts
Une fois par an, les vivants ont le droit de visiter leurs morts sur une île. Un homme cherche donc sa femme la veille de la Toussaint. Etrange conte fantastique avec un prétexte de SF, c’est encore un texte aussi émouvant qu’intelligent.

Radio Marrakech
Dans un futur où la société se divise entre ultras (dont les perceptions ont été augmentés par un produit chimique) et vulgs (les autres), on suit l’évolution d’un couple formé d’une ultra et d’un vulg. Comme cette histoire prend son temps pour se dévoiler, j’ai un peu peiné à rentrer dedans, mais encore une fois l’ambiance particulière fait son effet.

En des cités singulières
Quatre hommes à la croisée des chemins racontent leur visite de villes particulières, une où le verbe domine, une autre où les vivants vivent avec leurs morts et ainsi de suite. J’ai eu un peu de mal à saisir le but de la nouvelle, mais les descriptions des cités sont très intéressantes à découvrir.

Vivaldi
Cette histoire un peu confuse parle de conquête spatiale et de mort et de disparition. J'ai eu beaucoup de mal à la comprendre à cause du côté très décousu de son récit, mais le parallèle dressé par la conclusion est plutôt joli.

Il faut ajouter à cet ensemble une excellente préface de Gérard Klein qui parle de la place de la nouvelle dans le monde de la science-fiction (à lire ici). Bref à tout point de vue, et jusque dans la préface, Etat de rêve est un excellent recueil de nouvelles, qui confirme tout le bien que je pense de Ian McDonald.

Je vais donc continuer à explorer son œuvre, et ça tombe à pic, la lecture commune du mois de mai sur le Cercle d’Atuan, c’est Brasyl, du même auteur. Elle est pas belle la vie ?

CITRIQ


jeudi 13 mars 2014

La maison des derviches - Ian McDonald


Le moins qu’on puisse dire à propos de Ian McDonald, c’est que c’est un auteur intimidant. Pas humainement parlant, mais ses livres semblent être (et se révèlent tous jusqu’à maintenant) de tels monuments que je les aborde toujours avec un mélange bien dosé de crainte et d’admiration.

C’est pourquoi après l’excellent Roi du matin, reine du jour, il m’a fallut plus d’un an (et maints rendez-vous manqués sous forme de livres empruntés et rendus sans avoir été lus à la bibliothèque) pour oser m’attaquer à un nouveau texte. Et tant qu’à fait, j’ai opté pour du lourd avec La maison des derviches (qui comme vous le savez tous a reçu le prix Planète-SF des blogueurs l’année dernière).

Avec ce roman, nous partons donc Istanbul, en 2027, alors que la Turquie a rejoint l’Union Européenne. Dans ce futur proche, l’auteur nous fait suivre le destin d’un certain nombre de personnages dont les destins finissent forcément par s’entrecroiser, suite à un attentat dans un tramway.

Nous avons donc un trader qui prépare le coup du siècle, une vendeuse d’antiquités qui part en quête d’un objet presque mythique, un jeune garçon à la santé fragile qui vit reclus au travers de ses robots, un vieil économiste à la retraite, une jeune diplômé en marketing qui se retrouve à vendre un projet de nanotechnologie révolutionnaire et un jeune homme qui suite à un attentat se retrouve avec la capacité à voir les djinns.

Le moins qu’on puisse dire à propos de La maison des derviches, c’est qu’il ne s’agit pas d’un roman facile. L’écriture extrêmement riche, les intrigues multiples, tout cela demande déjà des efforts, d’autant plus qu’on est projeté dans un univers qu’on ne connait pas forcément très bien.

Une histoire qui se déroule en France, aux Etats-Unis ou plus généralement dans le monde occidental, on est forcément toujours en terrain connu. Istanbul, c’est un peu un autre monde, à la fois très semblable et très différent, et je suis assez admirative du travail de l’auteur qui a sans doute multiplié les recherches pour un résultat qui n’est pas un catalogue de clichés, pas un documentaire, juste un portrait extrêmement vivant d’une ville.

Du coup les (cent) premières pages ne sont pas vraiment faciles, mais l’effort fourni est amplement récompensé : on finit par rentrer dans la ville, dans la peau des personnages, et on savoure cet ensemble extrêmement complet qu’est cette Istanbul de 2027.

Car c’est là tout l’intérêt du roman : il ne se contente pas de parler d’un aspect de la vie dans le futur, il les aborde tous : politique, économie, évolutions technologiques, place de la religion… chaque thématique aurait pu remplir un roman à elle toute seule, mais l’ensemble est suffisamment équilibré pour qu’on trouve son compte pour chacune.

Evidemment, on accroche plus ou moins à certaines parties à cause de cela (j’ai eu bien du mal à suivre les manipulations économiques du trader, j’étais bien plus à l’aise avec les aventures archéologiques de sa femme), mais on sort vraiment de La maison des derviches avec le cerveau qui bouillonne d’idées, et un émerveillement qui reste à l’esprit encore quelques jours après la lecture.

Un très beau roman donc, exigeant mais qui mérite qu’on fasse quelques efforts à la lecture. Je vais prendre le temps de le digérer, et je continuerai à coup sûr à lire les ouvrages d’Ian McDonald.

CITRIQ

mercredi 30 janvier 2013

Roi du matin, reine du jour - Ian McDonald


Lecture du mois de janvier sur le Cercle d’Atuan, Roi du matin, reine du jour est le premier roman de Ian McDonald que j’ai eu l’occasion de lire (jusque là j’avais un peu peur de tenter l’aventure), et je ne l’ai pas regretté. Ce roman de fantasy est absolument fascinant, évoquant un croisement entre un très bon roman de fantasy urbaine et La forêt des mythagos de Robert Holdstock.

Le roman met en scène trois femmes vivant à trois époques différentes. La première, Emily, fille d’un astronome, est littéralement fascinée par les fées. Jessica, la seconde, est une jeune femme très violente verbalement, qui semble se battre avec le monde pour mieux ignorer ses démons intérieurs. Quant à Enye, la troisième, elle ne semble guère plus saine d’esprit, sortant la nuit pour tuer des monstres fantastiques à coup de sabre.

Raconté comme cela, cette trame narrative ne ressemble à rien. Pourtant, à la lecture, les trois histoires s’emboitent à la perfection, pour former un roman fascinant qui nous fait traverser tout le XXe siècle et explorer avec talent le monde des mythes et des croyances.

Je parlais de Holdstock dès mon introduction, cela n’a rien d’un hasard, car Roi du matin, reine d’un jour est le premier roman que je lis qui m’évoque autant La forêt des mythagos dans sa façon extrêmement « crédible » d’expliquer l’origine des créatures fantastiques et des mythes (enfin du moins pour toute personne fascinée par le pouvoir des mots et des histoires).

Du coup, cela donne une fantasy certes très présente par le biais de tout son bestiaire (des fées, des guerriers mythiques, des simili-magiciens et même un semblant de loup-garou), mais une fantasy subtile et légère, qui n’y va pas avec ses gros sabots, ce qui est particulièrement appréciable à mes yeux. Et ce n’est pas la seule qualité de ce livre, loin de là.

J’ai également beaucoup apprécié la façon dont Ian McDonald construit ses personnages. Ses trois personnages principaux auraient dû logiquement me porter sur les nerfs, vu leurs caractères respectifs, et pourtant je me suis surprise à toutes les aimer.

Ce sont en effet des personnalités complexes, de jeunes adultes qui se cherchent, et qui sous des façades pleines d’assurance se révèlent souvent complètement en vrac à l’intérieur (soyons honnêtes, elles sont toutes un peu folles aussi, mais elles ont leurs raisons). Bref ce sont trois belles héroïnes féminines, qui viennent souvent avec un beau casting de seconds rôles (j’ai beaucoup aimé Gonzague et Tirésias, et la famille d’Enye où tout est dans le non-dit).

Et puis, il faut le dire, ce livre est merveilleusement écrit. La première partie, recueil d’extraits de journaux personnels, de correspondance et autres documents, est un petit bijou de narration alternative. Quant aux deux autres parties, si elles reviennent à un mode de narration plus convenu, elles n’en sont pas moins très agréables à lire, avec tous les liens subtils entre les parties qui rendent la lecture plutôt didactique.

Certains passages sont sublimes, touchants, mais à ce sujet, je vous invite à me croire sur parole, j’étais tellement prise dans l’histoire que j’en ai complètement oublié de relever des citations !

Pour moi qui peine un peu sur la fantasy ces temps-ci, ce genre de texte est une bénédiction. Porté par une très belle écriture, intelligent, s’éloignant des stéréotypes tout en s’en moquant parfois discrètement (il suffit de voir l’épilogue), Roi du matin, reine du jour me rassure : il y a encore de bons textes de fantasy à découvrir, des choses différentes, qui seront susceptibles de me toucher.

Vous l’aurez donc compris, ce roman a été un gros coup de cœur pour moi (le premier de l’année !), et il ne fait nul doute que je vais m’intéresser aux autres textes de cet auteur. Si vous avez des suggestions de titres à lire en priorité, d’ailleurs…

Avis des autres atuaniens : Julien, Lorkhan

CITRIQ