
Lorsque j’ai annoncé que je comptais lire Palimpseste cet hiver, Lune s’est fendue d’un « bon courage » qui ne m’a pas vraiment rassuré, d’autant plus que j’avais lu des avis partant dans tous les sens sur cette novella. Mais je me suis tout de même jetée à l’eau et je ne le regrette pas, car cette lecture a été un réel plaisir.
Pierce est un agent de la Stase, une société/confrérie/secte (bref un regroupement de gens) qui se servent du voyage dans le temps pour assurer la survie de l’humanité, d’une part en collectant toute son histoire, et d’autre part en « réensemençant » la planète Terre à chaque fois qu’une catastrophe détruit l’humanité.
Sauf qu’à force de réécrire l’histoire dans tous les sens, il devient très difficile de démêler le vrai du faux, et pour les agents de la Stase la vie n’est pas franchement facile (et complètement désordonnée). Et c’est encore plus vrai pour Pierce...
Palimpseste, c’est l’exercice d’écriture sur le voyage dans le temps poussé à son extrême, avec un côté hard science assez prononcé mais que j’ai plutôt apprécié pour une fois, car il sert bien la narration, du reste assez bordélique.
En effet, celle-ci saute d’un fait à un autre, à travers les époques et à travers la vie de Pierce, pas forcément dans le désordre, mais avec beaucoup d’ellipses, un peu comme des fragments d’une histoire dont on aurait perdu ou réécrit des morceaux en route (ce qui est très probablement le cas, sans quoi la novella ne porterait pas un tel titre, un palimpseste étant un parchemin gratté pour être réutilisé).
C’est vraiment le genre de récit que j’adore, Palimpseste est donc passé comme une lettre à la poste, d’abord pour son côté voyage dans le temps poussé à l’extrême, mais aussi pour l’histoire de la Terre à une échelle astronomique (plus qu’humaine).
L’auteur se fend en effet d’une large extrapolation sur la futur de la Terre, à une échelle de temps qu’on ne considère habituellement que peu, où les milliards d’années défilent comme des jours, et où l’on voit l’univers évoluer et les galaxies bouger. C’est assez rigolo comme mise en perspective, on se sent minuscule du coup.
Certes la fin ne semble pas en être une, mais c’est le format qui fait ça (la novella est quand même un format un peu bâtard, et Palimpseste en est un très bon exemple, avec son univers trop grand pour en faire juste une nouvelle, et son intrigue trop courte pour en tirer un « vrai » roman).
Mais pour ma part, j’ai passé un excellent moment de lecture avec ce petit texte (que j’ai dévoré en une journée, c’est l’avantage des novellas, on les commence en allant bosser le matin et on les termine en rentrant le soir !), qui a d’ailleurs obtenu le prix Hugo de la meilleure novella en 2010 (comme ça on est sûr qu’elle rentre dans cette catégorie !).

