samedi 11 janvier 2020

Doctor Who 12x01-02 – Spyfall


Oh là là, un an sans Doctor Who, cela semble inconcevable et presque banal si on regarde les diffusions de ces dernières années. En même temps, si cela permet de prendre son temps pour soigner les intrigues et la réalisation, on ne va pas se plaindre. Et c’est plutôt l’impression que laissent ces deux premiers épisodes de la saison 12, comme nous allons le voir. Spoilers inclus comme d’habitude.


Le moins qu’on puisse dire c’est que cette nouvelle saison démarre en fanfare. Le rythme est même carrément survolté dans ce premier épisode qui après un rapide coup d’œil sur le train-train quotidien du Docteur et de sa famille, nous embarque avec de mystérieux gars en costard dans une voiture tueuse (voilà qui faisait longtemps) à destination du MI6.

Après une (trop) courte apparition de Stephen Fry en chef du MI6 qui se retrouve à s’occuper d’affaires aliens étant donné qu’UNIT a disparu (oh, une mention de Torchwood aussi !), le ton est donné : un mystérieux complot alien menace la Terre et notre fine équipe va s’improviser agents secrets pour le déjouer.

Le schéma est un grand classique de Doctor Who, mais fonctionne toujours à merveille, d’autant plus que la menace reste assez obscure et terrifiante dans le premier épisode. Si je ne me suis jamais trop inquiétée des aventures de Jas et Ryan en faux journalistes interviewant un faux PDG d’un faux Google (quoique la détresse de Jas après son passage dans le monde des créatures est poignante), j’ai trouvé la séquence en Australie avec l’attaque des mystérieux aliens assez flippante (oui des fois j’ai 8 ans devant Doctor Who).


Après des moments durs, le dernier quart de l’épisode est globalement plus léger, avec une intrigue qui s’amuse à refaire James Bond en version Doctor Who : on sort les costumes, on joue au casino et on fait des courses-poursuites en moto et en voiture. C’est gratuit mais ça fait plaisir, alors qu’on nage un peu dans le brouillard quant aux intentions des aliens et de leur allié humain.

Résultat, le final m’a complètement surprise. C’est d’autant plus drôle que j’avais été spoilée sur le retour du Master (je me suis désabonnée d'ailleurs du compte officiel de Doctor Who jusqu'à la fin de la saison à cause de cela), mais j’étais tellement prise dans l’intrigue qu’à aucun moment j’ai pensé à intégrer cet élément.

Sacré O, il cachait bien son jeu ! Et je dois dire que lorsque le masque tombe, on se régale de voir revenir ce personnage increvable qui n’a pas son pareil pour monter des plans complètement tarabiscotés pour venir à bout de son ennemi juré… Et j’adore son TARDIS ranch australien !


Nos héros étant tous dans la mouise à la fin du premier épisode de Spyfall, le démarre du deuxième est logiquement assez épique, au moins pour nos trois compagnons coincés dans un avion sur le point de s’écraser. J’ai beaucoup aimé la façon complètement timey-wimey dont ils s’en sortent, Ten aurait beaucoup apprécié (ça fait un joli clin d’œil à l’excellentissime épisode Blink).

D’ailleurs la façon dont ils sont ensuite pourchassés et les plans qu’ils échafaudent pour contrer Barton évoque carrément le final de saison 3, vous savez celui avec le Master qui est élu premier ministre et qui conquiert le monde à l’aide d’aliens…


De son côté le Docteur doit emprunter des chemins détournés pour retrouver ses compagnons. La voilà donc projetée au XIXe siècle où elle rencontre une mystérieuse et brillante jeune femme nommée Ada (pour citer Baroona, on identifie immédiatement le personnage si on a fréquenté certains blogs qui aiment lire les biographies signées par Catherine Dufour).

Poursuivie par le Master qui passe en mode full méchant machiavélique, les deux femmes débarquent en pleine Seconde Guerre Mondiale à Paris et rencontrent Noor Inayat Khan, la première femme agent secret envoyée en France comme opérateur radio.

Autant j’aurais aimé avoir une vision de Paris qui ne se limite pas à la Tour Eiffel (vous venez le faire quand vous voulez, le vrai épisode à Paris), autant il est agréable de voir le Docteur faire équipe avec deux personnages historiques féminins franchement badass.


La façon dont elle contacte le Master et la confrontation qui s’en suit au sommet de la Tour Eiffel est plutôt chouette. Et j’ai bien aimé aussi le fait que le Docteur efface la mémoire de ses deux acolytes du moment : c’est un bon compromis entre le plaisir d’intégrer des personnages historiques à l’intrigue et le respect de l’Histoire avec un grand H.

Une fois les péripéties temporelles terminées, il est temps d’assister au grand final. Si le plan du grand méchant avait son charme (transformer les humains en espace de stockage en exploitant leur amour de leur téléphone portable, ce n’est pas très original mais ça fonctionne), il est rapidement contrarié par le Docteur qui retourne les alliés du Maître contre lui. Je ne m’inquiète pas trop pour lui cependant, on l’a vu dans de pires situations.


La fin de l’épisode est consacrée à un petit voyage vers Gallifrey pour vérifier les dires du Master. On pensait en avoir fini avec le pathos autour de la destruction du monde du Doctor mais visiblement personne ne sait quoi faire de cet aspect de Doctor Who vu la promptitude des scénaristes à détruire la planète ou à l’envoyer dans une bulle spatio-temporelle coupée du monde !

Je suis un peu perplexe sur la question, mais il est intéressant de voir le fameux Timeless child de l’épisode 2 de la saison 11 (oui il fallait suivre) revenir sur le tapis, en espérant qu’il se concrétise comme vrai fil rouge cette fois. Mine de rien cela permet de donner un peu plus d’épaisseur à cette nouvelle incarnation du Docteur, et le dernier message du Master est je l’espère promesse de nouvelles confrontations.


Et voilà pour ce double épisode bien dense. Après une saison 11 plutôt tranquille, Chris Chibnall semble vouloir partir dans une direction différente, avec la réintroduction de plein d’éléments de la mythologie Doctor Who et la volonté de construire une intrigue plus complexe.

Globalement j’ai eu grand plaisir à retrouver toute la fine équipe, et si je trouve qu’il est presque trop tôt pour ressortir un ennemi aussi emblématique que le Master (il ne faut pas abuser du personnage et Missy n’est pas si loin que cela), la façon dont il est introduit et l’intrigue qui l’accompagne promettent de beaux moments.

Je n’ai pas beaucoup parlé des compagnons mais j’ai bien aimé leur rôle dans cet épisode. Jaz et Ryan font un duo formidable (d’autant plus agréable qu’on est loin de toute histoire d’amour, merci) et il est intéressant de voir le trio s’interroger enfin sur le passé du Docteur et la confronter sur le sujet.

Le prochain épisode nous dira ou non si ce double épisode était juste un moyen de lancer la saison en fanfare, ou si on va continuer comme ça sur dix épisodes.

Infos utiles : Spyfall est un double épisode (2x1h environ) qui ouvre la saison 12 de Doctor Who. Diffusé pour la première fois en 2020, il est écrit par Chris Chibnall et réalisé par Jamie Magnus Stone (partie 1) et Lee Haven Jones (partie 2).

D’autres avis :Yoda Bor (Episode 1Episode 2), Zakath Nath (Episode 1Episode 2). Si la VO ne vous fait pas peur, n'hésitez pas à jeter un oeil aux sites Den of the geek (Episode 1 - Episode 2), io9 (Episode 1 - Episode 2) et TV Tropes dont les avis et analyses sont de vraies mines d'or.

7 commentaires:

  1. Je ne regarde toujours pas Doctor Who mais je lirai tes billets avec intérêt, comme d'habitude. Cette saison est la deuxième avec la docteur féminine, c'est ça?

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    1. @Alys
      Oui c'est la 2e.
      Je ne désespère pas de t'intéresser à la chose un jour xD

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  2. "Let the spyyyy faaaaaaall". Hum.
    J'ai adoré le passage James Bond du premier épisode. C'est vraiment la quintessence du bon épisode de Doctor Who pour moi d'ailleurs cet épisode 1. Et si je me doutais que O n'était pas net, je n'avais pas envisagé cette option. C'est bizarre à dire pour un méchant - "méchant" - mais quel plaisir de le revoir !
    Ahah. Le timing entre la biographie et l'apparition d'Ada ici est assez incroyable. ^^
    Assez d'accord avec toi sur Gallifrey. Et vive le retour du fil rouge, en espérant que cette fois il se concrétise. ^^ En espérant que ce double épisode initial donne le ton pour toute la saison, mais ça commence vraiment bien.
    (Et toujours un plaisir de revivre les épisodes - er de voir si j'ai raté des subtilités (divulgachage : souvent) - via ton débrief. ^^)

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    1. @Baroona
      C'est toujours un plaisir de revoir certains méchants, surtout celui-là qui arrive bien plus que les autres à mettre le Docteur en difficulté ^^.

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  3. Je sais que je ne suis plus trop présente dans le coin, mais là je ne pouvais pas résister...
    J'ai l'impression de ne pas avoir le même épisode que la plupart des fans. J’ai énormément de mal à comprendre les critiques positives que reçoivent ces deux épisodes !

    Le premier épisode était médiocre mais mieux que ce que Chibnall propose d'habitude mais bon, ça ne veut pas dire grand-chose… les compagnons étaient toujours globalement plutôt inutiles (même si Yaz comme journaliste était une bonne idée, pour une fois!), mais la parodie de James Bond était vraiment lourde, le casino n’apportait rien et la poursuite en moto puis avion faisait (mauvais) jeux vidéo...alors que si le Docteur avait été un tout petit peu maligne, elle aurait pu utiliser un autre cliché de l’espionnage : je parle au grand méchant sans en attendre beaucoup, mais j’en profite pour lui coller un traceur… ensuite, j’utilise le TARDIS pour le retrouver !

    Les aliens étaient prometteurs au début, mais leur motivation a été bâclée et vue 100 fois, c’est dommage, des aliensse déplaçant dans Internet et restant dans l’ombre aurait pu être intéressant… quand au PDG de Google, lui non plus n’a pas d’autre motivations que « bouh, je suis le méchant, et je suis là pour vous donner des leçons de morale pas subtiles » (je suis plutôt d’accord avec le fond en plus, mais la manière...)

    Ah, et MI6 qui ne reconnaît l’existence des aliens, c’est d’une idiotie sans nom, il n’y a pas de reboot de l’univers pour le justifier cette fois, et c’est juste pas crédible et lourd !

    Et puis, il y a le gâchis du Maître… l’arc de Missy était intéressant, malgré sa fin ratée (Moffat power!), mais là, il est complètement nié, et on a un Maître méchant ET stupide ! Et pourquoi le révéler aussi tôt ? Ca aurait été bien plus prenant de développer « O ») pendant la saison en personnage secondaire sympathique (« aidant » contre les aliens mystérieux, par exemple), avoir des liens avec les compagnons (romance pour Yaz?)… rendant la révélation bien plus puissante !

    Ce nouveau Maître est une caricature cartoonesque sans charisme, profondeur ou vrai sentiment de menace… mais c’est sans doute pour se mettre au niveau de 13 !

    Et bien sûr, 13 apparaît particulièrement naïve voire stupide, se faisant manipulée presque jusqu’à la fin (elle ne gagne que parce que le scénario est avec elle, pourquoi ne pas avoir chercher le TARDIS du Maître au XIXème siècle quand il était blessé?!) ET agit en mode sociopathe en effaçant la mémoire de ses compagnes du jour (elle ne l’a jamais fait pour Shakespeare, Churchill, Elizabeth Ier...), alors qu’elles ont été plus utiles et charismatiques que les compagnons réguliers en une saison (ils ont été particulièrement inutiles dans la deuxième partie de cette aventure!) ! Ada et Madeline étaient le seul bon point du deuxième épisode, même si j’ai compris tout de suite qui était Ada et que 13 aurait dû aussi (un complot lié aux ordinateurs, une Ada qui vient du XIXème siècle come on!).

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  4. Je suis dégoutée j’aime bien Jodie Whitaker et j’adore le fait d’avoir une Docteure, mais Chibnall est incapable d’écrire une incarnation cohérente et intéressante (elle est supposée être gentille et positive et efface la mémoire des gens sans leur consentement, sans même essayer de les convaincre de ne pas raconter ce qu’elles ont vu ou mieux, ne pas créer de paradoxes du tout en révélant tout en deux secondes sans que ce soit forcément nécessaire à l’intrigue!) !


    Le pire, c’est que certaines idées auraient pu fonctionner si elles avaient été mieux écrites ! Avoir le Maître apparemment méchant et travailler contre Gallifrey et les Time Lords (sans détruire Gallifrey, quelle idée redondante et inutile!) et ensuite suggérer le nature pourrie des dirigeants/fondateurs Time Lords (même si les fans de longue date n’auraient pas été si surpris que ça), ça, ça aurait pu m’impliquer émotionnellement, et aussi exploiter l’arc de Missy !

    De même, un plan qui nécessite d’agir sur plusieurs époques était une bonne idée mais aurait dût être exploitée sur la saison, ou au moins plusieurs épisodes !

    Bref, une saison qui démarre très mal et qui me déçoit, et pourtant après la dernière, je n’avais plus AUCUNE attente… je me demande si je ne vais pas arrêter la série tant que Chibnall est aux commandes !

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    1. @JainaXF
      Moi j'ai envie de remercier Chris Chibnall, du coup ça me permet d'avoir de tes nouvelles :D

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