vendredi 1 février 2019

Doctor Who – Resolution


Nous voilà enfin arrivés, au terme de onze épisodes, à la fin de cette nouvelle saison de Doctor Who. Certes cet épisode spécial du Nouvel An ne compte pas vraiment dans la saison, mais il sonne tellement comme une conclusion qu’il est difficile de ne pas le considérer comme tel. Voyons voir ça avec des spoilers.


Tout commence avec une bataille légendaire, un ennemi découpé en trois morceaux et dispersé aux quatre coins du globe, et par la redécouverte d’une partie de cet ennemi par des archéologues (forcément, j’ai envie de dire).

L’identité de l’ennemi ne reste cependant pas longtemps un mystère. J’avoue que j’aurais bien aimé que cela reste une surprise jusqu’à la diffusion de l’épisode, mais comment voulez-vous ne pas savoir quand tout le monde se réjouit dix jours avant sur les réseaux sociaux de voir revenir un ennemi emblématique du Docteur dans cet épisode. Mais passons.


Tant qu’à continuer à jouer les comparaisons entre cette saison et la saison 1, nous avons donc ici le pendant de l’épisode Dalek, qui remet sur le devant de la scène nos poivrières steampunk préférées. Comme dans Dalek, l’idée est rappeler leur dangerosité en mettant en scène une seule de ces créatures qui sans armure ni armes est capable de faire bien des ravages.

On pourra s’étonner que ces créatures soient également capables de contrôler des humains à la façon des Goa’ulds, mais pourquoi pas après tout, il faut bien qu’elles continuent à développer des capacités hors du commun pour tenir tête au Docteur. En tout cas, j’ai eu pitié de cette pauvre Lin qui se retrouve sous sa coupe pendant une bonne partie de l’épisode.


Comme un Dalek ne suffit pas à remplir à lui tout seul un épisode spécial, une deuxième intrigue s’invite à la fête sous forme du père de Ryan, qui décide finalement de rendre visite à son fils, avec son four à micro-ondes de Tchekhov qui va se révéler bien utile.

Après Graham, c’est Ryan qui termine sa quête personnelle, ce qui je l’espère devrait laisser toute la place nécessaire pour mettre Yaz en avant dans la prochaine saison. Parce que bon, si on laisse de côté son rôle de précieuse assistante du Docteur, elle reste toujours un personnage un peu transparent.


Une fois la menace identifiée, le Docteur décide de faire une chose intelligente (pour une fois) : contacter UNIT pour obtenir de l’aide. Bel effort de cohérence, mais manque de bol, entre deux saisons, UNIT a été fermé pour des raisons budgétaires (ce qui ressemble à une blague discrète sur le Brexit soit dit en passant). Dommage, le Docteur va devoir se débrouiller toute seule.

Heureusement, elle n’est pas seule, et elle a son équipe et… un four à micro-ondes. Tout cela est un peu grossier et prévisible mais tout le monde est mis à contribution et le père de Ryan trouve son utilité (pour se débarrasser du Dalek et rabibocher sa relation avec Ryan).


Après une mise en route un peu longue, Resolution se révèle être un épisode vraiment prenant. Le Dalek est effrayant à souhait et c’est chouette de voir le Docteur à la fois inquiète et déterminée à lui faire face, qui s’appuie sur son équipe mais n’hésite pas à les renvoyer à l’abri quand la situation devient trop risquée et que c’est à elle de faire le show. Après dix saisons d’incarnations torturées intérieurement, je crois bien qu’on tient là le Docteur le plus équilibré mentalement, et ça ne fait pas de mal.

Resolution est donc une excellente conclusion (plus réussie que The Battle of Ranskoor Av Kolos). C’est aussi le premier épisode de cette nouvelle saison à vraiment s’appuyer sur la mythologie Doctor Who, et il le fait plutôt bien. C’est de bon augure pour la suite.


Maintenant que tous les épisodes ont été vus (et chroniqués), il est temps de faire un petit bilan de cette saison, que j’attendais avec autant d’impatience que d’inquiétude, renouvellement complet oblige.

Et ma foi, je dois dire que je suis plutôt contente du résultat. Même si j’adorais la complexité de l’époque Moffat, j’apprécie ce retour à la simplicité. La saison dans l’ensemble y perd en ambition, mais cela permet de mieux développer les épisodes.

Et c’est sans doute l’atout principal de cette saison : si les épisodes sont moins nombreux, ils sont globalement soignés à tout point de vue : beaux visuels, personnages secondaires bien travaillés et des types d’histoires très différents. En cela cette saison 11 m’évoque un peu les toutes premières saisons de Doctor Who, et dans le bon sens du terme.

Bien sûr, tout n’est pas parfait. Si par exemple la multiplication des compagnons est une bonne chose, elle n’est pas complètement maîtrisée : si Ryan et Graham ont bien été développés, Yaz a du mal à s’affirmer comme autre chose qu’un compagnon générique. On pourra aussi reprocher à certains épisodes de trop jouer sur l’ambiance et d’oublier d’écrire une histoire, ou encore pointer du doigt certaines ambiguïtés morales (comme le cas des araignées).


Mais dans l’ensemble, ce nouveau départ est une réussite (pour moi en tout cas). Même si je regrette un peu le manque global d’émotions (je ne suis pas aussi attachée à cette saison que j’ai pu l’être à d’autres), j’apprécie la volonté de faire de nouvelles choses, avec une manière différente.

Je me rends compte d’ailleurs que je n’ai pas encore parlé du Docteur. En ce qui concerne le choix d’une femme pour ce rôle, je trouve toujours que c’est une excellente initiative, menée d’autant plus d’une main de maître que la série n’insiste pas tellement dessus et que tout semble couler de source. C’était la meilleure approche possible à mon sens.

Quant au nouveau Docteur, je suis assez étonnée au bout de onze épisodes d’avoir du mal à décrire cette incarnation. C’est sans doute dû au fait que Chris Chibnall ne nous a pas mâché le travail. On ne peut pas compter sur une phrase favorite, un tic particulier ou une fascination pour des objets improbables pour lui donner son caractère.

Cette treizième mouture est cependant plutôt guillerette, avide de savoir et ne fait pas trop dans le pathos, loin de ces incarnations qui perdaient parfois pied, écrasées par le lourd poids de leur passé. Notez bien que j’apprécie généralement les héros torturés, mais une fois encore, le changement fait du bien. Et je ne doute pas qu’elle aura l’occasion de développer des aspects plus sombres dans une prochaine saison.

Voilà pour cette saison 11. Doctor Who continue à changer, et si on est libre d’aimer ou non ces évolutions. En tout cas il ne fait nul doute que c’est ce qui garantit sa longévité, en proposant sans cesse une expérience renouvelée. Il est maintenant temps de remettre le TARDIS au placard jusqu’à l’année prochaine, non sans une petite larmichette en attendant les nouvelles aventures décalées de notre Docteur favori.

Infos utiles : Resolution est un épisode spécial de Nouvel an de Doctor Who. Diffusé le 1er janvier 2019, il a été écrit par Chris Chibnall et réalisé par Wayne Yip (environ 60 min).

D’autres avis : Yoda Bor, Zakath Nath

8 commentaires:

  1. Et là je suis heureux de ne pas être sur les réseaux sociaux, n'ayant ainsi pas été divulgaché de l'ennemi de l'épisode. ^^
    Sympathique épisode en tout cas. Mais je reste un peu déçu de cette saison : heureusement qu'il y a le nouveau Docteur qui sauve le tout, parce que c'est sinon une saison lambda, assez banale, sans vraiment de moments marquants - si ce n'est Pting ! Je me demande ce que l'on en penserait s'il n'y avait pas l'aura Doctor Who autour...
    Et puis, le "timeless child" bordel, elle est passée où cette intrigue?!

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. @Baroona
      Peut-être une prochaine saison ? Ou alors c'est une manière de troller l'époque Moffat avec ses fils rouges pas toujours très discrets, va savoir...

      Supprimer
  2. "nos poivrières steampunk" Exterminate Vert, Exterminate Vert.

    Cette épisode relève un peu le niveau, enfin.
    Cette saison ne m'aura pas beaucoup enchanté, j'ai beaucoup de mal avec cette actrice que je trouve assez inexpressive. Et la nouvelle équipe de production n'est pas au niveau de l'ancienne. Mais bon, j'attends tout de même la suite avec une certaine fébrilité.
    Et la grande question qui reste désormais, qu'est ce qu'on regarde en attendant ?

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. @Le chien critique
      Bah quoi, c'est une bonne description non ? (et franchement je pense que je risque plus l'extermination à laisser ma fille jouer avec des daleks en peluche - les pauvres-)
      Et en attendant j'ai repris Star Trek Discovery, un épisode par semaine, on garde le rythme comme ça ^^

      Supprimer
  3. Cette saison 11 est pas mal du tout, mais bon il faut avouer que je regarde Doctor Who plus par habitude et curiosité que par passion. Le nouveau docteur n'a pas réussi a changé ça (mais a tout de même réussi à changer un "bon j'arrêterais pas de regarder cette série?" en "allez ok on continue". Du coup pas de larmichette pour moi.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. @Tigger Lilly
      Pour moi aussi la passion est un peu partie (en vrai ça m'arrange un peu, j'ai pas de temps à y consacrer xD), ceci dit ça reste une petite friandise que j'ai toujours grand plaisir à regarder.

      Supprimer
  4. Cette nouvelle version du Docteur est effectivement sympathique mais sans plus pour le moment. C'est difficile de s'attacher à tout ce petit monde, et il y a eu peu d'épisodes vraiment marquants dans cette saison. J'espère que la prochaine sera plus riche en émotions !

    RépondreSupprimer