mardi 12 février 2019

L’enfant qui venait de l’espace – Robert Escarpit


Lorsque j’étais plus jeune, j’ai longtemps été abonnée à Je Bouquine, une revue qui proposait chaque mois un court roman et une adaptation en BD d’œuvres littéraires. Il y avait de tout dans les genres proposés, mais déjà à l’époque j’avais une prédilection pour les histoires de SFFF, et c’est donc celles qui m’ont le plus marquée. J’avais prévu de vous parler de l’une d’entre elles pour le challenge de Lune mais j’ai manqué de temps. Qu’à cela ne tienne, je vous en parlerais quand même !

L’enfant qui venait de l’espace de Robert Escarpit est une histoire publiée dans Je Bouquine, mais ce n’est pas n’importe quelle histoire. En effet, il s’agit du tout premier numéro de la revue. Et oui, de même que le premier prix Goncourt a été attribué à un roman qu’on classerait en science-fiction, le premier Je Bouquine était aussi une histoire de SF. Avec des illustrations de Caza. On croirait rêver !

Je ne l’ai pas découvert lors de sa sortie (je n’étais pas née), par contre il a été republié dans un hors-série estival et j’ai pu en profiter à ce moment-là. Je ne sais pas trop ce qu’il est advenu de ce magazine depuis (sans doute est-il toujours chez mon père), mais heureusement le roman a été édité sous forme de livre. Il est donc assez facile de se le procurer d’occasion sur Internet.

L’enfant qui venait de l’espace nous raconte une rencontre au sommet entre Isaac Asimov (oui oui, lui-même) et son personnage favori, l’éminente spécialiste des robots Suzan Calvin (le Z est sûrement là pour éviter des soucis de droits ?).

Oui déjà ça démarre fort pour un roman « à partir de dix ans », vu qu’on y fait référence à un grand classique de la SF, à son auteur et à un de ses personnages. Ceci dit le roman se lit très bien sans avoir connaissance de ces éléments, Robert Escarpit fournissant la plupart des éléments nécessaires à la compréhension.

Asimov et Suzan discutent donc, une discussion assez ubuesque étant donné qu’Asimov, en tant que créateur de Suzan, connaît très bien la jeune femme et sait très bien ce que l’avenir lui réserve. Sauf qu’il y a des choses qui ne collent pas avec ce qu’il sait, notamment une affection inattendue pour une plante verte. Suzan va donc lui raconter une histoire qui pourrait bien lui en apprendre des belles sur son personnage.

C’est assez marrant parce que je me rappelle avoir adoré cette histoire lorsque je l’ai découverte. Il se passe plein de choses, il y a des rebondissements, c’est parfois merveilleux, parfois drôle (quand Asimov se met en colère) et parfois triste lors de certaines péripéties de Suzan.

J’étais par contre complètement passée à côté de l’aspect WTF de ce roman qui met en scène un créateur et sa création, avec cet étrange jeu entre cet auteur qui pense tout savoir de son personnage et une héroïne de livres qui réserve de drôles de surprises à celui qui l’a créée. Et pourtant c’est ce qui fait toute la saveur de ce livre, ce petit côté « fanfiction » avec de multiples niveaux de lecture.

Je m’étonne presque qu’on ait choisi un tel texte pour lancer un magazine de lecture à l’attention de la jeunesse. Et en même temps je suis contente qu’on ait osé, parce que c’est important de ne pas prendre les jeunes pour des idiots, et ne pas hésiter à leur proposer des textes exigeants. Peut-être ne comprendront-ils pas tout de suite toutes les nuances, mais cela ne les empêchera pas d’y revenir par la suite.

Avec mes yeux d’adulte, j’ai relu avec plaisir L’enfant qui venait de l’espace. C’est un sacré roman d’aventure, qui a le mérite de mettre en avant un personnage féminin auquel on pourrait sans peine s’identifier (moi aussi je veux réparer des robots et énerver mon créateur !). Et c’est aussi un roman savoureux pour les lecteurs de SF plus aguerris qui apprécieront la plaisanterie sur l’auteur et son personnage. A découvrir et à continuer de faire découvrir à de jeunes lecteurs.

Infos utiles : L’enfant de l’espace est un roman écrit par Robert Escarpit et illustré par Caza. Publié pour la première fois dans le n°1 de Je Bouquine en 1984, il a ensuite été réédité au Livre de poche jeunesse en 1987 puis dans la collection Je Bouquine de Bayard en 1993. C’est cette édition qui compte 76 pages que j’ai lue.

D’autres avis : Le blog du Bélial’ en parle mille fois mieux que moi, d’ailleurs c’est de là que m’est venu l’idée de le relire !

14 commentaires:

  1. Oh le truc de malade ! Je l’avais lu en petit bouquin il y a environ mille ans. Plein de souvenirs qui reviennent...
    -le name dropping d’autres auteurs de SF.
    -le fait que lorsque j’ai lu les nouvelles du « Cycle des robots » je connaissais déjà le nom de Susan Calvin. Et les Trois Lois aussi...
    Je crois que c’est la première fois que j’ai entendu parler d’Isaac Asimov. Merci pour le souvenir :)

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    1. @Anudar
      Pour ma part à ma première lecture je connaissais Asimov uniquement parce que j'avais lu une adaptation de la première nouvelle des Robots en BD (dans Je Bouquine justement). Du coup quand j'ai enfin lu Les robots j'étais en terrain familier ^^

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  2. C'est vrai que ça a l'air sympa !
    J'ai été abonnée à Je bouquine à une époque aussi mais peu de temps, en fait mon principale abonnement était avant avec J'aime lire (pour les un peu plus jeunes) dont je garde de super souvenirs :P

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    1. @De Livre En Livres
      J'ai de très bons souvenirs de ces magazines. Et même des Belles histoires, des fois j'en relis certains avec la nouvelle génération et je me dis qu'il y avait du niveau ^^.

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  3. Incroyable, ça parait plus complexe - et peut-être même juste meilleur - qu'au moins la moitié des bouquins pour adultes. =O
    Par contre, ça aurait été encore plus drôle avec Isaac Azimov. =P
    (quelle erreur, tu as raté l'occasion d'avoir déjà une chronique en stock pour l'année prochaine ! =P)

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    1. @Baroona
      J'y ai pensé mais j'aime pas stocker les chroniques et la lecture était faite ^^

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  4. ça a l'air vraiment excellent, si je mets la main dessus je le lirai !

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  5. Merci pour le lien, Vert !
    Lune, l'édition Bayard Poche se trouve super facilement d'occasion sur les sites marchands. Et c'est vraiment une bonne et étonnante surprise.

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    1. @Erwann
      Je ne peux qu'appuyer tes propos, je crois que mon édition en très bon état m'a coûté 3 euros (dont 2,90 de frais de port xD)

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  6. Génial! Holàlà le retour en arrière de fou. J'ai dû lire des Je bouquine à l'école, bien que je me souvienne avec plus de précision de J'aime lire. Trop chouette que tu aies relu ce bouquin. Qui a l'air super bien en plus.

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    1. @Alys
      C'est un auteur français, je peux te le prêter en VO ;p

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  7. Vraiment super ! C'est trop bien de faire ce genre de relectures. Il a l'air chouette le bouquin en plus.
    (comme Alys, j'étais team "J'aime lire" quand j'étais gamine).

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    1. @Tigger Lilly
      J'ai aussi eu ma période J'aime lire (j'en ai même chroniqué un xD), mais bon je suis plus team Bayard Presse (j'ai été abonnée à presque tous leurs magazines je crois...)

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