samedi 28 avril 2018

La vérité sur l'affaire Harry Quebert – Joël Dicker


Bien que je lise principalement de la SFFF, il m’arrive de sortir de ma zone de confort au hasard des prêts d’ouvrage. C’est ce qui est arrivé avec La vérité sur l’affaire Harry Quebert, un roman que je n’aurais probablement jamais lu si on ne me l’avait pas prêté. Et j’ai passé un très bon moment avec, comme quoi il faut savoir enlever ses œillères de temps en temps !

Marcus Goldman est un jeune écrivain dont le premier roman a été couronné de succès. Il sèche cependant sur l’écriture de son deuxième roman, au risque de se retrouver au pied du mur avec son éditeur. C’est alors que son ami et mentor Harry Quebert se retrouve accusé d’un meurtre commis quinze ans auparavant, et qu’il décide de mener l’enquête pour l’innocenter.

Je ne savais du tout à quoi m’attendre en commençant ce roman (pour une raison toute simple sur laquelle je reviendrais en fin de chronique), j’ai donc été assez surprise de découvrir un polar qui m’a rappelé Twin Peaks (sans le côté décalé) ou Broadchurch dans sa manière de mettre en scène un évènement tragique qui fait ressortir tous les sombres secrets d’un petit village en apparence tranquille.

L’intrigue est très prenante et l’auteur sait très bien jouer des flash-backs pour capter l’attention de son lecteur pour qu’il ne s’arrête jamais de tourner les pages. Moi qui croyait ne jamais venir à bout d’un tel pavé vu l’état de fatigue dans lequel je le lisais, j’ai été bien surprise de le dévorer en deux semaines à peine, pressée d’avoir le fin mot de l’histoire et de découvrir tout ce que cachent les habitants d’Aurora.

La vérité sur l'affaire Harry Quebert est également agréable à lire pour sa construction, avec ses chapitres numérotés à l’envers entre lesquels s’intercalent des conseils d’écriture, ainsi que pour sa mise en abîme sur la figure de l’auteur et la question de l’écriture (c’est un livre plein de livres !).

Les presque 900 pages de ce roman se lisent donc très facilement et on se demande jusqu’au bout qui peut bien être le coupable, tant l’auteur nous égare sur de nombreuses fausses pistes. Mon seul regret est le final, où les révélations s’enchaînent à une telle vitesse qu’on finit par s’y perdre (à tel point que je ne suis pas sûre de me rappeler qui est vraiment responsable au final). J’aurais préféré qu’elles s’étalent un peu plus sur le dernier tiers du roman.

Voilà donc pour La vérité sur l’affaire Harry Quebert, une lecture prenante qu’on emmènera sans peine en vacances pour lire pendant le voyage ou sur sa chaise longue. N’ayez pas peur de sa taille, en dépit de l’absence de licornes et d’aliens on passe tout de même un très bon moment et les pages se tournent toutes seules.

Note de fin : Il y a quand même un truc qui m’a énervé avec ce livre, c’est son côté « je me la raconte ». Qu’on affiche les prix reçus en couverture, cela me semble tout naturel, mais j’ai eu plus de mal avec le fait que le résumé en quatrième de couverture soit remplacé par des avis très élogieux d’académiciens qui doivent apparemment suffire à convaincre l’acheteur. Surtout qu’au final c’est un polar, certes avec une légère valeur ajoutée sur l’écriture, mais il aurait tout de même parfaitement sa place dans le rayon policier. C’est un peu comme toutes ces fictions d’anticipation classées en littérature générale sur lesquelles s’extasient les critiques alors qu’ils ne regardent jamais le rayon SF à côté qui regorge de textes du même genre…

D’autres avis : Alys, Esperluette, VivreLivre

8 commentaires:

  1. Un bon souvenir de lecture (et j’avais oublié que le bouquin était aussi gros) !

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    1. @Brize
      Ca aurait fait un bon candidat pour ton challenge estival ;)

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  2. Tout à fait d'accord avec toi quant au côté addictif de ce bouquin et la fin trop chargée en révélations (et révélations allant un peu loin, n'y a-t-il pas une histoire avec un autre village complètement refermé sur lui-même, limite des Mormons? Je ne me souviens plus...). Parfaite lecture détente!

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    1. @Alys
      Si y'avait une histoire de communauté aussi ^^

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  3. J'avoue que comme souvent avec les romans très connus je suis un peu l'exception qui confirme la règle et je me suis gravemment ennuyée sur le milieu de ce livre.
    Du coup quand les révélations ont commencé à arriver j'étais déjà totalement sorti du livre et elles n'ont pas du tout au l'impacte qu'elles auraient du avoir et j'étais vraiment perdue xD.
    (j'ai fini en pensant "je suis perdue, bofbof")

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  4. @De Livre En Livres
    Ca ne me surprend pas, le rythme n'est pas fou non plus ^^

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  5. Il a l'air vachement cool, je me le note dans un coin de ma tête.

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