dimanche 23 août 2015

Prière à l’ange obscur – Sherri S. Tepper


Si échanger sur nos lectures par le biais de blogs et de forums est très enrichissant, le fait est que ça tue parfois toute spontanéité. Il m’arrive de plus en plus rarement de lire des livres sans que j’en aie entendu parler par untel ou unetelle, ou parce que je connais déjà l’auteur.

Du coup de temps en temps j’aime repartir à l’aventure, et c’est comme ça que je me suis retrouvée avec Prière à l’ange obscur sur les bras. Tout ça parce qu’un total hasard qui m’a poussé à tomber trois fois dessus sur ce bouquin dans le bac d’un certain bouquiniste, et à bloquer à chaque fois sur la quatrième de couverture surréaliste :

« Pour les habitants du village, elle est l'Orpheline et tous l'aiment. Tous, sauf la Sorcière. Tapie dans sa citadelle, les pieds calés sur la dernière centrale nucléaire en activité, elle rêve de prendre le pouvoir par les armes. Les armes que les hommes ont laissées dans la station orbitale avant de fuir vers Bételgeuse, laissant derrière eux une Terre en ruine où les gangs et les monstres font la loi.

Heureusement, il y a l'Orpheline, qui n'a jamais quitté le village mais possède d'étranges pouvoirs. Elle, l'Elue, sera-t-elle capable de sauver la planète ?

C'est alors que les anges décident d'intervenir. Pas très catholiques, ils ont pour nom Guerre, Famine et Pestilence. L'un d'eux, justement, est le père de l'Orpheline. Et, sous prétexte d'éliminer la Sorcière, il compte expédier sa fille dans les étoiles... »

Ce qui est absolument hilarant, c’est la quantité de révélations que ce résumé arrive à faire en si peu de mots. Heureusement le roman étant plus dense, on les oublie assez vite tant on est occupé à rentrer dans cet univers.

Celui-ci est d’ailleurs plus qu’étrange : c’est un post-apocalyptique en apparence assez classique avec des fermiers revenus à des technologies primitives, des réformistes qui veulent protéger la nature à tout prix, des villes où règnent gangs et trafic de drogue (on se croirait dans Fallout) et des citadelles où l’on continue à avoir des technologies évoluées.

Mais en même temps il y a des villages archétypes où vivent des gens qui portent des titres (l’Orpheline, la Sybille, le Salaud, le Héros, etc.) qui semblent pratiquement sortis d’un univers de fantasy (sans parler de la Sorcière et des monstres). Du coup au début du roman je me suis demandé dans quoi je mettais les pieds.

Mais j’ai joué le jeu et je me suis accrochée, et j’ai été agréablement surprise de découvrir un univers vaste et méticuleusement construit (tout a un sens au final). De plus on suit principalement les pas de deux jeunes héros (l’Orpheline d’un côté, un jeune fermier qui décide de partir à la ville de l’autre), il est donc très facile de se laisser porter par l’intrigue.

Tout n’est pas parfait, l’auteur ne nous épargne hélas pas quelques mièvreries (il ne manque que les violons parfois) et j’ai trouvé la fin à moitié satisfaisante (elle n’est pas très claire mais c’est sans doute voulu vu qu’on commence à toucher à des questions religieuses).

Cependant ça faisait un moment que je n’avais pas lu avec plaisir un roman aussi épais qui ne donnait pas l’impression de tirer à la ligne. Ajoutez à cela le petit bonheur de découvrir un livre dont je n’avais jamais entendu parler, et vous obtenez une impression de lecture globalement positive. Pas un chef d’œuvre certes, mais une bonne lecture estivale.

CITRIQ

637 p.

4 commentaires:

  1. Étonnant. Mais comment fais-tu pour tomber sur ce genre d'étrangetés chez les bouquinistes ? Je suppose que tu ne lis pas la quatrième de chaque bouquin. Attirée par la couverture ?
    Sinon je ressens un peu la même chose que toi mais comme je suis en phase finale d'éclusage de PàL je limite très fort les écarts.

    RépondreSupprimer
  2. @Tigger Lilly
    La couverture un peu, et aussi le fait que l'auteur et le titre ne me disent rien du tout, ça pique ma curiosité ^^.

    RépondreSupprimer
  3. ça, c'était vraiment un challenge, avec prise de risque manifeste (pas d'avis antérieur, donc tu aurais pu laisser tomber au bout de 200 ou 300 pages parce que décidément ça ne collait pas, revers de la médaille pour ce qui concerne le plaisir de la découverte, dont je suis comme toi friande) !

    RépondreSupprimer
  4. @Brize
    Faut bien partir à l'aventure de temps en temps (de toute façon la prise de risque financière n'était pas énorme ^^).

    RépondreSupprimer