vendredi 21 février 2014

Le dieu dans l'ombre - Megan Lindholm



Cette année commence drôlement bien en fait, puisque c'est le troisième monument de mon panthéon personnel de lecture auquel je m'attaque depuis janvier. Encore quelques efforts et je les aurais tous référencés sur ce blog !

Le dieu dans l'ombre (Cloven hooves, c'est à dire « Sabots fendus » en VO) est un texte plutôt méconnu de Robin Hobb datant de l'époque où elle écrivait encore sous le nom de Megan Lindholm. Il nous raconte l'histoire d'une jeune mère, Evelyn qui doit quitter son Alaska natale avec son mari et son fils pour aller vivre temporairement chez sa belle-famille dans l'état de Washington.

La situation n'est pas facile pour elle, plutôt sauvage par nature, qui a du mal à s'intégrer dans cette famille aux principes bien arrêtés. Et comme si les choses n'étaient pas assez compliqués, voilà que Pan, le satyre qui partageait ses explorations en forêt dans son enfance, réapparaît dans sa vie.

Le dieu dans l'ombre est un roman assez inattendu : on pourrait s'attendre à une histoire plutôt fantastique ou magique, vu la présence d'une créature mythologique entre ses pages, mais pourtant il n'en est rien. Megan Lindholm prend en effet le parti très intéressant de traiter la figure du satyre d'un point de vue très rationnel, sous la forme d'une espèce différente avec des mécanismes biologiques qui lui sont propres (on est presque plus dans la SF que la fantasy du coup).

Cela contribue très certainement à rendre encore plus poignant un roman qui l'est déjà, car cela coupe quasiment toute possibilité de fuite dans l'imaginaire. En effet, contrairement à ce qu'on pourrait attendre avec un tel résumé, l'horreur ne se trouve pas dans l'élément fantastique (la présence de Pan) mais le réel, car c'est avec la « vraie vie » que l'héroïne a le plus de mal.

On découvre en effet au fil des pages une enfant un peu à part qui préférait courir dans les bois en baskets plutôt que de rester au chaud à se vernir les ongles, et qui si elle s'est sociabilisée en grandissant (elle s'est même mariée!) conserve un petit côté sauvage qui fait qu'en dépit de tous ses efforts, elle ne s'intègre pas dans cette belle-famille adepte de la perfection. Si bien que plus le séjour se prolonge, plus la situation se détériore pour Evelyn.

Le résultat est donc un texte très particulier, puisqu'on se croirait dans un texte de littérature blanche pendant toute la première partie, tant le fantastique semble en être absent. Pourtant, dès la première lecture, j'ai été happée dans cette histoire qui alterne entre des chapitres racontant la vie actuelle d'Evelyn, et d'autres dressant par petites touches le portrait de son enfance.

Mais ne vous y fiez pas, à partir du milieu du livre, l'histoire bascule dans une toute autre direction, et si comme je le disais, l'auteur prend le parti-pris d'une approche bien peu magique, on a néanmoins le droit à un voyage absolument ébouriffant à travers les lieux sauvages d'Amérique du Nord.

Le dieu dans l'ombre est un roman qui m'a bouleversé à la première lecture, et dont l'émotion n'a jamais diminué au fil des relectures. Du coup je suis toujours un peu déçu quand je lis des avis négatifs à son sujet. Ceci dit, j'imagine que c'est un peu quitte ou double avec l'héroïne, et vu que le récit est à la première personne (avec une bonne dose d'apitoiement, quoique on soit très loin du niveau de Fitz), soit on est happé dans l'histoire, soit on ne rentre pas du tout dedans.

Vous l'aurez compris, je fais partie des gens qui ont été happés par ce roman (je plaide d'ailleurs complètement coupable pour l'identification à l'héroïne, il y a des passages de son enfance où je me reconnaîtrais presque...). Je le trouve poignant, et doté d'une réelle originalité avec ça. Bref c'est un très beau livre, que je suis ravie d'avoir enfin chroniquer sur mon blog.

CITRIQ

9 commentaires:

  1. Je ne l'ai pas encore lui celui-là, mais il me fait de l’œil, j'adore Robin Hobb/Megan Lindholm ! Et ton article est tentant...

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  2. Je te rejoins pleinement dans ton avis. Je crois qu'il nous a touché pareillement ! Il fait partie de mon top avec l’épouse de bois ^^

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  3. @JainaXF
    Pour le coup toi qui aime quand les personnages sont très développés, ça devrait te plaire (si tu accroches avec Evelyn bien sûr ^^)

    @Cornwall
    On a le même top comme c'est étrange ;)

    @Tigger Lilly
    Il est très chouette ^^.

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  4. Ca a l'air de sortir de l'ordinaire.
    En général j'aime bien quand un auteur fait intervenir le merveilleux dans la vie réelle.
    Et puis bon, j'avoue ne jamais avoir lu de Robin Hobb (hé oui...), alors pourquoi pas commencer avec celui-là ? ;)

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  5. C'est étrange, je suis certaine d'avoir lu ce livre mais n'en garde aucun souvenir.... Faudrait que je le retrouve chez mes parents tiens !

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  6. @Lorhkan
    L'avantage c'est qu'il n'y a qu'un seul tome (VO comme VF :P). Donc ça peut-être un bon moyen de découvrir cette auteure. Sinon Le dernier magicien est très bon aussi dans la même veine.

    @Shaya
    C'est bizarre en effet, moi je n'ai jamais réussi à l'oublier ^^.

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  7. Oh, je ne savais pas sa construction aussi étonnante :)

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  8. @Acr0
    Je pense que c'est ce qui fait son charme, l'alternance passé-présent au début.

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