mercredi 27 janvier 2016

L'appel du coucou - Robert Galbraith


C’était un secret de polichinelle, le mystérieux Robert Galbraith n’est autre qu’un pseudonyme de J.K. Rowling, qui avait envie de publier des polars incognito. L’information a cependant fini par fuiter, et ce roman policier a ainsi attiré un public pas forcément amateur du genre, mais qui avait bien envie de goûter encore à la plume de J.K Rowling. C’est justement mon cas !

L’appel du coucou met en scène le détective privé Cormoran Strike, ancien policier militaire, qui est embauché pour élucider le suicide ou possible assassinat d’une top-modèle. Assistée d’une enthousiaste secrétaire par intérim, Robin, il va donc plonger dans le monde impitoyable du show business, et dans les secrets de la mystérieuse Lula Landry.

Je ne suis pas une grande lectrice de roman policier, mais L’appel du coucou m’a fait l’effet d’un roman tout à fait classique avec la figure du détective privé (qui a ici la particularité de vivre dans son bureau suite à une rupture amoureuse), la pétillante et débrouillarde secrétaire, la collecte d’indices et l’interrogation de tous les protagonistes qui amènent à une révélation finale qui élucide le mystère.

Forcément il y a du suspens, on veut tout savoir et les quelques 600 pages s’enchaînent toutes seules. Mais alors, est-ce un banal roman policier ?

Oui et non. Dans la structure certainement, mais il y a la petite « touche Rowling » qui fait toute la saveur de la lecture, à savoir les personnages. Ils sont fort nombreux (la page Wikipédia anglaise en dénombre presque 30) mais ils sont tous très bien caractérisés si bien qu’on ne mélange fort rarement les pinceaux, et on s’étonne de les voir former tous ensemble une sorte de tableau d’ensemble tout à fait cohérent, un vrai portrait du monde des célébrités.

On retrouve dans ce roman la même qualité que dans Une place à prendre, à savoir des personnages soignés et vivants. Ils jouent parfois la carte du cliché, mais ce sont des clichés n’ont aucun de mal à sortir des pages, à avoir une sorte de vie propre, à commencer par le héros, Cormoran Strike, bourru mais attachant, solide malgré ses démons intérieurs.

C’est vraiment la force de L’appel du coucou, qui permet de faire passer la pilule d’une intrigue un peu plus faible. En effet la partie enquête m’a semblé tout à fait correct (même si j’ai trouvé presque frustrant que le détective n’émette pratiquement aucune supposition avant la résolution), mais le final m’a semblé un peu décevant. Cohérent certes, mais avec un arrière-goût de « tout ça pour ça ? » (pour citer ma collègue Acr0)

Au final, L’appel du coucou est donc un roman policier correct, une excellente lecture prenante idéale pour se changer les idées (enfin c’est un petit anxiogène par moments mais au moins vous ne penserez pas à vos propres problèmes !), qui à défaut d’avoir une intrigue exceptionnelle se distingue par une jolie brochette de personnages (et un joli rendu du milieu mondain anglais en passant).

Du coup sans être une révélation littéraire (en même temps après avoir écrit Harry Potter, on peut se permettre d’écrire des choses beaucoup plus triviales sans avoir se soucier des factures), ce roman reste une lecture plaisante. Du coup je lirais probablement la suite, histoire de voir si après avoir fait ses premières armes, J.K. Rowling s’améliore au niveau de l’intrigue !

CITRIQ

lundi 25 janvier 2016

Jessica Jones – Saison 1


Après Daredevil, je continue à explorer l’univers Marvel adapté par Netflix avec la série Jessica Jones, qui met en scène une ancienne super-héroïne reconvertie en détective privée après un évènement traumatisant.

Elle exerce donc ses talents dans le quartier de Hell’s Kitchen (oui c’est là que crèche Daredevil, une vrai pouponnière à super-héros cet endroit !) et partage sa vie entre ses enquêtes, ses cadavres de bouteille, sa meilleure amie et une tentative de relation amoureuse avec un barman. Jusqu’à qu’une vieille connaissance qu’elle croyait morte fasse son retour…

Il ne m’a pas fallu beaucoup d’épisodes pour tomber sous le charme de cette série. A l’image de Daredevil (je suis obligée de jouer la comparaison, les deux séries s’inscrivent dans la même veine), on est à des années-lumière des films Marvel.


L’ambiance est délicieusement sombre et les épisodes ne se contentent pas d’aligner les explosions spectaculaires (y’a pas le budget de toute façon) ou les bastons à répétition (même si Jessica Jones se sert assez souvent de ses poings, en même temps elle est super forte, autant en faire bon usage !). Par contre on a l’occasion de se régaler avec les dialogues.

C’est normal puisque le point fort, c’est assurément les personnages, tous extrêmement complexes. L’héroïne est complètement dysfonctionnelle et jamais sobre avec ça, et tout son entourage (de sa meilleure pote au barman « with benefits ») traîne de sacrées casseroles. Le tout avec beaucoup de nuances de gris, les personnages manichéens ne sont pas légions (Trish peut-être ?).


Même le méchant de l’histoire est très nuancé, complètement fou mais avec plein de facettes différentes. Et il est mortellement flippant avec ça. Il est incarné par David Tennant au top de sa forme. Je sais que je suis censée n’avoir aucune objectivité sur le sujet, mais je ne l’avais pas connu aussi inspiré depuis Doctor Who. Et il joue un psychopathe (s’il avait raté le rôle du Doctor, maintenant je sais qu’il aurait fait un excellent Master).

Et puis, ce qui est vraiment géniale, c’est que c’est une série ultra-féminine (ce qui a peut-être à voir avec le show-runner, une femme !). A l’exception du grand méchant, ce sont clairement les personnages féminins qui dominent la série. Il y a l’héroïne, sa meilleure copine et son avocate (légèrement véreuse et incarnée avec brio par Carrie-Ann Moss qui me semblait avoir disparu de la circulation dernièrement) comme trio de tête.


Les hommes eux (que ce soit le voisin, le copain avec qui c’est compliqué ou le flic), tiennent des rôles bien plus secondaires. Je n’ai pas tout vu ce qui a été fait comme film/série dans les univers des super-héros, mais ça me parait une occurrence rare ! (en général les super-héroïnes donnent plutôt lieu à des bouses, enfin ceux qui ont vu Catwoman ou Elektra me confirmeront ça…).

Bref c’est une série bien fichu qui se dévore très rapidement (enfin une fois passés les premiers épisodes, faut quand même s’habituer à l’atmosphère qui est parfois archi-anxiogène), et mon seul regret est la quasi-absence de cross-over avec Daredevil (il y en a juste un, vous verrez où).

Mais entre-temps j’ai découvert que ce n’était que la 2ème série dans cet univers. On devrait ensuite s’intéresser à Luke Cage et Iron Fist, avant d’arriver à The Defenders où tout le monde devrait se retrouver… je n’ose imaginer les ravages quand Jessica Jones et Foggy font se rencontrer !

samedi 23 janvier 2016

Nouveau challenge : SFFF & Diversité


Cette année, j’avais décidé d’y aller mollo sur les challenges, histoire de retrouver le plaisir de lire sans obligation. Cependant je pouvais difficilement dire non à Lhisbei, et certainement pas à son nouveau défi plutôt original : SFFF & Diversité.

Adapté du challenge américain #BustleReads, ce défi militant nous oblige à sortir un peu le nez de notre SFFF souvent très occidentale (voir franchement franco-américaine) et trop masculine. Le principe est simple : il y a 20 items à remplir (lire un ouvrage d’un auteur non-occidental, lire un essai, voir la liste complète plus bas) et l’objectif et d’obtenir 20/20 (avec possibilité de cumul) :
  1. Lire une oeuvre de SF (et uniquement de SF) écrite par une femme
  2. Lire une oeuvre de SF ou Fantasy ou Fantastique (SFFF) francophone mais non française
  3. Lire un essai ou un article traitant de science, de science-fiction, de fantasy ou de fantastique
  4. Lire une oeuvre SFFF écrite par un auteur de couleur ou métissé
  5. Lire un livre SFFF dont vous n’avez pas encore vu l’adaptation en film
  6. Lire un roman SFFF young adult
  7. Lire un livre SFFF se passant en Orient (qu’il soit réel ou fantasmé)
  8. Lire un livre SFFF parlant d’une ou de femme(s) dans la guerre
  9. Lire un roman graphique ou une BD ou un comic avec une femme pour héroïne
  10. Lire une oeuvre de SFFF par un auteur non occidental
  11. Lire une oeuvre de SFFF dans laquelle l’Afrique (ou un pays d’Afrique) tient une place prépondérante
  12. Relire un conte que vous avez adoré étant enfant
  13. Lire une oeuvre de SFFF écrite par une personne issue ou militant pour la communauté LGBTQIA
  14. Lire un livre de cli-fi (climate fiction). Ou éco-fiction (pour écologie fiction)
  15. Lire un livre de SFFF féministe
  16. Lire le premier livre d’une série SFFF que vous n’avez jamais lu
  17. Lire un livre dans lequel une IA ou des robots ont un rôle prépondérant
  18. Lire un livre SFFF traduit
  19. Lire un recueil de nouvelles SFFF
  20. Lire un livre de SFFF transhumaniste ou posthumaniste
Le défi se déroule du 15 janvier 2015 au 14 janvier 2017 minuit et vous pouvez vous inscrire et trouvez des informations plus détaillées sur le fonctionnement par ici.

Pour ma part voilà les livres présents dans ma PàL que je compte lire pour le challenge :
  • Dimension Merveilleux Scientifique (ANTHOLOGIE) 19
  • Le livre d'or de la science-fiction : Science-fiction allemande (ANTHOLOGIE) 18, 19
  • Ferrailleurs des mers – Paolo BACIGALUPI 6 ( ?), 18
  • L'ensorceleuse de Pointe-Lévy – Sébastien CHARTRAND 2
  • Royaume de vent et de colères - Jean -Laurent DEL SOCORRO 8 ( ?)
  • Montréel – Eric GAUTHIER 2
  • Omale 1 – Laurent GENEFORT 16
  • Philip K. Dick goes to Hollywood – Léo HENRY 19
  • Le sentiment de fer – Jean-Philippe JAWORSKI 19
  • Quatre chemins de pardon – Ursula K. LE GUIN 1, 18, 19
  • Dragon de glace – George R.R. MARTIN 18, 19
  • Le marteau de Thor – Stéphane PRZYBYLSKI 8 ( ?)
  • Kirinyaga – Mike RESNICK 11, 18
  • Le livre d'or de la science-fiction – Robert SILVERBERG 18, 19
  • Dernières nouvelles de Majipoor – Robert SILVERBERG 18, 19
  • Je suis ton père : la saga Star Wars, l’Amérique et ses démons – Thomas SNEGAROFF 3 (piqué dans la PàL de M. Vert)
  • Le livre d'or de la science-fiction – Theodore STURGEON 18, 19
  • Le bal des sorcières – Alain SURGET relecture pour le 12 si je récupère mon exemplaire
  • Les yeux d'ambre – Joan D. VINGE 1, 18, 19
  • Les voyageurs malgré eux – Elisabeth VONARBURG 1 ( ?), 2
  • Fables 25 : Adieu – Bill WILLINGHAM & Mark BUCKINGHAM 9 ( ?)
Tous les items sont loin d’être remplis (j’ai quelques idées dans ma wish list ceci dit) et j’ai mis quelques points d’interrogation car il est difficile de savoir si ça colle sans lire l’ouvrage en question. D’ailleurs il va falloir que je fasse quelques recherches pour certaines catégories.

Un seul point reste à régler : est-ce que je m’impose comme Lune le défi supplémentaire de faire un item = un livre parce que je ne peux jamais résister à un double challenge ? Cela va dépendre de ma motivation… En fait dans la veine je suis maniaque et je l’assume, je serais plutôt capable de faire les items dans l’ordre !

Ce billet sera sûrement mis à jour en fonction de mes participations, en attendant si vous avez des recommandations pour les items sans livre sur lesquels je sèche (surtout les 4, 10, 13, 14, 15, 17 et 20 il me semble), je suis preneuse !

jeudi 21 janvier 2016

Le bouclier du temps – Poul Anderson


Paru trente-cinq ans après la nouvelle fondatrice La patrouille du temps, Le bouclier du temps vient clôturer cet excellent cycle d’aventures à travers le temps écrit par Poul Anderson, aussi intelligent que divertissant.

Cette fois-ci point de nouvelles ou de novellas mais un roman, un vrai… on sent mine de rien l’évolution dans le format des histoires de SF ! Quoique je soupçonne l’auteur d’être un irréductible amateur du format court et des textes indépendants, car ce roman se divise en parties finalement assez distinctes, qu’on pourrait presque lire séparément.

De même d’ailleurs que ce roman peut tout à fait se lire indépendant des autres textes, Poul Anderson redonnant à chaque fois les éléments de base, et libre au lecteur d’aller ensuite lire les volumes précédents pour comprendre d’où sortent certains personnages ou à quoi fait allusion Manse Everard.

Et l’intrigue dans tout ça ? On retrouve comme d’habitude notre agent non-attaché qui se balade à travers l’histoire pour éviter qu’elle ne dévie, que ce soit à cause de mégalos qui souhaitent réécrire le monde en Bactriane, ou à cause d’une déviation étrange au Moyen-Age qui conduit à la création d’un univers parallèle.

La nouveauté, c’est que son histoire alterne avec celle de Wanda Tamberly, personnage apparu dans le volume précédent, fraîche recrue de la Patrouille qui étudie l’apparition des premiers hommes en Amérique, et accessoirement amoureuse potentielle pour Manse Everard.

Que d’époques visitées mises en scène avec soin, qu’on adore découvrir car on les connait finalement mal, alors qu’elles ont aussi joué un rôle dans l’Histoire avec un grand H (en témoigne les conséquences d’un mort imprévu ici ou là).

Se plonger dans l’histoire du Proche-Orient (véritable carrefour des civilisations) qu’on connaît si mal est passionnant, et j’ignorais complètement l’existence d’un Royaume normand de Sicile (autre sacré carrefour dans son genre). Comme pour chaque aventure de Manse Everard, j’aurais aimé que l’auteur consacre trois cents pages de plus à ces périodes, pour vraiment en profiter !

La nouveauté dans Le bouclier du temps, c’est définitivement la touche féminine apportée par Wanda Tamberly. Même si j’ai parfois trouvé le personnage exaspérant, j’ai aimé la présence d’une femme qui n’en fait souvent qu’à sa tête (et qui a raison). On ne pourra plus dire de Poul Anderson qu’il oublie les personnages féminins !

(Soit en dit en passant, maintenant que je commence à bien avancer dans sa bibliographie je me rends compte qu’on ne peut pas faire de généralités à ce sujet, au milieu des femmes effacées il met en scène de sacrées femmes fortes)

Le bouclier du temps est donc un excellent moment de lecture pour les amateurs d’histoire et/ou de voyage dans le temps. Comme tout le reste du cycle d’ailleurs. Certes La patrouille du temps ne contient que peu d’éléments de SF au final (juste le cadre du voyage temporel), mais du coup c’est un cycle intemporel, qui vieillit fort bien. Si vous aimez l’histoire, jetez-vous dessus, c’est un régal !

CITRIQ

mardi 19 janvier 2016

Star Wars Episode VII : Le réveil de la Force – J.J. Abrams



Après cette petite promenade dans les anciens films (et dans l’univers étendu qui les accompagnait jusque-là), il est temps de s’attaquer au tout dernier épisode de Star Wars, fraichement sorti en décembre et qui n’en finit pas d’animer les débats : Le réveil de la Force. Pas de gros spoilers en vue à priori, mais méfiez-vous si vous n’avez toujours pas vu le film.



En une phrase : Une nouvelle ère commence, ça fonctionne même si l’émotion n’est plus au rendez-vous

Les bons côtés :
  • L’authenticité : on retrouve l’univers, les personnages, les nombreux aliens, les planètes en tout genre et les effets spéciaux un peu à l’ancienne, bref on est dans un pur Star Wars !
  • Les nouveaux personnages principaux : ils sont bien fichus et attachants, formant une sorte de remake du trio Luke-Leia-Han avec un détournement des codes (Rey reprenant clairement le rôle de Luke par exemple, et c’est une femme, hip hip hip, hourra !)
  • Les anciens : J’avais un peu peur de la présence caméo mais il n’en est rien (enfin disons qu’ils ont un rôle à jouer dans l’intrigue même si tous ne sont pas aussi présents), et c’est un plaisir de les retrouver 30 ans plus tard et de voir qu’ils n’ont pas tant changé que cela. Les séquences entre Han et Leia sont toujours aussi émouvantes en plus !
  • Les multiples références : Le début est assez délicieux dans sa façon de refaire l’épisode IV à sa sauce, on s’amuse de retrouver le plan dissimulé, la capture du héros par le méchant pour obtenir des informations, la pseudo-cantina, la Yoda au féminin…


Les mauvais côtés :
  • Le rythme de l’intrigue : L’histoire semble se dérouler sur à peine deux jours et on avance à 200 à l’heure, c’est presque épuisant à force… pour le coup un ou deux temps calmes de plus n’aurait pas fait de mal !
  • Les facilités : Il est difficile de fermer complètement les yeux sur certaines, comme l’apprentissage ultra-rapide du sabre-laser (même si le film nous donne quelques idées explicatives) ou les retrouvailles un peu trop faciles avec le Faucon… je blâme le côté Disney !
  • L’émotion n’est plus vraiment là : Ce n’est pas forcément la faute du film (et je m’y attendais de toute façon), mais j’étais un peu triste que cet épisode ne m’enthousiasme pas autant que les anciens, je me demande l’effet qu’il m’aurait fait si je l’avais vu à 15 ans…
  • Les multiples références : C’est un aspect sympathique mais à la longue je l’ai trouvé un peu poussif, comme s’ils n’avaient pas osé s’affranchir de l’Ancienne trilogie… j’espère que ça se calmera dans la suite !


En conclusion : Même si l’émotion n’est plus au rendez-vous, c’est un épisode plutôt bien fichu pour dresser le pont entre la trilogie originelle et les nouveaux films. Les personnages sont vraiment chouettes (un sacré atout mine de rien), on se sent immédiatement à la maison quand on découvre Jakku, du coup on pardonnera au film ses quelques facilités. J’espère juste que la suite saura s’affranchir des multiples références et se ménager quelques scènes un peu plus tranquilles !

Musiques à retenir : The Scavenger et/ou Rey’s Theme (avec un petit chose d'Harry Potter par moment), Scherzo for X-Wings (parce que c’est une chouette musique de bataille aérienne) et enfin The Jedi Steps (pour le thème de la Force et les reprises derrière, on ne se refait pas !)

dimanche 17 janvier 2016

Par bonheur, le lait – Neil Gaiman & Boulet


J’avais un peu raté l’occasion de faire la chronique de ce roman jeunesse lors de sa sortie en anglais (j’en parle juste brièvement ici), l’édition française étant récemment entrée en ma possession, il est grand temps de rattraper ça !

D’autant plus qu’il y a une petite anecdote derrière ce livre (pour ceux qui n’aiment pas les anecdotes, vous pouvez sauter 3 paragraphes). Cela ne vous aura pas échappé, je suis un petit peu (voir beaucoup) fan de l’œuvre de Neil Gaiman, au point d’acheter tout ce qui porte son nom ou presque, en VO et en VF tant qu’à faire. De manière générale les gens évitent donc de m’offrir des textes de lui (sauf commande express).

Mais c’est sans compter sur Olya (grande copine de blog même si tu n’as plus de blog :D) qui au mois de novembre a osé m’acheté un Gaiman pour mon anniversaire (CE Gaiman en fait). Et me l’a envoyé par la poste. A la mauvaise adresse. Le livre lui est donc revenu (bien plus tard), elle a dû le renvoyer, tout en espérant que dans l’intervalle je ne l’achèterais pas.

Et elle a eu une sacrée chance car non, deux mois plus tard, je ne l’avais toujours pas acheté (sans doute parce qu’il n’a pas croisé ma route, demandez un peu à Tigger Lilly ce qui est arrivé quand on est allés faire des courses de Noël ensemble dernièrement !). Morale de l’histoire : Dans la vie, parfois, il faut oser. Deuxième morale (qui était inscrite sur le post-it sur le livre) : « Sinon, tu pourras toujours le refourguer à ton neveu » (c’est vrai aussi, pourquoi diable n’y ai-je pas pensé avant Noël ?).

Fin de l’anecdote.

Sinon, Par bonheur, le lait, de quoi ça parle ? C’est en fait une sorte de réponse à un album jeunesse de Gaiman, Le jour où j’ai échangé mon père contre deux poissons rouges, qui est rapidement devenu un cadeau de fête des pères. Ce qui l'a un peu effaré vu que le père y joue un rôle pour le moins effacé.

Par bonheur, le lait, est donc une histoire où le père est un héros. Il va acheter du lait pour ses enfants. C’est tout ? Mais mes pauvres amis, si vous saviez tout ce qui peut vous arriver quand vous allez acheter du lait… des dinosaures, des aliens, des pirates, et même des poneys ! (on n’est pas passé loin des licornes, croyez-moi).

Le résultat est une sorte d’histoire qui se déroule comme une bobine de fil, mais un fil multicolore qui a une nette tendance à partir dans tous les sens. Ce n’est certainement pas la révélation de l’année mais c’est un sympathique bol d’air frais, et une très bonne lecture jeunesse à mon avis (à vérifier sur un sujet test plus jeune à l’occasion).

L’autre atout de Par bonheur, le lait, c’est qu’il s’agit d’un roman illustré (et il serait dommage de bouder son plaisir dans le domaine), avec la particularité que l’illustrateur change en fonction des pays. Les versions anglaises ont été réalisées par Chris Ridell (en Grande-Bretagne) et Skottie Young (aux Etats-Unis). Vous pouvez voir à quoi ça ressemble sur cette page.

En France c’est Boulet qui a réalisé les illustrations, et c’est tout aussi délicieux (quelques images sont visibles ici). En fait je serais bien incapable de choisir quelle est ma version préféré, que ce soit pour la VO ou la VF, les images accompagnent à merveille la loufoquerie du texte (par contre l’édition anglaise est un peu moins cheap avec sa jaquette, mais le prix n’est pas le même…).

Bref c’est une jolie aventure loufoque, à prescrire aux plus jeunes bien sûr, mais n’oubliez pas d’en profiter avant !

CITRIQ

vendredi 15 janvier 2016

Replongeons dans Star Wars (3) – L’univers étendu « Legends »

Pour la plupart des gens, Star Wars se résume à six sept films. Les plus observateurs auront noté l’existence de quelques films et séries dérivées (comme Clone Wars), mais il n’y a guère que les fans purs et durs pour connaître l’immensité de ce monde, grâce à tout l’univers étendu qui s’est déployé sur bien des supports au fil des années.

Avec l’arrivée de l’épisode VII, c’est une nouvelle continuité qui s’ouvre. Si bien que tous les livres, BD, jeux vidéo et dessins animés sortis avant lui (à quelques exceptions près) sont donc partis à la corbeille… enfin dans une sorte d’univers alternatif appelé « Legends ».

C’est tout à fait logique (ne serait-ce que d’un point de vue marketing), mais je vous avoue ressentir une pointe de tristesse à voir toutes ces belles histoires tomber dans l’oubli… enfin dans un univers parallèle. J’ai en effet passé d’excellents moments avec Jacen et Jaina Solo, les Spectre et le grand amiral Thrawn (parmi tant d’autres).

Alors avant de leur dire adieu (pour aller peut-être découvrir les nouvelles aventures qui les remplacent), je tenais à faire un petit tour des histoires qui m’ont le plus marqué (pour des raisons plus ou moins valides, comme vous allez le voir). La présentation suit la chronologie Star Wars (l’an 0 étant la bataille de Yavin, l’épisode IV).

  • Autour de -4000 – Knights of the old republic (jeux vidéo – comics)
Se déroulant bien avant les films, cet univers a commencé en jeu vidéo, avec l’excellent Knights of the old republic (un rpg Star Wars vraiment bien fichu, classique mais avec un twist digne de L'Empire contre-attaque, sa suite aurait été grandiose si son développement n’avait pas été rushé, et ça reste un jeu à la Planescape Torment qui soulève plein de questions pertinentes) et s’est étendu aux comics avec l’excellent Chevaliers de l’ancienne république où un jeune padawan est accusé du meurtre de ses camarades en pleine guerre mandolorienne.
J’ai aimé ce bond dans le passé qui permet de s’affranchir des films, de faire du neuf avec du vieux (ou plutôt du vieux avec du neuf)… on s’étonnera parfois de l’absence de décalage technologique (qui existait dans d’anciennes BD se situant à la même époque et beaucoup plus kitschs), mais sinon c’est un excellent univers (qui aurait pu être conservé en plus vu sa distance…).

  • De -44 à -40 – Les apprentis Jedi (romans jeunesse)
Cette série pour la jeunesse se penche sur l’apprentissage d’Obi-Wan (avant La Menace fantôme), où on le voit galérer à se trouver un maître et se comporter parfois comme un ado idiot (mais par rapport à Anakin Skywalker ce n’est rien du tout). C’est un vrai bonheur à lire car c’est du jeunesse qui ne prend pas les enfants pour des idiots, et on apprécie d’autant plus le duo qu’il forme avec Qui-Gon dans l’épisode I. J’ai prescrit la série à mon filleul, c’est comme ça qu’il est entré dans l’univers Star Wars !

  • -22 – Point de rupture (roman)
Un roman écrit par Matthew Stover qui se penche sur le personnage de Mace Windu pendant la Guerre des Clones, alors qu’il retourne sur sa « charmante » planète natale. Point de rupture donne une épaisseur formidable à un personnage qui jusque-là était classe uniquement à cause de son sabre violet et de son interprète. C’est donc ultra-intéressant de plonger dans sa tête, et quand il passe à l’action, on comprend pourquoi il est maître Jedi (rien à voir avec sa performance dans l’épisode III !). La plupart des romans de l’époque Guerre des Clones sont intéressants, mais celui-là est de loin le meilleur.

  • De -22 à -19 – Clone Wars (comics)
De tous les comics Star Wars que j’ai acheté, voilà une des trois séries de comics que je ne revendrais jamais (avec Chevaliers de l’ancienne république et Legacy, si vous voulez tout savoir). Sautant d’un personnage à l’autre, mettant en scène autant Anakin et Obi-Wan que les Jedi d’arrière-plan (notamment l'excellent Quinlan Vos et son ancienne apprentie Aayla Secura), Clone Wars est un excellent moyen de combler les trous entre les épisodes II et III, avec des petites et des grandes histoires.

  • An 3 – Les ombres de l’empire (roman)
Cet excellent roman fait le pont entre L’Empire contre-attaque et Le Retour du Jedi, expliquant les progrès faits par Luke dans sa maîtrise de la Force, comment Leia a acquis son déguisement et bien d’autres choses (par exemple ce que magouillait Vador pendant ce temps). C’est sans doute le roman le plus accessible de Star Wars, qui se lit avec grand plaisir (sauf un ou deux passages avec Xizor, pas qu'ils soient graphiques ou quoi que ce soit, mais je pense que Star Wars n’est juste pas un univers adapté aux prédateurs sexuels !).

  • An 5 – Luke Skywalker and the Shadow of Mindor (roman)
Le dernier roman de l’univers étendu que j’ai lu (à ce jour, ça changera peut-être) est une aventure très fun qui met en scène Luke, Han, Leia et toute la bande dans une aventure rocambolesque juste après Le Retour du Jedi, avec de l’action, de l’humour, plein de rebondissements et de délicieux renvois à l’épisode III. Un régal ! Et j’en dis plus sur cette page.

  • Ans 6-7 – Les X-Wings (romans & les comics sont bien aussi même si j’en parle pas)
Il n’est pas toujours aisé de rentrer dans des romans Star Wars quand les héros traditionnels ne sont pas au rendez-vous… sauf pour les X-Wings, où l’on suit les traces de l’Escadron Rogue dirigé par Wedge Antilles en pleine reconquête de Coruscant. Presque que des inconnus au casting (Wedge, Wes et Hobbie sont juste des figurants dans les films), mais on se retrouve tous à les aimer pour leurs exploits, leurs troubles intérieurs et bien sûr leur humour ! La suite évoque les aventures l’Escadron Spectre, improbable assortiment de pilotes aux talents inattendus (dont un ancien acteur de films de propagande impériale et un gamoréen génie des mathématiques), c’est encore plus drôle. Yub yub commandant !

  • An 8 – Le mariage de la Princesse Leia (roman)
C’est l’un des tous premiers romans Star Wars que j’ai lu, du coup je le cite plus pour le souvenir que pour son intrigue, digne de Feux de l’amour (avec Leia qui est coincée entre deux soupirants). Mais c’est les Feux de l’amour à la sauce Star Wars où dans ce cas un des prétendants enlève la belle et l’emmène sur l’étrange planète Dathormir (un must à visiter avec ses sorcières dompteuses de rancors qui asservissent les hommes et qui ont collé une peignée à Yoda 400 ans auparavant !) tandis que le deuxième (ce n'est pas Han, lui c'est le kidnappeur !) part la sauver avec le frérot en quête d'archives Jedi… avec du recul, cette intrigue est une honte, mais mettez-vous à la place de l’ado qui lisait son premier vrai roman Star Wars, c’était magique ! (et en plus les sorcières de Dathormir se sont vraiment fondues dans l’univers étendu ensuite)

  • An 9 – La croisade noire du Jedi fou (romans)
Sans doute les meilleurs épisodes VII-VIII-IX non officiels, où un grand amiral de l’Empire semble bien parti pour mettre à bas la toute nouvelle république, alors que Luke continue ses recherches sur la Force et que Han et Leia commencent à fonder une famille. On retrouve tous les personnages des films avec plaisir, on se régale des nouveaux venus (la fameuse Mara Jade notamment), l’intrigue est riche et prenante, et accessoirement le grand amiral Thrawn restera toujours pour moi le meilleur méchant de tous les temps Star Wars (alors qu’il n’a même pas la Force, un comble !). C'était si artistiquement fait.

  • An 10 – L’empire des ténèbres (comics)
Pendant longtemps ça a été la BD que je voulais lire à tout prix à cause de son intrigue alléchante où l’Empereur revient à la vie et où Luke passe du côté obscur. J’avoue qu’après tant d’attente (d'ailleurs je venais enfin de dénicher le dernier tome quand toute la série a été rééditée chez Delcourt... pfff), le résultat n’a pas été à la hauteur de mes espérances, notamment à cause d’une colorisation juste affreuse tout en vert et rose et de dessins qui ne vendent pas du rêve (vous comprendrez pourquoi je trouve Sandman est de toute beauté en comparaison).


Le scénario non plus ne brille pas particulièrement par son intelligence ou sa complexité (amateurs de super armes, venez découvrir les dévastateurs de monde et le canon galactique !). Aujourd’hui cette série de comics a un côté complètement désuet à côté de la plaque, mais en même temps elle a un petit côté fondateur qui m’oblige à la mentionner.


  • Ans 22-24 – Les Jeunes chevaliers Jedi (romans jeunesse)
Encore une de mes premières lectures, cette fois-ci il s’agit d’une série jeunesse qui met en scène les aventures des enfants Solo à l’académie Jedi. On suit les enfants de Han et Leia, le neveu de Chewbacca et la fille de l'ancien soupirant de Leia et d'une sorcière de Dathormir (je savais bien qu'il fallait que je vous parle de son mariage pour quelque chose) qui accomplissent des exploits improbables (et apprennent à devenir des Jedi parfois). Du coup ça ressemble parfois un peu trop au Club des Cinq v 2.0 apprend à maîtriser la Force, mais on s’amuse des caractères parfois inversés des héros (Jaina aime la mécanique tandis que Jacen s’occupe des animaux !), des caméos des héros traditionnels. Et la série n’oublie pas de traiter quelques sujets graves ici et là (la drogue notamment).

  • Ans 25-29 – Le Nouvel ordre Jedi (roman)
Cette série de livres est difficile à oublier puisque c’est avec elle que s’est ouvert l’ère des grands chambardements. Après des années de romans plutôt tranquilles (une menace arrive, les héros sont en danger, ils gagnent au bout de trois tomes maximum), voilà qu’est lancée une série ambitieuse mettant en scène des méchants à la limite de l’invincible car invisibles dans la Force (autant dire que les Jedi prennent cher). L’Univers étendu a alors pris un sacré virage, puisque le premier roman mettait en scène la mort d’un personnage qu’on n’aurait pas cru mortel (bon remarquez il a quand même fallu qu’il se prenne une lune sur la tête !). Après ça, tout semblait permis, ou presque, ce qui a contribué à tenir en haleine jusqu’à la conclusion. Une belle saga épique qu’on garde en tête !

  • An 137 et + – Legacy (comics)
Cette série de comics se déroule plus de 100 ans après Le Retour du Jedi, et pour le coup c’est un sacré vent d’air frais, car même si on suit les pas d’un descendant inattendu de Luke Skywalker qui fait face au côté obscur, Cade Skywalker n’a rien d’un héros au début. J’ai beaucoup aimé cette série pour son inventivité à se projeter dans le futur, pour l’ambiance très sombre et pour les étranges conversations du dernier Skywalker avec son ancêtre Luke (où il explique à son aïeul qu’il se drogue pour ne plus avoir à lui parler !).

Voilà, cette petite promenade au pays des légendes Star Wars est terminée. Pour compléter cette sélection éclectique, je vous renvoie à deux articles que j’avais déjà fait sur ce sujet (ici pour les romans et ici pour les comics), que j’aurais dû relire avant d’écrire celui-là, ça m’aurait évité d’oublier la trilogie Yan Solo (son cousin est un authentique connard, et sa première copine voulait devenir conservatrice de musée, vous le saviez ça ?). Maintenant que cette rétrospective est terminée, je vais enfin vous parler de l’épisode VII !