dimanche 14 avril 2013

No - Pablo Larraín


Voilà, avec ce film j’en termine avec les comptes rendus de mes deux semaines de cinéma intensif de la fin du mois de mars. Cinq films en aussi peu de temps, j’ai réellement explosé mes quotas ! J’en ai vu certains parce qu’ils m’attiraient l’œil, No, c’était cette fois-ci une recommandation de ma maman.

No est un film qui raconte comment au Chili, Pinochet a été contraint de quitter le pouvoir à la fin des années 80 suite à un référendum populaire. L’approche est assez particulière, car le réalisateur s’est intéressé à un aspect bien particulier de cet évènement : la campagne électorale, où chaque camp avait le droit à quinze minutes de campagne officielle chaque jour. Et c’est avec ces quinze minutes par jour que l’opinion a basculé et que le non a gagné.


C’est ce qui rend le film très intéressant. S’intéresser à une transition démocratique ou à une décision politique majeure, cela donne toujours de bons films (pour ne pas citer Lincoln, en fait je vois beaucoup de bons films sur la politique en ce moment sans y faire attention), mais No se focalise sur l’aspect « publicitaire », avec ces campagnes qui exploitent les codes de la publicité justement, et c’est absolument fascinant.

Du coup, cela place au centre de l’histoire un publicitaire, René Saavedra, qui n’a finalement rien d’un héros. Ce n’est pas comme si on avait pris une figure majeure de l’opposition, et ça se ressent beaucoup à la fin. Ça rend le film assez atypique, y’a des trucs calibrés qu’on attend au tournant (c’est l’influence des films hollywoodiens ça) et qui du coup manquent complètement à l’appel (et tant mieux !).


Outre son sujet, No vaut aussi le détour pour sa réalisation, la reconstitution ayant été poussée jusqu’au moindre détail. Cela concerne les décors et les costumes, mais aussi la façon de filmer : le film est en 4/3, filmé avec des caméras des années 80, avec un côté documentaire affirmé (caméra sur l’épaule), et des couleurs qu’on a plus l’habitude de voir qui donne une belle patine au film.

C’est aussi un sacré tour de force, car du coup il est pratiquement impossible de savoir (à part lorsque Gael García Bernal est présent à l’écran) si on est en train de voir des reconstitutions modernes ou des extraits d’archive de l’époque.

Cela fait de No une intéressante leçon sur la politique, mais aussi un très bel exercice de réalisation, deux bonnes raisons de découvrir ce film (même si je doute qu’il passe encore dans les salles à l’heure où je publie cet article !).

vendredi 12 avril 2013

Doctor Who 7x07 - The Rings of Akhaten


Je suis souvent en train de proclamer que la grande force de Doctor Who est dans sa capacité à se renouveler sans cesse. Ce n’est pas tout à fait vrai. Si la série approche aujourd’hui de ses cinquante ans (ce qui n’est pas rien à l’échelle de l’histoire de la télévision), c’est aussi parce qu’elle a su conservé des structures et motifs récurrents chers aux spectateurs, là parfois depuis les tous débuts de la série.

L’épisode de samedi dernier, The Rings of Akhaten, me l’a bien rappelé. Si objectivement, il serait facile de critiquer cet épisode, il m’a tellement émerveillé en jouant la carte de l’introduction traditionnelle dans le monde fantastique de Doctor Who que j’en suis sortie béate.

Mais commençons par le commencement…


... et effectivement, c’est un sacré commencement, puisque l’on suit le Doctor qui a l’air bien décidé à chercher ce qui cloche dans le passé de Clara. Mais à part quelques éclaircissements sur une feuille mystérieuse (qui n’est pas un objet alien ou une arme mortelle… enfin…) et sur le passé de Clara, il jette l’éponge, non sans se fendre d’un « She's not possible. ».


Après un épisode qui déconstruisait l’introduction du nouveau compagnon, la tendance s’inverse. Voilà donc Clara qui attend, fort anxieuse, que le Doctor passe la prendre pour l’emmener voir toutes les merveilles de l’univers. La pauvre petite est d’ailleurs fort vite dépassée par les évènements…
« You know when someone asks you your favourite book and you forget every book you've read ? »
Personnellement ça ne m’est jamais arrivé, par contre, avoir une quinzaine de titres qui me viennent à l’esprit quand on ne m’en demande qu’un… ce qui n’est pas beaucoup mieux !

Et Clara voulant voir quelque chose de « awesome », le Doctor l’emmène voir ceci :

« Welcome to the Rings of Akhaten. »

Paysage magnifique, assez d’aliens pour faire rougir la cantina de Mos Eisley, c’est une belle entrée en matière qu’offre le Doctor à Clara. Et il est difficile de ne pas penser à The End of the World, l’un des tous premiers épisodes de 2005 (qui m’avait époustouflé à l’époque question costumes et maquillage).

C’est vraiment un épisode qui est beau. A l’exception de l’imitation des speeder bikes de Star Wars qui est affreusement moche (ça rendait mieux dans Le Retour du Jedi, qui date de 1983 !), on en prend plein les yeux, c’est un régal !
« Yes, I came here a long time ago with my granddaughter. »
Et en prime on a une authentique référence à Susan, ce qui n’est vraiment pas courant (je pense qu’on peut les compter sur les doigts d’une main pour la série actuelle). Ils se font vraiment plaisir pour l’anniversaire de la série.

D’ailleurs je ne sais pas si c’est voulu ou non, mais la façon dont le Doctor répète trois fois son « Yes » m’évoque terriblement William Hartnell (c’était bien son genre de répéter comme ça ou de caser des « hum » de partout, je crois que c’est parce qu’il oubliait son texte, mais du coup ça fait partie des mimiques du premier Doctor pour moi).


Mais bon ce n’est pas le tout, il nous faut quand même une intrigue, entre donc en scène Merry, Queen of the years, jeune fille terrifiée à l’idée de rater sa chanson lors de la grande cérémonie. Fort heureusement, Clara sait trouver les mots pour la consoler (classique mais ô combien important pour tout bon compagnon qui se respecte).

Mais évidemment, il y a une entourloupe (dans laquelle Clara met directement les pieds, fait ô combien important pour… vous m’avez compris !), sinon il n’y aurait pas d’intrigue.


Mais d’abord, petite chanson. Tiens ça me rappelle Gridlock, l’un des premiers épisodes de Martha, et même un peu Planet of the Ood, un autre « première fois » (de Donna cette fois). Ce n’est pas souvent que ça chante dans Doctor Who, mais à chaque fois ça a son petit effet.

On s’en doutait un peu, la pauvre petite fille n’est pas juste pour chanter une jolie chanson, mais pour se faire dévorer par le dieu endormi sauf que…
« There's one thing you need to know about travelling with me -well, one thing apart from the blue box and the two hearts. We don't walk away. »
Bref le Doctor et Clara partent à la rescousse, avec une délicieuse petite référence à Indiana Jones en chemin, et un très joli discours sur la création de l’univers (qui recoupe bien les propos du père de Clara au début de l’épisode) :
« All the elements in your body were forged many, many millions of years ago, in the heart of a far away star that exploded and died. That explosion scattered those elements across the desolations of deep space. After so, so many millions of years, these elements came together to form new stars and new planets. And on and on it went. The elements came together and burst apart, forming shoes and ships and sealing-wax and cabbages and kings. Until eventually, they came together to make you. You're unique in the universe. There is only one Merry Gejelh. And there will never be another. »
Et il s’avère que la petite bête en cachait une grosse, et voilà donc le Doctor sur le point de se battre contre… une planète ? Un soleil ? Bref un gros machin !

« We don't walk away. But when we're holding on to something precious, we run. We run and run
as fast as we can and we don't stop running until we're out from under the shadow. »
On a le droit à une nouvelle chanson du coup (objectivement on pourrait parler de guimauve, pourtant ça marche à merveille), pendant que le Doctor affronte la créature à coup de paroles, se livrant au passage complètement.

« Come on, then. Take mine. Take my memories. But I hope you've got a big appetite.Because I've lived a long life and I've seen a few things. I walked away from the Last Great Time War. I marked the passing of the Time Lords. I saw the birth of the universe and I watched as time ran out, moment by moment, until nothing remained. No time. No space. Just me.
I've walked in universes where the laws of physics were devised by the mind of a madman. I've watched universes freeze and creations burn. I've seen things you wouldn't believe. I've lost things you'll never understand. And I know things. Secrets that must never be told. Knowledge that must never be spoken. Knowledge that will make parasite gods blaze. So come on then ! »
C’est presque too much son petit discours, ceci dit je suis étonnée, parce qu’en quelques répliques au travers de cet épisode, le Doctor pose vraiment son personnage. En principe les premiers épisodes d’un nouveau compagnon, du moins dans la nouvelle série, servent toujours à reposer les bases, de façon à qu’on puisse suivre sans avoir vu les saisons précédentes. Je n’y croyais pas trop pour Clara (vu ses débuts très timey-wimey), mais finalement, The Rings of Akhaten joue bien son rôle, il pose les bases.

On a donc le Doctor, un être ancien, qui porte un tel poids sur les épaules, et qui continue à être prêt à tout lorsqu’il voit un enfant pleurer. Et on a son indispensable compagnon, là pour lui tenir compagnie, lui servir de conscience morale au besoin, et lui sauver la mise quand c’est nécessaire, comme ici :

« The most important leaf in human history. It's full of stories, full of history. And full of a future that never got lived. Days that should have been that never were. Passed onto me. This leaf isn't just the past, it's a whole future that never happened. There are billions and millions of unlived days for every day we live. An infinity. All the days that never came. »
Du coup, vu que Clara peut sauver le monde, elle a bien gagné sa place à bord du TARDIS. Je ne m’attarde pas trop sur le final qui remet en avance le mystère de son existence qui travaille toujours autant le Doctor (au point que son attitude ne passe pas inaperçu, mais Clara met vite les choses au point).

Ceci dit, ça ne l’empêche pas d’apprécier Clara pour elle-même. Ça se ressent à travers tout l’épisode, à quel point ça lui fait plaisir de faire son numéro de guide touristique sauveur de monde tout en la mettant à l’épreuve en passant…


Sur le papier, The Rings of Akhaten est donc un épisode tout ce qu’il y de plus classique. Mais après des trames narratives parfois (trop) compliquées, son retour aux sources (assorti de nombreuses références) fait un bien fou. J’attends avec hâte la suite des aventures de Clara et du Doctor !

mercredi 10 avril 2013

Les amants passagers - Pedro Almodovar


Des fois, face à un film, on se demande bien ce qu’on va pouvoir en dire. C’est le cas du dernier film de Pedro Almodovar, Les amants passagers, une comédie délirante et colorée qui se déroule à bord d’un avion bien parti pour s’écraser à cause d’un problème de train d’atterrissage.

Le stress montant (et la consommation d’alcool aidant !), passagers et personnel de bord se livrent (dans tous les sens du terme). L’ensemble forme un foutoir assez exceptionnel, et pourtant extrêmement cohérent, avec ses personnages tous très hauts en couleurs, ses dialogues plein de mordant, et certaines scènes à mourir de rire.

Ceci dit, vu que c’est dans un genre assez particulier (le genre Almodovar), je vous conseille de faire un test avec le teaser si dessous. S’il vous attire l’œil, courez voir le film, excellent remède à la morosité et à la météo ambiante. Sinon, il est toujours temps d’aller voir / de retourner voir l’excellent (et plus sérieux) Cloud Atlas !



Pour la petite anecdote, j’ai vu ce film avec un ami qui prend l’avion à la fin du mois. Je lui ai demandé à la fin de la séance s’il allait oser partir finalement. Sa réponse :

« Quel dommage, je suis en classe économique ! »

lundi 8 avril 2013

Contes désenchantés - David Bry


Le mois de mars a été pour moi un mois difficile côté lectures. J’ai eu des gros moments de démotivation, et j’ai aussi beaucoup peiné sur La vallée de l’éternel retour de Ursula Le Guin (je peine toujours d’ailleurs, mais maintenant que j’ai admis qu’il me faudrait trois mois pour le finir petit à petit, ça va beaucoup mieux), du coup certains livres ont souffert de cela, et parmi eux les Contes désenchantés dont la chronique attend depuis plus d’un mois.

Pourtant j’ai bien aimé le concept du livre. Comme son titre l’indique, les Contes désenchantés est un recueil de contes. Mais pas des contes classiques, plutôt de délicieux détournements, parfois horribles, parfois touchants, mais le plus souvent très amusants.

D’ailleurs j’avoue avoir beaucoup aimé les classiques détournés à la sauce humoristique : le délicieux La princesse et le braconnier, La pucelle et la sorcière dont je n’avais pas vu venir la chute, Un preux chevalier (tout pareil) et La princesse moche à lunettes. En fait c’est tous les textes qui m’ont bien fait rire à la conclusion, ça devait être ce qu’il me fallait quand je l’ai lu !

Plutôt que d’enchainer les contes à la chaine, l’auteur les a enrobés dans une autre histoire, celle d’une troupe de conteurs qui animent une soirée dans une taverne, avec une intrigue là-dessous, si bien qu’on se retrouve avec des histoires dans l’histoire, en quelque sorte, qui est fort sympathique aussi dans une veine complètement délirante (avec ce roi Léo qui n’a plus tout sa tête) et truffée de clichés complètement assumés.

L’ensemble est donc extrêmement plaisant à lire. C’est drôle, rondement mené, et bien divertissant. Je suis sans doute un peu passée à côté parce que ce n’était pas la bonne période, mais si vous avez envie de contes, ou de fantasy pleine d’humour, je vous conseille de vous intéresser à cet ouvrage, qui fera sûrement votre bonheur !



samedi 6 avril 2013

Doctor Who 7x06 - The Bells of Saint John


Et voilà, c’est reparti pour un tour de Doctor Who ! Assez ironiquement cet épisode a été placé sous le signe du timey-wimey pour ma part, car c’est bien la première fois qu’un épisode que de 45 minutes se regarde en presque deux heures, un phénomène absolument magique (et je n’accepterais aucune explication censée du style changement d’heure, franchement vous êtes trop terre à terre !).

En laissant de côté mes délires, The Bells of Saint John est un épisode… ma foi je ne sais quoi en penser. Il a un bon concept, quelques chouettes trouvailles, une ou deux scènes touchantes, d’autres impressionnantes, mais j’ai eu un peu de mal à vibrer avec l’intrigue. La faute sans doute au fait qu’il s’agit de la troisième introduction de la nouvelle compagne, et même si l’idée de base est une innovation intéressante, j’aimerais bien qu’on avance un peu !

Rentrons donc un peu dans le détail avec, une fois n’est pas coutume, des spoilers. Vous commencez à connaitre la chanson !


On commence donc avec une introduction façon Blink, qui présente d’emblée le grand méchant de l’épisode : le Wifi ! Je crois que ça fait bien longtemps qu’on n’avait pas eu quelque chose de ce type. Certes la série joue souvent avec les petites peurs du quotidien, mais le coup du réseau maléfique, c’est vraiment excellent !


Et un peu plus loin, on retrouve le Doctor dans un monastère. Ayant suivi les bons conseils de Little Clara dans la prequel, il s’est isolé pour réfléchir à comment la retrouver, ou pour attendre que le destin lui fasse un signe… ce qui arrive sous forme d’un coup de fil.


Nous revoilà donc avec Clara, et je vous avoue que je suis rassurée, cette nouvelle version n’est pas aussi Mary-Sue que les deux autres. Elle reste une fille brillante, mais elle est loin d’avoir le génie de la version victorienne (qui acceptait avec une étonnante facilité TARDIS et cie) ou de la version dalek. Et elle ne comprend rien à internet !

« Ah, hello. I can't find the internet. »

D’où son coup de fil au Doctor, d’ailleurs voilà un bon mystère, l’identité de la femme dans le magasin qui lui a donné le numéro. Détail important, ou juste une manière de dire que c’est le destin qui les a réunis. Allez savoir…


Petit clin d’œil aux Ponds en passant (« Eleven's the best. »), et voilà donc le Doctor et Clara à nouveau en relation. Et le déclic se fait côté Doctor lorsqu’elle invente une bien étrange phrase pour se souvenir du mot de passe réseau (« Run. You. Clever. Boy. And. Remember. »).

Et parce que sinon il n’y aurait pas d’histoire, Clara se fourre dans les ennuis jusqu’au cou en cliquant sur le mauvais réseau, pendant que le Doctor se dépêche de la rejoindre. Habillé en moine. Et se fait donc royalement mettre à la porte. Et pendant ce temps Clara se fait télécharger (brrr).


Le Doctor (fraichement rhabillé) ne peut donc que se précipiter à son secours, histoire de bien commencer leurs aventures ensemble. Il y a clairement une déconstruction de l’introduction de la nouvelle compagne (leur rencontre n’a rien d’hasardeux, c’est lui qui la recherche et pas le contraire), c’est assez intéressant comme jeu, même si je vous avoue qu’au bout de trois épisodes d’introduction du même personnage (enfin… on va supposer que), je commence à avoir envie qu’on avance un peu !

Bon ceci dit, même si je trouve que tout cela se traine un peu, cet épisode contient deux très belles séquences :


Juste après l’avoir sauvé (et mine de rien c’est hyper important qu’il y arrive, vous imaginez un peu, si elle meurt une troisième fois et qu’il doit à nouveau la chercher), le Doctor a un moment touchant où il lui prépare un verre d’eau et une assiette de biscuits. C’est très… humain en fait (à part pour le fait de laisser le biscuit à moitié mangé, franchement Doctor !), et très rare de sa part.


J’ai lu ici et là sur internet que de toute façon le Doctor ne s’intéressait guère à Clara sauf pour le mystère qu’elle représentait, mais justement, il n’y a rien qu’il n’aime plus qu’un bon mystère, et c’est pour ça qu’on le voit en prendre le plus grand soin, jusqu’à monter la garde devant chez elle !


« I'm the Doctor. I'm an alien from outer space. I'm 1,000 years old. I've got two hearts. And I can't fly a plane, can you? »

Après ce petit moment plein de tendresse, on enchaine directement sur une scène assez monumentale de crash d’avion. Le concept en soi est déjà énorme, et le rendu est tout à fait à la hauteur quand on passe de l’extérieur au TARDIS à l’avion en presque un clin d’œil, on se croirait dans un authentique blockbuster. En plus ça permet d’expédier les préliminaires (alien, bigger on the inside), voilà qui est fait !


« Are we sure this time ? Earl's Court was an embarrassment. »

Je me rends compte que je n’ai encore pas trop parlé des méchants… ma foi ils complètent bien le concept d’internet maléfique en exploitant toutes les ressources à leur portée, c'est-à-dire tous les gens qu’ils ont « enregistré » et dont ils exploitent jusqu’à l’appareil photo de leur téléphone. Ajoutez à ça le concept de hacker une personnalité, et vous avez légitimement le droit de flipper !

Mention spéciale à Miss Kizlet qui fait une chef tout à fait machiavélique… et dire que ce n’est qu’une sous-fifre !


La séquence en moto, aussi jolie soit-elle, m’a un peu blasée par contre… c’est un peu too much, même pour Doctor Who, et l’intrigue prend un tour vraiment bizarre avec ce petit déjeuner, tous les serveurs hackés, etc.

Ceci dit, j’aime beaucoup la façon dont Clara trouve leur repère. Certes le côté « on a téléchargé des compétences informatiques dans ma tête » semble un peu forcé, mais j’aime le fait qu’elle s’en serve d’une manière assez détournée, en faisant appel à… Facebook !

Après tout se règle assez vite, Clara est re-téléchargée (par un sosie du Doctor), le vrai Doctor pas content passe à l’action, nous rappelant au passage à quel point cette incarnation peut-être manipulatrice et froide lorsqu’elle utilise Miss Kizlet pour arriver à ses fins.

J’étais assez surprise qu’il disparaisse tout de suite derrière, avant de réaliser que c’était sûrement lui qui avait prévenu UNIT (que je suis bien contente de revoir, même sous forme d’un clin d’œil).


On apprend d’ailleurs au passage que loin d’être juste un clin d’œil, la Great Intelligence semble bien partie pour être le grand méchant de cette saison. Et bien soit, pourquoi pas ? Après tout, c’est le cinquantième anniversaire de la série, faisons-nous plaisir !

D’ailleurs si je trouvais cette entité assez peu remarquable dans The Snowmen, j’ai beaucoup plus apprécié son côté froid dans cet épisode, lorsque Miss Kizlet restaure les paramètres d’usine de tout le monde… y compris elle-même. Brrr.


Et nous voilà déjà sur la fin, avec le Doctor qui revient évidemment vers Clara pour l’inviter à venir avec lui, qui bien évidemment l’envoie (temporairement on s’en doute) sur les roses, malgré tout son déballage. Ca doit être frustrant pour lui, parce qu’il doit se douter à quelque part que Clara doit voyager avec lui (y’a qu’en voyageant avec le Doctor qu’on se retrouve avec des imbroglios temporels pareils), et pourtant elle ne semble pas si facile à convaincre, en dépit de son envie de voyager.


« Right then, Clara Oswald. Time to find out who you are. »

Et on termine, ça en devient une manie, sur une réplique qui s’adresse directement au spectateur, juste avant un teaser bien alléchant pour le prochain épisode !

jeudi 4 avril 2013

Wadjda - Haifaa Al Mansour


J’avais un peu de mal à croire, en lisant les affiches dans le métro, que Wadjda était le premier film saoudien. Et pourtant, après vérification, si ce n’est pas exactement le premier, c’est tout de même un des premiers, qui plus est tourné en Arabie Saoudite par une femme ! Déjà sur le papier, Wadjda est donc un film surprenant.

L’histoire est simple : une jeune fille saoudienne souhaite avoir un vélo (dans un pays où les femmes n’ont pas le droit d’en faire), et met tout en œuvre pour réunir l’argent qui lui permettra de l’acheter, pendant qu’en parallèle sa famille se délite (sa mère ne pouvant plus avoir d’enfant, son père envisage de prendre une deuxième femme pour avoir un garçon).

La première chose qui m’a frappé dans ce film, c’est le décalage culturel. Il y a des choses que je savais certainement, mais avant de les voir à l’écran, elles n’avaient pas forcément de sens. Typiquement je me suis demandée un moment pourquoi la mère de Wadjda faisait systématiquement appel à un chauffeur pour se déplacer avant de replacer les choses dans leur contexte !


En cela le film n’est vraiment pas réjouissant quant à ce qu’il dit sur la condition féminine dans ce pays : les multiples interdictions (au point où se vernir les ongles de pied en devient une forme de révolte !), les écoles où l’on apprend en permanence à ne pas être vu des hommes… tout cela fait que je suis sortie de ma séance passablement déprimée.

Mais, en discutant avec une collègue de travail qui l’avait vu également, j’ai pris conscience que c’était aussi un film encourageant : tourné par une femme, il donne à voir, pour un sujet aussi délicat, des personnages féminins qui malgré toutes ces contraintes arrivent à trouver du bonheur dans leurs vies, à leur façon. Mine de rien, cela donne une sacrée note d’espoir au film.

Wadjda est donc un film à voir, parce qu’il réussit à parler d’un sujet pas facile, mais toujours avec humour et tendresse. Ce n’est pas une mince affaire, et pourtant la réalisatrice réussit très bien à le faire !



mardi 2 avril 2013

A calendar of tales - Neil Gaiman


Il se passe parfois des choses très étranges sur Internet, mais on ne voudrait surtout pas qu’il en soit autrement. Pour s’en convaincre, il suffit de jeter un œil au dernier projet littéraire de Neil Gaiman.

A calendar of tales est un projet qui s’inscrit dans une campagne promotionnelle pour le nouveau Blackberry, dans une forme assez originale : en effet en posant douze questions étranges sur les mois de l’année sur Twitter, Neil Gaiman a récupéré douze réponses d’internautes toutes aussi étranges, à partir desquels il a rédigé douze nouvelles.

Les douze nouvelles ont ensuite été mises en ligne, et on peut les lire soi-même, ou les écouter lues par Neil Gaiman (ce qui n’est pas désagréable non plus). Et pendant une période, les internautes ont pu réagir dessus et poster les illustrations ou les vidéos que cela leur inspirait.

(c’est d’ailleurs de là que je tire mes illustrations d’articles, je n’ai pas pu mettre de crédits et je m’en excuse, mais ils n’apparaissent pas sur le site à ma connaissance)

L’ensemble du projet est consultable à cette adresse, et si je n’arrive plus à retrouver le fichier pdf complet des douze nouvelles, il est toujours possible de les télécharger une par une et de les convertir en epub pour les lire où vous voulez sur votre liseuse.

Nous voilà donc avec douze nouvelles, des textes souvent courts (entre deux et quatre pages en général), sur des registres assez variés. Neil Gaiman est un excellent nouvelliste (j’y reviendrais plus en détail si j’arrive à caser une relecture de Miroirs et fumées à quelque part), et ses textes sont souvent drôles, parfois doux, parfois tristes… il y en a pour tous les goûts, je pense que chacun y trouvera son bonheur.

Certains textes m’ont semblé un peu obscurs (c’est toujours le problème, quand je lis du Gaiman en anglais, y’a toujours des subtilités qui m’échappent), mais cela ne m’a pas empêché d’apprécier les images qu’il évoque ainsi en quelques mots, et j’ai même eu un gros coup de cœur pour certains mois de l’année.


« You know you’ve been pushing the ducks too hard when they stop trusting you, and my father had been taking the ducks for everything he could since the previous summer. »
Ce que j’ai aimé dans cette histoire d’avril, c’est l’absurdité de l’histoire où un homme cherche à regagner la confiance de canards, entre toute chose. C’est du non-sens à l’état pur, ce qui en fait un texte vraiment drôle jusqu’à la dernière ligne, alors que l’idée de départ n’appelait pas spécialement à un texte aussi délirant (quoique…)


« In May I received an anonymous Mother’s Day card. This puzzled me. I would have noticed if I had ever had children, surely? »
Le mois de mai s’inscrit un peu dans la même veine, rien n’a vraiment de sens dans cette histoire où la protagoniste reçoit des messages tous plus fondus les uns que les autres. Je ne suis même pas sûre d’avoir compris le comment du pourquoi de la chose, mais chaque paragraphe est un trésor :
« In November I received a ransom note telling me exactly what to do if ever I wished to see my Uncle Theobald alive again. I do not have an Uncle Theobald, but I wore a pink carnation in my button hole, and ate nothing but salads for the entire month anyway. »
« My parents disagree. It’s what they do. They do more than disagree. They argue. About everything. I’m still not sure that I understand how they ever stopped arguing about things long enough to get married, let alone to have me and my sister. »
Si l’histoire du mois de juin garde un penchant comique assez affirmé, c’est aussi un texte touchant où une fille nous parle de ses parents qui se disputent tout le temps, y compris sur la destination idéale de vacances. Entre l’idée de départ et le premier paragraphe, on se demande un peu où Neil Gaiman va nous emmener, mais tout s’emboite et on se retrouve avec un très joli texte.

« The day that my wife walked out on me, saying she needed to be alone and to have some time to think things over, on the first of July, when the sun beat down on the lake in the centre of the town, when the corn in the meadows that surrounded my house was knee-high, when the first few rockets and firecrackers were let off by over-enthusiastic children to startle us and to speckle the summer sky, I built an igloo out of books in my back yard. »
Le mois de juillet m’a touché principalement pour la vivacité des images qu’il a invoquées dans mon esprit, lorsque le narrateur décide de se construire un igloo en livres (quelle belle idée) et qu’il bascule peu à peu dans un monde imaginaire peuplé de créatures de papier. Une vision absolument fantastique, qui vaut le détour !

« “That feels good,” I said, and I stretched my neck to get out the last of the cramp. »
La nouvelle d’octobre est de loin ma favorite de tout le recueil, et si je ne devais n’en garder qu’une, ce serait celle-ci. Je n’ai guère envie de vous dévoiler ses tenants et aboutissants, mais cette variation atypique autour d’un génie qui sort de sa lampe est un très joli texte, touchant et réconfortant, en un sens.

Voilà, j’espère que ce petit aperçu vous aura donné envie de vous intéresser de plus près à ce projet, qui contient quelques très jolis textes qu’on peut déguster entre deux grosses lectures. De toute façon, c’est Neil Gaiman, et c’est gratuit, ça ne se refuse pas !