mercredi 19 août 2026

L’homme qui savait la langue des serpents – Andrus Kivirähk

Couverture du roman L'homme qui savait la langue des serpents

Depuis des années, je voulais lire ce livre dont j’avais entendu le plus grand bien. J’ai fini par le trouver dans une boîte à livre (le jour où j’ai quitté mon précédent boulot, sans doute un signe !) et j’ai enfin fini par le lire… presque deux ans plus tard.

L'homme qui savait la langue des serpents nous projette dans une Estonie médiévale où l'on suit la vie de Leemet, le dernier « vrai » estonien à vivre en forêt et à savoir parler la langue des serpents, alors que tous ses semblables se convertissent au christianisme et s'installent dans les villages pour cultiver la terre.

On va donc le suivre de sa plus tendre enfance à son entrée dans l’âge adulte, alors qu’il voit petit à petit se modifier l’univers dans lequel il grandit. Et forcément cela ne se fait pas sans une forme de mélancolie et de tristesse, d’autant plus que ce n’est pas un mais plusieurs mondes qui semblent prendre fin, comme en témoigne la présente des anthropopithèques, derniers témoins d’une époque encore plus ancienne.

Ce qui n’empêche pas l’histoire d’être en même temps assez drôle à lire, tant les personnages sont ridicules dans leurs excès. Tout le monde en prend pour son grade, du nouveau villageois fier de sa pelle à pain au traditionaliste qui vit dans sa forêt jusqu’au-boutiste dans ses pratiques.

J’ai bien aimé ce roman. Il est très agréable à lire (ce qui m’a d’autant plus surprise que je m’attends à quelque chose de compliqué, allez savoir pourquoi). Le récit est fluide, et on a plaisir à suivre le parcours de Leemet et la façon dont il appréhende les choses, d’abord à hauteur d’enfant puis avec un regard plus adulte et éprouvé par tout ce qu’il a vécu.

J’ai apprécié également la magie légère présente dans l’histoire. La langue des serpents permet en effet de commander aux animaux et on croise quelques éléments fantastiques comme la mystérieuse Salamandre, mais les rituels de type sacrifice d’animaux ou croyances dans les esprits sont vus comme des imbécilités. On sent qu’on est à un point de bascule, alors que l’ancien monde s’apprête à disparaître.

Le tout est fort plaisant à lire : on découvre cet univers différent, on rigole, on assiste à des séquences épiques parfois, on s’émeut de certains passages plus contemplatifs, et globalement on passe un excellent moment avec ce récit qui nous sort de nos sentiers habituels.

Infos utiles :
L’homme qui savait la langue des serpents (Mees, kes teadis ussisõnu) est un roman d’Andrus Kivirähk sorti en 2007 en VO et en 2013 en VF aux éditions Le Tripode. Traduction de Jean-Pierre Minaudier. Couverture de Denis Dubois. 470 pages.

D’autres avis :
233°C, Mondes de poche, NooSFere, Zoé prend la plume

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