
Je pense qu’on peut féliciter les éditions ActuSF pour ce début d’année plus que réussi côté couvertures : c’est tout de même le troisième livre (après L’opéra de Shaya et l’anthologie Lancelot) de chez eux que j’aurais acheté presque rien que pour la couverture (même si le contenu de cet étrange ouvrage m’attirait également).
Liavek est un univers de fantasy collectif, dont la principale particularité est la présence d’une sorte de roue de la fortune liée à la date de naissance : le jour de son anniversaire, notre « capital chance » est à son maximum, ce qui peut attirer bonheur comme catastrophe, et se révèle très utile aux sorciers et autres magiciens. Cet univers a été mis en scène par un joli nombre d’auteurs, qui ont écrit une soixantaine de nouvelles, réparties en cinq anthologies en VO.
Pour la VF, on se contentera de ce recueil sobrement intitulé Liavek, qui reprend quatre nouvelles écrites ou coécrites par Megan Lindholm (Robin Hobb quoi). On y suit les pas de Kaloo, jeune fille orpheline qui ignore tout de sa date de naissance. Ces quatre textes sont accompagnés d’une nouvelle de Steven Brust qui permet de mieux connaitre le Comte Dashif, qui va croiser la route de Kaloo à plusieurs reprises.
L’ensemble forme un recueil dont la lecture est tout à fait agréable. La trame narrative m’a semblé plutôt classique, mais la division de l’histoire en nouvelles évite tout sentiment d’ennui ou de longueur, d’autant plus qu’on bascule d’un point de vue à un autre au gré des textes, laissant planer quelques mystères sur certains évènements.
J’ai bien apprécié le personnage de Kaloo, qui pour une traditionnelle orpheline promise à un avenir hors du commun, se révèle être un personnage pas forcément facile à aimer, pleine de nuances et de zones d’ombres. De manière générale tous les personnages (enfin ceux qui comptent) m’ont frappé par leur caractère très humain.
Cependant Liavek reste de la fantasy plutôt classique dans son ensemble. Les amateurs y trouveront sans peine leur compte, pour ma part si j’ai apprécié la lecture sur le moment, je pense que je risque assez vite de l’oublier (si ce n’est pour cette couverture de Yana Moskaluk, qui on ne le dira jamais assez, est juste magnifique).
Je retiens néanmoins cette idée d’un univers commun à un grand nombre d’auteurs, que je trouve drôlement chouette. Il est difficile de faire une réelle idée de sa richesse vu qu’ici on se concentre presque sur une série écrite par un même auteur, mais je me doute bien qu’il est plus facile de vendre des nouvelles de Megan Lindholm que de Jane Yolen, Charles de Lint ou d’autres encore, souvent inconnus en France à deux ou trois nouvelles près.

