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lundi 21 décembre 2015

Etiquette & Espionnage – Gail Carriger

 
Il y a quelques années de cela, j’étais tombée sous le charme du Protectorat de l’ombrelle (chronique du tome 1 ici), une série assez improbable à quelque part entre le steampunk et la bit-lit (enfin l’anti-bit-lit serait plus exact) pour un résultat très drôle et extrêmement bien écrit.

Il était donc assez logique que je m’intéresse aux autres écrits de l’auteur, à commencer par sa série du Pensionnat de Melle Géraldine, du young adult se déroulant dans le même univers. L’avis de Blop m’ayant un peu refroidi à son sujet, j’ai préféré l’emprunter à la bibliothèque pour me faire ma propre opinion.

[Pour la petite anecdote il était systématiquement emprunté dans ma bibliothèque favorite, j’ai fini par le dénicher dans une autre bibliothèque à laquelle j’ai rendu visite car une étudiante de mon école avait eu la bonne idée d’y rendre un de nos livres. Comme je voulais être sûre de le revoir avant 2016, j’ai préféré aller le récupérer moi-même… et j’ai dévalisé le rayon SF fort bien achalandé en passant… on ne se refait pas !]

Bref, parlons un peu du livre en lui-même. Comme je vous le disais, il se déroule dans l’univers du Protectorat de l’ombrelle, mais plus tôt dans le temps (enfin ça j’ai mis du temps à le comprendre, j’y reviendrais). Nous sommes donc dans une sorte d’ère victorienne, mais avec du steampunk, des loups-garous et des vampires.

Et nous suivons les pas de Sophronia, une jeune fille de bonne famille qui à force d’aimer grimper et réfléchir fait le désespoir de sa mère, qui décide de l’envoyer au pensionnat de Melle Géraldine… Mystérieux pensionnat qui se charge certes d’inculquer les bonnes manières et l’art d’arranger son corsage aux jeunes filles, mais aussi des talents un peu plus surprenants telles que l’espionnage et l’assassinat.

Le concept de l’école cachée bizarre n’a en soit rien de bien original, mais du moment que l’univers est solide et l’intrigue rondement menée, cela ne me dérange pas… mais c’est justement ce qui m’a posé problème avec Etiquette & Espionnage, j’ai trouvé qu’il pêchait un peu par manque d’explications.

J’avais beau avoir lu les cinq tomes du Protectorat de l’ombrelle, je me suis retrouvée un peu paumé. L’univers est en effet fort semblable, mais j’ai trouvé qu’on avait fort peu de contexte (ce qui me dérange un peu vu que les lecteurs de Etiquette & Espionnage n’ont pas forcément lu Sans âme à priori), et j’ai eu du mal à comprendre le pourquoi des différences dans l’univers jusqu’à que quelques éléments m’indiquent que cette histoire se passait justement bien avant Sans âme.

Pour le reste… ma foi ce roman se lit très bien (ce qui fait du bien de temps en temps) et on passe un bon moment, mais il ne reste pas grand-chose à posteriori car les personnages comme l’intrigue sont assez lisses… et les commentaires de Sophronia n’arrivent à la cheville d’Alexia Tarabotti !

Bref si Le protectorat de l’ombrelle était une lecture détente vraiment soignée, drôle et originale, Etiquette & Espionnage est une lecture détente tout court, qui ne laisse pas un souvenir impérissable. Je jetterais un œil à la suite si j’ai besoin de m’aérer l’esprit, mais je pense que je vais plutôt guetter l’arrivée en français de Prudence, premier tome de la série Custard Protocol (tout un programme).

jeudi 4 juillet 2013

Sans âge - Gail Carriger


Et nous voilà donc arrivés au terme des aventures d'Alexia Tarabotti, non sans une certaine tristesse pour ma part. Tout du long, ce cycle du Protectorat de l'Ombrelle aura été un authentique plaisir de lecture, drôle et diablement bien pensé. Ce dernier volume, Sans âge, ne fait pas exception à l'affaire, c'est même une forme d'apothéose.

Nous retrouvons Alexia deux ans après les événements de Sans cœur, fort occupée à jouer les mécènes pour son amie Ivy quand elle ne doit pas empêcher sa fille, Prudence, de déclencher une nouvelle catastrophe à cause de ses dons bien particuliers.

Dans ce contexte, une invitation en Egypte de la doyenne des vampires n'est pas forcément ce qu'elle attendait, mais vu que cela ne se refuse pas, la voilà qui s'embarque à bord d'un navire avec mari et enfant pour y répondre.

Il n'est pas toujours facile de conclure une histoire avec brio, mais Gail Carriger a parfaitement réussi son coup avec Sans âge. En effet, sous prétexte d'un voyage en Egypte, l'auteure fait revenir sur le devant de la scène tous les protagonistes rencontrés au cours des différentes histoires, révèle quelques mystères qui restaient en suspens et surtout arrive à offrir une conclusion pour tous les personnages principaux. L'histoire se referme donc sans qu'on réclame à corps et à cri une suite.

(même si celle-ci est prévue si j'ai bien compris ce que disait Gail Carriger aux Imaginales)

Une fois n'est pas coutume, on rit beaucoup à la lecture, autant de cet étrange univers victorien que des péripéties étranges des héros et des remarques affreusement pragmatiques d'Alexia à ce sujet. Mais ça a aussi été une lecture très émouvante (j'ai bien failli verser une petite larmichette).

La relation entre Alexia et Lord Maccon arrive en quelque sorte à maturité dans Sans âge. C'est un peu difficile à expliquer mais on est loin du détournement des clichés du début. Les échanges sont touchants, tout simplement, c'est un couple marié qui a trouvé son bonheur et sa stabilité, et qui fonctionne (presque) sans anicroches.

Pour la petite anecdote, si je trouvais un peu lourdingue dans Sans forme le fait de les voir partir faire des galipettes dans le lit toutes les cinq pages, cela m'a beaucoup moins gêné dans ce tome où l'auteur fait preuve d'une réelle inventivité pour décrire ce genre de scène :
« Lord Maccon déclina le digestif et le jeu de cartes. Lady Maccon déclina une promenade sur le pont. A la place, ils rentrèrent ensemble dans leurs quartiers privés. Alexia, songeant au livre sur l'anatomie qu'elle avait chipé, suggéra qu'ils profitent de la paix relative du voyage […]. Conall fut tout à fait d'accord, mais sembla penser que les livres n'avaient aucun rôle à jouer dans cette activité.

Ils trouvèrent un compromis. Alexia sortit son ouvrage et utilisa Conall comme spécimen d'étude. Elle s'enthousiasma à l'idée de pouvoir déterminer où étaient situés divers organes de l'extérieur, ce qui impliquait de le tâter et de le tapoter du bout des doigts. Conall étant chatouilleux, cela conduisit à une petite bagarre. Alexia finit par perdre possession du livre, de ses vêtements et de ses battements de cœur, mais la session d'étude fut considérée, du moins par Conall, comme un succès retentissant. »
A noter que ce volume contient une deuxième histoire d'amour que j'ai trouvé également très touchante, mais je ne vous en parle pas plus que ça, spoilers !

En tout cas Sans âge est une très belle fin pour ce cycle (qui reste une de mes plus agréables découvertes de ces dernières années). Si vous n'avez encore jamais lu cette série, vous n'avez plus aucune excuse pour le faire maintenant qu'elle est entièrement traduite en français !


CITRIQ

dimanche 2 décembre 2012

Sans coeur - Gail Carriger


Contrairement à mes habitudes, je n’aurais pas attendu bien longtemps pour me jeter sur le nouveau volume du Protectorat de l’Ombrelle. Il faut dire qu’il me tendait les bras à Gibert, et que justement, j’avais une petite cagnotte sur ma carte de fidélité. Comment voulez-vous résister à l’achat quand vous savez que vous n’aurez même pas à sortir votre carte bleue ?

Sans cœur, quatrième tome des aventures de Alexia Tarabotti (alias Lady Maccon) se déroule quelques mois après Sans honte, alors que la grossesse d’Alexia arrive à son terme. Entres les vampires qui cherchent toujours à l’éliminer (elle et son désagrément embryonnaire), un mystérieux complot pour assassiner la reine, et des porcs-épics zombies, vous vous doutez bien que les derniers jours précédant l’accouchement ne seront pas de tout repos.
« Je protège au nom de la mode. J’accessoirise pour tous et chacun. La quête de la vérité est ma passion. Par la grande ombrelle, j’en fais le serment. »
Après une petite baisse de régime dans les deux volumes précédents (ce qui ne les empêchait pas d’être délicieux ceci dit), Alexia revient réellement au sommet de sa forme pour cette nouvelle aventure.

Il faut dire qu’il y a tous les ingrédients d’un cru exceptionnel : on y trouve bien évidemment des vampires, des loups garous et des fantômes bien sûr, ainsi qu’un bon aperçu de la haute société londonienne (et de comment on y créé une mode) et quelques créatures et machines steampunks…
Les mois qui venaient de s’écouler avaient entrainé tous les loups-garous de la maisonnée à s’occuper d’une Alexia de plus en plus ronchon ; ils avaient appris, tous autant qu’ils étaient, qu’il leur en cuirait s’ils ne la nourrissaient pas, ou pire, si lady Maccon se mettait à pleurer. En conséquence, plusieurs membres de la meute produisaient à présent des bruits de papier froissé quand ils se déplaçaient, car ils cachaient des en-cas un peu partout sur leur personne.
Ajoutez à cela une meute qui fait son possible pour éviter le courroux de sa femelle Alpha, un lord Akeldama nettement plus présent (et toujours aussi extraordinaire), quelques bons délires avec Ivy et quelques révélations autour du passé du professeur Lyall, et vous obtenez un cocktail des plus détonnant.

Surtout lorsque celui-ci vous est servi par Lady Maccon, qui bien que sérieusement encombrée par son ventre, continue à mener ses enquêtes sans se laisser abattre. Je me suis demandée comment l’auteur allait faire usage de la grossesse d’Alexia, et le résultat est assez grandiose (sans qu’elle ne passe ni pour une super-héroïne, ni pour une pauvre petite chose).
La vendeuse vit. De même, en fait, que toutes les autres dames présentes. Ce qu’elles virent, c’est que lady Maccon, à quelques jours de son terme, s’était extraite de son lit et de l’affection de son mari pour venir dans cette boutique et acheter des protège-cheveux. Ceux-ci devaient donc être nécessairement de nouveau à la mode. […] Elle-même préférait des vêtements plus pratiques, surtout dans son état présent, mais si elle achetait des protège-cheveux, c’était que lord Akeldama devait approuver cet accessoire. Et si Lord Akeldama approuvait, les vampires approuvaient, et si les vampires approuvaient, eh bien, c’était simple, les protège-cheveux devaient être le fin du fin.
Autant dire que cette lecture a été un plaisir. Comme toujours c’est drôle, délicieusement guindé, truffé de sarcasmes. On rit beaucoup comme toujours, mais on se laisse aussi emporter par l’intrigue (surtout le dernier tiers qui dépote), et quelques moments se révèlent très attendrissants. Pour faire simple, c’est un divertissement de très bonne qualité, dont on aurait tort de se priver !

CITRIQ

mardi 13 novembre 2012

Sans honte - Gail Carriger


Comme j’ai revendu quelques livres la semaine dernière, j’ai décidé de faire une entorse à ma séance de vidage de PàL, et je me suis offert un titre sur lequel je lorgnais depuis bien longtemps : Sans honte, troisième volume du Protectorat de l’ombrelle, qui fait suite à Sans âme et Sans forme.

C’est avec plaisir que j’ai retrouvé Alexia, ses embrouilles surnaturelles et son ombrelle dans ses aventures de bit-lit steampunk, surtout qu’elle semblait dans une bien délicate situation à la fin du volume 2. D’ailleurs comme je ne peux pas aborder ce volume sans vous parler des épisodes précédents, si vous ne les avez pas lus, passez votre chemin.

(ou comme dirait cette chère River Song, « Spoilers ! »)

Enceinte et rejetée par son mari qui est persuadé qu’elle l’a trompé, Alexia a trouvé refuge dans sa famille (qui n’apprécie pas particulièrement l’effet que cela peut avoir sur sa réputation). Et pour couronner le tout, voilà qu’on cherche à l’assassiner (pour changer !).

Elle décide donc de partir pour l’Italie, le pays des Templiers, qui pourraient bien avoir des informations sur l’improbable enfant qu’elle porte, tandis que de son côté Lord Maccon déprime, et que son fidèle Bêta fait son possible pour faire régner l’ordre à sa place.

A l’image des deux précédents tomes, Sans honte est un roman juste délicieux à lire. Pas le genre à révolutionner la littérature, mais divertissant, drôle, et même émouvant. Je ne m’y attendais pas, mais petit à petit, on s’attache aux personnages.

On nage en plein roman sentimental bien sûr (les vampires et le pesto sont juste une valeur ajoutée) avec la séparation entre Alexia et Lord Maccon, et j’ai beaucoup aimé leur façon de gérer leurs émotions chacun de leur côté, j’ai trouvé ça assez touchant, de même que les conversations mentales qu’entretient Alexia avec son « désagrément embryonnaire ».

Ajoutez à ça une touche de mystère, quelques beaux passages d’action, un professeur Lyall (qui, merci Karine, a définitivement la tête de David Tennant désormais pour moi !) au sommet de sa forme, et un beau voyage à travers la France et l’Italie, le tout servi par une plume délicieusement pince-sans-rire et des remarques bien piquantes d’Alexia, et vous comprenez que j’ai été une fois de plus charmée par ma lecture.

Pas aussi tordant que Sans âme, mais bougeant bien plus que Sans forme, Sans honte est une chouette lecture qui m’a valu quelques bons fous rires dans le métro (surtout à cause du pesto). Et comme la suite vient de paraitre en vf, je vais pouvoir continuer à suivre les aventures d’Alexia et de son insupportable mari, chic alors !

CITRIQ

vendredi 18 novembre 2011

Sans forme - Gail Carriger


Je pense que ma PàL a triplé de volume en un mois, grâce aux cadeaux d’anniversaire, et accessoirement au sac de bouquins récupéré à la soirée du Virgin Megastore (et un placement produit, un !). Et comme je fréquente toujours la bibliothèque…

Bref je ne sais plus où donner de la tête, alors je me suis jetée sur le titre qui me tentait le plus, Sans forme, la suite de Sans âme que j’avais tant aimé en septembre, et que la couverture décrit sobrement comme « une histoire de vampires, de loups-garous et de dirigeables ».

Ma foi, cela résume bien ce sympathique deuxième tome du Protectorat de l'Ombrelle, où l'on retrouve Alexandra Tarabotti (désormais lady Maccon, comtesse de Woosley), qui enquête sur un étrange phénomène paranaturel qui annihile à une échelle autrement plus grande que la sienne les pouvoirs des vampires et loups-garous (non sans exorciser au passage quelques fantômes).

Et parce qu’Alexia aime mélanger les affaires et le privé, cette histoire se trouve très vite liée à celle de l’ancienne meute de son mari, qui réside en Ecosse (une contrée de barbares à ne point douter), ce qui va entraîner un petit voyage par la voie des airs, avec une compagnie pour le moins originale.

Pas grand-chose de nouveau dans ce tome, à part l’introduction du personnage de Mme Lefoux, une inventrice française qui apporte une sérieuse valeur ajoutée steampunk à l’intrigue avec ses gadgets (quand elle n'est pas occupée à flirter avec la moitié du casting féminin). Et puis il y a la vie maritale d’Alexia et son cher et tendre.

C’est le seul reproche que je ferais au livre, celle-ci déborde un peu trop sur l’histoire parfois. On ne peut pas les laisser ensemble plus de 5 pages sans que ça finisse en partie de jambes en l’air, c’est un peu lassant même si si ça reste très soft. Je crois que je préférais encore quand ils se tournaient autour !

Ceci dit, l’aspect romantique est moins au centre de l’histoire que pour Sans âme. Sans forme a une intrigue un peu plus consistante (autour du passé de Conall, et de ce mystérieux phénomène paranaturel) plutôt intéressante, qui sert semble-t-il de transition pour une suite qui promet à en juger par la conclusion.

Comme d’habitude sinon, on appréciera le ton léger et plein de mordant de ce roman, les échanges de piques assez délicieux dans les dialogues, et cet univers victorien-fantastique-steampunk dans lequel on plonge avec plaisir.

Bref c’est le genre de roman qui se dévore à toute vitesse, avec quelques belles crises de fous rires au milieu. Tout n’est pas parfait (j’ai trouvé dommage que Lyall et Lord Akeldama restent autant en retrait vu leur rôle au final), mais globalement j’ai beaucoup apprécié ma lecture.

Comme je ne sais pas pour quand est prévue la suite en français (deux tomes de plus parus en vo, plus un à paraître), il n’est pas dit que je ne poursuive pas l’aventure en VO d’ailleurs.

jeudi 15 septembre 2011

Sans âme - Gail Carriger

Mademoiselle Tarabotti leur apparaissait comme une vieille fille dont la triste condition résultait de toute évidence de la combinaison d’une personnalité dominatrice, d’un teint mat et d’un visage aux traits trop prononcés. Alexia considérait qu’expliquer l’absence d’âme aux masses mal informées n’en valait pas la peine. C’était presque, mais pas tout à fait, aussi embarrassant que l’on sache que son père était à la fois mort et italien.
Comme j’étais un peu en panne d’inspiration pour commencer cette chronique, j’ai préféré attaquer directement par un petit extrait, qui donne bien le ton de ce roman drôlement frais qu’est Sans âme, premier tome du Protectorat de l’Ombrelle.

L’intrigue se situe en pleine ère victorienne, mais une ère victorienne légèrement uchronique, puisqu’on y trouve des vampires, des loups-garous, et des fantômes, relativement bien acceptés par la population, et régulés par le BUR (Bureau du Registre des non-naturels, j’imagine qu’en VO c’est unnatural d’où le U).

Alexia Tarabotti, jeune (vieille) fille de bonne famille à la langue bien acérée, a la particularité d’être une paranaturelle, c'est-à-dire qu’elle n’a pas d’âme. De ce fait, dès qu’elle touche un être surnaturel, ses pouvoirs sont annulés. Ce qui se révèle très pratique quand un vampire mal élevé ose s’en prendre à elle dans une soirée mondaine…

Cette attaque inexplicable attire l’attention du BUR et de son chef, Lord Maccon, « beau et compliqué, écossais et loup-garou » (pour citer la quatrième de couverture), avec qui Alexia entretient une relation à base de répliques cinglantes assez tumultueuse. Mais d’où sort donc ce mystérieux vampire ? Lord Maccon comme Mademoiselle Tarabotti vont tenter de le découvrir (et forcément, ils n’ont pas fini de se croiser !).

Je vous avoue que je ne savais pas quoi penser de ce livre avant le l’ouvrir, entre le scénario, l'illustration de la couverture (croisement improbable entre le steampunk et les collections sentimentales), et le fait que dans les extraits de critiques on trouve le Romantic Times (ça existe vraiment cette revue !?) qui le qualifie de « premier roman impressionnant ». On peut s’attendre au pire comme au meilleur.

Je ne ferais pas durer le suspense, à l’intérieur ne se trouve que le meilleur. Sans âme est en effet un roman assez improbable, qui fait penser à de la bit-lit, mais de la bit-lit époque victorienne, société truffée de conventions incluses.

Le cœur de l’ouvrage, sous couvert d’un mystère surnaturel, est bien une histoire sentimentale tout ce qu’il y a de plus classique (elle m’a largement rappelé mes quelques lectures de Harlequin), mais l’écriture fait que cela passe comme une lettre à la poste. C’est un peu comme tout en faisant du Harlequin, l’auteur s’en moquait délibérément du genre, ce qui fait qu’on passe pratiquement les 300 pages à se gondoler devant son livre.

Il faut dire que mademoiselle Tarabotti a son caractère, et ses échanges avec lord Maccon (sans parler d’Ivy, de lord Akeldama et des autres) sont tout simplement délicieux. Et c’est d’autant plus drôle que cela se déroule dans le cadre ultra-rigide de la société victorienne (dont seul débord de temps à autre lord Maccon, mais il faut l’excuser, c’est un loup-garou écossais), ce qui donne une ambiance improbable absolument géniale.
« Lord Maccon, dit mademoiselle Tarabotti, comment se fait-il que lorsque vous êtes là je finis toujours à plat ventre dans une position inconvenante ? »
Le comte souleva un sourcil élégant. « La première fois que nous nous sommes rencontrés, je crois que c’est moi qui ai fait une chute particulièrement indigne.
- Comme je vous en ai déjà informé, précisant Alexia en brossant sa robe, je n’avais pas laissé ce hérisson là intentionnellement. Comment pouvais-je savoir que vous alliez vous asseoir sur cette malheureuse créature ? »
Bref, difficile de lâcher le bouquin, tant on passe un bon moment à rire en suivant les aventures surnaturelles d’Alexia. C’est un roman sans prise de tête, rafraîchissant, qui se lit avec grand plaisir, ce qui ne l’empêche pas d’être particulièrement bien écrit (surtout par rapport à un Harlequin normal).

Si tous les romans sentimentaux ressemblaient à ça, j’en lirais tous les jours personnellement. Remarquez, l’auteur a déjà écrit trois suites à ce premier roman (et une quatrième sort en 2012), alors je reviendrais sûrement sur les aventures d’Alexia et de son ombrelle à une autre occasion.

CITRIQ