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dimanche 13 mai 2012

Jane Eyre - Charlotte Brontë


Non mais ne me regardez pas comme ça, ça m’arrive de lire des bons vieux classiques de la littérature. Dans la plupart des cas, c’est parce qu’un auteur de SF ou de fantasy y fait allusion que je décide de m’intéresser à l’original.

Et j’avoue que cette fois-ci, c’est ce principe qui s’applique. En effet, sachant que nous allions lire L’affaire Jane Eyre de Jasper Fforde au mois de mai sur le Cercle d'Atuan, j’ai préféré prendre les devants et faire connaissance avec le roman original avant d’attaquer notre lecture.

Sans même savoir dans quoi je me lançais, je suis donc allée l’emprunter à la bibliothèque. J’ai même failli le prendre en anglais, mais l’épaisseur du volume et la petitesse des caractères m’a fait privilégier la version français, qui comprenait en plus une introduction bibliographique des sœurs Brontë (tant qu’à se cultiver, autant aller jusqu’au bout), et des notes explicatives plus ou moins intéressantes.

Je vous ferais bien un résumé, mais je pense que si on m’avait raconté le bouquin, je ne l’aurais jamais ouvert, parce que sur le papier ça n’a pas l’air très intéressant. Du coup je me contenterais de vous dire que Jane Eyre raconte la vie de Jane Eyre (ça vous en bouche un coin, hein ?). Pour vous appâter, je dirais juste qu’elle démarre comme petit orpheline malheureuse (oui comme Harry Potter). Comment voulez-vous résister à un tel classique ?

C’est sans doute ce qui a fait que je suis immédiatement rentrée dans l’histoire, et que j’ai littéralement dévoré ce livre en cinq jours, n’hésitant pas à repousser l’heure de dormir le soir pour avancer.

Et pourtant ce n’est pas toujours facile à lire. Le style est assez ampoulé (ceci dit c’est plutôt agréable en fait), et il faut s’accrocher dans certains dialogues quand les protagonistes vous débitent une réponse sur deux pages avec une quinzaine de références religieuses glissées à l’intérieur

D’ailleurs, allergiques à la religion et aux vieilles mœurs un peu ringardes, passez votre chemin, mais personnellement j’ai apprécié toutes les réflexions très intéressantes pour l’époque.

Je trouve même que Jane Eyre, en dépit de son grand âge (1847), reste un roman tout à fait actuel. Certes, certaines considérations peuvent nous sembler ridicules aujourd’hui dans le monde dans lequel nous vivons, mais Jane, l’héroïne, se démarque vraiment par son caractère.

Outre le fait qu’elle en a un sacré, de caractère, elle est remarquable par sa volonté d’être indépendante. Elle ne se laisse pas faire, ne cède pas, peu importe ce qu’il lui en coûte. Elle porte vraiment ce roman d’un bout à l’autre (alors qu’il se révèle au final n’être qu’une bête histoire à l’eau de rose avec quelques retournements presque trop faciles).

Du coup, comme cette incursion dans la littérature anglaise m’a bien plu, et que l’exemplaire que j’ai emprunté contient aussi les Hauts de Hurlevent et Agnès Grey (écrits respectivement par Emily et Anne Brontë), il n’est pas dit que je ne continue pas mon exploration des oeuvres des soeurs Brontë avant de le rendre à la bibliothèque.