
Je dois avouer quelque chose : quand j’ai publié mon article sur les trois premiers jeux Dragon Age en décembre, je ne pensais vraiment pas que j’allais enchaîner sur le 4e opus dans la foulée de ma 2e partie d’Inquisition. Et je pensais encore moins le finir aussi rapidement. Bref, en février, j’ai joué à Dragon Age : The Veilguard, et c’était TROP BIEN.
J’ai beaucoup aimé ce jeu pour diverses raisons que je prévois de détailler dans un article qui promet d’être beaucoup trop long, mais je voulais commencer par un argument très personnel en sa faveur.Par un curieux alignement des planètes, j’ai terminé ce jeu en moins d’un mois. Je ne sais même pas comment j’ai réussi cet exploit. C’était d’ailleurs probablement fort déraisonnable de ma part. Mais ce n’était pas un mois très sympa, ce mois de février, et me consacrer entièrement à ce jeu m’a fait du bien.
Accessoirement depuis des années je joue aux jeux vidéo avec des années de retard en raison de matériel informatique déficient mais aussi parce que j’ai assez peu de temps pour jouer,. Veilguard étant sorti fin 2024, c’était comme jouer à une nouveauté. Et ça m’a fait un immense plaisir.
Même si pour être honnête, le début n’a pas été facile. Je n’ai jamais été très doué avec mon clavier et globalement l’évolution des RPGs ces vingt dernières années (oui vingt, la déprime !) n’est pas vraiment allée dans le sens du « tout à la souris ».
Non, maintenant il faut gérer au clavier les déplacements, les actions, et dans le cas de Veilguard très orienté action il faut jongler entre les différents types d’attaque, les parades et je vous raconte même pas le nombre de fois où j’ai vidé mon stock de potions en voulant lancer un sort.
Bref je me suis sentie vieille et j’ai ronchonné forcément. Mais je me suis accrochée. J’ai profité du mode découverte qui propose des combats accessibles sans qu’ils soient forcément gagnés d’avance. Et j’ai apprécié de sortir (un peu) de ma zone de confort.
Du point de vue du système de jeu, c’est sûr que c’est à des kilomètres de ce que pouvait être le premier Dragon Age, mais chaque Dragon Age a toujours été un peu différent du précédent, et ça fait partie du charme de cette série de jeux, qui n’a pas vocation à être uniforme. Et puis ça donne des combats assez stylés quand on ne s’emmêle pas les doigts sur les touches !
Et l’histoire dans tout ça ?
Nous sommes huit ans après la fin d’Inquisition, et un certain personnage s’apprête à accomplir un certain rituel (oui j’ai une petite pensée pour certaines personnes qui auront peut-être envie de jouer à Inquisition sans connaître sa conclusion en lisant un article sur The Veilguard, même si pour être passé par là, on le vit très bien !).
Notre héros, surnommé Rook par ce cher Varric qui est toujours dans les parages, est bien décidé à l’interrompre, mais tout ne se passe pas comme prévu et deux anciens dieux pas vraiment avenants se font la malle pendant l’opération et décident de faire ce que fait tout dieu maléfique qui se respecte : conquérir le monde et le détruire en passant. Ou l’inverse, je ne sais plus.
Rook (que personne n’appellera jamais par son prénom du coup, à se demander pourquoi on se donne la peine de le choisir) devra empêcher cela, et va donc se constituer une petite équipe déterminée composée d’experts triés sur le volet. Si ça vous rappelle Mass Effect 2, c’est normal. C’est littéralement le même type d’intrigue (avec quelques éléments piqués à Mass Effect 3), mais en version fantasy.
On alterne donc entre la quête principale, les quêtes liées aux compagnons (qui comme il se doit ont plein de problèmes personnels à régler) et quelques quêtes secondaires liées aux différentes factions du jeu. Et en matière d’expérience de jeu j’ai trouvé ça infiniment plus satisfaisant qu’Inquisition.
La distribution des quêtes est très bien faite au fil du jeu, on n’a jamais d’immenses quantités de quêtes secondaires en stock et on n'est pas largué dans une zone sans savoir où aller. Et j’aime bien que les quêtes soient souvent découpées en petits morceaux, ça permet d’y jouer 30 min-1h et d’avoir l’impression d’avancer.
Côté histoire, j’ai trouvé le scénario plutôt bien mené. J’avais un peu peur des antagonistes qui sont clairement complètement pétés niveau pouvoir, mais c’est bien géré. On les croise à plusieurs reprises avant le combat final et les confrontations en question vous font bien comprendre qu’on va pas les abattre simplement (même si forcément au niveau 50 on roule un peu sur les ennemis).
J’ai bien aimé les factions, qui jouent ici autant un rôle d’origin story pour le personnage (la faction de départ influence comment votre personnage est accueilli ici et là selon s’il s’agit ou non de sa faction) que d’alliés qu’il faut renforcer pour la bataille finale (vous avez joué à Mass Effect, je vous fais pas un dessin de ce qui arrive si vous négligez de vous occuper de vos compagnons !).
J’ai également apprécié que Veilguard offre une conclusion à de nombreuses histoires développées depuis Origins, notamment celle de Morrigan (que je n’aimais guère pourtant au début mais qui a un beau parcours), celle des Gardes des ombres et bien sûr les elfes.
Le jeu laisse quelques éléments sur le carreau (la question de la liberté des mages semble avoir complètement oubliée ce qui est un poil perturbant au début) mais la longue période de temps entre les deux jeux fait passer la pilule.
D’autant plus que le jeu a été pensé comme une sorte de « soft reboot », ce qui fait que notamment on n’importe plus les choix faits dans les jeux précédents (à part quelques éléments d’Inquisition). Je comprends la démarche (même si c’est un peu frustrant) et on ne vit pas si mal de ne revoir que quelques têtes connues.
Et chose importante, le jeu est fini. C’est une histoire complète, y’a pas de DLC à se procurer pour avoir la conclusion (coucou Inquisition) et on n’a pas l’impression en y jouant que des parties entières sont passées à la corbeille ou n’ont jamais été développées. Enfin j’ai lu des choses sur son développement qui disent le contraire mais ça ne m’a pas frappée lors de ma partie.
On est loin de Dragon Age 2 « on n’a pas eu le temps de tout finir » et d’Inquisition où on avait parfois l’impression qu’on a oublié de remplir certaines zones.
Quelques éléments ne m’ont pas complètement convaincue cependant.
D’abord j’ai trouvé le jeu très lisse. Rook a une personnalité assez uniforme peu importe ses choix de dialogues. On a généralement le choix entre une réponse gentille, une drôle et une directe et franchement c’est parfois bonnet blanc et blanc bonnet. Sérieux, ce personnage ne semble jamais arrêter d’être optimiste et enthousiaste.
Cela se sent dans les dialogues mais aussi dans les choix laissés au personnage : le jeu est très linéaire et peu de choix ont un réel impact. Ou alors on a l’impression de jouer à pile ou face lorsqu'on choisit (contrairement aux jeux précédents où il m'arrivait de tester toutes les alternatives d'une quête pour trouver la fin qui me convenait... enfin si elle existait !).
Dans la même veine, je trouve aussi que les aspérités de l’univers ont été lissées. Ça m’a frappé avec les Corbeaux d’Antiva qui sont devenus très gentillets pour une guilde d’assassins (à des kilomètres de la vision d’Origins qu’en donnait Zevran).
Je comprends l’idée du « c’est la fin du monde alors tout le monde doit travailler ensemble », et avec le recul Inquisition s’engageait déjà dans cette voie, mais j’aurais aimé qu’on conserve les questionnements moraux et politiques des jeux précédents (là on ne se pose même pas la question).
Et j’ai aussi eu du mal au début avec la gentillesse qui règne au sein de l’équipe, loin des traditionnels dialogues plein de piques auxquels on est habitué dans les jeux Bioware. Ceci dit, pour le coup j’ai fini par apprécier ce changement. C’est agréable d’avoir une équipe où les gens s’entendent bien, sont attentifs aux autres et échangent des recettes de cuisine.
Cela fait du bien, et j’aime bien l’ensemble des compagnons qui ont tous des jolis parcours, avec une mention spéciale pour Taash, Emmrich et Davrin pour ma première partie. J’ai même été sincèrement émue à des moments où je n’aurais pas cru cela possible (Manfred <3).
Et avant que je l’oublie, j’ai été un peu déçue par la musique. Elle est signée par Hans Zimmer et Lorne Balfe et je la qualifierai de « bof ». C’est bien le peine de nous sortir des grands noms si c’est pour produire une BO aussi peu inspirée. Y’a quelques chouettes morceaux mais clairement on n’est pas au niveau des jeux précédents.
Mais ces défauts ne m’ont pas empêché de passer un très bon moment avec ce jeu.
Me voilà donc arrivée à la fin de Dragon Age pour le moment. Il y aura peut-être d’autres jeux un jour, mais pour le moment ça ne se présente pas très bien. Je ne l’ai pas évoqué jusque-là mais Veilguard s’est fait démonter à sa sortie, et si certaines critiques me semblent justes, j’avoue trouver que le torrent de haine est démesuré vis à vis de ce jeu.
(j’imagine qu’une certaine frange n’a pas apprécié la présence d’un personnage non-binaire -et la possibilité d’en incarner un-)
Pour moi Veilguard est à l’image de tous les jeux Dragon Age : un chouette jeu, certes imparfait, mais porté par une histoire et des personnages intéressants. Tous partagent le même univers, mais la continuité n’y est pas aussi forte que dans Mass Effect, et j’ai l’impression que chaque jeu a voulu tenter quelque chose de différent.
Origins est un rpg old school misant sur des combats plutôt tactiques et une ambiance dark fantasy. Mais quand on y regarde déjà, ses successeurs se sont rapidement éloignés de cette recettes en étant moins sombres et plus orientés action.
Dragon Age 2 est un jeu étrangement intimiste, qui tire partie de sa petite taille pour proposer une expérience qui peut être intense. Tout le contraire d’Inquisition qui tente l’aventure d’un monde immense, qu’on peut aimer explorer, ou détester pour son manque de cadre.
Quant à Veilguard, c’est de loin le jeu le plus linéaire de tous mais je le trouve agréable à jouer, bien conçu dans son déroulement et même si je l’ai trouvé un peu lisse comparé à ses prédécesseurs, il propose aussi des choses intéressantes.
D’ailleurs sans surprise, après avoir finie une première partie avec une elfe mage garde de l’ombre, me voilà repartie pour une nouvelle partie avec une naine voleuse anciennement corbeau ! On se revoit dans un mois ?








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