samedi 5 septembre 2020

Sept redditions (Terra Ignota 2) – Ada Palmer

Lorsque j’ai terminé Trop semblable à l’éclair l’année dernière, je n’avais qu’une hâte : lire la suite. Pourtant il m’a fallu du temps pour me mettre à Sept redditions : le temps de le commencer, le temps de me perdre dedans et de faire une pause, le temps de relire Trop semblable à l’éclair pour retrouver mes marques et enfin le temps de le lire tranquillement pendant mes vacances. Cela peut sembler beaucoup d’efforts pour un seul livre, mais à aucun moment je n’ai regretté d’avoir pris ce temps, tant ce cycle est passionnant.

Sept redditions reprend l’histoire immédiatement à la suite de Trop semblable à l’éclair, rien d’anormal là-dedans : si je ne m’abuse, les deux tomes étaient à l’origine un unique roman coupé en deux en raison de sa taille.

Je ne ferais pas de résumé : soit vous n’avez pas lu le tome 1 et je ne voudrais pas vous priver du plaisir de la découverte, soit vous l’avez lu et vous n’avez certainement pas besoin d’une mise à jour. Disons juste que le tome 2 se penche sur les conséquences des révélations et découvertes du tome 1.

Sept redditions, comme Trop semblable à l’éclair, n’est pas toujours une lecture facile. J’ai un peu mieux compris pourquoi en lisant les deux tomes à la suite et en prenant des notes chapitre par chapitre : ce sont des livres qui ne reposent pas sur l’action. En fait à l’exception d’un ou deux chapitres, il ne se passe pas grand-chose dans chaque chapitre, on pourrait pratiquement résumer factuellement chaque chapitre en « X et Y parlent » ou « A, B et C discutent avec D ».

Mais ces dialogues sont le cœur du roman : on y découvre l’univers, on y confronte des points de vue et parfois ces dialogues sont d’authentiques batailles : des batailles d’idées, des batailles de convictions, d’ego et j’en passe des meilleurs. Résultat c’est un roman qui ne délivre jamais factuellement les choses (au mieux c’est Mycroft qui les raconte, et Mycroft n’a rien d’un narrateur objectif), ce qui fait beaucoup réfléchir.

Et il y a matière à réfléchir, tant ce roman est riche. Je paraphrase probablement ma chronique du premier tome en mettant en avant l’incroyable érudition de ce livre, qui aborde des sujets très variées, de façon frontale ou plus détournée, qui donne envie de se plonger dans toute la littérature de l’époque des Lumières (après en avoir fait une overdose au lycée) et qui fait sérieusement réfléchir sur la notion de monde idéal et sur les limites de l’utopie (j’ai beaucoup pensé à la nouvelle Ceux qui parlent d’Omelas d’Ursula K. Le Guin), entre autres très nombreuses choses.

Bref, on ressort de cette lecture avec un cerveau qui bouillonne, des émotions complètement chamboulées par certains passages, des réflexions qui partent dans tous les sens, des passages qu'on garde en tête plusieurs semaines après la lecture et une solide envie de poursuivre l’aventure. Ada rules comme on dit !

Petite note de fin : je qualifie souvent ce livre de difficile, mais je voudrais préciser ma pensée pour ne pas décourager d’éventuels lecteurs. Certains livres sont difficiles à lire parce que le texte en lui-même est difficile à lire (un style désuet, beaucoup de vocabulaire à acquérir). Ce n’est pas forcément le cas ici si on laisse de côté les éléments propres à l’univers (le bash, la Ruche et l’utilisation d’un pronom neutre par défaut).

Je trouve même ce livre très agréable à lire, mais il demande quelque chose qu’on a parfois du mal à faire dans notre société à grande vitesse : il faut prendre son temps. C’est un livre impossible à survoler en lecture rapide (c’est d’ailleurs pour ça que j’ai fini par relire Trop semblable à l’éclair). Au contraire, c’est un livre qui se prête bien à une lecture régulière (pour ne pas perdre le fil) mais pas non plus d’une traite (pour assimiler les infos et prendre parfois du recul). Bref c’est un livre qui demande de l’attention et du temps, mais l’investissement en vaut la chandelle !

Infos utiles : Sept redditions (Seven surrenders) est un roman de Ada Palmer paru en 2020 aux éditions du Bélial’. Il s’agit du deuxième tome du cycle Terra Ignota. Traduction de Michelle Charrier. Couverture de Victor Mosquera. 536 pages.

6 commentaires:

  1. Bien d'accord avec toi, c'est un livre qui se lit en prenant son temps.

    D'ailleurs je pense que j'ai lu le second trop vite. Mais au contraire de trop semblable à l'éclair que j'avais lu en lisant autre chose en même temps car il était intransportable, 7 redditions a bénéficié du télétravail je n'avais pas de raison de lire autre chose en même temps.

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    1. @Tigger Lilly
      J'ai bien apprécié de le lire en vacances pour pouvoir y consacrer toute mon attention. Je crois que sinon j'aurais fini par acheter la version numérique pour pouvoir lire dans les transports xD

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  2. Bien, bien. J'attends toujours de voir si c'est bien jusqu'au bout avant d'envisager de me lancer, mais c'est bien de voir que tu es convaincue toi aussi.
    Pour la petite histoire: j'ai offert Trop semblable à l'éclair à mon homme il y a deux jours à cause de vous tous. C'est une prise de risque. Reste à voir s'il aime ou s'il me le balance à la figure, m'assommant par la même occasion, vu la taille du pavé. 🤪

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    1. @Alys
      Rendez-vous à la fin du tome 4 pour finir de te convaincre alors ^^

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  3. C'est compliqué quand même : pour bien prendre son temps, il faudrait lire chaque tome quand il sort, ne pas tout lire d'une traite à la fin, mais en même temps pour tout saisir il semble falloir enchaîner les tomes. >.<
    Tu reliras ces deux premiers tomes avant le troisième ? ^^

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    1. @Baroona
      Normalement non, j'ai fait exprès de prendre des notes sur les 2 tomes. Mais je me réserve le droit de changer d'avis ^^

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