mardi 8 décembre 2009

Les petites fées de New York – Martin Millar



Non, je n’ai pas acheté ce roman pour la préface de Neil Gaiman, même si j’avoue que ça m’a légèrement influencée (il est quand même très convaincant quand aux qualités de ce petit bouquin). Heureusement, car la couverture à elle toute seule, elle ne m’aurait pas convaincue.

Certes on peut voir dans ce tissu écossais vert fluo une référence aux deux héroïnes féériques, mais franchement, pour un livre de ce genre, on plagie plutôt le style des couvertures de Pratchett, ça serait bien plus adapté !

Les petites fées de New York (Good Fairies of New York en VO) débute sur l’arrivée inopinée de deux fées écossaises, Heather et Morag, dans l’appartement du pire violoniste de New York. Au lieu de dire bonjour, elles commencent par vomir sur le tapis. Oui, ça commence bien, mais le vomi de fée sent la rose pour les humains, il parait. Le locataire, Dinnie, n’est pas très content, en même temps, il n’est jamais content, en grand frustré de la vie qu’il est.

La suite est assez compliquée, et implique en vrac une révolte des fées, un roi furieux, un alphabet de fleurs celtes, des cambriolages de banque, des écureuils, un général grec, des instruments de musique magiques, beaucoup d’alcool, un fantôme qui cherche sa guitare, une fleur qui passe de main en main, des champignons hallucinogènes, et je suis sûre que j’en oublie en route.

Tout ça se mélange dans une intrigue foisonnante avec des retournements de situation à tous les paragraphes, et des imprévus de partout, qui se succèdent à un rythme fou, à tel point qu’on se demande où tout ça va s’arrêter. C’est donc un roman où on ne s’ennuie jamais, plutôt léger et drôle (quoique non dénué d’un certain cynisme sur la vie new-yorkaise dans certains passages) et qui se dévore en un rien de temps.

On se prend très vite au jeu des péripéties de Morag et de Heather qui sèment le chaos sur leur passage, l’une essayant d’aider le pire violoniste à apprendre à jouer, l’autre aidant une hippie à réaliser son alphabet de fleurs. On se croirait même tombé dans Spirou à New York, quand on voit sortir les fées italiennes et chinoises !

L’humour est surtout un comique de situation et de quiproquo, avec quelques running gag fort amusants, comme les annonces de chaines X à la télé qui ponctuent de manière complètement folle certains dialogues (d’ailleurs j’espère que personne n’a eu la bonne idée de lire par-dessus mon épaule dans le métro, sinon ils n’ont pas dû être déçus du voyage), ou le cas du pavot à trois têtes qui ne reste jamais longtemps dans la même main.

C’est de la très bonne fantasy urbaine qui prend un pur élément de fantasy, les fées, et l’adapte à la sauce moderne en les plongeant dans un monde contemporain qu’elles ne connaissent pas (ou alors très mal), ce qui donne une ambiance avec juste ce qu’il faut d’étrange et juste ce qu’il faut de réalisme.

De même Neverwhere qui m’a permis d’améliorer ma connaissance de Londres et de son métro, j’ai idée que si on met les pieds à New York, on se prendra vite au jeu de repérer les lieux citer dans le roman, et imaginer ce qu’il a pu s’y passer.

Très chouette donc, et pour reprendre les mots de Neil Gaiman, mais pourquoi n’en a encore jamais fait de comédie musicale ?

6 commentaires:

  1. Moi non plus je n'ai pas acheté ce roman pour la préface. A vrai dire, le principe de mettre en avant un autre auteur pour espérer vendre ce bouquin-ci, ça me débecte un peu. Par contre, j'adore la couverture, moi :)

    Tu as tout à fait raison: tout est tellement imbriqué qu'il est très difficile, ne serait-ce que de donner envie de le lire. Mais j'ai beaucoup aimé justement "ce rythme fou"

    Et j'adore voir les différentes "mafia" de fées participer à la danse :D Sans oublier le Roi d'Irlande qui met au taylorisme ces sujets.

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  2. ses* sujets (han, la honte, quelle faute)
    Et je termine pour dire qu'en comédie musicale, comme annoncé, je suis sûre que ça fonctionnerait d'enfer !

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  3. Ca a l'air vraiment sympa ce petit bouquin :)

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  4. J'adore Blogger xD
    J'ai eu une alerte mail uniquement pour ton 2e commentaire, du coup je me suis retrouvée à chercher la faute dans ma chronique !

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  5. Un roman auquel je n'ai malheureusement pas trop accroché (cf mon billet du 25/09 que je suis trop paresseuse pour reprendre ici en le résumant :))...

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  6. Je peux comprendre que l'enchainement de péripéties ne plaise pas à tout le monde, en effet ^^

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