mercredi 1 janvier 2014

Une bonne année (et une bonne résolution)


Le temps passe décidément bien vite, j'ai l'impression qu'il n'y a pas si longtemps que ça que je me creusais la cervelle pour mon premier message de l'année 2013. Et finalement que souhaiter de plus que la même chose que l'année dernière ?

Je vous souhaite donc une très belle année 2014 pleine de belles lectures (et de beaux livres), de chouettes échanges autour des dites lectures (sur Internet ou dans les files d'attente des dédicaces) et puis le bonheur, la santé et bien sûr des étagères plus grandes à l'intérieur qu'à l'extérieur, que du classique donc !

Il est coutumier de prendre plein de bonnes résolutions en ce début d'année (comme réduire sa PàL, manger plus de légumes verts ou arrêter de pourrir les challenges des copines avec Doctor Who). Pour ma part je n'en prendrais qu'une cette année : bloguer moins.

Tenir ce blog est devenu petit à petit une activité de plus en plus chronophage, à tel point que cela relève parfois plus de la corvée que du plaisir. Plutôt que de risquer la suffocation, j'ai donc décidé de réduire la voilure et d'adopter le format du bilan mensuel pour traiter tous ces cas de « bien mais sans plus » sur lesquels on ne sait jamais trop quoi dire.

Cela devrait principalement concerner les films, et ça me donnera en même temps l'occasion de reparler séries télé de façon un peu plus fréquente (oui je sais c'est en total contradiction avec le principe de bloguer moins, mais ça ne vous surprendra pas trop de ma part, cet esprit de totale contradiction !)

Et vous ? De bonnes résolutions bloguesques cette année ?

lundi 30 décembre 2013

The Hobbit : The Desolation of Smaug - Peter Jackson


(Quelques spoilers ont pu se glisser dans cet article, vous voilà prévenus)

En ce moment dans les adaptations cinématographiques, la mode est au film de trop : huit Harry Potter pour sept livres, quatre Twilight et quatre Hunger Games pour le prix de trois (enfin techniquement ça serait plutôt trois pour le prix de quatre pour le spectateur), et enfin trois Hobbits pour un seul roman.

Je vous avoue que dès que Le Hobbit a pris la forme d'une trilogie, j'ai eu des doutes. Deux films pour 300 pages (plus quelques annexes), passe encore, mais trois... Et maintenant que j'ai pu voir le deuxième volet, je ne peux que confirmer qu'il y a définitivement un film de trop dans cette histoire. Et il s'agit de La désolation de Smaug.

Et de trop, il l'est à tout point de vue : il est trop long, il ajoute trop d'intrigues secondaires qui partent dans tous les sens (quand on commence à croiser des elfes et des orques à Lacville il y a de quoi se poser des questions), il joue trop sur l'auto-référence (c'est rigolo pour la première scène, ça l'est moins quand tout le film semble rejouer la trilogie du Seigneur des Anneaux), si bien que la présence si polémique de Tauriel n'est finalement qu'une petite goutte d'eau dans un océan d'excès.

Certes il est facile pour moi de râler sur ce film, après tout j'ai du mal avec cette adaptation qui se veut plus prélude aux films du Seigneur des Anneaux que portage à l'écran du très enfantin Hobbit. Mais mis à part le sabotage de certains passages (Beorn quoi snif) et la disparition du ton enfantin, c'est le film qui me pose problème, plus que l'adaptation.

D'ailleurs j'ai même plutôt apprécié certains ajouts, et surtout la confrontation avec Smaug. C'est même le point positif dans le film : le dragon vraiment superbement bien rendu, avec une voix magnifique qui plus est (mais je n'en attendais pas moins de Benedict Cumberbatch).

Par contre je me suis surprise à faire le parallèle avec la nouvelle trilogie Star Wars : on y retrouve la même volonté de faire quelque chose d'encore plus beau, d'encore plus grand, d'encore plus complexe que la précédente trilogie. Et à force de trop étirer tout ça, on se retrouve avec un résultat certes très beau visuellement, mais creux, qui fait bien moins vibrer.

La bonne nouvelle c'est que si le premier volet était prometteur à défaut d'être parfait (comme La menace fantôme) et le deuxième affreusement mauvais (comme L'attaque des clones, on a même le droit à une romance cucul tout pareil), on devrait avoir une bonne surprise sur le troisième film !

samedi 28 décembre 2013

Le noir dessein (Le fleuve de l'éternité 3) - Philip José Farmer


Continuant mon périple le long du Fleuve de l’éternité, me voilà donc rendue au troisième volume de cet étrange aventure. Le programme est clair lorsqu’on voit la couverture : cette fois-ci nous voyagerons par la voie des airs.

Le noir dessein est un récit à multiples points de vue, ce qui change des deux volumes précédents. On y retrouve bien sûr Burton et Mark Twain, tous deux toujours occupés à remonter le fleuve en bateau. Cependant leurs histoires occupent une place très mineure dans le livre.

A la place on suit les pas de Jill Gulbiera (une pilote de dirigeable) et de Peter Frigate (sorte d’avatar de l’auteur dans son propre ouvrage) qui sont bien décidés à rejoindre le pôle et sa mystérieuse tour sombre en dirigeable ou en ballon.

(du coup entre l’existence de cette tour sombre et la présence de l’auteur dans l’histoire, difficile de ne pas penser à Stephen King à la lecture)

Deux fois plus épais que les volumes précédents, Le noir dessein se révèle sans surprise bien plus riche : les mystères s’épaississent autant qu’ils s'éclaircissent, ce qui fait qu’on se demande tout du long si les personnages sont vraiment ce qu’ils prétendent être et pour quelle faction ils travaillent exactement.

De nouvelles célébrités s’invitent bien sûr à la fête (dont un éminent auteur qui voyage incognito), mais il est assez marrant qu’ils soient finalement tous rejetés au rang de personnages secondaires. L’auteur prend le temps de développer de « vrais » personnages fictifs comme Jill, et cela donne il me semble plus de consistance à l’histoire.

Il y a aussi quelques belles séquences dans les airs (l’épopée de Frigate en ballon est un magnifique hommage à Jules Verne) et une mise en abîme sympathique autour du personnage de Frigate, bref tout un tas de bons ingrédients qui contribuent à rendre la lecture agréable et addictive.

Je vais donc enchaîner sans trop tarder sur la suite. Je crains un peu qu’à la fin tout cela n’aboutisse qu’à un ridicule pschitt, mais comme la balade n’est pas désagréable pour le moment...
« Dommage que je n’ai pas pensé à quelque chose comme ça quand j’étais écrivain de science-fiction. Mais le concept d’une planète comportant un fleuve de plusieurs millions de kilomètres de long le long des rives duquel toute l’humanité ayant jamais existé aurait été ressuscitée (en grande partie tout au moins) aurait été trop grandiose pour tenir en un seul bouquin. Il en aurait fallu une douzaine au moins pour commencer à lui rendre justice. Non ; tout compte fait, je suis bien content de ne pas y avoir pensé. »
CITRIQ

jeudi 26 décembre 2013

Hunger Games : L'embrasement - Francis Lawrence


Après un premier film qui m’avait bien plu parce qu’il effaçait les défauts du livre, il était assez logique que j’aille voir ce deuxième volet de la trilogie Hunger Games (trilogie qui se fera en quatre films, je me demande vraiment ce qu’aurait pensé Douglas Adams de tous ces studios qui semblent copier honteusement sa trilogie en cinq volumes).

Nous retrouvons donc Katniss, Peeta et compagnie pour de nouvelles aventures : la tournée de promotion qui suit leur victoire, puis la nouvelle édition des Hunger Games alors que la révolte gronde dans les districts…

Comme souvent quand je vais voir les films sans trop d’attente, j’ai été plutôt agréablement surprise. L’adaptation est fidèle (c’est juste dommage que l’intrigue sur la rébellion passe complètement à la trappe, enfin j’imagine que du coup ça sera amplement développé dans les films suivants), mais on ne s’y ennuie pas car le cinéma apporte résolument un petit plus.

Outre le fait qu’on sort de la tête de Katniss (mais sinon je n’ai pas du tout une dent contre elle hein), cela permet une débauche d’effets visuels et de costumes pour les passages au Capitole qui font vraiment bien ressortir le côté critique des médias (surtout quand on compare Katniss au naturel et Katniss maquillée, qui n’est pas si différente ce qu’on voit à la télé parfois...).

Pour le reste ça bouge dans tous les sens, les acteurs sont vraiment bien dans leur rôle et les presque 2h30 de film passent relativement vite, on passe donc un bon petit moment de cinéma.

Je suis nettement plus inquiète quand à la suite vu que je ne vois vraiment pas avec quoi ils vont remplir deux films, mais ceci est un autre problème...

dimanche 22 décembre 2013

Fables 19 : Super Team - Bill Willingham


C’est l’hiver, le challenge Winter Mythic Fiction a démarré, et quoi de mieux pour ouvrir ma participation qu’une chronique de Fables ? Après tout, cela fait désormais quelques années que cette série de comics réécrit avec brio les contes de fées. Pour une fois je vais revenir un peu plus en détail dessus au lieu de chroniquer bêtement le dernier épisode.

(du coup article sans spoiler pour le moment)

Fables est une série mettant en scène les déboires d’un groupe de personnages de contes de fées qui pour fuir un tyran parti à la conquête de leurs royaumes, a fini par atterrir dans notre monde, celui des Communs. Ils vivent une vie discrète à l’abri des regards, les Fables d’apparence humaine vivant à New York tandis que les animaux sont relégués dans une ferme au fin fond de la campagne.

La petite communauté est dirigée par le roi Cole, mais c’est en vérité son adjointe, Blanche-Neige, qui fait régner l’ordre, assistée de Bigby (alias le grand méchant loup), shérif du coin. Evidemment les râleurs et les roublards ne manquent pas, sans parler de la menace de l’Adversaire, et encore cela ne concerne que les quinze premiers volumes !

Pour les amateurs de contes de fées, Fables est un véritable délice à lire parce que la série exploite toute la matière des contes (sans se limiter forcément aux figures les plus connues ou disney-ifiées) et offre des réinterprétations des personnages absolument succulentes.

On y découvre donc un Prince Charmant pas vraiment charmant qui s’est marié successivement avec Blanche-Neige, La Belle au bois dormant puis Cendrillon (et il les as toutes trompées !). Blanche-Neige est en froid avec sa sœur, Rose-Rouge (depuis qu’elle a couché avec son époux justement). Boucle d’Or couche avec Bébé-Ours parce que c’est acte militant, Pinocchio en a marre d’être coincé dans le corps d’un enfant...

Le tout s’entrelace à merveille (certains personnages traversent les histoires telle Frau Totenkinder) et petit à petit, c’est une vaste mythologie qui se dessine (dans les derniers volumes l’univers se théorise même petit à petit, éclaircissant les liens avec les mondes des Fables et celui des Communs, mettant en scène des figures à la limite de la divinité comme North ou Mr. Dark…).

Bon la série n’est pas sans défaut, il m’est arrivé d’avoir envie d’abandonner tant l’histoire se traînait, ou quand les opinions politiques de l’auteur passaient un peu trop dans les dialogues, mais dans l’ensemble on a plaisir à suivre l’histoire et les évolutions des personnages, et justement pour en venir au dernier tome...

(à partir de là spoilers sur le dernier tome)

Super team est un tome de transition, qui clôt (à priori) le cycle Mr Dark pour passer à autre chose. On assiste donc au repli des Fables à Haven, et à la mise en place d’une stratégie pas inintéressante pour venir à bout de Mr. Dark : monter une équipe de super-héros, parce que donner un symbole aux Fables aidera à vaincre ce terrifiant adversaire (et accessoirement parce que ça permet d’avoir des filles en mini-jupe, ça vous surprend si je vous dit que Pinocchio est à l’origine de ce plan ?).

En parallèle North enquête sur le mystérieux rejeton de Bigby et de Blanche, le fameux Zéphyr dont on ne parlait plus guère, et très vite les deux intrigues sont se mêler.

Le résultat est un tome qui semble clore un story arc (enfin… j’imagine) et qui ouvre vers d’autres intrigues futures : la destinée des enfants de Bigby et de Blanche semble être le sujet du prochain tome, mais ce ne sont pas les seuls rejetons qui interrogent : il y a aussi le bébé de la Belle et de la Bête. A ce rythme là on va bientôt mettre tous les héros de l’ancienne génération à la retraite.

A noter que ce tome théorise quelques peu l’existence de Mr. Dark, du Vent du Nord et autres entités quasi divines, ce qui est un ajout plutôt sympathique. Cela fait longtemps qu’on n’avait pas conceptualisé un peu tout l’univers et quand on a l’habitude du « pouvoir de l’amour » qu’on nous sert toutes les semaines dans Once upon a time, ça fait un bien fou de lire ça !

vendredi 20 décembre 2013

Un hiver dans les mythes et les contes


D’habitude, l’hiver est la saison des uchronies ou des voyages dans le temps, à cause du challenge qu’organisait jusqu’alors Lhisbei. Seulement voilà que cette année elle a changé de thématique (je la soupçonne de tout faire pour qu’on arrête de lui refourguer des articles sur Doctor Who…).

Cet hiver ce sera donc un Winter Mythic Fiction Challenge, qui s’intéressera à la fantasy proche des contes, des mythes et du folklore. Voilà qui n’est pas pour me déplaire, et il n’est pas dit que je ne trouve pas un moyen ou un autre pour parler de Doctor Who (nanananère).

Comme d’habitude, le challenge s’étend du 21 décembre au 21 mars, et les inscriptions se font sur le blog de Lhisbei.

Pour ma part je viens de faire le tour de ma PàL et de réaliser que je n’avais pratiquement rien qui colle avec la thématique ou presque (à part les deux derniers tomes de Fables).

Qu’à cela ne tienne, je vais sûrement en profiter pour rattraper quelques chroniques en retard dans le domaine : La forêt des mythagos de Robert Holdstock, La sèvre et le givre de Léa Silhol ou encore Le dieu dans l’ombre de Megan Lindholm, j’ai là l’occasion d’écrire enfin de belles chroniques à la hauteur de ces textes.

Je vous parlerais sans doute également de la série Once upon a time, et si j’ai du courage, je ne désespère pas de vous servir mon fameux article sur Sandman.

En attendant si vous manquez d’idées, voilà quelques suggestions personnelles puisées dans mes anciennes chroniques (et encore, j'ai écrémé, c'est pas comme si c'était pas ma marotte les mythes et les contes) :
  • Le Clairvoyage et La brume des jours de Anne Fakhouri (et sa belle atmosphère féérique)
  • Porcelaine de Estelle Faye (et son ambiance de légende chinoise)
  • Stardust de Neil Gaiman (authentique conte de fées pour adultes)
  • American Gods et Anansi Boys de Neil Gaiman (quand les dieux vivaient parmi nous)
  • Le Dit de la Terre Plate de Tanith Lee (superbe cycle de contes et d’histoires d’inspirations mythologiques)
  • Soeur des cygnes de Juliet Marillier (adaptation façon fantasy historique des contes d’Andersen et Grimm sur les cygnes) 
  • Roi du matin, reine du jour de Ian McDonald (magique, tout simplement)
  • Belle de Robin McKinley (une réécriture bien pensée de la Belle et la Bête)
  • Un privé sur le Nil et Mariage à l’égyptienne, deux aventures de Lasser détective des dieux par Sylvie Miller et Phillipe Ward (bah quoi y’a des dieux partout là-dedans, ça compte non ?)
  • Fables de Bill Willingham (parce qu’on adore voir bosser ensemble Blanche-Neige et le grand méchant loup)
  • L’épouse de bois de Terri Windling (si vous ne devez en lire un seul, lisez celui-là !)
(et si je suis hors-sujet, je fais confiance à Lhisbei pour me taper sur les doigts)

A très bientôt pour des aventures dans les mythes et les contes...

mercredi 18 décembre 2013

Grandville & Grandville mon amour - Bryan Talbot


Il y a très longtemps que j'avais entendu parler de Grandville sur le blog de Spocky, mais il a fallut l'article de JainaXF pour me la remettre en tête et me motiver à l'emprunter à la bibliothèque. Depuis je regrette presque d'avoir attendu aussi longtemps pour découvrir ce comic vraiment particulier.

Dans les remerciements, l'auteur évoque entre autres Arthur Conan Doyle, l'ours Rupert et Quentin Tarantino, cela vous donne une idée de l'étrange mélange des genres qu'est Grandville, univers uchronique et steampunk où les héros sont pratiquement tous des animaux.

(Remarquez question étiquette on se retrouve avec une sorte fantasy animalière steampunk et uchronique, il faut reconnaître que ça en jette comme appellation !).

Le premier tome de la série démarre sur un meurtre mystérieux, qui amène l'inspecteur LeBrock (un blaireau) et son assistant Ratzi (un rat donc) à se rendre à Grandville (Paris) pour mener leur enquête. Bien évidemment, ce crime dissimule de bien sinistres plans que nos deux détectives vont lutter pour mettre au jour et déjouer.

Ce que j'ai apprécié dans Grandville, c'est qu'il s'agit d'une œuvre incroyablement dense et aboutie à tous les niveaux. Les dessins sont de toute beauté, le scénario est diablement prenant, l'uchronie bien pensée, les personnages extrêmement riches... bref je ne suis pas sûre qu'on puisse faire un seul reproche à cette BD.

J'ai beaucoup aimé le fait que les niveaux de lecture soient multiples : on peut lire Grandville comme une simple enquête policière riche en scènes d'action (et déjà dans le domaine on se régale), mais on peut aussi apprécier tout le jeu de références auquel se livre l'auteur (qu'il s'agisse d'éléments de décors, de caméos de personnages ou d'allusions historiques ici et là).

Ajoutez à ça le fait que chaque tome soit une histoire complète, ce qui évite de rester en plan en fin d'ouvrage, et je pense que vous aurez suffisamment de raisons pour découvrir ce comic, si ce n'est pas déjà fait.

Le troisième tome, sorti l'année dernière, n'a pas contre pas encore été traduit en France, j'espère tout de même qu'on le verra un jour, ça serait dommage de laisser une aussi chouette série en plan !

CITRIQ