Ca en deviendrait presque énervant, cette manière qu’a Christopher Nolan de vous pondre un petit chef d’œuvre à chaque film. Je n’ai toujours pas vu Memento pour le vérifier (oui je sais Silvère, quelle honte), mais ces derniers temps il n’a pas failli à sa réputation. The Prestige est resté pour moi l’équivalent d’une grande claque dans la figure, et ne parlons pas de The Dark Knight, c’était deux bonnes baffes, au moins.
Ces temps-ci, j’ai tendance à éviter volontairement les infos sur les films que je vais voir, c’est donc avec une bande-annonce et quelques infos de base (Hans Zimmer à la musique !) que je me suis pointée un samedi matin dans une salle de cinéma pour voir le blockbuster de l’été qui nous fait voyager dans les rêves.
Ah les rêves, quel bon sujet susceptible de m’attirer dans une salle de ciné (*tousse* Sandman *tousse*), mais bizarrement on est à des lieux du traitement habituel tout en paysages oniriques et en créatures étranges…
Cobb (Leonardo Dicaprio) exerce une profession un peu particulière, puisqu’il s’introduit dans les rêves d’autrui pour y dérober des informations (typiquement des secrets industriels). Un jour, on lui propose un contrat qu’il ne peut refuser, puisque cela lui permettra de revoir ses enfants. Sa tâche ? Non pas cambrioler un esprit mais y implanter une suggestion, c'est-à-dire réaliser une inception.
Venant de Nolan, on ne peut s’attendre qu’à une histoire à tiroirs qui fait carburer les neurones, et de ce coté-là, on est servi, quoiqu’on assiste plutôt à un emboitement très complexe de poupées russes. On a un peu l’impression en sortant d’avoir passé deux heures sur un problème de maths, mais pour une fois qu’on peut être un peu actif au cinéma, c’est très agréable.
Le concept de voyage dans les rêves est plutôt bien pensé (scientifiquement crédible, j’en sais rien, qui s’en soucie ?), et visuellement, c’est bluffant. Nolan a opté pour un univers réaliste et crédible, mais ce n’est que plus impressionnant quand les déformations entrent en jeu (aussi gratuites que soient les déformations de Paris, ça n’en reste pas moins incroyable, sans parler du reste).
Ces déformations donnent d’ailleurs également naissance à de très belles scènes d’action qui ont leur petit effet (que mon cerveau un peu trop débordé en plein film a résumé à un sommaire « j’kiffe trop ce réalisateur »). Parce que oui, on ne fait pas que réfléchir, il y a quand même pas mal d’action qui côtoie tout cette histoire de rêve et de manipulation mentale, ce n’est pas un blockbuster pour rien.
Le seul point en retrait est à mon avis les personnages, qui ne sont pas très développés à l’exception de Cobb et de sa femme. Ariadne fait un peu office d’arriviste (je te connais depuis 2 jours et tu me racontes toute ta vie), et Saïto est trop peu développé pour un personnage qui de toute évidence dissimule ses réelles intentions (là il ressemblerait presque à un bisounours). Les autres gars de la bande sont aussi un poil trop simplistes…
Bon ceci dit ça reste tout à fait tolérable, et ça donne à ce film un petit air de Ocean’s Eleven pas désagréable. Mélangez ça avec Matrix, James Bond et la Môme (oui bah désolé mais utiliser du Piaf dans un film avec Marion Cotillard, ne me dites pas que c'est involontaire), et ça vous donne une idée du mélange des genres…
Le film bénéficie aussi d’une très belle BO de Hans Zimmer, qui imprègne véritablement le film… je ne saurais pas trop la qualifier, mais c’est excellent, et bien plus accessible que The Dark Knight par exemple en terme d’écoute…
C’est un très bon film, sans doute un des meilleurs de l’année (je compte bien lui faire une petite place dans mon top 3), et il vaut vraiment le détour. En plus, après, vous pourrez vous amusez à croiser les analyses, et à étudier les 20 000 interprétations possibles. Fichue toupie. Fichu Nolan. Il sait vraiment comment transformer un pur divertissement en un exercice cérébral.









