Pour fêter le début des vacances, je suis offerte un petit plaisir sous forme d'une séance intensive de jeux vidéo (d'autant plus qu'ayant bien profité des soldes estivaux chez GOG et Steam, la matière ne manquait pas) et je me suis attaquée à une envie de longue date : Mass Effect.
Un petit RPG de chez Bioware, c'est toujours un plaisir, et puis c'est comme de par hasard un space-opera, je ne demande pas mieux en période estivale (à défaut de voguer vers d'exotiques destinations, je visite la galaxie !).
Sorti en 2007, ce sympathique jeu vidéo nous emmène à la fin du XXIIe siècle, lorsque l'humanité a découvert sur Mars les restes d'une ancienne civilisation qui lui ont fourni les clés du voyage interstellaire. Cela a permis de rencontrer d'autres espèces intelligentes (non sans heurt) et à l'heure actuelle les humains cherchent à trouver leur place au sein de la grande alliance galactique.
Et c'est là que notre héros rentre en scène. Shepard, soldat de l'Alliance (mais pas rebelle) est sur le point d'être recruté comme Spectre (une sorte d'agent spécial du Conseil, l'autorité galactique où les humains aimeraient bien avoir leur représentant), et se retrouve très vite à cavaler à travers toute la galaxie pour la sauver de la destruction. Insérez la petite musique héroïque, embarquez à bord de votre vaisseau et en route !
Le jeu commence par la traditionnelle création de personnage, plutôt sympathiquement mise en scène où l'on choisit prénom (le nom est imposé, chose appréciable qui permet d'avoir les personnages du jeu qui s'adressent à vous autrement que par un surnom ou un titre), sexe, origine et passé militaire (qui seront évoqués à plusieurs reprises dans le jeu, même si l'impact reste minime), et bien sûr la classe.
De ce côté là on a le choix entre six options : les trois classiques soldat (guerrier quoi), ingénieur (voleur) et adepte (mage, sauf qu'ici on parle de biotique), et trois classes intermédiaires qui combinent des éléments (biotique/combat, technicien/combat, biotique/technicien).
Je voulais faire un ingénieur, je suis morte au bout de cinq minutes de jeu, j'ai donc opté pour le soldat. C'est une classe facile à maîtriser et résistante (très utile quand la mort du personnage principal au combat met un peu arbitrairement fin au jeu même si vos équipiers sont en vie), idéal pour débuter donc (en plus on s'éclate avec les fusils de précision).
Il faut dire que le système de combats n'est certainement pas la chose la plus facile à prendre en main. J'aime beaucoup toutes les possibilités offertes (se mettre à couvert, lancer des grenades, faire exploser des réserves de carburant, jouer au sniper, filer des coups de crosse) qui doivent bien pimenter les combats quand on les exploite à fond. Mais j'ai trouvé la gestion pratiquement exclusivement au clavier un peu complexe quand on a l'habitude du tout à la souris, et le contrôle sur les membres du commando est assez limité.
Même la gestion de l'inventaire des différents membres de l'équipe aurait pu être plus fluide (j'ai dû consacré bientôt un tiers de mon temps de jeu à essayer de leur attribuer des armes correctes et à revendre les 50 000 autres).
Dans la même ligne je ne suis pas hyper fan du système de dialogues où l'on choisit non pas sa réplique mais les sujets à aborder ou le ton de réponse (je soupçonne qu'on perd en nuances en vf quand on se retrouve avec deux options presque identiques pour des résultats très différents), mais le fait d'avoir son propre personnage doublé en permanence a son charme. C'est comme le fait que son nom soit prononcé dans le jeu, ça lui donne plus d'épaisseur.
Bref on finit par s'adapter, parce que l'histoire est diablement prenante. L'intrigue en elle-même est assez classique (c'est grosso modo la même chose que Knights of the Old Republic mais sans Jedi), mais elle se déroule dans un univers très développé absolument délicieux à explorer, avec des espèces aliens très différentes qui s'entendent plus ou moins biens, avec de sérieux passifs dans le cas de certaines.
On plonge donc au cœur d'un jeu politique complexe où chaque espèce et chaque faction cherche à tirer la couverture à soi si bien que quelques soient vos décisions dans le jeu, personne ne sera jamais content, que vous jouez la carte de la conciliation ou du pragmatisme (l'échelle bien/mal du jeu, délicieusement tout en nuances de gris, il est assez rare d'avoir des choix vraiment mauvais). Typiquement si vous sauvez une colonie humaine, on vous reprochera de l'avoir sauvé uniquement parce qu'il s'agit d'humains. Mais si vous ne les sauvez pas, vous êtes un monstre.
On trouve à peu près tout ce qu'on peut attendre d'un univers de space-opera : des politiciens avides de pouvoir, des contrebandiers, des mercenaires, des scientifiques crapuleux, des complots, des injustices, des merveilles technologiques et des ruines d'un passé très ancien, le tout réparti sur des planètes aux climats les plus variés (tempéré, tropical, désert, polaire, volcanique...).
Le côté space-opera est bien maîtrisé aussi au niveau des mécaniques de jeu : uniquement des fusils et des pistolets en guise d'armement, une carte stellaire détaillée avec plein d'informations inutiles sur des planètes qu'on ne visitera jamais, et un véhicule tout terrain pour explorer les planètes (parce que oui, dans le futur, on ne fait pas tout à pied !). J'ai été assez émue que le jeu permette de passer par notre bon vieux système solaire, ça se révèle étonnement touchant de débarquer soudainement dans un lieu aussi familier.
L'intrigue principale est plutôt bien construite avec des missions très différentes (enquête, infiltration, assaut, …) et vraiment bien peaufinées jusque dans les choix qu'on doit faire. Son seul défaut est sa durée de vie (15 heures grand maximum), mais elle est soignée (jusque dans certaines scènes presque très cinématographiques) et parfois poignante (ceux qui ont joué sauront à quelle mission je fais référence), cela compense.
Elle est complétée par des quêtes secondaires typiquement rpg (on ne peut pas traverser un système stellaire sans avoir à sauver un chat coincé dans un arbre) qui m'ont laissé une impression plus mitigée. Si elles permettent de visiter une flopée de mondes et de se faire de l'expérience, les missions sont assez répétitives à quelques exceptions (soit on part à la recherche de survivants décédés entre temps, soit on tue tout le monde, dans les mêmes bâtiments réutilisés ad nauseam), et explorer chaque m² de terrain pour dénicher du minerai est vite barbant.
Mais c'est un rpg bioware, ce qui veut dire que l'on s'amuse tout de même beaucoup, puisqu'on y trouve tout ce qui fait de ces jeux des aventures très plaisantes :
- de l'humour, parfois dans les endroits les plus improbables :
C'est bien simple, je pense que la première chose qui me revient en pensant à Mass Effect, ce sont les ascenseurs. Je crois avoir lu à quelque part que les trajets en ascenseur étaient en temps réel pour masquer les temps de chargement, mais du coup plutôt que de passer par un ennuyeux écran de chargement, les concepteurs du jeu y ont intégré les dialogues entre personnages, des bulletins d'informations décalés (qui prennent en compte les actions du héros), et sont allés jusqu'à inclure d'affreuses musiques d'ambiance d'ascenseur.
- de très bons dialogues :
C'est toujours la force des rpg Bioware, on apprécie en général autant les dialogues que les phases de combat. On peut désamorcer pas mal de situations par la parole, soit en utilisant sa compétence de charme (non pas comme ça bande de pervers), soit en les intimidant, et on rigole beaucoup des répliques pleines d'humour qui abondent dans le jeu (avec une mention spéciale au Joker quand il commente chacune de vos missions).
- une belle brochette de personnages à diriger :
Même si on manque sérieusement de psychopathes (il n'y que Wrex qui s'approche de cette description avec son côté barbare bourrin, et encore c'est presque un intellectuel pour un Krogan) et que tout le monde semble s'entendre plutôt bien, le casting qui entoure Shepard est plutôt sympathique, d'autant plus qu'il contient plus d'aliens que d'humains (contrairement à Kotor où on se retrouvait avec plus d'humains qu'autre chose). Quand ils se sont pas directement liés à l'intrigue, ils ont en général leur quête personnelle, et pas mal de dialogues pour faire connaissance.
-
des romances (spéciale dédicace à
Lhisbei ;))
C'est après tout l'intérêt principal des rpg Bioware comme chacun le sait (non ?), et le jeu en propose trois : une pour les hommes, une pour les femmes, et une mixte avec un alien asexué (mais qui a l'air d'une femme bleue avec des tentacules derrière la tête, parle d'elle au féminin, mais sinon elle est parfaitement asexuée hein !).
Je n'ai testé que la romance avec le brun ténébreux au lourd passé, grand stéréotype Bioware bien que soit évité ici le traditionnel « j'ai un passé traumatisant mais tu m'as aidé à trouver ma voie du coup je suis fou amoureux de toi ». On a donc le droit à quelques flirts, on évoque quelques souvenirs (traumatisants bien sûr), un ou deux moments d'intimité volés, et puis de toute façon c'est pas comme si on avait le temps de prévoir mariage et enfants quand on sauve la galaxie !
J'aurais bien tenté la romance alien mais le côté gamine surexcité d'avoir un sujet d'étude fascinant qui passe son temps à s'inviter dans mon cerveau sous prétexte d'y trouver des informations m'a un peu poussé à prendre la fuite !
Du coup sans être parfait, Mass Effect est un bon petit rpg plaisant. Sa durée de vie est assez limitée et son système de jeu est perfectible (un peu comme tous les premiers volets d'une aventure), mais on passe un bon moment à s'amuser dessus, et c'est un jeu qui a le mérite d'être bien fini : je n'ai rencontré aucun bug (ou rien de bien gênant en tout cas) et les graphismes ont bien vieilli et restent agréables à regarder.
Du coup, maintenant que j'en ai terminé, je vais pouvoir importer mon personnage dans Mass Effect 2, qui promet d'être encore meilleur (ça se confirme d'ailleurs très vite). Autant dire que je vous en reparlerais !