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mercredi 17 août 2011

Le Chat du Rabbin (BD) - Joann Sfar


Après avoir vu le film, j’ai profité de mon séjour chez ma tante pour dévaliser sa bibliothèque et enfin terminer ma lecture de cette série. Pour ceux qui auraient raté l’épisode cinématographique précédent (ou plutôt suivant selon le point de vue), le Chat du Rabbin est BD qui raconte les péripéties du chat d’un rabbin à Alger dans les années 1930, après qu’il ait gagné le don de la parole en mangeant le perroquet de son maitre.

L’histoire se divise en cinq tomes :
1. La Bar-Mitsva
2. Le Malka des lions
3. L’Exode
4. Le Paradis terrestre
5. Jérusalem d’Afrique
Une version intégrale existe désormais qui les regroupe tous en un volume à un prix défiant toute concurrence, avis aux amateurs.

Je ne vais pas redire ce que j’ai dit sur le film, cela vaut aussi pour la BD : les péripéties de ce chat qui parle et son rabbin sont très plaisantes à lire, drôles, perspicaces et intelligentes, avec un dessin vraiment délicieux et plein de couleurs. Comme quoi ce n’est pas si dur de parler de religion avec humour et tolérance.

Je ne me trompais pas en qualifiant le film de fidèle, il suit pratiquement à la lettre l’histoire (jusqu’au moindre dialogue), se contentant de couper court aux tomes 3 et 4 dont aucun élément n’a été repris. C’est ceux que j’ai lu avec le plus de plaisir du coup, découvrant complètement ces deux histoires.

L’Exode raconte le mariage de Zlabya, qui sera suivi d’une visite assez épique à la belle-famille en France. Je crois bien que c’est un de mes tomes favoris, tout le passage à Paris est assez délicieux, surtout lorsque le rabbin fait son obstiné et se retrouve tout seul dans la rue un vendredi soir.

Le Paradis Terrestre s’intéresse plus au personnage du Malka des lions, et c’est de loin le plus mélancolique de la série. C’est assez marrant de croiser au détour des pages un serpent qui évoque Le Petit Prince (enfin là on est moins dans l’évocation que dans le crossover).

Bref si vous n’avez jamais lu cette BD ou vu le film d’animation, ruez-vous dessus, et si vous connaissez déjà, une relecture ne fait jamais de mal !

CITRIQ

jeudi 7 juillet 2011

Le Petit Prince - Joann Sfar


Non je ne suis pas dans une thématique Sfar ces temps-ci, mais j’ai trouvé la BD d’occasion, et je voulais la lire depuis fort longtemps. Comme son nom l’indique, il s’agit de l’adaptation de l’œuvre de Saint Exupéry en BD. Il fallait quand même oser toucher à ce monument, qui en plus a une empreinte visuelle très forte (avec toutes les aquarelles de St Exupéry).

La version Sfar du Petit Prince relève haut la main le défi, de mon point de vue. Bien sûr, il faut aimer son style graphique pour ce qui est du dessin (ce qui n’est pas un problème). C’est très coloré, les traits ont un côté un peu exagéré (je pense au renard qui a des oreilles dignes d’un lapin parfois), mais ça a son charme, et ça colle bien à l'univers.

Et l’adaptation du texte est tout ce qu’il y a de plus fidèle (en même temps toucher aux dialogues aurait été inconcevable), mais cela n’empêche pas Sfar d’y ajouter sa touche personnelle. Il y a deux trois clins d’œil (comme le serpent-fumée de la première page qui emporte la cigarette de l’aviateur sous prétexte que c’est une publication pour la jeunesse !).

Et je suis sûre que certains passages sont de sa propre invention (je n’ai pas le livre pour vérifier), et jouent sur la figure un peu trouble de l’aviateur, dont on ne sait jamais s’il s’agit d’un narrateur inventé ou de Saint-Exupéry lui-même. Ici, c’est aussi un peu Sfar, quand le petit prince lui reproche les oreilles trop longues de son renard (tiens donc) sur ses dessins.

Je ne m’étale pas, comme le livre original, il y a quelque chose d’enchanteur dans cette BD, qui fait redécouvrir cette œuvre sous un autre jour. Certains passages peuvent sembler plus anodins, d’autres bien plus émouvants… c’est une chouette balade en tout cas.

CITRIQ