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jeudi 29 janvier 2015

La lisière de Bohême - Jacques Baudou


Lorsque j'ai découvert ce livre dans le catalogue des Moutons électriques à la fin de l'année dernière, j'ai immédiatement voulu le lire... sauf qu'il était pratiquement introuvable. Du coup je l'ai inscrit dans ma liste de Noël, et contre toute attente Maman Vert l'a déniché sans peine dans sa librairie de province, ce qui est limite vexant !

La lisière de Bohême nous emmène en promenade dans une grande forêt, lieu hanté par des légendes, des esprits fantasmagoriques et même une demeure perdue. C'est au cœur de cette forêt qu'un écrivain fait sa retraite pour écrire son nouveau livre, et c'est là qu'une jeune femme va venir le trouver pour éclaircir un des mystères de cette forêt.

Il est difficile de résister à un livre lorsqu'on vous le rapproche de La forêt des mythagos et autres œuvres de fantasy mythique, surtout lorsqu'on tombe sous le charme de la très belle couverture de Melchior Ascaride.

Sur le papier, La lisière de Bohême avait donc tout pour me plaire. Malheureusement, comme cela m'arrive souvent avec les romans pour lesquels j'ai beaucoup d'espoir en amont, je suis passée à côté.

Le problème principal, c'est que j'ai eu du mal à rentrer dans ce roman qui est extrêmement bavard : la majeur partie du récit est constituée de dialogues (voir de monologues) de personnages qui racontent leur histoire ou le fruit de leurs recherches. En soit c'est un procédé parfaitement adapté à cette histoire qui oscille entre récit fantastique et collecte d'histoire locale, mais du coup cela laisse peu de temps pour apprécier l'environnement.

Et je pense que c'est pour cela que la magie n'a pas fait effet (sur moi). Avec le surnaturel qui plane sur l'ensemble de l'histoire, je m'attendais à trouver une atmosphère légèrement magique, juste un peu étrange, à l'image de certaines des œuvres dont les citations ouvrent chaque chapitre, mais il n'y a pas vraiment de descriptions, d'actions ou de réflexions des personnages qui contribuent à cette ambiance.

Il manque quelque chose, et je soupçonne que la très courte taille du roman n'aide pas. D'ailleurs j'ai été assez perturbée que le roman développe deux histoires, mais qu'une reste relativement inachevée à la fin, tout au plus le caractère « légendaire » des lieux est-il expliqué par une pseudo-explication scientifique un peu trop expéditive à mon goût.

C'est fort dommage parce que j'aurais vraiment été ravie de lire ce beau roman de fantasy mythique qu'on m'a promis. L'intrigue n'était pas dépourvue de potentiel, mais le résultat m'a semblé au final un peu bâclé. Certes je l'ai lu sans déplaisir, mais je suis restée sur ma faim tout au long de ma lecture.

Une consolation néanmoins : si le contenu m'a semblé léger, le contenant, lui, est magnifique. La couverture, comme je l'ai déjà dis, est sublime, et l'intérieur du livre est également illustré : les gardes sont magnifiques, et on trouve des petites illustrations en tête de chapitre et dans les marges intérieures qui font qu'on a vraiment un bel objet en main.

CITRIQ

lundi 8 février 2010

L’encyclopédie de la fantasy – Jacques Baudou


Pour la petite histoire, mon papa a entendu parler de ce bouquin sur France Inter, et a voulu me l’offrir à Noël. Mais ayant peur que je ne l’ai déjà, il a préféré le chèque amazon. Comme ça avait l’air d’un beau bouquin, je l’ai acheté (et le reste du chèque a payé la saison 1 d’Hero Corp en DVD, très beau coffret d’ailleurs mais je m’égare)

J’ai déjà lu pas mal de textes sur la fantasy à commencer par la Cartographie du Merveilleux de André François Ruaud, quand je cherchais des idées de lecture. C’est encore ma Bible dans le domaine, et je puise dedans à chaque fois que je suis en manque d’idées. Son seul défaut est qu’il nécessiterait une petite mise à jour vu son âge (10 ans presque !)

Accessoirement j’ai pas mal potassé quand j’écrivais mon mémoire (pourri) de licence sur le sujet. Ca m’a donné une bonne excuse pour investir notamment dans le très beau Panorama illustré de la fantasy et du merveilleux (également signé A.F. Ruaud pour une grande partie des textes).

Forcément, je mettais la barre un peu haut pour cette lecture. L’avis qui suit vous paraitra sûrement très critique en conséquent, mais c’est le regard de quelqu’un qui a lu beaucoup de textes du même genre, et qui est du coup très pointilleuse (ou chiante, c’est comme on veut !).

Mais présentons déjà l’ouvrage. L’encyclopédie de la fantasy présente en un peu moins de 200 pages, et une vingtaine de chapitres le genre fantasy, au travers de son histoire, de ses auteurs phares et de ses genres proéminents. Son petit plus, par rapport aux textes habituels, c’est de ne pas s’en tenir qu’aux livres, mais aussi aux films, et même aux jeux vidéo (même si ça reste sommaire).

Elle est écrite par Jacques Baudou, éminent spécialiste puisqu’il a notamment écrit le Que-sais-je ? sur la question. Seuls les deux derniers chapitres font exception, ils sont signés Stéphane Beauverger.

Je tiens quand même à saluer les bons points de l’ouvrage. Déjà, c’est un très beau bouquin, avec beaucoup d’illustrations en couleurs (dessins, photos de films, couvertures de livres…), ce qui n’est pas anodin. La fantasy est un genre qui passe beaucoup par le visuel, du coup c’est agréable d’avoir plein d’images qui « créent » une ambiance appropriée.

Le texte est relativement agréable à parcourir, même si la police est un poil trop petite vu le format. Surtout les deux derniers chapitres où elle est encore plus réduite, sans doute pour tenir dans la page.

A coté de ça, l’ouvrage est relativement exhaustif sur son sujet. Si les jeux vidéo sont relégués à l’arrière plan et que le cinéma est évoqué brièvement, globalement tous les supports sont évoqués (ce qui est plutôt chouette). On retrouve aussi tous les grands jalons du genre.

Non, ce qui m’a franchement dérangé dans ce bouquin, c’est l’écriture et la structure du contenu. Quand on regarde le sommaire, ça se présente plutôt bien, mais à l’intérieur, c’est un autre problème.

Ca me fait mal de dire ça, mais j’ai eu l’impression de lire les textes d’un étudiant, pas super bien fagotés, parfois pas fluides du tout, et en prime avec une volonté de caser le maximum d’informations quitte à virer en hors-sujet total.

L’exemple qui m’a le plus frappé est le chapitre sur la fantasy épique, à savoir tout ce qui ressemble au Seigneur des Anneaux (en général on parle de high fantasy mais personne n’a la même définition des termes, je jette l’éponge sur la question). Bref, voyez un peu comment tout ça s’organise.

On commence par une petite intro qui explique les poncifs du genre. Intro perturbée en plein milieu par une large digression sur les créatures féériques qui aurait fait un bon encadré à la rigueur, vu comme on s'éloigne de la fantasy épique. Ensuite, une longue liste d’œuvres marquantes (avec Goodkind en 2e position, soit je veux bien fermer les yeux).

Viennent ensuite les œuvres marquantes écrites par des femmes qui se termine sur un bric à brac d’auteurs féminins. C’est là où tout commence à partir en sucette, puisqu’il conclut son passage sur une liste d’auteurs féminins de plus en plus nombreux, dans lesquels on trouve Susanna Clarke (qui n’a jamais écrit de fantasy épique à ma connaissance).

Puis on enchaine sur les films, avec une sélection qui arrive à inclure Jumanji (Shrek déjà je trouve ça discutable, mais là…), avant de finir sur l’épique non médiéval, qui permet de reparler une deuxième fois de Robin Hobb (oui parce que l’Assassin royal est cité dans les œuvres féminines, là on parle des Aventuriers de la Mer qui n’a rien avoir avec l’œuvre sus-citée bien sûr).

Et y’a pas mal de chapitres comme ça, avec cette hiérarchie de l’information franchement douteuse.

A cela, il faut ajouter pas mal de détails qui font franchement tiquer. Je vous en cite deux en passant. Lord Dunsany fait partie des auteurs « prétolkienniens », guillemets inclus, barbarisme peu flatteur (même carrément laid, prononcez-le pour voir ;). Anansi Boys est un « roman de fantasy ambitieux » (alors que c’est plutôt un truc léger écrit sur un coup de tête).

Disons donc pour faire simple que c’est un joli bouquin, mais il vaut mieux ne pas trop creuser. Honnêtement, si vous cherchez un ouvrage sur la fantasy vraiment intéressant, lisez plutôt la Cartographie du Merveilleux (moins cher et plus intéressant à mon humble avis).