dimanche 6 octobre 2013

Stardust - Neil Gaiman


En ce moment, c’est le passage à vide. Les livres me tombent des mains avant même de les avoir ouvert, et les rares qui y sont restés attendent toujours leur chronique. Cercle vicieux oblige, moins je lis/chronique, moins j’ai envie de lire/chroniquer, et ce blog se retrouve donc déserté.

Du coup histoire de ne pas broyer du noir ad vitam aeternam, j’ai décidé de partir sur une relecture, et tant qu’à faire un texte qui me soignerait de cette panne de lecture. Et dans ces cas-là, le meilleur médicament s’appelle Neil Gaiman (oui je sais c’est affreusement banal de ma part mais que voulez-vous, on ne se refait pas).

J’ai opté pour Stardust parce que je venais de revoir le film (un autre excellent remède contre la morosité celui-là d’ailleurs), et parce que ça me donnait l’occasion de sortir enfin une chronique sur ce roman pour lequel j’ai beaucoup d’affection (si bien que je suis toujours un peu triste que le reste du monde ne l’aime pas autant que moi).


Stardust est un conte de fées dans lequel on suit les aventures de Tristran Thorn, un jeune homme qui se rend dans le pays des fées pour y trouver l’étoile filante qu’il a promis de ramener à l’Elue de son coeur. Le sujet est assez classique, mais comme toujours avec Gaiman, la manière de raconter fait tout, et en lieu et place d’un simple conte, on se retrouve avec un texte très précieux.

Si l’histoire n’est pas dénuée d’humour (il y a plein de petits passages ici et là si typiquement Gaimaniens), et rend un bel hommage aux contes de fées, je referme toujours ce livre avec une impression de douce mélancolie, parce que le livre sembler s'adresser avant tout à des adultes qui se souviennent de leur enfance. Mais ce n’est pas de la mauvaise tristesse, plutôt une sorte de nostalgie rêveuse.

En dépit de son apparente simplicité, Stardust est aussi un texte truffé de références en tout genre (dont certaines sont éclaircies par le traducteur, grand merci !). L’intrigue comme l’univers sont des hommages à la littérature « féérique » anglaise (comme Lord Dunsany par exemple), et il en résulte une sensation de merveilleux très « authentique » (à défaut de terme plus adapté).

C’est là l’une des plus grandes qualités de Neil Gaiman. N’importe quel auteur de fantasy peut vous inventer un monde secondaire, que l’on va accepter le temps d’une lecture, mais ça n’ira pas forcément plus loin.

Avec Gaiman je trouve toujours que ses univers sont beaucoup plus palpables, presque « crédibles », sans doute parce qu’ils s’appuient sur tout un passé littéraire, mythique et folklorique, et jouent sur un glissement subtil du réel vers le merveilleux (ce qui fait qu’on ne voit plus de la même façon le métro londonien après Neverwhere par exemple).

Du coup, de relecture en relecture, ce roman ne cesse de m’émerveiller. Je me laisse portée par les mots tout en découvrant sans cesse de nouvelles choses, des détails qui m’auraient échappé. Ni trop court, ni trop long, il remplit parfaitement son cahier des charges de conte de fées pour adultes, ce qui lui confère un côté très fini, achevé.

C’est ce qui fait que Stardust reste objectivement un de mes romans favoris de l’auteur (après American Gods bien sûr). Après, étant donné qu’il s’agit aussi d’un de mes premiers Gaiman, je ne nie pas qu’il y a probablement un peu de sentimentalisme qui rentre en ligne de compte...


Il faut noter aussi que Stardust n’est pas qu’un simple roman. C’est un roman illustré. Par Charles Vess (qui est un maitre en illustrations féériques). Je l’ai acheté en version anglaise, et rien que l’objet en lui même vaut le détour.


Vu qu’il fait partie des nombreux livres que je n’ai pas pu déménager à Paris, je n’ai toujours pas pu le « lire » réellement en version illustrée, juste le parcourir béatement. Une chose est sûre, quand on a l’ouvrage en main, il est difficile de ne pas être complètement émerveillé par les illustrations.

Il y a bien une version française qui est sortie chez Panini mais vu que le traducteur n’est pas celui du roman, j’ai de légers doutes sur sa qualité. Et puis sans la couverture simili cuir (que j'ai utilisé en tête d'article) ce n’est pas pareil.


Il y a quelques années, Stardust a fait l’objet d’une adaptation en film signée par Matthews Vaughn (même que c’est la plus ancienne des chroniques conservées de ce blog -soyez indulgent sur la qualité de l'écriture-).

J’ai autant d’affection pour le film que pour le livre. Stardust : le mystère de l’étoile (oh le beau sous-titre français à la noix) est en effet un bel exemple de comment on peut « trahir » un livre et en tirer un excellent film.

Du conte de fées truffé de références et un peu mélancolique, on passe en effet à une histoire de fantasy plus simpliste mais très dynamique et avec beaucoup d’humour. Sa seule ambition semble être de nous amuser pendant deux heures, et il le fait très bien : le film est extrêmement bien fichu à tout point de vue (y compris musical) et les seconds rôles sont absolument délicieux (il serait facile de citer la performance de Robert de Niro… en même temps comment ne pas le faire ?).

On présente souvent le film comme un second Princess Bride, un film drôle et plein de bons sentiments qui met du baume au cœur, et c’est tout à fait ça. Quelqu’un l’a d’ailleurs expliqué bien mieux que moi sur Tor, je vous renvoie directement à l’article (en anglais et avec spoiler par contre), après tout, c’est un peu à cause de lui que je me suis retrouvée à revoir le film, et à enchaîner sur le livre !

CITRIQ

16 commentaires:

  1. Oh, quelle bonne idée que de relire ce livre! C'est le premier roman que j'ai lu de l'auteur (avec Coraline qui est venu après je pense), il est loin dans mon esprit mais tu me donnes envie ^_^.

    RépondreSupprimer
  2. Cette édition à l'air sympa, je me laisserai peut être tenter pour une première lecture.

    RépondreSupprimer
  3. C'est aussi le premier livre que j'ai lu de Gaiman, et j'ai vraiment beaucoup, beaucoup aimé ! J'ai juste été surprise par le manque de sentiments des personnages, surtout entre Yvaine et Tristran, c'était assez bizarre.
    Le film j'ai moins aimé par contre, beaucoup trop prévisible, alors que tout le livre repose sur des mystères et des surprises. Et puis bon, ok, je l'avoue, je ne supporte pas l'actrice qui joue Yvaine, elle m'énerve.

    RépondreSupprimer
  4. J'avais vu le film en question à sa sortie. J'avais beaucoup aimé !
    Hier, j'ai eu le livre en main... et j'ai résisté. Mon porte-feuille est scellé jusqu'aux Utopiales. Mais ensuite, ça va être l'orgie livresque :D
    Bref, il est dans ma liste d'achats futurs.

    RépondreSupprimer
  5. Oh mais je veux l'édition illustrée, elle est trop belle. J'ai l'édition j'ai lu toute pourrite avec l'affiche du film en couverture :(

    RépondreSupprimer
  6. @Cachou
    Faut pas se refuser ce petit plaisir, c'est que du bonheur à relire.

    @Fánaríë
    C'est vraiment très joli (mais très en anglais par contre :P)

    @May
    J'ai pas beaucoup aimé Claire Danes au premier visionnage (en plus je l'ai vu en vf et son doublage est horrible), mais on s'y fait.

    @Doris
    Je comprends, moi aussi je fais régime avant les Utos ^^

    @Tigger Lilly
    Je compatis, déjà que l'édition pas film est déjà pas super belle...

    RépondreSupprimer
  7. Sinon peux-tu mettre les références de cette édition : mes recherches ne sont pas très probantes sur les sites de vente en ligne habituels.

    RépondreSupprimer
  8. @Fánaríë
    C'est juste que tout le monde n'a pas envie de lire le texte en VO c'est tout ^^
    Sinon l'édition la plus récente c'est celle là : http://www.amazon.fr/Stardust-Romance-Within-Realms-Faerie/dp/1401211909/ref=tmm_ghc_title_4?ie=UTF8&qid=1381089242&sr=8-10 (éditée en 2007 avec des bonus) mais elle a l'air de se faire rare en effet. La version paperback de 1999 a l'air plus facile à trouver (http://www.amazon.fr/Neil-Gaiman-Charles-Vess-Stardust/dp/156389470X/ref=tmm_gpb_title_6?ie=UTF8&qid=1381089242&sr=8-1)
    (menfin c'est effectivement le bordel pour les identifier, ça va que je sais ce que je cherche xD)

    RépondreSupprimer
  9. J'aime ce conte pour exactement la même raison que toi. À la frontière du roman jeunesse et de l'adulte, la nostalgie finale... bref, ça me plaît!

    RépondreSupprimer
  10. Moi aussi j'aime beaucoup ce roman, mon deuxième de Gaiman après "Neverwhere" ! "Conte de fée mélancolique" le décrit parfaitement ! Et je te rejoins pour le film, je me suis bien amusé et je le revois avec plaisir ! :-)

    Je vais voir si je trouve cette belle édition VO à des prix raisonnables...

    RépondreSupprimer
  11. Oh si ce n'est pas Gaiman, on sait qu'on peut aussi te mettre du Tolkien par intraveineuse. C'est vrai que je fais partie du reste du monde qui ne l'aime pas autant que toi... Mais j'approuve, le film est un remède anti-morosité :)
    "nostalgie rêveuse" c'est joliment dit ! J'ose imaginer qu'effectivement, le roman illustré anglais doit être un sacrément bel objet.

    RépondreSupprimer
  12. Stardust fait partie des livres que je n'ai pas encore lu de l'auteur. Faudrait peut être que je me bouge un peu quand même pour le faire entrer dans ma PAL :)

    RépondreSupprimer
  13. @Karine:)
    Comment ne pas l'aimer ? ^^

    @JainaXF
    Bon courage, je pensais pas qu'elle s'était fait aussi rare (y'a une version semi-illustrée avec que les en-têtes de chapitre qui existe aussi je crois)

    @Acr0
    Ouais mais Tolkien c'est quand même moins facile à prendre en main xD.

    @BlackWolf
    Oh bah oui ça serait dommage de se priver !

    RépondreSupprimer
  14. Si j'ai déjà relu Neverwhere et De bons présages à plusieurs reprises, je n'ai jamais pensé à me repencher sur Stardust ! Une erreur à réparer... ^^

    RépondreSupprimer
  15. Ca m'étonne pas, il passe un peu inaperçu ce roman-là ^^.

    RépondreSupprimer