lundi 28 juillet 2008

Spirou : le journal d’un ingénu - Emile Bravo



Dans la section souvenirs d’enfance, Spirou, comme Tintin, occupe une bonne place, ne serait-ce qu’au rayon BD, et dans une taille moindre, en dessin animé. D’ailleurs, je me suis rendue compte qu’un album de Spirou qu’on a lu pendant l’enfance garde éternellement un charme fou, un autre découvert récemment est loin de l’égaler. Rien à voir avec les auteurs, la qualité de l’histoire ou la date de publication, juste une question d’émotion…

Bref récemment, la série a retrouvé un souffle nouveau fort appréciable, notamment avec Spirou à Tokyo ou L’homme qui ne voulait pas mourir, mais pas de quoi sauter au plafond. Et puis il a cet album, qui ne fait pas partie de la série « classique », mais de « Une aventure de Spirou et Fantasio », série où un auteur a carte blanche pour faire ce qu’il veut de la série.

Ce qu’en fait Emile Bravo, est assez surprenant. Plutôt que d’écrire une énième aventure de Spirou et Fantasio, il écrit la toute première. Bon, ok, on avait la Jeunesse de Spirou, qui en donnait un pseudo aperçu sympatoche. Et l’inénarrable Petit Spirou aussi. Mais rien qui ne ressemble à ça.

Ca, c’est tout d’abord un dessin et un style, très ancienne mode, bien cadré, bien net, et qui rappelle presque plus Tintin que les anciens Spirou. Ca, c’est aussi l’histoire qui se pose sur l’aube de la 2de guerre mondiale, où l’on découvre notre héros, groom, un peu miséreux, un poil amoureux aussi, avec un Fantasio déjà frappé et un Spip au caractère bien trempé.

C’est une sorte de Spirou Begins, qui met en place tous les éléments clés du personne, qui évolue de page en page d’un héros naïf à un héros… peut-être moins naïf, quoique. L’album est une mine de références, dont un certain nombre à Tintin, qui font bien sourire, vu que ces deux héros sont un peu aux antipodes l’un de l’autre.

Ce qui fait toute la saveur de cette BD, c’est son coté doux-amer. On y rit, bien sûr, et même souvent, mais le ton est souvent sérieux, voir sombre. Le contexte de pré-guerre, les tractations entre pays, les idéologies nationalistes, les manipulations à tout va. Du coup parfois on rit jaune, et on en verse presque une larme.

C’est une sacrée force d’avoir su faire cette BD drôle et émouvante, qui fleure bon les anciens albums, et d’avoir su lui donner un ton sérieux en adéquation avec (ce qui n’est pas toujours évident chez Spirou, où sérieux rime vite avec ennuyeux). Bref un beau morceau de bande-dessiné qu’on savoure case par case, mot par mot…

Pour l'anecdote, je suis du genre à dévorer les BDs comme Spirou en 1/4 d'heure sur un coin de table, celle-là je prends mon temps, et dans le plus grand silence pour bien l'apprécier, dire à quel point c'est trop bien ^^

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