dimanche 6 juillet 2008

Le Monde de Narnia 2 : Le Prince Caspian - Andrew Adamson



Pendant que je rédigeais ce billet, je me suis rendue compte que le réalisateur avait quand même un sacré nom narnien, « fils d’Adam »… ça fait un peu prédestiné sur les bords… Bref. Je ne vous ferais pas l’injure de vous présenter l’œuvre de C S Lewis, grand classique de la jeunesse, avec ses qualités comme ses défauts, qui raconte les aventures d’enfants envoyés dans le monde magique de Narnia pour y vivre toutes sortes d’aventures…

(je précise pas quels enfants, ça change selon les tomes…)

Comme c’est la grande mode d’adapter les livres pour enfants sur grand écran, Narnia n’y a pas échappé. Le premier volet, Le Lion, la Sorcière Blanche et l’Armoire magique (comment résumer un bouquin en 1 ligne), était une bonne surprise, à la fois très proche de l’esprit magique du livre, tout en sachant s’en affranchir dans certains passages (la bataille finale qui tenait deux lignes dans l’avant dernier chapitre) et dans le traitement des personnages (notamment autour de Peter et de son désir de protéger sa famille mais aussi de se battre pour quelque chose), le tout sur une très belle musique de Gregson-Williams (un compositeur à suivre décidément, il a aussi fait le sublime Kingdom of Heaven, qu’on retrouve parfois par fragments dans Narnia 2 !)

Bref vu que le premier volet était pas mal (même plutôt bien, pour l’avoir re-regarder ce matin), le Prince Caspian était sur la liste des films à voir. L’histoire s’inscrit dans la continuité du précédent : un an après les évènements du premier livre (le 2e dans la version française mais ne faites pas attention), les quatre enfants Pevensie sont rappelés sur Narnia par la corne magique de Susan. Mille ans s’y sont écoulés, D’autres gens règnent sur le royaume, et le prince Caspian, héritier légitime du trône, est en mauvaise passe parce que son oncle Miraz a des vues sur la couronne…

Le roman ne m’a pas laissé un souvenir impérissable dans la série, donc j’aurais du mal à juger le film sur ce point-là, même si certains détails m’ont fait tiqué… Globalement ce 2e volet est un bon divertissement pour qui cherche du film de fantasy équipe avec beaucoup de combats. On s’y bat beaucoup, la nuit, le jour, à l’épée, à la catapulte, et tout et tout…
Coté costumes et décors, c’est grandiose et rutilant, belles armures pas du tout pratiques mais très esthétiques, épées qui brillent, robes médiévalisantes, plaines, forêts, châteaux sur les sommets…

Je pense que vous avez senti le « mais ». Globalement, j’ai beaucoup moins accroché qu’au premier volet, sans doute parce qu’on s’éloigne du coté enfantin et magique du premier. Le premier est un film pour émerveiller, ce coté que beaucoup trouvent « gamin », comme le passage du Père Noël… Là, on a plutôt affaire à un film pour ado qui cherche surtout à en mettre plein la vue qu’autre chose…

Narnia n’est plus un royaume merveilleux, c’est plus un ersatz de Seigneur des Anneaux bis, encore plus que certains passages du premier. Visiblement pour remplir, le réalisateur a préféré privilégier des grosses bastons, des courses poursuite et tout ça, et beaucoup moins le travail sur les différents personnages… A part Miraz qui finalement fait un bon méchant spécialiste pour semer le doute chez tout le monde, les autres sont un peu faibles, méchants comme gentils, et manquent de développement. Du coup j’ai moins accroché parce qu’on vit moins avec les personnages et leurs interrogations…

Enfin les filles s’en sortent bien, Lucy toujours (celle qui croit toujours, et à raison…), même si on poireaute un moment avant de la voir faire son coup d’éclat, Susan en pleine crise d’ado (bon on se serait bien passé de quelques passages guimauve mais bon…) s’en tire pas trop trop mal même si elle fait beaucoup la figurante, et me fait vraiment penser à la nouvelle de Gaiman sur son sujet, The Problem of Susan (un petit bijou, normal vu l'auteur *siffle*).

Coté hommes, par contre, c’est un peu la misère. Peter et Caspian c’est la cata totale. Peter avait déjà du mal dans le premier, là, il passe, comme son collègue Caspian, pour un acteur de sitcom parachuté en armure, qui ne fait pas grand-chose de pertinent à part brandir son épée et jeter des regards perdus (mais très romantiques pour les ados boutonneuses *siffle*) à la caméra… à titre de comparaison les deux m’évoquaient surtout le prince charmant style Shrek ou Il était une fois… Bref on soupire lorsqu’ils ouvrent la bouche.

Celui qui tire son épingle du jeu, finalement, c’est Edmund, puisque c’est le seul personnage à finalement avoir une certaine personnalité, qui se développe au cours des différents films. L’ancien « traître », celui qui apprend de ses erreurs finalement, il passe presque pour plus noble, sage et tout ça que son frère. Il y a un ou deux passages emblématiques à ce sujet… Alors que finalement j’ai pas le souvenir que ce soit un personnage très mis en valeur dans les livres, il laisse sa marque dans les films.

(de toute façon c’est bien connu que les personnages torturés intérieurement sont toujours plus intéressants que les héros tous blancs dont la seule question est de savoir de quel coté ils vont mettre leur mèche rebelle, et accessoirement si la vengeance c’est bien ou pas, histoire de montrer un peu leur coté pseudo obscur…)

Bref si vous voulez des belles scènes héroïques en tout genre, des beaux effets spéciaux, vous serez servis, et n’hésitez pas à aller le voir (et faites pas comme moi qui tiquait face aux cascades en armure… quand on vient de lire le Livre de Cendres, hyper réaliste en termes d'armement et de combat, on trouve certaines scènes complètement incohérentes dans Narnia…). Si vous voulez des personnages attachants et travaillés, par contre, passer votre chemin, le un était mieux dans ce domaine…

Ah oui et la musique est sympa, avec quelques beaux passages, toujours par Mr Gregson-Williams, même si les chansons au générique c’est quand même pas tip top… Bon prochain ciné, peut-être Alatriste pour Viggo, sinon j’attends avec impatience Wall-e, et The Dark Knight bien sûr…

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