lundi 30 avril 2012

Les héros de la Vallée - Jonathan Stroud


Il y a quelques années, j’ai fait connaissance avec l’œuvre de Jonathan Stroud via la trilogie de Bartiméus. Sous ses airs de classique histoire de magicien pour ado, j’ai découvert un univers atypique presque steampunk avec un anti-héros détestable au possible, accompagné d’un djinn sarcastique inoubliable.

C’était donc tout naturel que je me sois intéressée à un autre de ses écrits lorsque celui-ci a été traduit en France (bon d’accord j’ai attendu le poche, mais j’ai un emploi du temps très chargé vous savez, et la couverture d’Alain Brion est quand même très belle). Il s'agit cette fois d'un roman indépendant, Les héros de la Vallée.

Dans un univers d’inspiration nordique, Halli, de la maison de Svein, est un jeune garçon vit dans la Vallée. Cet endroit a été colonisé par son ancêtre, le héros Svein, voilà bien des années. Celui-ci y a accompli toutes sortes d’exploits héroïques, avant de mourir dans la bataille contre les terrifiants Trâles. Pas très grand, avec un caractère peu facile, Halli ne rêve que d’une chose : accomplir des exploits aussi grandioses que ceux de son ancêtre.

La grande qualité de ce roman, comme dans la trilogie de Bartiméus, se trouve dans son héros : Halli est un garçon atypique, colérique, prompt à faire des bêtises, peu sûr de lui et parfois même franchement stupide. Ce n’est pas un héros facile à aimer, mais on s’y attache finalement d’autant plus qu’il n’est pas un stéréotype et qu’il est extrêmement humain dans ses réactions.

Commençant de façon assez classique avec l’enfance de Halli, le roman jongle avec les classiques (la famille qui ne l’apprécie guère à l’exception d’un oncle bourru, le désir d’aventure) mais s’en joue habilement : si Halli part effectivement à l’aventure, il ne trouve pas tout à fait ce qu’il comptait, et les énigmes qui nous semblaient évidentes (concernant les trâles et l’alignement des cairns) se révèlent finalement pleines de surprises.

Comme dans Bartiméus, on notera la présence d’une héroïne féminine qui sauve souvent la mise au héros par ses réflexions ou ses interventions in-extremis (j’ai l’impression que c’est une constante chez Jonathan Stroud), et chaque chapitre commence par un petit extrait des aventures du héros Svein, ce qui offre un arrière-plan sympathique avec ces légendes extravagantes dignes d’un Conan.

Tout cela donne au final une bonne petite lecture originale, fraiche et bien menée. Quand on voit tous ces cycles en multiples volumes et ces pavés de 1000 pages qui occupent le rayon fantasy des librairies, ce petit roman de 500 pages, avec un début et une fin, est une véritable bouffée d’air frais.

Moi qui pensais saturer de la fantasy, cela me fait plaisir de savoir que je peux encore trouver des romans à savourer dans le domaine !

CITRIQ

samedi 28 avril 2012

Perfect Sense - David MacKenzie


Une petite séance de ciné que je dois complètement à Tigger Lilly et à Cachou. Merci les copines pour m’avoir parlé de ce film, sans quoi je n’aurais jamais su qu’il existait.

Dans un futur proche, une maladie inexplicable contamine l’ensemble de l’humanité qui perd son odorat, puis, peu à peu, ses autres sens. Au milieu de tous ces bouleversements se rencontrent Susan, une épidémiologiste qui recherche l’origine de la maladie, et Michael, un chef cuisinier.

Au milieu des autres films à l’affiche, ce titre fait un peu figure d’OVNI, et il est vrai qu’il est assez difficile à caractériser. Mais une chose est sûre, c’est un film fascinant. J’étais tellement captivée par ce qui se passait à l’écran que j’en ai complètement oublié les prénoms des protagonistes et que j’ai dû aller les rechercher sur Internet pour ne pas les appeler « Eva » et « Ewan » dans cette chronique.

Perfect Sense est un film difficile à qualifier. C’est une sorte de fable étrange, un exercice de style qui pousse jusqu’au bout un concept un peu fou (la perte des sens) avec brio, si bien que la question m’a obsédé longtemps après avoir quitté la salle de cinéma. La façon dont on voit les gens s’adapter au fur et à mesure (par le biais des mutations du restaurant) est d’ailleurs sublime.

C’est aussi une histoire d’amour atypique entre deux personnes qui se qualifient elles-mêmes d’ordures (enfin en anglais c’est « asshole », c’est encore moins poli), où les gestes sont plus parlants que les mots eux-même.

Et enfin, c’est un film apocalyptique qui ne fait pas de bruit, qui aborde la fin de l’humanité tout en douceur, sans raz-de-marée ni astéroïdes, tout au plus quelques émeutes et une bonne dose de chaos urbain.

Avec deux très bons acteurs (je ne doutais pas franchement de Ewan McGregor, mais ça m’a fait plaisir d’apprécier également le jeu d’Eva Green), de très bonnes trouvailles (j’aime beaucoup comment ils réinventent les odeurs et les goûts lorsque les sens disparaissent), on a donc là un film qui sort de l’ordinaire tout simplement charmant.

Je mettrais juste un petit bémol sur la fin un peu insatisfaisante. Même si le film aurait difficilement pu continuer, j’avoue que le « après » me hante un peu. Mais le concept en lui-même, hors de toute explication rationnelle empêchait je pense d’avoir une « vraie » fin. C’est la limite de l’exercice, mais cela n’enlève rien à ce très bon moment de cinéma qui détonne un peu dans le paysage.

jeudi 26 avril 2012

La chanteuse-dragon de Pern - Anne McCaffrey



Il va être difficile de parler de ce roman sans répéter ce que j’ai dit sur Le chant du dragon, tant les deux romans sont proches. Il ne s’écoule que quelques heures entre la fin du Chant du dragon, et le début de La chanteuse-dragon de Pern, j’ai donc tendance à lire à la suite, sans vraiment marquer de pause ou chercher à les différencier.

L’histoire commence avec l’arrivée de Menolly à l’atelier des harpistes après tous ses malheurs. Entre la nouveauté du lieu, les maitres exigeants, la jalousie des autres filles, les problèmes que lui posent ses lézards de feu, son intégration ne va pas forcément être une partie de plaisir, on s’en doute.

On retrouve donc la même recette d’un roman plus orienté jeunesse, avec une seule héroïne, qui offre parfois un point de vue alternatif (l’histoire se déroule toujours en parallèle de La quête du dragon), et par le biais de laquelle on découvre le monde des harpistes (et on commence à prendre conscience dans ce tome de leur importance).

Il est encore plus facile de rentrer dans ce roman car il suit la trame on ne plus classique de la nouvelle élève douée mais repliée sur elle-même qui arrive dans une école, qui s’y fait des amis et des ennemis.

Autant dire qu’il se dévore aussi vite que Le chant du dragon, surtout grâce à son atmosphère très musicale : on est à l’atelier de la harpe, on parle musique en permanence (chant, instruments, composition musicale…), les chapitres commencent par des extraits de chansons, autant dire qu’on est dans l’ambiance !

On pourra reprocher à Menolly d’avoir un peu trop de mal à se prendre en main (heureusement qu’elle est entourée de gens qui l’apprécient et la défendent), mais après ses précédentes expériences, je comprends tout à fait le temps qu’elle met à vaincre ses appréhensions, et une fois encore, je me suis retrouvée tellement happée par son histoire que je n’arrive pas à lui en faire le reproche.

Le seul point négatif de ce tome, c’est son côté un peu bisounours (en fait cette histoire m’a tellement marqué que j’étais persuadée que toute la série était aussi gentillette !), notamment avec toute cette horde prête à défendre Menolly face à des méchants très méchants (et mesquins).

Je trouve aussi dommage que l’histoire de Menolly s’arrête à ce tome. Même si elle réapparait dans d’autres volumes (notamment les Tambours de Pern, de mémoire) et qu’on la voit évoluer, sa présence se fait plus furtive, et certains aspects de son histoire auraient mérité un plus grand développement dans un troisième volume (j’aurais bien aimé la voir s’affirmer, peut-être contacter sa famille…).

Elle apporte en plus paradoxalement un brin de normalité (en dépit de ses neufs lézards de feu et de son don pour la musique !) au milieu de tous ces chevaliers-dragons qui sont un peu des êtres à part, par leur statut de protecteur, et aussi par l’influence qu’ils exercent sur les habitants de Pern (sans gouverner au sens propre, ils sont le vecteur de certaines évolutions).

Mais cela n’enlève rien à l’affection que je porte à ce diptyque Chant du dragon / Chanteuse-dragon de Pern, qui fait partie de mes meilleurs souvenirs de lecture de cette saga, et que je relis avec toujours autant d’émotion. Nul doute qu’ayant maintenant les volumes chez moi, je les relirais désormais bien plus souvent !


CITRIQ

mardi 24 avril 2012

The Pirates ! Band of Misfits - Peter Lord


Un nouveau film des studios Aardman sur les écrans (à qui on doit Chicken Run, mais surtout tous les Wallace & Gromit), je ne dis jamais non car ils font vraiment des choses magnifiques en stop-motion. Alors quand en plus ils se lancent dans la piraterie, et qu’on trouve David Tennant au doublage, tout cela fait un excellent argumentaire non ?

Sauf que film d’animation oblige, les séances VO se font rares, et j’ai dû faire, bon gré mal gré, une croix sur la voix de David (sans parler des autres, on croise entre autres Hugh Grant et Imelda Staunton). Ca m’a laissé un peu sur ma faim, mais je me rattraperais sans doute avec le DVD.

Bref The Pirates ! Band of Misfits (ou Les pirates ! Bons à rien, mauvais en tout si vous préférez la très longue traduction française) nous raconte l’histoire du Capitaine Pirate, un fringuant barbu à la tête d’un équipage plutôt hétéroclite (entre un pirate à la goutte, un pirate aux formes plantureuses et un pirate qui aime les couchers de soleil et les chatons), qui rêve d’obtenir le titre de pirate de l’année.

Sauf que ses coffres sont vides, si bien que lorsqu’il aborde le navire d’un scientifique anglais (un certain Charles Darwin), et que celui-ci lui fait remarquer que son perroquet, Polly, n’est autre que la dernière représentante de l’espèce des Dodos, il met aussitôt le cap sur Londres où la présentation de son oiseau pourrait lui valoir une belle récompense.

The Pirates ! m’a beaucoup fait pensé à l’univers de Monkey Island dans sa manière de brasser les clichés de la piraterie : on est donc très heureux d’apprendre qu’une des meilleures choses dans la piraterie (à part le pillage, le sabre d’abordage, le scorbut et les soirées jambon), c’est de se battre en remontant des escaliers à l’envers, et qu’être pirate donne lieu à une carte de réduction dans certaines enseignes !

Ce genre d’univers complètement foutraque est fort évidemment délicieux, surtout quand on y ajoute quelques personnages historiques réunis par hasard (Darwin, la reine Victoria, et on croise aussi une des sœurs Brontë), et de manière générale une quantité absolument inhumaine de références dissimulées et là.

Il y a des jeux de mots sur toutes les enseignes de boutiques ou presque (il faudrait pratiquement faire pause dans certains endroits), je soupçonne l’académie des Sciences de Londres d’être un nid à références, et je me suis vraiment demandée si certains dialogues avaient été pensés pour leurs doubleurs (en français, on a quand même un Darwin qui se lamente de n’avoir jamais joué au docteur avec une fille !).

L’histoire, bien que classique, est plutôt plaisante, avec quelques très beaux moments (la maison de Darwin est mon passage favori dans le genre scène d’action absurde), une belle galerie de personnages (le chimpanzé et le dodo sont géniaux), et un jeu sur le réel assez hilarant (on les voit jeter à l’eau des traits rouges pour marquer leurs déplacements sur une carte !).

Bref c’est un bon divertissement, susceptible de plaire aux petits comme aux grands, et très (très) chouette visuellement. Ceci dit, il lui manque quelques idées vraiment délirantes (j’ai plus souri que ri au film), et la petite touche de poésie pour arriver au niveau d’un Wallace & Gromit (mais en même temps, qu’est-ce qui pourrait également Wallace & Gromit ?).

dimanche 22 avril 2012

Le chant du dragon - Anne McCaffrey


Avec ce volume de la Ballade de Pern, nous quittons temporairement l’histoire principale pour s’intéresser plus en détail à un aspect particulier de la planète, les harpistes, qui assurent le rôle de ménestrels, d’enseignants et de colporteurs de nouvelles (ce qui leur donne l’opportunité de jouer le rôle d’espion ou d'institut de sondage à leurs heures perdues).

Mais je m’égare un peu, puisque ce volume parle avant tout musique, par le biais de son héroïne, Menolly. Cette fille d’un seigneur de fort de mer a un don pour la musique et le chant, mais les femmes ne pouvant être harpistes, à la mort du harpiste résident, toute sa famille s’oppose à ce qu’elle continue à pratiquer (allant jusqu’à employer des solutions assez extrêmes).

Le chant du dragon est très différent des volumes précédents. Il se focalise sur une seule héroïne, l’histoire principale est un peu laissée de côté (même si on en apprend beaucoup sur les lézards de feu), et s’il y a des passages durs, l’histoire est tout de même nettement plus orientée ado (difficile de ne pas fusionner avec Menolly pendant la lecture).

Ce roman est aussi le premier de la série à reprendre des épisodes déjà connus, mais d’un autre point de vue, procédé intéressant (même si du coup certains passages du Chant du dragon en deviennent presque incohérents tels qu’ils sont racontés dans La quête du dragon), quand l’auteur n’en abuse pas (comme elle le fera dans d’autres tomes il me semble).

Ce roman est de loin mon favori de toute la série, avec sa suite. Il m’avait beaucoup marqué quand je l’avais lu la première fois. Il est vrai qu’il est difficile à quinze ans de ne pas dévorer l’histoire de Menolly, jeune fille très douée bien qu’on refuse de reconnaitre son don (au contraire, on lui interdit de le pratiquer).

Même avec du recul, je me surprends encore à partager ses émotions et sa douleur (ses parents et sa sœur sont juste horribles), et à admirer son courage (je n’arrive même pas à la trouver trop parfaite, ou trop apitoyée sur elle-même, alors que je pourrais logiquement le penser).

C’est donc un très beau tome, qui a le mérite en plus de montrer la vie des habitants des forts, repliés sur eux-mêmes, qui n’ont pas une vie facile comparée aux habitants des Weyrs. Sa suite directe est tout aussi intéressante, d’ailleurs, je vous en parlerais sous peu.



CITRIQ

jeudi 19 avril 2012

Belles embarquez ! - Belyscendre


J’ai découvert Belyscendre il y a quelques années, et ça a été un véritable coup de cœur. Ce groupe de quatre personnes (deux chanteuses, deux musiciens touche à tout) s’est fait une spécialité de reprendre des chansons traditionnelles avec leurs instrumentalisations à eux, et le résultat est de toute beauté.

Après un premier album, Prends garde au loup, qui avait tourné en boucle chez moi dès son achat (tout en lisant le Livre de Cendres de Mary Gentle, si bien que les deux sont liés dans ma tête désormais), j’attendais avec impatience la sortie de leur deuxième album, Belles embarquez !, sorti au mois de janvier, sur lequel je me suis aussitôt jetée.

(Oui ce billet est en préparation depuis quatre mois, il m’a juste fallu un trajet de trois heures en TGV et une batterie d’ordi portable chargée à bloc pour que j’arrive enfin à écluser mes dernières chroniques en retard ! Je devrais prendre le train plus souvent)

La recette est la même que pour le premier volume, avec comme toujours un bon lot d’histoires (d’amour ou non) plus ou moins tragiques, avec ici une thématique plus ou moins liquide (beaucoup d'eau, de la mer aux rivières, sans oublier le vin bien sûr). Le résultat est toujours aussi magnifique (très belles voix, bel accompagnement derrière).

En plus, il n’y a pas d’intermèdes entre les chansons (qui sur le premier CD étaient sympathiques à la première écoute, mais vite lassants, une bonne chose que je lise ma musique sur mon ordinateur et que je puisse sélectionner les plages !). Autant dire qu’encore une fois, c’est un album qui tourne en boucle chez moi.

Je guettais un peu la Blanche biche, que j’avais déjà entendu en concert (du coup j’avais beaucoup apprécie de croiser les paroles au détour d’une page dans Chien du Heaume), qui est vraiment une chanson de toute beauté (les paroles, l’interprétation…).

Mais le reste de l’album est tout aussi chouette (si bien que je saurais vous orienter vers un titre ou un autre). Les chansons sont d'ailleurs fort susceptibles de vous rester en tête (et c’est ainsi qu’on se retrouve à chanter Hourra les filles en allant bosser le matin…).

Je n’achète plus de CD désormais à de rares exceptions, exception que mérite bien Belyscendre, puisque l’objet lui-même est bien conçu (pas comme la plupart des CDs achetés dans le commerce, le dernier la pochette était juste en carton !), avec un chouette livret des paroles abondamment illustré.

Bref, si vous cherchez des musiques qui semblent venues de temps anciens pour accompagner vos lectures, je vous invite grandement à découvrir ce groupe. Je vous renvoie à leur site, pour écouter quelques extraits (et sinon, Google est votre ami pour trouver des vidéos de concert !)

mardi 17 avril 2012

La quête du dragon - Anne McCaffrey


Après un premier tome finalement très fantasy, on rentre bien plus dans le vif du sujet avec La quête du dragon. D'ailleurs quelques légers spoilers du tome 1 se sont certainement glissés dans cet article, donc si vous ne l'avez pas lu, prenez garde.

Pern est désormais protégée efficacement contre les Fils, grâce aux chevaliers-dragons ramenés du passé par Lessa. Cependant l’entente entre anciens et modernes est loin d’être au beau fixe, ce à quoi s’ajoute la pression des seigneurs de forts qui aimeraient voir disparaitre définitivement la menace des Fils.

Quand j’ai lu pour la première fois la Ballade de Pern, La quête du dragon était perpétuellement emprunté à la bibliothèque, si bien que je ne l’ai eu en main que très tardivement, et je l’ai trouvé peu intéressant, tout son contenu m’étant déjà connu par les évocations faites dans les autres volumes.

En le relisant aujourd’hui, à sa place logique, je me rends compte de son importance. Si Le vol du dragon était une introduction, La quête du dragon apporte des éléments clés qui vont alimenter tout le reste des romans.

On découvre un peu plus en détail le mystérieux continent méridional, on fait connaissance avec les lézards de feu (soyons honnêtes, on en voudrait tous un chez soi), et le passé commence à refaire franchement surface sous forme de technologies oubliées.

La narration est explosée entre de nombreux personnages, et chaque petite histoire mériterait pratiquement un livre à part entière, ce tome est presque trop dense, entre l’histoire de Kylara (détestable Kylara), celle de Brekke et de F’nor, les soucis de F’lar pour gérer les anciens et les exigences des seigneurs, les réflexions de Robinson, le maitre harpiste… et pour finir l’apparition de Jaxom, qui prendra son importance par la suite.

C’est vraiment dans ce tome que l’on se rend compte de la dimension de planet-opera de la Ballade de Pern : la planète a été colonisée dans un très lointain passé, les colons se sont adaptés, les mentalités ont évolué (les forts sont bien moins soumis aux weyrs après quatre cents révolutions sans chutes), les techniques se sont perdues faute de transmission de la connaissance…

Du coup, bien que très riche, La quête du dragon est loin de m’avoir rassasié. Au contraire, ce tome m’a plutôt ouvert l’appétit, et il me tarde de (re)découvrir plus en détail le passé de la planète Pern. Mais ce n'est pas pour tout de suite, d'abord, je vais m'occuper des histoires des harpistes...

Je terminerai juste sur un petit mot à propos des intégrales. Je ne reviendrais pas sur le découpage qui me laisse sceptique, mais plutôt sur l’objet en lui-même. Je craignais un peu de lire des volumes aussi massifs, mais finalement ils restent assez confortables à manipuler, et ils présentent un avantage, on peut lire à table, le livre posé à côté de l’assiette reste ouvert de lui-même !

La seule chose qui m’énerve un peu, c’est que Pocket s’est contenté de rééditer les textes sans se donner la peine de les corriger. Je comprends qu’une révision de traduction coûte bien trop cher (et même si j’ai trouvé quelques phrases bizarres, l’ensemble se tient), mais les romans auraient bénéficié d’une bonne relecture.

J’ai encore trouvé des coquilles, des noms mal orthographiées une ligne sur deux, des traductions non harmonisées (selon les tomes on parle en effet de marquage ou d’empreinte des dragons, entre autres), et quelques énormités. La palme revient à ce passage dans la Quête du dragon :
Parce que j’envoie toujours un cheval en avance pour service de message en cas de problème de dernière minute, nous avons pu atteindre Lemos avant le front de chute.
Ma première lecture de Pern commence à dater, mais je pense que je me serais souvenue s’il y avait des chevaux sur Pern (oui bon j’imagine que le traducteur s’est emmêlé les pinceaux, en VO on parle de dragonrider, soit cavalier-dragon, menfin de là à nous sortir un cheval !).


CITRIQ