samedi 20 février 2016

Les mille automnes de Jacob de Zoet - David Mitchell


Je continue à découvrir petit à petit l’œuvre de David Mitchell, auteur du brillant Cartographie des nuages et du touchant Fond des forêts. Les mille automnes de Jacob de Zoet donne l’occasion de réaliser à quel point son œuvre est vraiment éclectique, chacun de ses romans étant très différent.

Après le roman presque chorale et l’histoire d’enfance légèrement autobiographique, j’ai découvert Les mille automnes de Jacob de Zoet, qui tire lui plutôt du côté du roman historique (la quatrième de couverture parle de roman d’aventure, choisissez ce qui vous convient le mieux).

Jacob de Zoet, le héros, est un clerc est envoyé par la compagnie néerlandaise des Indes au comptoir de Dejima, au Japon, à la fin du XVIIIe siècle. Il s’agit d’un comptoir un peu particulier puisqu’il s’agit d’une île artificielle dans la baie de Nagasaki, aucun étranger n’ayant le droit de poser le pied sur le sol japonais.

Là-bas, il va chercher à lutter contre la corruption ambiante, à apprendre quelques notions de japonais tout en aidant les interprètes japonais à parler un néerlandais correct, et pourrait bien en passant tomber amoureux alors que sa fiancée l’attend aux Pays-Bas !

Résumé comme cela, Les mille automnes de Jacob de Zoet promet effectivement de l’aventure et de l’action, mais il n’en est rien. C’est en fait un roman au rythme lent, posé, qui semble à la fois extrêmement dense dans les idées qu’il aborde (l’organisation politique du Japon et les relations compliquées qu’il entretient avec l’extérieur, le fonctionnement de la Compagnie des Indes) sans pour autant être touffu.

Beaucoup de choses sont évoquées, on apprend plein de choses d’une époque pas forcément très connue, mais en même temps on est très loin du documentaire réglé au millimètre près (c’est un peu le total opposé du Marteau de Thor que j’ai lu juste avant, à titre de comparaison).

La façon dont l’histoire est racontée est même assez surprenante : les ellipses sont nombreuses, et l’auteur n’hésite pas à pratiquement mettre son héros au placard pendant presque un tiers de l’intrigue pour parler d’autre chose (mais c’est au profit d’un chouette personnage féminin, je ne vais certainement pas me plaindre).

C’est donc un récit particulier, et je ne sais pas si tout le monde accrochera à ces Mille automnes de Jacob de Zoet. Pour ma part je l’ai beaucoup apprécié, pour tout l’univers qu’il met en scène, et aussi parce qu’il m’a beaucoup fait pensé aux romans de Pearl Buck sur la Chine. J’y ai retrouvé la même façon de mettre en scène une culture très différente de celle qu’on connait, sans pour autant la juger ou faire dans la simplification abusive ou dans le cliché.

Sans être aussi marquant que les deux précédents romans que j’ai lus de lui, j’ai quand même passé un très bon moment de lecture, grâce à ce voyage dans un pays et une époque qu’on ne connaît pas (ou trop peu).

CITRIQ

5 commentaires:

  1. A chaque fois que je vois une critique d'un roman de David Mitchell, je suis intrigué. Celle-ci ne fait pas exception.
    La question est : quand lirai-je enfin un roman de l'auteur ? :D

    RépondreSupprimer
  2. Ha super ! :) Ça donne envie. Il faut que j'explore son œuvre moi aussi :)

    RépondreSupprimer
  3. Pareil que Lorhkan, ses livres m'intriguent beaucoup, un jour je les lirai !

    RépondreSupprimer
  4. @Lorhkan
    Quand tu auras terminé de lire les Ursula Le Guin ?

    @Alys
    En plus ça parle de traduction ;)

    @Shaya
    Il faut !

    @Tigger Lilly
    En plus tu n'as aucune excuse, ils sont dispo à la bibliothèque :p

    RépondreSupprimer