lundi 27 octobre 2008

Appaloosa – Ed Harris



L’être humain est notoirement connu pour ses faiblesses. Ainsi, de même que tout ce qui porte le nom de Gaiman finit par arriver sur mes étagères, je passe toujours au cinéma voir les films où apparaît Viggo Mortensen.

Dernièrement je suis donc allée voir le Capitaine Alatriste, navet historique adapté d’un roman de cape et d’épée espagnol, long et incompréhensible (à moins d’avoir lu les livres) dont je vous ai épargné la critique. Si cela a piqué ma curiosité au point que je lorgne sur l’œuvre d’Arturo Perez Reverte coté prévisions de lecture, et que certains passages de la BO s’écoutent gentiment, ça ne vaut pas le déplacement.

Mais au milieu de ce micmac historique, Viggo Mortensen se détachait bien… même dans les films pourris, il fait du bon boulot, et il a une faculté bien particulière d’être méconnaissable d’un film à l’autre de manière générale : regardez cinq minutes du Seigneur des Anneaux, des Promesses de l’Ombre et de Capitaine Alatriste et vous comprendrez… il n’y a guère que son timbre de voix pour le trahir (et encore comme monsieur parle espagnol et anglais indifféremment…), pour le reste, c’est lui et pas lui en même temps, et pas uniquement parce qu’il se fait pousser la barbe ou change de costard.

Bref je m’égare une fois n’est pas coutume, revenons-en au sujet. Film avec Viggo dit forcément séance de ciné (en VO qui plus est, je n’ai aucune confiance dans le doublage français pour lui), peu importe le film. D’ailleurs pour l’anecdote, cette fois-ci je me suis pointée en sachant tout juste que j’allais voir un western, sans même avoir vu la bande-annonce. Tout juste si j’avais regardé la note dans Studio, ça ne me ressemble guère (par contre c’est super agréable du coup de tout découvrir).

Me voilà donc assise dans mon fauteuil de bon matin, et ma foi, ce fut un vrai plaisir de découvrir l’histoire de Virgil Cole (Ed Harris) et de son adjoint, Everett Hitch (Viggo Mortensen *wub*), shérifs ambulants qui viennent faire le ménage dans les villes où la loi ne règne pas. Les voilà donc qui débarquent à Appaloosa. Inutile d’en dire plus, pour le reste, autant découvrir l’histoire par soi-même.

Le western est un genre que je connais mal, si ce n’est les western spaghetti de Sergio Leone, mais pour moi, ce film semble toucher à l’essence même du genre. On y trouve tous les poncifs du genre : cow-boys, shérifs, brigands, carabines et colts, indiens, chemin de fer, poursuites à cheval, duels dans la rue, saloon à portes battantes, whisky dans les petits verres, café dans les mugs en métal, paysages poussiéreux, et même l’immigré chinois de service.

En soit, cela en fait déjà hautement appréciable en terme de divertissement. Mais il faut ajouter en plus un bon scénario qui colle avec le reste, des dialogues qui font mouche, et de très bons acteurs dans des rôles qui leur collent à la peau. Nos deux héros maîtrisent à la perfection le regard du cow-boy solitaire, yeux clairs et peau burinée par le soleil, et la présence féminine de l’histoire (Renée Zellweger) est méconnaissable (j’ai découvert qui c’était au générique… je sais que je suis une buse dans le domaine, mais tout de même).

Le point fort de l’histoire reste définitivement la relation entre Virgil et Everett, étrange amitié dite plus par leurs actions, leurs échanges, et ce qu’ils disent de l’autre. C’est un peu le nœud du film, et c’est drôlement bien mené, avec de très bons moments (les scènes devant la prison sont excellentes dans le domaine).

Et, petite note finale, si le tempo du film est assez lent (j’ignore si c’est propre au western), il n’en reste pas moins plus rapide qu’un Sergio Leone, avec beaucoup moins de scènes qui s’éternisent sur une musique lancinante (j’adore Ennio Morricone, mais en toute honnêteté, quand on regarde pour la cinquième fois Il était une fois dans l’Ouest, c’est trop lent parfois), notamment pour les fusillades beaucoup plus rapides (expédiées même, ça change).

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