vendredi 19 août 2016

Véridienne (Récits du Demi-Loup 1) – Chloé Chevalier


Normalement la fantasy est un genre qui ne m’attire plus tellement que ça, mais j’avais entendu de bons échos de ce roman, et j’aimais bien le style graphique de la couverture (Melchior Ascaride, quel vil tentateur ce monsieur !). J’ai donc fini par me lancer ce cycle des Récits du Demi-Loup, avec une bonne surprise à la clé.

Comme tout bon roman de fantasy qui se respecte, Véridienne nous projette dans un monde imaginaire de royaumes à tendance médiévale. Ici nous avons donc le royaume du Demi-Loup, séparé en deux domaines, Véridienne et les Éponas, et bordé par d’autres contrées plus ou moins structurés, des Plaines Jaunes désertiques peuplées par des tribus nomades à l’immense et menaçant empire des Terres de l’Est.

Point de carte pour s’y retrouver (dans la version numérique en tout cas) mais ce n’est pas bien grave puisque l’intrigue se déroule principalement dans le château de Véridienne. On y suit l’adolescence et le passage à l’âge adulte de deux princesses, Malvane et Calvina, et de leurs Suivantes, des jeunes filles du peuple nées un jour après elles et élevées avec elles pour leur servir de confidentes, de conseillères voire de bras droits.

C’est une organisation plutôt originale puisque du coup les Suivantes (ou Suivants dans le cas des princes/rois) rentrent dans la ligne de succession sans avoir une seule goutte de sang royal. Et elle l’est d’autant plus dans le roman que la princesse Malvane a deux Suivantes, chose qui normalement ne se fait pas. Mais à une époque de troubles politiques dans le royaume, c’est loin d’être le plus gros des problèmes.

Voilà pour le contexte général, je préfère rester floue pour vous laisser le plaisir de découvrir toutes les subtilités de cet univers : pour un si petit royaume, le Demi-Loup est fort complexe, et cela fait toute la saveur. Avec l’histoire bien sûr.

A première vue on peut trouver que suivre l’adolescence d’une bande de filles (tant bien même de noble condition, tant bien même dans une ambiance médiévale) n’a pas grand-chose d’intéressant, mais détrompez-vous. J’avais moi-même quelques vilains préjugés, et je me suis surprise tout de même à dévorer les pages.

Le mode de narration déjà rend la chose plaisante : Chloé Chevalier alterne journaux intimes et correspondance de différents points de vue (principalement ceux des suivantes) avec une certaine virtuosité. On saute d’une personne à une autre en changeant simplement de paragraphe mais il y a toujours un élément qui permet d’identifier l’auteur, et du coup cela permet de vivre un peu avec tous les personnages. On peut se perdre un peu mais au fur et à mesure c’est une structure qui s’apprécie pour sa façon de distiller petit à petit des éléments de compréhension.

J’ai bien aimé également l’univers plutôt « tranquille », dénué de tous les gros poncifs de la fantasy : ni magie, ni prophétie, pas de gros monstres ou de complots complexes, tout au plus des problèmes politiques et sanitaires, une guerre avec le voisin et des mercenaires un peu mystérieux avec un nom à connotation féline.

Enfin j’ai trouvé très bien menée l’histoire de ces cinq adultes en devenir. Elles peuvent être bêtes et méchantes parfois (comme des adolescentes), inquiétantes, touchantes, si bien que les quelques rares grosses ficelles se font largement oubliées grâce à un récit qui sonne très vrai et qui fonctionne très bien.

Véridienne s’est donc révélé une très bonne surprise à la lecture, je me suis donc assez logiquement jetée sur la suite, Les Terres de l’Est. Affaire à suivre très vite (vu que je l’ai également terminé à l’heure où j’écris ces mots).

Une petite parenthèse pour finir : je pensais être devenue réfractaire à la fantasy mais il semblerait bien que non. Je crois que le secret c’est de le lire en vacances : c’est beaucoup plus facile d’apprécier ce genre de littérature quand on peut dégager une à deux heures de lecture d’affilée pour bien plonger dans l’univers (pas comme dans les transports le matin où on lit de façon hachée et qu’on a parfois oublié où on en était le soir !).

CITRIQ

11 commentaires:

lutin82 a dit…

Je prends, il a l'air vraiment intéressant et si tu étaus vacciné contre la fantasy et qu'il t'a plue ce doit être une bonne pioche!

Vert a dit…

@lutin82
C'est plutôt une bonne pioche en effet (ou je l'ai lu au bon moment, va savoir).

Tigger Lilly a dit…

Un jour, quand j'aurai maîtrisé mes séries en cours (ce qui commence à être assez bien le cas en fait :p)

Lorhkan a dit…

Je ne m'y attendais pas mais ce fut une vraie bonne surprise, le deuxième tome ne devrait plus trop tarder à être lu. :)

Vert a dit…

@Tigger Lilly
Tu sais que le jour où tu vas être à jour tout le monde va te tomber dessus avec les nouvelles séries que tu as prévu de lire ? :D

@Lorhkan
J'attends ton avis (avec blasons ;)

Acr0 a dit…

A première vue, se dire qu'on va suivre la jeunesse d'une bande d'adolescentes n'a rien d'intriguant. Mais c'est là toute la subtilité de la plume de Chloé Chevalier de mettre en valeur le Demi-Loup et toute sa saveur.

Vert a dit…

@Acr0
N'est-ce pas ^^.

Julien le Naufragé a dit…

Je pensais le devenir aussi : réfractaire à la fantasy. Je réalise que cela dépend de laquelle et surtout du moment. Il faut que l'envie soit là bien sur ;-)

Vert a dit…

@Julien le Naufragé
C'est ça, il faut soigneusement filtrer et sélectionner en amont !

Ksidraconis a dit…

Voilà un roman sur lequel je ne comptais pas vraiment me pencher (pareil, la fantasy n'est pas ce qui m'attire en premier) et qui vient de passer dans la liste "hmmm pourquoi pas (un jour)" à cause de toi :)

Vert a dit…

@Ksidraconis
C'est un premier pas (et t'inquiète pas il y a encore les suites pour te faire des piqures de rappel ^^)