
A l’exception du tout premier (The Christmas Invasion), les épisodes de Noël de Doctor Who sont généralement des histoires indépendantes qui se glissent entre deux saisons sans avoir un réel impact sur l’intrigue (si on omet le cas de Donna qui revint plus tard, mais Donna est exceptionnelle, ça n’a rien à voir).
Du coup j’étais assez intriguée de voir ce que pourrait donner celui-ci, sachant que ce serait l’épisode où la nouvelle compagne du Doctor ferait son apparition. Enfin si on laisse de côté sa première (?) apparition dans le premier épisode de la saison 7, parce que non pas du tout, M. Moffat ne joue pas du tout avec ses spectateurs, c’est bien connu !

Oh des flocons de neige avec des dents pointus, et un bonhomme de neige qui parle avec la voix de Gandalf à l’époque victorienne, voilà un épisode de Noël qui commence bien avec une intrigue délicieusement noire dans tout ce blanc. Ceci dit tout cela est surtout prétexte à faire se rencontrer le Doctor et Clara.

Sacrée introduction d’ailleurs, si on avait encore des doutes sur la capacité de cette nouvelle compagne à rendre la monnaie de sa pièce au Doctor, on n’en a plus aucune au bout de cinq minutes, mais d’abord, générique !

J’ai bien aimé ce générique relooké, qui change radicalement des six dernières saisons, tout en citant abondamment les génériques des anciennes saisons. C’est d’ailleurs une constante dans cet épisode, les renvois aux vieux épisodes, l’épisode déborde littéralement d’allusions, quand il ne délire pas complètement sur Sherlock Holmes.

« The veiled detective and her fatuous accomplice. […] You realise Dr Doyle is almost certainly basing his fantastical tales on your own exploits? »
D’ailleurs ça fait très plaisir de retrouver Mme Vastra et Jenny, qui sont vraiment d’excellents personnages secondaires. Ca manquait un peu dans l’ère Moffat, des personnages récurrents non compagnons ou plus compagnons (comme Jack, Sarah Jane ou même Harriet Jones par exemple), du coup c’est un réel plaisir de les retrouver, elles et Strax revenu à la vie on ne sait comment mais qui s’en soucie vraiment ?

- When you find something brand new in the world, something you've never seen before, what's the next thing you look for?- A grenade?
Quel numéro celui-là ! J’aime vraiment ce côté casting étendu. Le Doctor et son/ses compagnon(s), c’est fun, et avec pas mal de seconds rôles on démultiplie l’intrigue sans forcément séparer tout le monde. Ce qui n’est pas vraiment nécessaire d’ailleurs ici, je ne suis pas vraiment sûre que toute l’histoire ait vraiment du sens, mais qu’importe.

Le Doctor est quand sacrément à la masse, car alors qu’il veut effacer la mémoire de Clara, c’est elle qui doit l’aider à récupérer le memory worm (autre constante, la thématique de la mémoire, on sent que le 50e anniversaire approche), et elle s’y entend très bien pour le convaincre de lui laisser ses souvenirs. Et pour le suivre dans son refuge.

J’ai trouvé juste magique d’ailleurs le coup du TARDIS sur un nuage en haut d’un escalier. C’est ce genre de scène qui me fait regretter d’avoir regardé cet épisode sur mon portable, écouteurs sur les oreilles pour ne réveiller personne, plutôt que de profiter d’une belle télé avec un bon son (mais le Père Noël n’a pas été aussi généreux que ça cette année).
Un peu intimidée, Clara ne s’invite cependant pas tout de suite dans le TARDIS, et préfère reprendre son vrai travail, celui de gouvernante (serveuse, c’est juste pour rendre service). Je vous avoue que c’est le seul reproche que je ferais au personnage, elle est trop complexe et trop parfaite, à si bien comprendre le Doctor. J’espère que tout cela a un sens.
Bref, un des enfants souffrant de mystérieux cauchemars, elle décide d’aller en parler au Docteur qui semble en savoir long, et échoue finalement chez Jenny et Mme Vastra. Cela donne lieu à une très jolie scène où pour tester ses capacités, elle n’est autorisée à ne répondre qu’en un seul mot.

Je m‘interroge un peu sur le pourquoi du test ? On dirait un jeu, une manière de tester les candidats potentiels, certes, mais aussi une façon de titiller le Doctor pour le faire sortir de son exil avec un mot qui l’aurait suffisamment intrigué. Et Clara dans le cas présent tape sans le savoir dans le mille avec son « Pond ».

Et voilà notre Doctor en Sherlock Holmes, qui se fait très plaisir (de même que Murray Gold qui flirte avec le thème de la série Sherlock côté musique) en faisant une petite enquête dans les bureaux de la Great Intelligence, avant d’aller enquêter ce fameux plan d’eau gelé. Et oh ! Une gouvernante de glace !

Quelques clins d’œil, une petite course-poursuite, on se croirait en plein test d’aptitudes pour Clara, qui en profite pour embrasser le Doctor (ça sera fait comme ça au moins), et gagne donc sa place à bord du TARDIS…

Donc la déco a été revue, c’est très disco. Beaucoup plus froid, je l’aime beaucoup moins que le précédent. Par contre là encore, on sent une volonté de singer les salles de contrôle des anciennes saisons, à part ça il n’y aurait pas un anniversaire cette année ?
Clara ne faisant rien comme tout le monde, sa première constatation sera :
« It's smaller on the outside ! »
Et sa deuxième :
« Is there a kitchen ? I don't know why I asked that, it's just... I like making souffles. »
C’est assez marrant parce que je n’arrêtais pas de me torturer le cerveau sur pourquoi le Doctor ne la reconnaissait pas. C’est en lisant d’autres reviews que j’ai enfin compris pourquoi, il n’a jamais réellement vu Oswin dans l’épisode avec les daleks, il n’a fait que l’entendre, et c’est pour ça qu’il ne tilte pas avant l’allusion aux soufflés.
Bref il lui donne direct sa clé (elle en a bien de la chance) et on serait tentés de croire qu’ils vont sauver le monde à tous les deux, sauf que non, Clara meurt. Du coup le Docteur se dépêche de boucler l’intrigue avec les bonhommes de neige (définitivement juste un prétexte, même si c’était un joli prétexte) et revient entendre les derniers mots de celle qu’il aurait bien emmenée voir les étoiles.

« Run. Run, you clever boy. And remember. »
Et c’est là que la lumière se fait dans sa tête, et que j’ai pour ma part commencé à avoir sérieusement mal à la mienne. Morte une fois dans le futur, c’était facile à expliquer, mais morte deux fois, c’est un peu plus délicat !

Et il ne fallait pas moins qu’une personne impossible (au sens propre comme au figuré) pour titiller assez le Doctor pour qu’il reprenne du service, et ça n’a pas raté ! Le voilà donc parti à la recherche de Clara, bien décidé à la retrouver dans la deuxième partie de la saison 7… on n’a pas fini de s’amuser, j’espère juste que ça ne sera pas son motto à elle, mourir à chaque fin d’épisode !
Je trouve le procédé assez malin, d’autant plus qu’il implique plusieurs niveaux de lecture. Ce n’est pas que le Doctor que ce mystère intrigue, mais aussi le spectateur, et comme une réponse au regard de Clara à la caméra à la fin de l’épisode des Daleks, on a ici le Doctor qui nous fixe dans la dernière image. Je doute sérieusement que ce soit un pur hasard.
Il y a clairement un côté « meta » dans cet épisode (qui se sentait déjà un peu au début de la saison), qui doit faire partie de l’arc 50e anniversaire. Il y a plein de petites références à la série en elle-même, que j’ai découvertes en lisant des textes à droite à gauche sur le net.
La date de naissance de Clara, par exemple, est la même que la date de diffusion du tout premier épisode de la série, à quelques 100 ans près, et la Great Intelligence est un ancien ennemi du 2e Doctor (dans un épisode intitulé The abominable snowmen, et un autre où on la retrouve dans le métro de Londres…). Le Doctor ne semble pas s’en souvenir ? Mais c’est parce que ces épisodes ont été perdus pour la plus grande partie (et ça rejoint bien les allusions aux notions de mémoire, non ?).
Même la parodie Doctor Who and the curse of fatal death a le droit à quelques allusions. Outre le fait que cela fait bizarre de retrouver Richard E. Grant dans le rôle du méchant (dans The curse of fatal death il jouait le Doctor), c’est surtout cette réplique de Mme Vastra qui me rappelle l’histoire de l’univers qui n’a pas envie que le Doctor meurt à la fin de la parodie de Moffat :
« I don't know, but perhaps the universe makes bargains after all. »
Bref il y a plein de petits détails sympathiques dans cet épisode, en plus des side-kicks sympas (j’espère bien revoir maintes fois Strax, Vastra et Jenny), d’une compagne intrigante, et de décors délicieusement Noël.
Certes l’intrigue de la neige maléfique n’est pas particulièrement mise en valeur, mais on passe un très bon moment devant l’écran à rire et se torturer le cerveau, je n’en demandais pas moins, et après le médiocre épisode de l’an dernier, je suis plus que satisfaite ! Damned, j’ai hâte de voir la suite maintenant !
Même si le Doctor ne voyage pas beaucoup dans le temps dans cet épisode, difficile de passer à côté de l'imbroglio temporel que semble être Clara... et puis Lhisbei serait déçue que je ne lui fournisse pas au moins un Doctor Who pour son challenge, non ?






























