vendredi 29 juin 2012

La pâle lumière des ténèbres (A comme association 1) - Erik L'Homme


Voilà encore un parfait exemple de la dangerosité des blogs. Si si, au moins tout ça. Oui parce que quand vous commencez à vous balader sur internet, vous commencez par lire un blog, puis deux, puis trois et ainsi de suite, où l’on vous parle de ce très bon livre.

Des fois vous rencontrez même en vrai les personnes qui se trouvent derrière ces blogs. Et puis tant qu’à faire vous allez faire un tour aux Imaginales avec ces personnes, ce qui vous donne l’occasion de croiser la route de l’auteur de ce très bon livre, avec ces mêmes personnes forcément très enthousiastes.

Bilan, vous revenez chez vous ruiné, et en prime, votre PàL a pris du poids. Et comme si ça ne suffisait pas, il s’avère que ce très bon livre est fort sympathique. Et qu’il n’est que le début d’un cycle en huit volumes. Si après cette petite histoire, vous n’êtes pas convaincus que les blogs sont des entités maléfiques, je ne peux plus rien pour vous !

Bref je ne vous fais pas un dessin, A comme association, c’est drôlement chouette !

Il s’agit d’un cycle de romans fantastiques jeunesse écrits à quatre mains par Erik L’Homme et Pierre Bottero (du moins pour les premiers tomes, Erik L’Homme a continué seul après le décès de Pierre Bottero).

L’histoire est racontée alternativement par Jasper (écrit par Erik L’Homme) et Ombe (écrite par Pierre Bottero), et nous fait découvrir l’existence d’une mystérieuse Association chargée de réguler les créatures surnaturelles (vampires, trolls et autres monstres magiques), dont nos deux héros sont des agents stagiaires.

Vous avez les bases de l’univers, je ne vais pas m’amuser à résumer l’intrigue du tome 1 (relativement simple vu qu’il s’agit d’un tome d’introduction). A la place, je vais plutôt vous parler de Jasper, héros et narrateur de ce premier volume.

C’est vraiment un héros des temps modernes, un pur geek, vu qu’il joue de la cornemuse dans un groupe de rock médiéval et adore les jeux de rôle. Il pratique la magie aussi (il est presque un peu trop doué dans le domaine, comme Guillermot du Livre des étoiles). Et il a surtout un très bon sens de l’humour.

Si vous saviez les fous rires que j’ai étouffé dans le métro à cause de lui, à cause de ses sarcasmes, et surtout de ses jeux de mots pourris (j’ai deux trois amis dans mon entourage qui pourraient d'ailleurs lui faire concurrence !).

Ajoutez à ça les millions de références débiles planquées par l’auteur ici et là (entre le séminaire sur les trolls qui a lieu rue Hébus, et les romans préférés de Jasper qui comptent un Livre d’Ezétoal et L’immonde Ewilan), et vous obtenez un texte frais et léger, hyper agréable à lire.

Mon seul regret, c’est que c’est un roman de 150 pages (oui je sais, je râle contre les pavés, mais un juste milieu c’est bien aussi !), autant dire que La pâle lueur des ténèbres est plus une introduction qu’autre chose. Il me faudra lire la suite pour me faire une réelle opinion sur l’intrigue, et faire connaissance avec Ombe !

Affaire à suivre, dès que j’aurais renfloué mon compte en banque ou que j'aurais dévalisé la bibliothèque...

CITRIQ

mercredi 27 juin 2012

Hunger Games : la révolte - Suzanne Collins


Pfiou j’ai bien cru que je ne le lirais jamais celui-là, vu la liste d’attente à la bibliothèque. En plus bien évidemment il est revenu à la date qui va bien (genre le week-end des Imaginales suivi des concours), si bien que pour un peu, ma réservation passait à la trappe faute d’avoir pu aller le chercher !

Du coup je ne l’ai pas fait trainé, et j’ai profité d’un dimanche tranquille pour le descendre. Il faut dire qu’à l’image de ses prédécesseurs, il se dévore (et Spocky peut témoigner du fait qu’il ne sert à rien de me parler quand j’ai le nez dans un tel bouquin…).

Ce n’est pas trop mon genre d’habitude, mais histoire d’avoir un peu plus de souplesse dans mon avis, je vais scinder cette chronique en deux parties : une sans spoilers (donc plutôt vague, mais si c’est vous voulez un avis avant de lire), et une qui en est truffée (à lire uniquement si vous avez lu le livre, bien évidemment).

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L’avis sans spoilers

C’est toujours quand on a peu d’espérances qu’on est agréablement surpris. J’avais relativement bien aimé le premier tome de Hunger Games (mais sans plus), j’avais trouvé le deuxième un peu creux, du coup je ne savais pas trop quoi attendre du troisième.

Et bien ce n’est pas une si mauvaise conclusion que ça. Même si l’intrigue en elle-même est un peu poussive, elle développe quelques idées intéressantes, et c’est la fin qui m’a le plus touché, sans doute parce qu’elle est assez inattendue (en tout cas ce n’est pas celle que je m’attendais à trouver). Du coup, ça a drôlement radouci mon opinion sur cette trilogie.

Si ça reste assez sommaire en matière d’écriture, c’est une dystopie plutôt intéressante (pour un public jeune), une bonne introduction à la SF, et toute la réflexion qu’elle peut susciter sur la place des médias dans notre société est tout de même assez pertinente.

Du coup, même s’il est facile de juger de haut ces trois best-sellers que tout le monde encense (ça m’est arrivé de lire sur un forum de fans d’Harry Potter que c’était mieux qu’Harry Potter quand même !), je comprends leur succès, qui n’est pas complètement démérité.

*

L’avis avec spoilers

Le sous-titre du troisième volume de Hunger Games résume bien l’histoire, c’est celle d’une révolte. Katniss a été sauvée des nouveaux Hunger Games dans lesquels elle avait été envoyée par le district 13 (qui n’a pas été éradiqué comme le prétend le Capitole mais survit sous terre avec une organisation quasi-militaire).

Réfugiée là-bas (avec sa famille et d’autres habitants du district 12), sérieusement secouée par les évènements (d’autant plus que Peeta est retenu au Capitole, lui), elle va devoir choisir si elle veut devenir ou non le symbole de la Rébellion.

C’est là où se situe l’inattendu. Je m’attendais à des batailles, des combats, mais ceux-ci sont finalement rares (ou hors-champ). La lutte entre le Capitole et le district 13 se fait certes entre des armées qui s’opposent, mais c’est aussi une bataille de la communication.

En cela, Suzanne Collins continue à étudier la question de la place des médias. Katniss a un rôle à jouer dans la rébellion, mais il est finalement purement visuel : elle doit incarner l’espoir, la volonté de combattre, etc. Quand elle visite des champs de bataille, c’est donc suivie par ses caméras (et avec Haymitch qui la coache).

Certes, c’est encore en étant elle-même que Katniss se révèle le meilleur atout du district 13 (et non maquillée pour passer sur un plateau télé). Mais à une époque où ce qui ne passe pas au journal télévisé n’existe pas, et où on sait que toute information est de toute façon manipulée, c’est le discours sur les médias que je trouve presque le plus glaçant dans ce livre.

Bien plus en tout cas que la possibilité qu’elle ne soit qu’un pion dans les plans du district 13 et de la très ambitieuse Coin (oui les noms c’est pas ça dans cette trilogie). Ca, c’est une évidence dès les premières lignes.

Ceci dit le fait que le livre se concentre toujours sur Katniss (et toujours ce « je »), c’est aussi la limite de l’ouvrage, puisque la majeure partie des évènements se passe hors de la vue de la narratrice, et sont uniquement rapportés après coup. Ca donne un côté un peu simpliste et facile à la rébellion, et plus généralement à l’univers.

Si on a une description très vivante et détaillé du district 13 (ce qui est plutôt chouette), j’attends toujours plus de détails sur les autres districts, et même sur Panem qui dans ce tome semble avoir la taille d’un mouchoir de poche (tous les trajets se font par la voie des airs en quelques heures voire quelques minutes, par rapport au premier volume où nos héros se payaient deux jours de train).

Bon, je vous l’avoue, les deux premiers tiers du bouquin m’ont relativement peu touché. En fait, ce que j’ai aimé, c’est la fin. Katniss qui est déjà assez fragile psychologiquement en début de tome bascule complètement, et ça m’a complètement happée (du coup j’ai lu la fin tellement vite à l’entracte d’un concert que j’ai dû la relire à tête reposée dans le métro pour tout comprendre).

Ca aurait été facile de faire une histoire dont Katniss ressort comme une héroïne triomphante qui a abattu tous les obstacles, mais Suzanne Collins a préféré en faire une héroïne de l’ombre, un simple pion qui gardera toute la vie des séquelles (en fait elle me fait un peu penser à Fitz à sa façon).

Cela donne un côté doux amer très agréable à la fin (qui, vu le triangle amoureux qu’on se trainait depuis le tome 1, aurait pu finir en affreuse guimauve), et c’est ce qui a fait que j’ai sincèrement aimé ce tome.

Et puis pour finir sur une note midinette, il était temps qu’elle choisisse Peeta, c’était une évidence que c’était le meilleur !

CITRIQ

lundi 25 juin 2012

Histoire de Nerilka - Anne McCaffrey


C’est assez marrant comment les opinions évoluent. Je gardais de l’Histoire de Nerilka un souvenir plus que mitigé qui me faisait rechigner à relire ce roman, la faute à son intrigue qui se répète avec la Dame aux dragons. Et pourtant cette fois-ci j’ai beaucoup apprécié cette lecture (plus que l'histoire de Moreta en fait). A se demander quelles seront mes impressions de lecture dans dix ans…

A côté du pavé que représente la Dame aux dragons, l’Histoire de Nerilka fait office de poids plume : même pas deux cents pages, on est plus proche de la novella que du roman. En même temps, il n'est pas nécessaire de développer une histoire sur quatre cents pages vu le synopsis.

En effet, Nerilka est un personnage secondaire de la Dame aux dragons, une fille du Seigneur de Fort, douée de grands talents de guérisseuse, qui va s’impliquer à sa façon dans la lutte contre l’épidémie qui frappe Pern. Du coup nul besoin de réexpliquer les tenants et les aboutissants de l’épidémie, le lecteur est supposé être familier avec les faits.

Cela explique la courte taille de ce roman, ce qui est un peu frustrant en fait. Autant je trouvais quelques longueurs à la Dame aux dragons, autant Nerilka va un peu vite en besogne et se révèle presque trop court.

Il faut dire que l’Histoire de Nerilka est un cas un peu à part dans la Ballade de Pern : c’est un roman à la première personne (enfin il y en a peut-être d’autres mais je ne les ai pas encore redécouverts), et surtout, il emprunte une bonne partie de sa structure aux contes.

Enfin je ne sais pas si c’est volontaire ou non, mais ça m’a vraiment frappé à la relecture : Nerilka est une princesse (atypique) pas forcément reconnue à la hauteur de ses compétences, sa mère et ses sœurs connaissent une mort tragique, sa nouvelle belle-mère, plus jeune qu’elle, la tyrannise (ou peut s’en faut), et elle finit par s’enfuir… pour retrouver son « prince charmant ».

C’est un peu fleur bleue, forcément (on est bien chez Anne McCaffrey), mais j’ai trouvé une certaine amertume et un côté pragmatique à l’histoire qui font qu’on s’éloigne un peu des grandes et belles histoires d’amour.

Si on ajoute le fait que l’héroïne n’est pas un chevalier-dragon (ça n’a l’air de rien, mais c’est assez rare d’avoir l’autre point de vue, surtout que Nerilka n’a même pas un lézard de feu pour relever son niveau de normalité !), c’est un petit texte plutôt agréable à lire.

Ceci dit Nerilka est un roman un peu bancal, du fait de son côté spin-off. On en connait déjà les grandes lignes et la fin avant de le lire si on a lu la Dame aux dragons, et si on ne l’a pas lu, l’épidémie doit paraitre drôlement expédiée. Mais en même temps, il apporte des éclaircissements nécessaires à la Dame aux dragons (notamment la destinée d’Alessan).

Bref j’ai un peu de mal à comprendre comment se fait-il qu’on se retrouve avec ces deux romans qui se complètent et se chevauchent, et qui ne semblent correctement finis ni l’un ni l’autre. Sans doute une histoire de sous, quoi d’autre ?

Pour la suite, ce sera encore un bon en arrière, puisqu’avec l’Aube des dragons, c’est un retour sur les origines de Pern !



CITRIQ

samedi 23 juin 2012

Le temps du twist - Joël Houssin


Il y a des livres qu’on découvre de manière complètement imprévue, et le Temps du twist est de celui-là, puisqu’il a croisé mon chemin lors d’un atelier sur les collections de SF à la BNF. Trouvant le concept génial avec Tigger Lilly, je n’ai pas pu m’empêcher de le proposer comme lecture du mois sur le Cercle d’Atuan.

Et c’est ainsi que nous nous sommes retrouvés embarqués pour le mois de juin sur cet étrange énergumène qu’est le Temps du Twist. Dans un futur sinistre (est-il post-apocalyptique, je ne saurais dire), un terrible virus frappe l’humanité et transforme les gens en zombies.

Un seul moyen d’y résister : l’alcool !Toute la population étant en conséquence bourrée du matin au soir, et ce, depuis le berceau, pour échapper à la zombification. Je vous laisse imaginer l’ambiance. Celle-ci ne plait que moyennement à Antonin, qui, le jour de ses seize ans, prévoit deux choses : tirer enfin son coup, et mettre fin à ses jours.

Sauf que sa fête d’anniversaire prend un tournant assez inattendu lorsqu’au volant d’une Buick (offerte par un ami loup-garou), ses potes et lui se retrouvent téléportés dans les années 70. La petite bande va-t-elle en profiter pour rencontre ses idoles ? Comment vont-ils rentrer chez eux ? Antonin va-t-il finir par perdre son pucelage ? Voilà toutes les questions auxquelles va tenter de répondre le livre.

Vous l’aurez compris, le Temps du Twist est un joyeux foutoir, à se demander si l’auteur lui-même n’était pas complètement pété lorsqu’il a conçu ce roman. C’est d’ailleurs ce délire, qui part (vraiment) dans tous les sens qui fait tout l’intérêt du roman.

Rien que l’histoire de l’alcool comme médicament pour échapper à un virus qui transforme en zombie mériterait un roman à lui tout seul, sans parler de la voiture qui remonte le temps mais uniquement aux dates de concert de Led Zeppelin (et d’autres choses que je vous spoilerai pas).

L’auteur s’amuse en plus beaucoup avec les voyages dans le temps. La voiture à voyager dans le temps et tout le côté « passé qui se réécrit » font qu’il est difficile de ne pas penser à Retour vers le futur (sorti peu de temps avec ce roman), sauf qu’ici la réécriture de l’histoire se fait un peu à la sauce cyberpunk, avec de belles métaphores informatiques.

Mais (oui il y a un mais), le côté « bazar délirant » est tout autant le point fort que le point faible du roman. En effet, au-delà des idées, de l’univers, des références musicales (qui me sont passées au dessus mais j’imagine que quand on les connait ça a son petit effet), l’intrigue en effet n’est pas hyper emballante (pourtant c’est un classique du voyage dans le temps mais la mayonnaise n’a pas franchement pris chez moi), et au final trop de pistes sont laissées de côté, trop de questions restent en suspens.

En plus, le casting n’est pas franchement cinq étoiles. S’ils sont marrants au début, je me suis assez vite lassée de cette bande de nombrilistes qui se laissent plus entrainer par l’histoire qu’ils n’interviennent dedans. Seulement trois se débarquent : Antonin (mais uniquement parce que c’est le narrateur, sinon on l’oublierait assez vite aussi), 42 Crew (oui 42, encore une référence j'imagine, informaticien de génie trop peu présent hélas), et Orlando le loup-garou fan de Led Zeppelin.

C’est vraiment dommage, parce qu’avec une intrigue un peu plus recherchée, et des personnages un peu plus travaillés, ce roman aurait été un délice. Pour le post-ap délirant, on repassera donc. Mais quand même, l’alcool pour lutter contre les zombies, je ne suis pas prête de l’oublier celle-là !

Avis des autres atuaniens : Euphemia, Falagar, Lune, Phooka, Rose, Spocky, Tigger Lilly

CITRIQ

jeudi 21 juin 2012

La Dame aux dragons - Anne McCaffrey


Alors que jusqu’à maintenant, ordre de publication et chronologie in-universe correspondaient à peu près, voilà qu’on effectue tout à coup un grand bond dans le passé sans crier gare. Oublions donc pour quelques temps Lessa, F’Lar, Robinton et compagnie pour revenir presque un millénaire en arrière, à l’époque du sixième passage.

Vous apprécierez la précision de mes datations pour une fois, il faut dire que cette deuxième intégrale vient accompagner d’un lexique des personnages et d’une chronologie sommaire, bonus hautement appréciables vu le nombre de gens introduits dans ce volume (et qu’on ne reverra à priori pas, à part dans l’Histoire de Nerilka).

Sorti en VO sous le titre Moreta : dragonlady of Pern, ce roman ne cache pas son contenu. Il s’agit de raconter l’histoire de Moreta, dame de Weyr qui par ses exploits mit fin à une terrible épidémie qui menaçait Pern, ce qui lui valut d’être immortalisée dans une ballade, évoquée dans le Vol du Dragon, puis racontée rapidement dans la Chanteuse-Dragon de Pern.

Il est d’ailleurs assez rigolo d’aller relire la description de la ballade donnée dans la Chanteuse-Dragon (c’est au chapitre 6 pour ceux que cela intéresse), qui s’avère prendre quelques libertés avec la vérité historique racontée dans la Dame aux dragons ! Bon certes la Dame aux dragons a été écrite après les premiers tomes de Pern, mais j'aime bien le côté histoire devenue légende au fil du temps...

Ceci dit, au début, j’ai eu un peu de mal à rentrer dans ce roman qui détonne un peu avec les textes précédents. On change de casting, on change d’époque, et accessoirement même l’écriture change.

Jusqu’ici, les romans étaient plutôt denses et l’intrigue démarrait rapidement. La Dame aux dragons s’étale sur presque cinq cents pages pour une intrigue finalement assez simple, et il faut pratiquement attendre cent pages (de fête !) pour que l’histoire démarre. C’est un peu dommage parce l’idée de base est chouette.

Pern est un univers assez gentillet, les grands méchants sont plutôt rares, et du coup les éléments perturbateurs prennent des formes assez inattendues, comme ici celle d’une épidémie (d’une pandémie même). En plus ça parait presque ridicule au premier abord, n’importe quel lecteur reconnaitrait assez vite qu’il s’agit d’une épidémie de grippe !

Seulement dans un monde comme Pern qui vit avec un niveau de technologie quasiment médiéval (à l’exception des lance-flammes utilisés pour combattre les Fils), ce genre d’épidémie fait des ravages, d’autant plus que les chevaliers-dragons peuvent aussi être touchés (ce qui n’est pas qu’un peu gênant en période de chute de Fils).

Du coup, c’est une véritable situation de crise à laquelle est confrontée la planète, et elle nécessite d’agir très vite (la totalité de l’intrigue ne doit pas s’étaler sur plus d’un mois d’ailleurs à mon avis). Ce qui est assez marrant, c’est que même s’ils n’ont pas les moyens techniques, les protagonistes ont les informations dans leurs archives, et sont donc capables de produire un remède, avec les moyens du bord.

(et non sans quelques énormités au passage, j’espère de tout mon cœur que c’est une erreur de traduction, car je doute fortement qu’on puisse prélever un litre et demi de sang, même à une personne en pleine forme, sans que ça l'affecte sérieusement)

L’époque, également, est intéressante à visiter. On est encore à l’âge d’or des Weyrs dont le rôle est reconnu, et des informations que redécouvrent Lessa et F’Lar à leur époque sont parfaitement connues mille ans auparavant. D’ailleurs j’ai idée que la pandémie qui se déroule durant la Dame aux Dragons est en partie responsable de cette perte d’informations (vu le nombre de morts, et un harpiste a une réflexion dans ce sens).

Du coup même si l’histoire se traine un peu, la Dame aux dragons se lit finalement avec plaisir, parce que ce roman permet de rentrer un peu plus dans la vie d’un Weyr, et parce qu’il décrit avec moult précisions la médecine sur Pern (ce qui se révèle plutôt intéressant).

La « suite », c’est l’Histoire de Nerilka, qui se déroule en parallèle de la Dame aux Dragons.


Cette chronique de livre fait double emploi, puisqu’elle qualifie pour le challenge Anne McCaffrey (of course), mais aussi pour le Summer Star Wars, puisqu’on peut difficilement trouver plus vaste planet-opera que Pern.

CITRIQ

mardi 19 juin 2012

Top Ten Tuesday (5) : Les (bien plus que) 10 livres que vous aimeriez lire cet été



Oui, deux articles publiés aujourd’hui, c’est la fête ! A l’origine je n’avais pas franchement prévu de faire ce top ten, jusqu’à que je découvre son incroyable potentiel d’organisateur de lectures communes à la dernière minute, comme vous allez le voir...

Les (bien plus que) 10 livres que vous aimeriez lire cet été


1. L’intégrale de Pern - Anne McCaffrey
Soit encore six romans et des poussières à lire (répartis dans quatre intégrales différentes), mais qui se soucie de ce genre de détails ? Je compte bien en venir à bout, même si je dois y passer tout mon mois d’août (ça tombe bien, j’ai pas de sous pour partir en vacances !).




2. Endymion et l’éveil d’Endymion - Dan Simmons
Soit deux romans (pour un total de quatre volumes), histoire de continuer l’aventure des Cantos d’Hypérion.

3. Fondation - Isaac Asimov
Parce qu’il serait vraiment temps que je lise ce classique (même si c’est pas le livre le plus ancien de ma PàL, ça fait quand même deux ans qu’il végète alors que je veux le lire).







4. Les meilleurs récits de Planet Stories (anthologie)
Vous croyez être en train de relire mon plan de lecture pour le Summer Star Wars, mais je vous promets que non. Après, y’a plus de space-op !



5. La Tour Sombre – Stephen King
Cela fait des années que je veux me relire l’intégrale (surtout maintenant que je les ai tous), mais je manque toujours de motivation. Ca tombe à pic, Lune a inclus ce cycle dans son TTT du jour, je vais donc la suivre. On va commencer par Le Pistolero, et on verra bien si on arrive à rattraper l’Homme en noir…



6. Le Commencement de nulle part – Ursula Le Guin
Parce qu’un petit Ursula Le Guin n’a jamais fait de mal, d’autant plus quand c’est un titre complètement inconnu au bataillon (édité chez Actes Sud il faut dire, pas franchement l’endroit où on s’approvisionne en SF en général !).




7. La chasse au mirage – Gary Russell
Je ne pense pas faire trainer ce roman Doctor Who acheté aux Imaginales, c’est le genre de chose qu’il faut lire vite. Il est écrit par un auteur dont j’avais plutôt bien aimé la précédente incursion dans le Whoniverse, on verra ce que ça donne.




8. La victoire des aigles (Téméraire 5) - Naomi Novik
Il est grand temps que je replonge dans cette série uchronique avec des dragons à l’époque napoléonienne. Le genre de divertissement idéal pour ne pas se prendre la tête en plus, autant dire que c’est un must à lire en vacances.




9. La vie secrète et remarquable de Tink Puddah – Nick DiChario
C’est la lecture de juillet du Cercle d’Atuan, autant dire que c’est un incontournable !




10. Le Dragon griaule – Lucius Shepard
Emprunté à la bibliothèque, il va bien falloir que je le rende un jour, donc à lire au plus vite ! Et non, je ne suis pas du tout dans une veine dragons ces temps-ci, je ne vois vraiment pas où vous voyiez ça…

Et histoire de déborder un peu...

11. Du Ray Bradbury, titre à déterminer
Parce qu’en moment c’est la guerre sur le Cercle d’Atuan pour déterminer ce qu’on lire en août entre Bradbury, Bradbury et Bradbury. J’espère bien que ce sera Bradbury. Ou Bradbury.

Comme toujours, le Top Ten Tuesday est une initiative de The Broke and the Bookish, reprise en version française par Iani).

De rouille et d'os - Jacques Audiard


En voilà un film pas facile. Je voulais absolument le voir, je suis contente de l’avoir vu, mais force est de constater qu’il m’est très difficile d’en parler. Pardonnez donc par avance le caractère décousu de cette chronique.

De rouille et d’os raconte l’histoire de deux personnes dont le destin se croise (au détour d’une boite de nuit), alors qu’elles n’ont à priori que peu de choses en commun : Stéphanie est une dresseuse d’orque qui va perdre ses jambes dans un horrible accident ; Ali est un peu un paumé, un adepte des petits boulots (videur, vigile) et de la boxe, qui peine à s’occuper de son fils de cinq ans.

Ces deux personnages sont vraiment étranges. Pas faciles à aimer, ni l’un ni l’autre (Ali qui néglige son fils, Stéphanie dont tout semble tourner autour de son nombril parfois), et la façon dont se construit leur relation est atypique et pourtant touchante à sa façon.

C’est face à ce genre de personnages que je me rends compte à quel point il existe un cinéma « formaté » avec ses codes (de narration, de manière de filmer même), parce que j’ai passé la moitié de la séance à me dire que ce film n’y ressemblait vraiment pas (et qu’un réalisateur américain aurait pondu une grosse guimauve du même scénario).

C’est un film très brut, presque violent (pas forcément de manière visuelle, mais il agresse le spectateur). Et en même temps tout en nuances et en légèreté. La métamorphose de Stéphanie, de la loque en fauteuil qui se cache chez elle à celle qui n’hésite pas à porter une jupe sur ses prothèses se fait tout en douceur, sans jamais insister dessus.

Tout du long et jusqu’au final (dur et touchant à la fois), on retrouve cette dichotomie, qui à l’arrivée du générique m’a laissé dans un état second. De rouille et d’os est un film étrange, qu’on ne reverra pas une deuxième fois, mais qui vaut la peine d’être vu.

Je pensais n’avoir jamais vu de Audiard, mais j’ai vérifié en rédigeant cet article, j’avais déjà vu De battre mon cœur s’est arrêté…, qui finalement lui ressemble beaucoup (même violence, et il s’est lui aussi gravé dans ma mémoire, bien que je ne l’ai jamais revu).

C’est vraiment des films inhabituels, mais au milieu de toute cette production formatée (et j’avoue moi-même souvent privilégier cette production par flemme), cela fait le plus grand bien !