lundi 15 août 2011

Being Human - Saisons 1 à 3


Comme c’est les vacances, j’ai un peu plus de temps pour regarder les séries télé, j’en ai donc profité pour me faire une petite cure et m’enchainer en quelques jours à peine les trois premières saisons de Being Human, une série anglaise qui revisite avec brio les histoires de créatures fantastiques.

Le pitch de base est en effet assez simple : dans la petite ville de Bristol, un vampire (Mitchell), un loup-garou (George, que j’ai appelé Alonso pendant 3 épisodes parce qu’il a joué dans DW, comme pas mal du casting de la série en fait !) et un fantôme (Annie) partagent une maison et cherchent à mener une existence normale, en dépit de leurs particularités.

Ce n’est pas simple, puisque Mitchell lutte en permanence contre la soif de sang (et le clan de vampires locaux, dont son créateur, qui aimeraient bien qu’il revienne avec eux), George a du mal à envisager une vie normale à cause de ses transformations mensuelles, et Annie ne peut être vue des gens normaux, et aime encore son fiancée (toujours en vie et qui ne la voie pas).

Du coup, la série ressemble souvent à une sorte de soap-opera surnaturel assez improbable, à quelque part entre la comédie et le drame (avec une orientation bien plus dramatique au fil des saisons).

Si la trame de fond n’est pas forcément extraordinaire, l’ensemble se regarde avec plaisir. Les personnages principaux sont tous très attachants, et accessoirement très humains (à vous faire hurler d’exaspération d’ailleurs dans certains épisodes), et la gestion de leurs problèmes surnaturels respectifs (le cœur de la série) est plutôt bien amenée.

J’apprécie beaucoup le personnage de George qui arrive bien à renouveler le mythe du loup-garou, alors que côté fantôme et vampire on reste dans quelque chose de plus classique. Bon ceci dit ayant assez peu lu d’histoires de loup-garou, c’est peut-être juste que le sujet est encore très neuf pour moi.

Et puis comme la plupart des séries anglaises, je trouve que Being Human a une personnalité qui se manifeste dans les détails (les décors notamment, que ce soit le papier peint de la chambre de George avec les nains, ou la maison de la saison 3 est assez inoubliable !), dans tous les seconds rôles (à la fois très normaux et jamais stéréotypés comme dans moult séries américaines), ou dans ces scènes improbables qu’on ne verrait jamais ailleurs.

Et puis il y a les effets spéciaux finalement très peu présents / discrets si on laisse de côté la transformation de George : Mitchell a l'air tout ce qu'il y a de plus normal sauf quand il sort ses dents et ses yeux noirs, Annie n'est absolument pas translucide ou quoi que ce soit, et tout ce qui est "vie après la mort" reste dans une certaine normalité si on oublie les lumières.

Bref c’est très plaisant à regarder, et on se retrouve vite à regarder les épisodes à la chaîne (et vu que les saisons font entre 6 et 8 épisodes d’une heure, ça va vite). Ceci dit je pense qu’il vaut mieux les espacer, car (et c’est le seul réel défaut) je trouve la série pas toujours très cohérente sur sa globalité, notamment le cas de Mitchell, son parcours n’est pas toujours très logique même si c’est justifié à la saison 3.

A noter que la série dispose d'un spin-off, Becoming Human (une web-série si j'ai bien suivi, que je n'ai pas encore regardé) et d'un remake américain (qui ne me tente pas trop, ça ne vous surprendra pas).

samedi 13 août 2011

Les légions immortelles (Succession 1) - Scott Westerfeld


Il est grand temps d’attaquer le Summer Star Wars avec un space opera, un vrai de vrai. Bien que j’ai des classiques sous le coude, j’ai préféré commencer par un petit diptyque de Scott Westerfeld : Sucession. Ayant bien aimé sa série Uglies, j’avais hâte de voir ce qu’il pouvait faire en SF plus "classique" (vaisseaux spatiaux, pistolasers et tout le tintouin quoi).

Les légions immortelles se situent dans un lointain futur où les humains ont colonisé moult planètes à travers la galaxie, au point de former un gigantesque empire de quatre-vingt mondes gouverné depuis plus de 1000 ans par un empereur qui a découvert le secret de l’immortalité, et le partage avec ses plus valeureux sujets.

L’Empire est néanmoins menacé par les Rix, des êtres à moitié cyborg adorateurs des consciences composites (des IA qui se forment sur les réseaux de communication). En l’occurrence, lorsque le livre commence, un commando Rix a réussi à prendre en otage la sœur de l’Empereur et menace de l’exécuter si on tente d’empêcher une conscience composite de se développer sur la planète.

On suit donc l’opération de sauvetage dirigée par le commandant Zaï et son équipage d'un côté, et les conséquences politiques de l'autre (par le biais d'une sénatrice), et c’est tout ce que vous avez besoin de savoir. C’est une intrigue plus plaisante à découvrir au fil des pages qu’en version résumée.

Les premiers pages donnent un peu une impression de vertige, car on rentre directement dans le vif du sujet (ou plutôt de l’action), avec tout un univers à appréhender, que ce soit du point de vue culturel, historique et surtout technologique (avec les différentes gravités, les vaisseaux miniatures, les cyberimplants, ça en fait du vocabulaire tordu).

En plus la narration saute d’un personnage à l’autre à chaque paragraphe pour le point de vue, avec juste le rang du personnage en guise d’en-tête (qui change selon l’époque alors que le nom du personnage ne change pas, c’est assez rigolo), donc on se fait vraiment balader de droite à gauche avant de s’y retrouver.

Mais c’est extrêmement plaisant à lire, car l’univers est assez foisonnant, et l’intrigue plutôt prenante. Quant aux passages techniques, on est plus dans la licence poétique que dans un quelconque souci de réalisme, nul besoin de se prendre la tête dessus. En fait, les légions immortelles intègre en effet à peu près tout ce qu’on serait en droit d’attendre d’un space opera.

Il y a un empire millénaire, une figure hiératique au pouvoir, des gens qui vivent un peu hors du temps à cause du décalage dû aux voyages à la vitesse de la lumière, un Sénat avec différentes factions, une guerre contre des ennemis très puissants, et même une interrogation sur ces immortels qui nuiraient à l’évolution.

Là-dessus on trouve des manigances politiques, des cérémonies officielles, des combats, des briefings, de l’infiltration… bref Scott Westerfeld a parfaitement rempli son cahier des charges space opera !

Le résultat m’évoque un peu Dune, surtout en matière d’univers (un empire galactique issu d’une Terre presque oubliée, avec des factions, une figure impériale millénaire), mais avec une intrigue plus distrayante, plus axée action que réflexion, qui évoque beaucoup plus Star Wars.

C’est donc le crossover idéal pour les vacances, et on ignorera les petites bourdes de traduction (outre la conscience composite qui change de nom selon les paragraphes, le coup du "mur de feu" dans un système informatique m'a laissé assez songeuse...). Je suis donc plus que frustrée qu’entre-temps quelqu’un ait emprunté le tome 2 à la bibliothèque, il va falloir que j’attende la fin août pour avoir le fin mot de cette histoire.


CITRIQ

jeudi 11 août 2011

The Writer’s Tale : the final chapter - Russell T. Davies & Benjamin Cook


Pour ceux qui n’avaient pas encore compris que j’étais très fan de Doctor Who (je doute qu’ils existent mais on ne sait jamais), cette chronique devrait définitivement vous convaincre je pense. En effet, mieux que les romans dérivés, je me suis attaqué à cette espèce d’OVNI qu’est The Writer’s Tale.

Il s’agit en fait d’un livre reprenant deux années de correspondance entre Russell T. Davies (producteur et scénariste qui a relancé Doctor Who et supervisé la série pendant les 4 premières saisons) et Benjamin Cook, un journaliste (qui écrit entre autre pour le Doctor Who Magazine).

Une première version du livre est sortie en 2008 (elle couvrait le développement de la saison 4 durant l’année 2007). Elle m’a bien fait bavé, vu qu’elle avait l’air amplement illustrée. Cependant, j’ai préféré la version paperback (sous-titrée The final chapter) sortie en 2010, qui perd en illustrations et en extraits de script, mais gagne une année de correspondance (l’écriture des spéciaux de la saison 4).

Et voilà comment on se retrouve avec 700 pages d’emails en anglais !

En fait ça se lit très bien, car ça a quelque chose de très spontané et d’honnête. Je ne doute pas qu’il y a eu un travail de sélection, mais on a tout de même l’impression que rien n’a été laissé de côté, des grands moments d’inspiration où les mails de RTD atteignent trois pages sur des points de scénario, aux passages à vide où il s’apitoie sur lui-même (comme quoi personne n’échappe au syndrome de la page blanche ou à l’art de tout faire pour ne surtout pas se mettre à écrire).

Et puis c’est drôle. Les situations, les anecdotes, les idées folles, la façon dont tout cela est raconté… on s’amuse beaucoup à lire les mails, et si je vous citais tous les passages qui m’ont fait rire, cet article dépasserait sans peine les trente pages. Sans parler des illustrations.


Mais parlons plutôt du contenu. The Writer’s Tale, comme son nom l’indique, parle d’abord de l’écriture des scénarios, sur le fond bien sûr, mais aussi sur la forme. C’est vrai que je n’avais jamais considéré la spécificité d’un scénario, en terme de mise en forme, de jargon technique, de précisions sur le cadrage.

Evidemment, le plus intéressant est le travail sur le fond : la construction des intrigues à l’échelle d’une saison ou d’un épisode, la création des personnages, les coupes et les réécritures (il retouche quasiment tous les scénarios de la saison non écrits par lui, dans des proportions plus ou moins grandes).

C’est assez marrant de voir que lorsqu’il a attaqué la saison 4, qui serait le compagnon du Docteur n’avait pas été décidé, si bien qu’il a commencé à élaborer une journaliste nommée Penny Carter. Et puis Catherine Tate a accepté de faire une saison complète. Du coup cette pauvre Penny Carter a été reléguée dans l’épisode 1 à la journaliste qui pète un plomb à la fin attachée sur sa chaise.

J’ai beaucoup aimé lire tout le travail qu’il a fait pour développer le personnage de Donna, et comment les événements de la vie ont fini par se greffer dans l’histoire : l’acteur jouant le père de Donna est mort peu de temps après le tournage de l’épisode 1, ils ont donc retourné les scènes avec Bernard Cribbins jouant le grand-père de Donna, et la mort du père de Donna a été ajoutée à l’histoire.

D’ailleurs en parlant de Donna, il fait une remarque très juste : « She’s an equal to the Doctor, a friend, a mate, a challenge. It struck me - this is how Barbara Wright would be written, if she were a 2007/8 character. »

(j’adore Donna, et j’adore Barbara, et il est vrai que si l’une est plutôt frivole et l’autre plus « cultivée », elles sont effectivement toutes deux des rares exemples de compagnons adultes, et du genre à tenir tête au Doctor et à avoir le dernier mot)

Ce qui finit par sauter aux yeux en lisant ce bouquin, c’est que beaucoup des scénarios de RTD sont articulés autour d’une idée ou un moment précis, sur laquelle se développe l’intrigue. Dès les premières pages, il prévoit le mega crossover des épisodes 12/13 de la saison 4, mais toute l’histoire avec les Daleks se développe bien plus tard.

Pareil pour les épisodes spéciaux de la saison 4 (dont le nombre, la durée et la répartition a mis du temps à être fixé), les derniers mots du 10e Doctor apparaissent très tôt, mais l’intrigue de son dernier épisode était assez banal à la base. L’idée de faire revenir le Master est arrivée plus tard, et Gallifrey bien après.

Ce qui est chouette dans ce bouquin, c’est de voir les idées envisagées, les scènes coupées (pour raison de budget parfois, ou autre). La première version de la rencontre avec the Shadow Proclamation dans l’épisode 12 de la saison 4 est à tomber, avec une foule d’aliens et même une apparition de Bébé Slitheen Margaret (si cela ne vous dit rien, je vous renvoie à la saison 1, épisode Boom Town).

Il y a aussi un dialogue coupé de The End of Time (deuxième partie) que j’aurais bien aimé voir pour de vrai dans l’épisode :
Addams : So you’re not human, right ?
The Doctor : Nope. Well, I was, back in 1999 for a couple of days, but that was like catching a 48 hour bug, I got over it
C’est assez marrant de le voir sortir des idées comme ça qui font vraiment fanfiction (il le dit lui-même d’ailleurs, rien que la rencontre Daleks/Cybermen relève du domaine de la fanfiction).


Celle qui m’a bien fait rire était son projet pour le Christmas special de la saison 4, où JK Rowling (jouée par elle-même, oui y’a du concept quand même) se retrouverait dans une espèce de monde parallèle avec des sorciers. Avec une très bonne justification qui plaira sans doute beaucoup à Isil :
« We’ve done Dickens, Shakespeare, Agatha Christie… why should kids think all great authors are dead ? »
Outre toutes ces histoires d’écriture, le bouquin évoque un peu toute la vie autour de la série : anecdotes de tournage, négociations pour obtenir des sous, imprévus de la vie, et les stratégies de malades en communication pour couper l’herbe sous le pied aux tabloïds (notamment quant à l’annonce du départ de David Tennant, ou le casting de Matth Smith).


(oui j'aime beaucoup cette image !)

C’est assez rigolo de découvrir tout ça (beaucoup d’évènements ont déjà été racontés dans les Doctor Who Confidential, mais comme je suis loin de les avoir tous vu...), autant dire que c’est assez passionnant à lire, pour les fans de Doctor Who, et pour les accros aux séries télé en général. Et puis il y a pas mal de discussions sur ses anciennes réalisations (à donner envie de mettre le nez dedans, bien sûr !).

J’espère qu’un jour il existera un bouquin sur l’ère Moffat, parce que ça serait également très intéressant. D’ailleurs je conclurais sur ce bout de mail de Moffat qu’il commençait à écrire sa saison 5 :
« Can we make sure David is wearing his tie when he regenerates ? It’s for a new bit in Episode 1.
You’re going to tell me he defeats the baddies by blowing up his tie or something… ? »
Ah Doctor Who, chaque détail compte…

mardi 9 août 2011

Beautiful Chaos - Gary Russell


Je suis bien contente d’avoir gardé ce roman là pour finir les romans avec Donna. Ce n’est pas que Beautiful Chaos soit forcément le meilleur du lot (même si je le trouve très bon), mais plutôt qu’il a vraiment un air de conclusion.

Sans doute parce que son introduction (et sa conclusion) se déroulent après le dernier épisode de la saison 4, ce qui met le reste du livre dans une perspective assez triste. Difficile de ne pas penser tout du long à l’horrible destin de Donna d'ailleurs. Mais je mets la charrue avant les bœufs, commençons par l’histoire !

Donna rentre sur Terre visiter sa famille pour l’anniversaire de la mort de son père, ce qui donne lieu à des retrouvailles comme toujours tendues entre elle et sa mère. Mais c’est aussi l’occasion d’assister à un dîner donné par la Royal Planetary Society en l’honneur de son grand-père qui a découvert une nouvelle étoile.

Evidemment, cette réunion de famille est assez vite perturbée par l’apparition de mystérieuses étoiles dans le ciel, et un ancien ennemi du Doctor qui rêve de vengeance (sinon ça ne serait pas drôle). D’ailleurs je viens de faire une petite recherche, c’est un vrai vieil ennemi, leur première rencontre remonte au 4e Doctor !

L’intrigue en elle-même n’est pas extraordinaire, quand j’y repense, les péripéties s’enchaînent sans vraiment avoir de sens. Le thème me rappelle l’épisode Secrets of the Stars de The Sarah Jane Adventures (après vérification, c’est normal, le wiki Doctor Who indique qu’effectivement cet épisode aurait dû utiliser le même ennemi).

Mais ce roman a un point fort non négligeable : son travail sur les personnages. Si l’histoire est à peine entamée au bout de 100 pages (sur 250 !), c’est parce que Gary Russell prend le temps d’explorer la relation entre Donna et sa mère. C’est tout à fait dans l’esprit de ce que Russel T Davies a amené à la série en développant l’entourage des compagnons, c’est très bien fait et c’est passionnant.

Parce qu’elles ont une relation extrêmement complexe (humaine quoi, pleine de tensions, de non-dits, toujours à se disputer mais s’aimant au fond), et parce que cela donne l’occasion de vraiment voir ce qui se passe dans la tête de Donna.

Et quand on aime le personnage, c’est quelque chose de très appréciable. Même si ça fait un peu mal au cœur, surtout dans les premières pages où elle passe son temps à penser à la vieille Donna qui aurait fait ça, alors que la nouvelle aborde le problème autrement. Quand on pense qu’elle va redevenir la « vieille Donna »…

En fait plus que l’intrigue, c’est vraiment le côté famille qui fait la force du livre : il y a Sylvia et Donna bien sûr, mais aussi Wilf et sa copine Netty (atteinte de la maladie d’Alzheimer, un Doctor Who qui aborde le sujet, ce n’est pas banal).

Voir le Doctor s’incruster dans cette étrange réunion de famille (où il est aussi à l’aise qu’un éléphant dans un magasin de porcelaine) est un bonus délicieux, et bien drôle accessoirement (vu qu’il se prend bien évidemment une baffe de Sylvia, comme le veut la tradition).

On regrettera un peu que l’intrigue manque de panache du coup, car le début était prometteur, et la fin un peu trop en accéléré, mais ça reste une bonne aventure de Doctor Who, drôle et divertissante (et émouvante, pour le coup). Assez bizarrement, en dépit de ses faiblesses, je trouve que ce roman dégage une impression de qualité.

C’est en tout cas le premier roman où je me dis que je m’intéresserais bien à ce que l’auteur a écrit d’autre dans l’univers de Doctor Who (dans lequel il bourlingue depuis un moment toujours d’après le wiki Doctor Who, ceci explique sûrement cela).

dimanche 7 août 2011

Ghosts of India - Mark Morris


Oui maintenant que je suis partie avec les romans Doctor Who, on ne m’arrête plus ! Au moins jusqu’à que j’épuise le filon de l’époque de Donna, ce qui va arriver très vite (il n’en m’en reste qu’un après celui). Après, il me restera les livres audios !

Après deux romans dans l’espace, Ghosts of India, s’oriente plutôt vers l’autre pendant de Doctor Who, l’aventure historique, et ici, comme son nom l’indique, nous allons visiter l’Inde. Et de préférence l’Inde à une période capitale et troublée, sinon ça ne serait pas drôle.

A la décharge du Doctor, il comptait emmener Donna manger un curry en 1937, mais bien évidemment il se trompe de quelques années et les voilà en 1947, en pleine guerre civile, alors que l’Inde s’apprête à devenir indépendante. Cela n’a pas que des inconvénients, puisque ça permettra à notre duo de rencontrer Gandhi.

Bien évidemment, le Doctor fait bien de passer par là, car comme si les émeutes ne suffisaient pas, des gens disparaissent des camps, enlevés par de mystérieuses créatures sans yeux. Pas de doute, il y a de l’alien là-dessous…

Ca commence à devenir une habitude, au bout d’à peine 25 pages, le Doctor et Donna sont séparés par les événements. J’ai bien cru qu’ils allaient le rester pour la durée de l’ouvrage, heureusement ça ne dure pas, et on a quand même le droit à quelques bons moments entre eux (ce qui est un peu le but tout de même, même si les séparer permet de développer les intrigues, Donna et le Doctor ne sont jamais aussi drôles que lorsqu’ils sont ensemble voyons !).

L’histoire est plaisante parce qu’elle permet de voir à quoi pouvait ressembler l’Inde de l’époque, des camps de réfugiés aux derniers colons anglais encore sur place (chez qui Donna sème la terreur avec ses manières), tout en partant sur le bon grand classique des aliens qui viennent chercher de la main d’œuvre sur Terre (pour en faire des super-soldats, on n’est pas loin des Daleks ou des Cybermen en fait).

Et puis c’est marrant de voir Gandhi se joindre à l’aventure, et le Doctor juste complètement fan de lui :
‘And I know you’re not into being idolized and all that, which, ironically, is one of the most brilliants things about you, but can I just say, for the record, cos this might be my only chance, that you, Mr Mohandas Gandhi, are one of the most amazing human beings who has ever lived, and who ever live, and for my money you’re right up there with Will Shakespeare, Mother Teresa and Arthur Thorndike, the janitor from Basingstoke, who… oh, hang on, scratch that, he hasn’t be born yet. […] Whoops, sorry. Babbling a bit. Always get like that when I’m overexcited. Ooh, still doing it. Sorry. OK, finished now.’
Bref on s’amuse bien tout au long de cette aventure (j’aime notamment Donna qui comme toujours très violente verbalement parlant, tout en ayant un cœur d’or) bien distrayante, qui sans être non plus mémorable, permet de prolonger agréablement la saison 4 de la série.

vendredi 5 août 2011

La Formation de la Terre du Milieu - J.R.R. Tolkien


Je crois que je commence à caler un peu sur mon Middle Earth Challenge, ce qui n’a rien d’anormal, c’est tout de même mon 11e Tolkien en un an ! Il faut avouer aussi que ce n’est certainement pas le tome le plus passionnant de l’Histoire de la Terre du Milieu, contrairement aux derniers volumes.

J’ai regardé un peu ce que contiennent les derniers tomes l’autre jour, et j’avoue avoir trouvé les derniers tomes qui abordent le Seigneur des Anneaux bien plus alléchants que celui-ci, qui revient une fois de plus sur la matière du Silmarillion.

En fait, la majeur partie de ce volume est occupé par Le Premier Silmarillion (ou l’esquisse de la mythologie, déjà présenté dans un ancien volume il me semble) et la Quenta (un Silmarillion déjà plus conséquent de quelques centaines de pages), des résumés de sa mythologie qui plus tard deviendront le Silmarillion.

Je vous avoue qu’une certaine lassitude me gagne à relire encore et encore la même mythologie, même s’il est amusant de relever les changements. Par contre j’ai complètement zappé les versions en ancien anglais (oui parce qu’il y a aussi des fragments en ancien anglais), vu que je suis tout simplement incapable de les lire.

Ce qui finit par frapper, ce sont les manques dans ces premiers tomes de l’Histoire de la Terre du Milieu : ces textes ont été écrits bien avant le Seigneur des Anneaux, si bien que toute la matière du Seigneur des Anneaux (donc le 2e et le 3e âges, de Numenor à la chute de Sauron) n’existe pas.

Quand on pense à Tolkien, on pense aux Hobbits, à Aragorn, à Legolas, et tous ces éléments sont complètement absents de ses anciens textes. C’est bien pour ça que je suis bien plus tentée de lire les derniers volumes de l’Histoire de la Terre du Milieu (ceux non traduits), pour savoir comment ces éléments sont arrivés là.

Car pour le moment tout manque. Elrond n’a pas de frère, par exemple (bien qu’il reste tout de même en Terre du Milieu à la fin de l’histoire). Du coup il n’y a pas non plus de Numenor, bien qu’une allusion soit fait à des Hommes autorisés à partir à l’Ouest.

En fait l’histoire se finit sur la dernière bataille contre Morgoth, et la conclusion ne peut vous évoquer que Ragnarök :
Lorsque que le monde sera vieux et que les Puissances seront lasses, alors Morgoth repassera la Porte hors de la Nuit Eternelle , et il détruira le Soleil et la Lune, mais Eärendel s’abattra sur lui comme une flamme blanche et le fera déchoir des airs. Alors la dernière bataille sera livrée sur les champs de Valinor. En, ce jour, Tulkas luttera contre Melko, et à sa droite se tiendra Fionwë, et à sa gauche Túrin Turambar, fils de Húrin, Vainqueur du Destin ; et ce sera la noire épée de Túrin qui portera le coup fatal et l’enverra à sa fin ultime ; ainsi seront vengés les enfants de Húrin et les peuples des hommes.
Et ça continue tout aussi joyeusement en Apocalypse finale :
Puis les Silmarils seront récupérés dans la mer, la terre et l’air ; car Eärendel descendra pour remettre la flamme qu’il avait sous sa garde. Alors Fëanor apportera les Trois et les cédera à Yavanna Palúrien ; et elle les brisera et rallumera de leur feu les Deux Arbres, et une grande lumière jaillira ; et les Montagnes de Valinor seront rasées, de sorte que la lumière s’étendra sur le monde entier. Dans cette lumière les dieux rajeuniront, et les Elfes s’éveilleront et tous leurs morts se relèveront, et le dessein d’Ilúvatar les concernant sera accompli. Mais des Hommes en ce jour, la prophétie ne dit mot, Túrin excepté, lui qu’elle nomme parmi les Dieux.
On est bien loin du « voici venu l’âge des Hommes » du Seigneur des Anneaux !

Outre ces proto-Silmarillion et quelques fragments en prose, La Formation de la Terre du Milieu comprend aussi un chapitre sur les cartes crées par Tolkien. Il permet de voir un peu l’évolution de la géographie d’Arda et de la Terre du Milieu (à travers les âges et dans l’esprit de Tolkien aussi).

Mais ce que j’ai trouvé le plus intéressant, ce sont les schémas en coupe représentant le monde (une terre plate entourée par différentes couches d’air et de mer aux propriétés différentes (il y a des couches d’air différentes, celles où on trouve les oiseaux et celles auxquelles seuls les Valar accèdent), et les Ténèbres autour.

Enfin, l’ouvrage se termine sur les premières annales de Valinor et les premières annales du Beleriand, qui reviennent une fois de plus sur les mêmes événements, mais cette fois-ci sous forme d’une chronologie.

Cela permet de mettre en parallèle les différents événements historiques, mais surtout de se faire une idée de la mesure du temps et des intervalles entre les événements. Ce n’est pas flagrant dans les annales de Valinor qui s’arrêtent au départ des Noldor de Valinor et couvrent 30 000 ans d’histoire, mais on se rend vite compte qu’il y a un petit problème dans les annales du Beleriand.

Les événements s’enchainent tellement vite que ça enlève pratiquement tout caractère mythologique à la chose : de la création du Soleil et de la Lune à la récupération des Silmarils, à peine 250 ans s’écoulent !

Tolkien s’est assez vite rendu compte du décalage car la deuxième version des annales du Beleriand très incomplète, espace bien plus les événements : Beör, un des Pères des hommes, ne naît qu’en l’an 198, alors que dans la première version, les années 200 couvraient plutôt l’histoire de Tuor !

Voilà donc pour cet ouvrage, qui est loin d’être le plus intéressant du lot, sans doute parce qu’il est trop proche du Silmarillion justement. Ceci dit le tome suivant, la Route perdue, devrait aborder les versions primitives de la légende de Numenor, ce qui devrait amener un peu de nouveauté !


CITRIQ

mercredi 3 août 2011

La Cité des permutants - Greg Egan


C’était une expérience, dirons-nous. Je n’avais jamais lu de hard-SF, ça ne m’inspirait pas plus que ça, mais comme ce bouquin était la lecture du mois au Cercle d’Atuan, j’ai voulu mettre de côté mes préjugés et mettre le nez dedans.

Maintenant je saurais, et le prochain qui me met un bouquin de hard-SF sous le nez, je lui ferais sûrement manger avec une vinaigrette. Ou je déclinerais poliment, selon l’humeur.

La hard-SF est un genre qui s’attache particulièrement à la cohérence scientifique et technique de ce qu’il décrit vis-à-vis des connaissances actuelles, et si j’ai bien suivi, cela doit se faire avec le plus de précisions possibles. Apparemment Greg Egan est un habitué du genre.

Dans la Cité des permutants, il aborde la question des réalités virtuelles et des doubles numériques. Dans son univers, les gens ont la possibilité de se faire scanner avant leur mort, et de poursuivre leur vie dans un environnement virtuel. Ce qui implique moult interrogations éthiques ou mêmes législatives, finalement assez peu abordées dans cet ouvrage.

A la place, on explore la voie d’un système proposé par Paul Durham (fou, génie, sans doute les deux à la fois) qui permettraient aux Copies (les fameux doubles numériques) de vivre éternellement.

J’ai pourtant un esprit relativement scientifique, mais je n’ai quasiment rien compris à cette histoire, noyée sous les termes et descriptions très pointues. Du coup je suis incapable de vous donner un réel avis sur ce livre.

Je sais juste qu’il n’est vraiment pas fait pour moi : peu d’intrigue, des personnages pas spécialement développés, et les problématiques humaines de ces réalités virtuelles sont juste évoquées (alors que c’est ce qui m’intéressait le plus).

Il y a quand même des idées intéressantes que j’ai saisi au vol, mais noyées sous le jargon scientifique, j’ai eu du mal à vraiment les apprécier. Ce roman est en parti adapté d’une nouvelle, je crois que j’aurais préféré la version courte !

Bref je me tiendrais à distance de Greg Egan désormais, je pense que nous ne sommes pas compatibles. A vous de voir si vous voulez tenter (et si vous avez les connaissances techniques et scientifiques pour).

Avis des autres atuaniens : A venir...

CITRIQ