mardi 14 décembre 2010

Lettres du Père Noël - J.R.R. Tolkien


Je continue dans ma veine tolkiendil, mais avec un petit détour en dehors de de la Terre du Milieu avec un ouvrage un peu particulier de Tolkien : les Lettres du Père Noël. Je n’avais jamais été plus intéressée que ça par l’ouvrage, mais Pocket a eu la bonne idée de le ressortir dans un format presque poche et illustré… et j’ai craqué.

C’est qu’il dessine bien ce cher J.R.R., et je suis incapable de résister à un beau livre à un prix aussi concurrentiel. En plus, Noël approche, autant se mettre dans l’ambiance…

Les Lettres du Père Noël, ce sont tout simplement les lettres qu’il a écrit à ses enfants pendant 20 ans en période de Noël en se faisant passer pour le fameux Père Noël, qui leur raconte ses aventures dans sa maison au Pôle Nord avec l’Ours Polaire, les elfes, les gobelins et tout le tralala.

Ce n’est pas un grand chef d’œuvre de la littérature, mais ça se lit plutôt bien. Les lettres ne sont pas dénuées d’humour, et l’univers qui se déploie au travers d’elles, est, comme toujours chez Tolkien, plutôt vaste. En vingt années de courrier, on se retrouve avec un sacré bestiaire à la fin !

Toute la partie graphique est également délicieuse. Les dessins qui accompagnent les lettres sont drôlement chouettes dans un style un peu naïf qui sied tout à fait à l’univers. J’avais déjà beaucoup aimé ce que j’avais vu des dessins de Tolkien dans un ouvrage sur le sujet (J.R.R. Tolkien artiste et illustrateur), je continue à apprécier son travail.

Il s’amuse également beaucoup avec la calligraphie, comme le montre les quelques images de lettres écrites avec une fausse main tremblotante pour le Père Noël, et un alphabet plus gras très « runique » pour l’Ours polaire.

Je regrette un peu que cette édition ne reproduise pas toutes les lettres, juste des extraits, mais le bouquin aurait été bien plus épais autrement. Je ne sais pas ce qu’il en est de la version grand format. Et tant qu’on est aux points négatifs, la traduction française est un peu légère par moment, surtout qu’on peut la comparer à la vo des lettres justement…

Mais ne nous appesantissons pas trop là-dessus. Les Lettres du Père Noël ont un petit côté magique. Même si j’imagine que Tolkien n’est pas le seul à avoir pratiqué ce genre de jeu (et c’est parce qu’il est célèbre qu’on les publie), il est facile de tomber sous le charme de ce rêve d’enfant.

Au travers de ces lettres, on se rend compte que ce n’était pas juste les lettres du Père Noël laissées avec les paquets, mais aussi toute une tradition avec les enfants qui écrivaient, une correspondance dans les mois précédant décembre, les enfants qui grandissent et qui n’y croient plus (ce qui n’empêche pas le Père Noël de les saluer).

On rêve doucement à nos souvenirs d’enfance en lisant ce texte, tout en relevant les discrètes allusions aux évènements du monde entre deux pitreries de l’Ours Polaire. Une lecture bien sympathique, à l’approche des fêtes.


CITRIQ

dimanche 12 décembre 2010

Pour quelques challenges de plus...

Je m’étais promise d’y aller doucement sur les lectures imposées, vu que j’avance à vitesse d’escargot dans mon monstrueux challenge Middle Earth, mais je n’ai pas pu résister à deux nouveaux challenges tous neufs tous frais, axés SF.


Pour faire suite à son Summer Star Wars, Lhisbei organise un Winter Time Travel, dont le sujet n’est pas le voyage dans le temps, mais l’uchronie, c'est-à-dire la réécriture de l’histoire. Pour le moment je ne sais pas encore exactement ce que je vais lire, mais ce n’est pas les idées qui manquent :

- Relire les Chroniques des Années Noires de Kim Stanley Robinson, parce que c’est un sacré morceau
- Lire les deux suites de la Lune seule le sait de Johan Héliot
- Lire Uchronie : l'utopie dans l’histoire de Charles Renouvier, un vieux bouquin publié au XIXe siècle histoire de revenir aux sources

Les idées ne manquent pas, et le challenge court sur l’hiver (du 21 décembre au 21 mars donc), si le cœur vous en dit de rejoindre les autres voyageurs, c’est par ici.


De son coté, Tigger Lilly organise un challenge Fins du monde sur la bonne vieille thématique post-apocalyptique, du 1er janvier au 31 décembre 2011. Comme chacun le sait, la fin du Monde, la vraie, a été prévue par les Mayas en 2012, on sera donc bien calés sur le sujet lorsqu’elle arrivera. Pour les amateurs, l’inscription se fait ici.

Je suis partie sur le niveau Guerre bactériologique pour ma part, soit 3 livres/BDs à lire. Je ne vais essayer de ne pas en faire un prétexte pour relire une fois de plus mon chouchou, Chroniques du pays des Mères. Walking Dead me tenterait bien, et je trouverais bien le moyen de lire un Barjavel. Ou un Bordage (enfin !). La matière ne manque pas. L’idéal, ce serait de trouver une uchronie post-apocalyptique, comme ça je ferais d’une pierre deux coups !

vendredi 10 décembre 2010

The Return of the King - J.R.R. Tolkien

Histoire de ne pas finir le Silmarillion avant d’avoir écrit ma chronique du dernier tome de Lord of the Rings, The Return of the King (ou le Retour du Roi pour ceux qui préfèrent la vf), je prends mon courage à deux mains et je replonge dans mes notes qui commencent à prendre la poussière ! Je serais plus ponctuelle sur la suite, promis !

Avec la fin des Two Towers, nous avions laissé la Communauté réellement éclatée sur tous les fronts : Frodo a été capturé par les orcs et Sam doit se porter seul à son secours. Et alors que le Mordor s’apprête à partir à l’assaut de Minas Tirith, Gandalf et Pippin galopent vers la blanche cité, de même que Aragorn, Legolas, Gimli, Théoden et Merry, mais par des chemins différents.


C’est qu’on arrive à la conclusion de l’histoire, à l’heure où tout se joue, à la confrontation entre Lumière et Ténèbres. Bref, le spectacle commence, le Gouffre de Helm dans le tome précédent n’était qu’une modeste mise en bouche.

La première partie de The Return of the King est un régal, tant elle est complexe. Il ne faut pas se fier au film qui m'a personnellement laissé une impression de ligne droite. Le livre nécessite pas mal de concentration, ne serait-ce que pour assimiler les noms des forces en présence, où elles se situent et à quel moment. Et encore, Tolkien donne quelques indications par moment, histoire qu’on sache que pendant que Pippin fait ceci, Merry lui fait cela à tant de kilomètres.

Mais il faut garder à l’esprit qu’on suit l’action au Gondor (qui ne se limite pas à Minas Tirith mais à beaucoup d’autres cités qui vont envoyer des troupes), dans le Rohan (avec les cavaliers qui galopent jusqu’à la bataille, par des chemins détournés), et à travers les Chemins des Morts pour Aragorn et cie. Ca ne fait rien que trois points de vue différents, et une sacrée quantité d’informations à assimiler !

En replongeant là-dedans, redécouvrant des personnages comme Imrahil le Prince de Dol-Amroth, j’ai vraiment pris conscience de l’ampleur de l’univers tracé par Tolkien, et à quel point on en savait parfois peu à son sujet. J’ai d’ailleurs fait de fréquents allers-retours vers les appendices pour m’y retrouver !

La découverte de Minas Tirith dès le premier chapitre a son petit effet. Jusqu’à maintenant, on ne se rendait pas forcément compte de ce signifiait le terme de Numenoréen, et l’héritage qui en découle, mais tout à coup dans cette cité millénaire, on se surprend à admirer l’éclat de ce qu’a dû être Numenor, même si ce n’est qu’un pâle aperçu. Et on replace bien mieux Aragorn aux côtés de ces gens-là.

Une fois encore, j’ai beaucoup apprécié les relations improbables qui naissent entre des gens aussi différents. Il y a quelque chose de touchant lorsque Pippin propose ses services à Denethor (qui se révèle un personnage tragique mais plus nuancé qu’on pourrait le croire), et comment il s’intègre à sa façon dans la Garde de la Cité (son amitié avec Beregond est un bel écho à celle de Frodo et Faramir).

Dans mes autres moments favoris, il y a bien sûr toute la destinée d’Aragorn qui prend de l’importance, à partir du moment où ses Dunadan le rejoignent. C’est un passage que je trouve très important, parce que le personnage ne parte pas à Minas Tirith seul mais avec ses gens, son royaume à lui, aussi pouilleux soit-il.

Bizarrement, bien que les ténèbres dominent la première partie, c’est la deuxième qui est la plus noire, et la plus dure à lire. Frodo et Sam, seuls, dans le Mordor, c’est véritablement suffocant, et je me suis surprise à avoir sacrément soif lorsqu’ils trouvent comme par une miracle une petite source d’eau claire.

La quête de Frodo n’est vraiment pas facile, et c’est la figure de Sam qui me touche à chaque fois, parce que finalement, c’est lui le Héros dans l’histoire, celui qui va permettre à Frodo d’aller jusqu’au bout. Même si ses « Mr Frodo » sont parfois épuisants, il a du mérite ce brave Samwise.

Ce qui est bien dans le Retour du Roi, c’est que c’est un livre qui prend son temps à la fin. En général, quand un livre étale sa conclusion sur 15 chapitres, je parle toujours de fin à la Retour du Roi d’ailleurs, tellement ça m’a marqué. Ici on pourrait croire que l’histoire prend fin avec la destruction de l’Anneau, mais que nenni ! Il faut couronner le Roi Elessar. Puis le marier. Puis aller rendre un dernier hommage à Théoden. Puis revenir à la Comté. Et la remettre en ordre. Et enfin, le départ vers les Havres Gris.

C’est presque sans fin, mais c’est tellement agréable en même temps, parce qu’on a vraiment le temps de dire au revoir à tous les personnages (et tous les personnages ont le temps de se dire au revoir en prime !). D’autant plus que le livre ne s’arrête pas là, il reste les appendices.


Dans mon édition VO, ils occupent presque un tiers du bouquin, c’est dire leur importance. Bon bien sûr il faut compter avec l’index (presque 100 pages, et qui se révèle bien utile pour retrouver une info quelque part dans l’intégralité du cycle), mais le reste vaut la peine de se plonger dedans (surtout que dans ma vieille édition française ils sont grandement tronqués, ça a été réparé ensuite, au moins sur les éditions Christian Bourgois).

Le premier appendice sur les lignées des rois est très intéressant surtout pour le Gondor (avec les Intendants qui prennent la relève), et le Rohan, dont on peut avoir ainsi un aperçu un peu plus vaste de toute son histoire. On y trouve tout de même la seule femme-naine évoquée dans tout le Seigneur des Anneaux (et peut-être bien dans tout Tolkien d’ailleurs !) et l’histoire d’Arwen et Aragorn qui n’est jamais qu’évoquée ailleurs (et qui est juste le miroir de celle de Beren et Luthien).

Le deuxième appendice est mon préféré, celui de la chronologie. Il est, je crois le seul texte qui permet de savoir ce qui se passe après le départ de Frodo des Havres Gris. Et accessoirement il est extraordinairement utile en cours de lecture quand vous essayez de vous y retrouver dans les évènements, surtout dans le tome 3.

De toute façon ces appendices sont vraiment indispensables parce qu’à chaque fois que quelqu’un mentionne le nom d’un roi, il suffit de s’y référer pour comprendre de quoi il en retourne. Si j’ai mis plus de temps à finir le Retour du Roi que les Deux Tours, c’est parce que je passais presque plus de temps à me référer aux appendices qu’à avancer dans l’histoire !

Il faut dire que Tolkien les a vraiment peaufiner jusqu’au bout, et qu’ils sont incroyablement riches. Qui aurait pu avoir le courage de dresser des arbres généalogiques des Hobbits ? Ils sont à consulter avec modération d’ailleurs, essayer de retracer la relation de famille entre Frodo et Bilbo est hautement susceptible de vous coller la migraine !

Ceci dit ce n’est pas pire que le chapitre sur les calendriers. Je ne sais pas si j’oserais le relire un jour dans son intégralité tellement c’est consistant, mais j’ai été plus que fascinée par son incroyable souci du détail dans la création des différents systèmes pour compter le temps qui passe. N’importe qui aurait décalqué le calendrier grégorien sans autre forme de procès, Tolkien s’en est certes inspiré mais a imaginé toutes les variations, les décalages à rattraper et j’en passe des meilleurs

Ne parlons même pas du chapitre sur les langues, en même temps ce n’est pas surprenant vu le personnage. C’est parfois à la limite du compréhensible d’ailleurs. Il y a cependant un excellent morceau sur les traductions qu’il aurait fait pour rendre son texte plus accessible qu’en utilisant les langues de ses héros. Si un jour on vous parle de Kalimac dans le Seigneur des Anneaux, sachez qu’il s’agit de Meriadoc !

Ah Tolkien… je n’avais qu’une peur en relisant le Seigneur des Anneaux, c’était d’être déçue, de trouver le texte vieilli ou un peu ringard, après tout ce que j’ai pu lire de merveilleux en fantasy. Mais non, il n’a pas changé, je l’apprécie même encore plus, pour les voyages extraordinaires qu’il propose et pour l’univers incroyable qu’il a créé, toujours, mais aussi pour la simplicité et l’humanisme de ses écrits.

Bon allez, je vais tâcher de ne pas trop trainer trop longtemps dans le Silmarillion (que je savoure, vous n’avez pas idée), c’est que j’ai encore de la matière à lire après !


CITRIQ

mercredi 8 décembre 2010

Torchwood - Saison 2


On prend les mêmes et on enchaine, après Torchwood saison 1, voici donc Torchwood saison 2 ! Je ne vous refait pas le topo, ce sont les mêmes personnages, le même univers, et la même recette. On est pas loin de X-Files par moment, avec un accent parfois plus fantastique/paranormal que SF/alien, mais un X-Files avec des grosses allusions pas du tout allusives et du sang qui gicle de partout, bienvenue dans Torchwood !

Il n’y a pas grand-chose de nouveau dans cette saison, à part quelques développements de personnages, quelques révélations sur leur passé, notamment sur comment ils sont arrivés à Torchwood Cardiff, et dans le cas de Jack on remonte même un peu plus loin.

On notera aussi que l’équipe s’agrandit avec Martha Jones qui squatte les lieux pendant trois épisodes (ce qui donne deux trois échanges rigolos avec Jack, plein d’allusions à Doctor Who), et que Rhys, le petit copain de Gwen, ne sert pas juste de faire-valoir de normalité. Il prend une place plus importante dans certains épisodes, et c’est un personnage qu’on apprécie vite.

En fait il n’y pas grand-chose à dire, cette saison 2 s’inscrit vraiment dans la continuité à peu de choses près, avec les mêmes points forts (une série adulte pas dénuée d’humour noir en prime) et les mêmes points faibles (des scénarios pas extraordinaires qui ne restent pas forcément en tête, et les mêmes personnages pas toujours très cohérents).

Au milieu de tout ça, quelques très bons épisodes se démarquent. Kiss Kiss Bang Bang, qui ouvre la saison, est un pur concentré de scènes absurdes, de retournements de situation, d’actions qui s’enchainent, de dialogues aux petits oignons sans empêcher un ou deux passages émouvant. Il y a aussi Something Borrowed (ai-je déjà dit que j'adorais les titres ?), qui offre aussi un mélange des genres complètement hilarant sur comment Torchwood peut vous pourrir votre mariage de toutes les façons possibles et inimaginables.

Et puis on trouve tout de même quelques concepts sympathiques, des moments effrayants, des scènes parfois malsaines, des développements de personnages intéressants (sacré Owen !) sans oublier quelques passages émouvants et quelques pitreries de Jack toujours remarquables. Mais c’est un peu comme s’ils n’allaient pas au bout de leurs idées, sans doute un peu contraintes par le format une histoire/une épisode.

C’est fort dommage, parce que par exemple sur Sleepers, qui est en soit un épisode très intéressant, on aurait pu avoir un truc génial. Mais en une heure, on est loin d’avoir le temps de faire le tour de la question, du coup on se sent un peu floué.

Cependant, comme je n’ai entendu que du bien de la suite, il fallait bien en passer par là. En effet, en guise de simili-saison 3, Children of Earth, est une histoire d’un seul tenant coupée en 5 épisodes d’une heure, et c'est un sacré morceau, croyez moi !

dimanche 5 décembre 2010

Bloodsilver - Wayne Barrow


On va finir par croire que je suis accro aux vampires (pourtant le Vampires ! des Moutons électriques n’est pas –encore- sur ma liste de Noël), ce qui ne serait pas loin de la vérité. En même temps, quand on vous promet des vampires qui se mêlent à l’histoire des Etats-Unis, alors que l’uchronie fait partie de vos dadas, comment voulez-vous résister ?

Et c’est ainsi qu’en ce mois de novembre, on se retrouve au Cercle d’Atuan à lire Bloodsilver, un bouquin assez particulier dans son genre, mais pas désagréable du tout, à la fois divertissant et instructif.

Il est difficile de résumer un livre qui se déroule sur plus de deux cents ans. Il démarre en 1691 avec le débarquement sur la Côte Est des premiers vampires (qui ne seront jamais nommés ainsi, on parle de Brookes). Globalement, ils ont le phénotype classique du vampire : sanguinaires, belles rangées de dents, plus qu’allergiques à l’argent. Ils peuvent vivre à la lumière du jour cependant (avec des lunettes noires).

Bloodsilver nous emmène ensuite sur les traces de ces vampires, ou plutôt l’effet qu’ils ont sur ce futur pays, au travers de petites nouvelles n’ayant généralement que peu de liens entre elles (bien que les fils se rejoignent à la fin), et mettant en scène des figures populaires de l’histoire des Etats-Unis (Mark Twain, Billy the Kid, etc.). Certaines prennent des formes plus originales d’article de journal ou de texte scientifique, ce qui donne un charmant parfum de dossier d’archive à l’ensemble.

L’argument uchronique est plutôt léger dans l’ouvrage (finalement la plupart des évènements qui se sont déroulés sans les Brookes se déroulent également avec), mais ça n’empêche Bloodsilver d’être une lecture fort sympathique.

La mise en scène de figures historiques est un exercice toujours plaisant (et bien steampunk soit dit en passant), et souvent très éducatif. Cette fois-ci, ça n’a pas raté, car si certains noms ne m’étaient pas connus (quand d’autres ne l’étaient pas du tout), c’était souvent par le miroir déformant de Lucky Luke.

Avoir une approche un peu plus exacte m’a bien plu, surtout qu'elle a été confirmée par quelques recherches à la fin du chapitre pour replacer ça dans le vrai contexte. En plus, ce n’est pas la grande Histoire qu’on aborde ici, plutôt l’histoire populaire, à l’exception de Wounded Knee. Ça m’a rappelé dans une moindre mesure American Gods, où on découvre plein de petits trucs sur les Etats-Unis au gré du récit.

Bref on passe un bon moment à lire ce livre, surtout quand on sait que derrière le pseudonyme de l’auteur se cachent en vérité deux auteurs français, Johan Héliot et Xavier Mauméjean. C’est assez rigolo parce qu’on a un roman sur l’Amérique, écrit soit disant par un américain, et même le style personnellement m’évoque plus de l’anglais traduit que du français.

On sent vraiment qu’ils ont peaufiné la forme, et le fond est fort intéressant pour ceux qui s’intéressent à l’histoire américaine (ou à l’histoire tout court), sous couvert de divertissement. C’est le genre de bizarrerie littéraire qu’on a plaisir à découvrir.

Avis des autres Atuaniens : Bartimeus, Elysio, julien, Kactusss, Olya, Shaya, Sherryn, Spocky, Tortoise

CITRIQ

vendredi 3 décembre 2010

Scott Pilgrim vs. the World - Edgar Wright


Jamais film n’aura porté aussi bien son nom, parce qu’on pourrait presque croire que l’Univers entier s’est ligué contre lui. Imaginez un peu qu’il aurait dû sortir en juillet, le voilà enfin sur les écrans en décembre alors que le DVD est déjà sorti de l’autre côté de l’Atlantique. Et pour couronner le tout, projeté dans à peine trois salles à Paris, merci la concurrence de Harry Potter et de Raiponce.

Je sais que Scott Pilgrim vs. the World n’a pas si bien marché que ça aux USA, mais ce n’est pas une raison pour torpiller sa sortie en France, parce qu’à part les geeks acharnés et leur entourage (ce qui remplit bien la salle ceci dit), personne ne risque d’aller le voir, faute de le trouver à l’affiche !

Et pourtant… certes ce film ne plaira à tout le monde, mais après mes dernières séances bien fades où mes voisins ne supportaient plus mes sarcasmes au point de s’installer le plus loin possible de moi (n’est-ce pas Ely ? ^^), je suis fière de dire que je n’ai pas ouvert la bouche de toute la séance, sinon pour rigoler sincèrement. Ca faisait bien longtemps qu’un film ne m’avait pas autant captivé.

L’histoire reprend celle du comic Scott Pilgrim, à savoir l’histoire d’un gars de Toronto qui tombe follement amoureux d’une étrange jeune fille, Ramona Flowers, et qui se retrouve à affronter ses 7 ex-petits amis maléfiques lors de combats hautement épiques et improbables.

Je ne peux pas me prononcer sur les derniers tomes non parus en France, mais pour les trois premiers on retrouve tout à fait l’esprit du comic, et parfois des répliques et des gags visuels à l’identique, ce qui est très appréciable.

Nous voilà donc partis pour deux heures d’une histoire qui pourrait sembler ordinaire mais qui bascule régulièrement dans le n’importe quoi surréaliste. Le meilleur là-dedans, c’est que cet enchainement d’impossibilités semble tout à fait logique, et qu’à aucun moment on ne s’étonnera de voir s’afficher le score (ou les points d’xp) de Scott, alors qu’il vient de passer du statut de bassiste rêveur à celui de personnage de Street Fighter en trente secondes.

J’imagine que ce genre de chose ne plaira pas à tout le monde, mais pour les geeks dans mon genre c’est juste délicieux. L’histoire est délirante (mais finalement pas si folle que ça, il y a un fond pas si bête que ça). Et visuellement, ça claque.

Les combats sont déjantés et en mettent plein la vue, mais c’est aussi tout le reste du film. Les incursions de commentaires écrits et d’éléments graphiques divers et variés sont fréquentes, sans parler des références sonores et visuelles de toutes sortes (de Bollywood à X-Men en passant bien sûr par moult rappels vidéoludiques).

Le montage lui-même plus que barré, avec des scènes qui s’enchainent sans qu’on s’y attende, des écrans noirs de transition et j’en passe des meilleurs. Dresser la liste de tous ces petits trucs prendrait des heures. A une telle dose, c’est presque violent, mais c’est génial !

Le casting aussi est aux petits oignons, les acteurs ont tous un rôle qui leur va vraiment bien. Ca peut sembler du détail, mais ils ont des têtes de gens normaux, à la rigueur de gens anormaux, mais pas franchement de stars de cinéma. C’est plutôt plaisant.

Et puis, on a l’impression de les avoir tous vu quelque part sans remettre de nom dessus (à part Scott/Michael Cera qui a la même tête d’éberlué que dans Juno). Ca m’a notamment bien fait rire de me rendre compte que Todd Ingram était joué par Brandon Routh (Superman Returns si vous ne le replacez pas), ce qui n’est pas dénué d’ironie je trouve vu son personnage…

Bref, vous l’aurez compris, Scott Pilgrim est un peu THE film à voir en cette période qui sort des classiques Narnia/Harry Potter/Disney, et de préférence très vite avant qu’il disparaisse des salles de cinéma (c’est bien pour ça que je me suis dépêchée d’écrire ma critique à peine rentrée !). J’espère qu’il fera une première semaine suffisamment bonne pour qu’il ne disparaisse pas tout de suite, et j’attends avec impatience le DVD.

mercredi 1 décembre 2010

Harry Potter et les reliques de la Mort partie 1 - David Yates


Attention, cet article contient probablement quelques spoilers pour qui ne connaitrait pas l’histoire.

Je ne sais pas pourquoi, parce que j’aime Harry Potter, tout le monde est surpris que je ne sois pas allée voir le 7e film le jour de sa sortie, voir que je me sois incrustée à une avant-première en cape de sorcier. Pas que je ne l’ai jamais fait, mais je ne suis pas fanatique du travail de David Yates au point de me jeter sur ses films.

Et puis Harry Potter pour moi, c’est aussi une histoire d’amitié, si bien que quitte à aller regarder une adaptation décevante, je préfère le faire bien entourée, afin de pouvoir partager mes sarcasmes avec les voisins et les voisines. Ce qui n’a pas raté, une fois encore. Je pense que je vais me faire taper un de ces quatre au cinéma, à force de la séance à rire sous cape.

La plupart des gens basent leur appréciation des films Harry Potter sur la qualité de l’adaptation (est-ce que ça ressemble au livre ?), j’avoue que bizarrement ce n’est pas forcément ce qui joue la plus grande importance pour moi. Mais il faut le reconnaitre, avec David Yates on a une adaptation globalement fidèle, et pour les Reliques de la Mort, ça ne fait pas exception. On suit donc à peu près le livre, et tout ce qu’on est en droit d’attendre se retrouve à l’écran.

Mais pour moi c’est un peu le défaut du film. Il colle tellement au bouquin que ça en devient ennuyeux, parce qu’il n’apporte rien de plus (ou alors n’importe quoi, comme l’incendie du Terrier dans le tome 6) et passe trop vite sur tant de choses. Pour citer un de mes camarades, ils auraient pu en profiter pour montrer un peu la Résistance par exemple (pour rendre les balades dans les bois du trio moins monotones), et bien non. Et puis, il est assez fade.

Je ne sais pas si c’est moi qui suis blasée, mais j’ai trouvé les acteurs mauvais (à part Rupert Grint qui fait un Ron tout à fait convaincant, Harry et Hermione ne sont pas franchement exceptionnels), y compris ceux qui sont censés savoir jouer, comme Helena Bonham Carter dont la Bellatrix m'a laissé de marbre, contrairement au 5e film.  La réalisation n’est pas franchement marquante, et question effets spéciaux ce n’est pas formidable non plus (Dobby avait une meilleure tête dans le film 2).

Et j’ai ri aux morts importants. J’aimerais avoir honte, mais je n’y arrive même pas. Soit je suis irrécupérablement cynique, soit c’était juste mal fait.

Bon il faut quand même relever deux points positifs au milieu de tout ça. La musique, signée Alexandre Desplat, montre une nette amélioration par rapport aux précédents films, et surtout, la séquence animée du Conte des Trois Frères est de toute beauté (ceci dit c’est un peu le seul moment du film où j’ai senti la salle vraiment prise dans le film, c’est un peu triste tout de même).

Et puis, on ne passe pas si un mauvais moment que ça. Il y a quelques scènes bien drôles (les sept Harry par exemple), quelques scènes niaiseuses drôles à leur insu (je ne sais pas qui remporte la palme du lacet entre Harry fermant la robe de Ginny et Harry dansant avec Hermione), et j’avoue avoir plutôt apprécié tout le passage au Ministère.

Mais c’est un peu comme le 6, je vais le voir presque plus par devoir qu’autre chose, et si le DVD rejoint mes étagères un jour, ça sera sûrement parce qu’ils les bradaient dans la Fn** la plus proche !