lundi 22 novembre 2010

Fables 11 : Père et fils - Bill Willingham


Encore une suite vite arrivée celle-là ! Avec une très jolie couverture, une fois n’est pas coutume. Seulement 4 numéros dans ce tome-ci, ceci dit il a quand même quelques bons morceaux, même si le fait de laisser toute l’intrigue avec l’Adversaire de côté (à une ou deux allusions près) rend la lecture un peu moins intéressante.

On commence avec Joyeux noël (alias Jiminy Christmas en VO), une petite histoire sur le Père Noël qui a su me charmer. Jouer sur ce mythe est rigolo en soit, mais le plus surprenant est que le résultat soit léger, mais pas dénué d’une certaine tristesse dans certains passages.

La deuxième histoire, Père et fils, qui donne son titre à l’ouvrage, étale sur deux numéros avec un superbe dessin, les retrouvailles houleuses entre Bigdy et son père. L’idée de base est plutôt bonne, je ne sais pas trop quoi penser du résultat final en ce qui concerne les personnages.

Ça me fait plaisir de revoir Bigdy si fidèle à lui-même, mais il est un peu usant, à avoir raison sur toute la ligne (il manque singulièrement de nuances dans ces derniers numéros). Et je trouve le personnage de Blanche de plus en plus effacé (j’ai du mal à l’apprécier en femme au foyer quand on l’a connu adjointe du maire).

Ceci dit j’apprécie qu’on découvre l’ambiguïté du North. Ainsi que le développement des enfants de Neige et Bigdy, qui commencent à s’individualiser un peu et à ne pas être traités en permanence comme une seule entité. Ambrose surtout commence à se démarquer, ce qui est plutôt chouette vu qu’il n’a vraiment pas la carrure d’un héros.

Le tome se conclut sur une série de courtes histoires, Burning Questions, où en quelques cases l’auteur répond aux interrogations des lecteurs sur certains points. Une Foire aux Questions, comme l’annonce le titre français. On n’y apprend rien d’essentiel, mais certaines histoires se révèlent plutôt rigolotes.

Bref, rien d’inoubliable dans ce numéro, mais comme d’habitude ça se lit plutôt bien, en attendant la suite qui je l’espère nous remettra sur les rails de l’intrigue habituelle. Le Prince Charmant me manquerait presque !

CITRIQ

vendredi 19 novembre 2010

15 auteurs (tag)


La photo n’a rien à voir avec le sujet. Je me demandais ce que j’allais mettre comme illustration, je me lamentais à l’idée de devoir dénicher autant de portraits ou de couvertures (et pire, les choisir), et puis je me suis dit « et si je les faisais profiter tout le monde de la belle vue que j’avais le week-end dernier ? ».

Oui parce que pendant que certains se promenaient aux Utopiales, j’étais à un Cluedo géant en Suisse, et si la soirée en elle-même valait le déplacement (vous pouvez visiter le site Mysterre.ch si l’envie vous prend d’y participer un jour), la vue, elle aussi. Surtout après le temps pourri parisien de ces derniers jours. Et c’était bien plus beau en vrai, en plus !

Mais point n’est mon objectif de raconter ma vie, si je suis ici ce soir, c’est pour répondre à un vil tag, un vil double-tag même (je me dépêche d’y répondre avant d’en recevoir un 3e), en les personnes de Ellcrys et de Isil. Il s’agit du tag *musique dramatique* des quinze auteurs *fin de la musique dramatique*.

Je n’ai pas très compris si le principe était de citer ses 15 auteurs favoris, les 15 premiers auteurs qui nous passaient par la tête ou les 15 auteurs dont on croise sans cesse les livres (vous risqueriez de vous retrouver avec un paquet d’égyptologues en ce cas), mais je vous livre ici les 15 auteurs auxquels j’ai pensé mercredi midi en buvant mon thé !

1. Neil Gaiman
Est-ce vraiment la peine d’expliciter ? J’aime ses histoires qui nous transportent, sa fantasy à la fois pointue et légère, jamais éloignée de la réalité, la richesse de ses références, les multiples supports, genres et styles qu’il exploite toujours avec brio…

2. Tanith Lee
Gaiman est mon auteur favori, Tanith Lee est mon auteure favorite. Un point c’est tout. Elle n’a pas écrit que des chefs d’œuvre, mais le Dit de la Terre Plate en est définitivement un. J’aime ses histoires, des contes de fées précieux et plein de cruauté, avec une écriture qui peut vous faire avaler des centaines de pages où il ne se passe rien sans rechigner.

3. J.R.R. Tolkien
Pas très original, je le concède, mais en même temps, moi qui avait peur de trouver ses écrits fades en les relisant plus de sept ans après ma dernière relecture (et un goût assez peu prononcé pour la fantasy pure et dure ces temps-ci), je me surprends à être aussi accro à ses écrits que d’ordinaire, à en apprécier encore plus l’écriture, l’univers, les thèmes… magique non ?

4. Ursula Le Guin
J’étais fascinée par son cycle de fantasy (Terremer), je me suis rendue compte cette année qu’elle avait aussi écrit de vrais monuments en SF (j’ai encore des échos des Dépossédés dans un coin de ma tête). Et elle a tant écrit de choses qu’il faut encore que je lise. J’ai mis les premiers tomes de sa trilogie des Rivages de l’Ouest sur ma liste de Noël en tout cas !

5. Elisabeth A. Vonarburg
Un titre : Chroniques du Pays des Mères. Ce roman m’a juste bouleversé. Et à la deuxième lecture tout autant, même plus. Je n’ose imaginer ma prochaine relecture. De tous les livres que je considère comme « à lire absolument », il n’est pas loin de la première place. Et ses autres bouquins sont fort chouettes, bien que durs à trouver en France.

6. Daniel Pennac
C’est mon auteur d’enfance celui-là. On a fait connaissance avec l’Oeil du Loup, j’ai continué avec les aventures de Kamo, puis de la famille Malaussène (ah la Fée Carabine…), puis ses romans plus adultes. J’aime bien ses écrits parce qu’ils sont très accessibles, et en même temps très enrichissants (je n’ai jamais lu les Hauts de Hurlevent mais je connais, merci Kamo !). Et il a écrit les Droits du Lecteur, quand même !

7. Stephen R. Donaldson
Il n’est pas très connu celui-là, pourtant il y a quelque chose dans ses écrits qui marque. Sans doute parce qu’il œuvre dans un univers de fantasy à la Tolkien (les Chroniques de Thomas Covenant), ou dans le space-opera (le Cycle des Seuils), il arrive à mettre en scène des personnages atypiques, noirs, anti-héros complets, détestables ou complètement fous, et on ne peut s’empêcher de les suivre.

8. Megan Lindholm
Notez bien que je n’ai pas dit Robin Hobb. Non pas que je n’aime pas l’Assassin royal, bien au contraire, mais j’ai été un poil déçue par le Soldat Chamane (toujours pas fini). Par contre je suis vraiment tombée amoureuse de ses vieux écrits, comme le Dernier Magicien (une étrange fantasy urbaine), le Dieu dans l’Ombre (qui prend vraiment aux tripes) et le Peuple des rennes (période préhistoire, c’est rare !).

9. Alain Damasio
Parce qu’il a une très belle plume, et que la Horde du Contrevent est un roman dans lequel on plonge à corps perdu, et dont on ressort complètement déboussolé. J’ai un peu moins aimé la Zone du Dehors, mais l’univers est moins à mon goût, même si ça reste un sacré bouquin. Et quelle langue mes amis, quelle langue !

10. Jean-Philippe Jaworski
Il fait bien la paire avec Damasio celui-là question plume et bouquins qui prennent aux tripes. Janua Vera faisait déjà très fort, Gagner la guerre est juste énorme. J’attends sa prochaine œuvre, quelle qu’elle soit, avec impatience !

11. Pearl Buck
Je ne sais pas trop comment elle est arrivée dans ma liste celle-là. Je lisais beaucoup ses romans à une époque, qui m’ont fait autant voyagé que n’importe quel livre de fantasy. Pourtant c’est juste la Chine, début XXe, mais ces grandes histoires de familles paysannes (la Terre Chinoise), de confrontation Orient/Occident (Vent d’Est/Vent d’Ouest), ou encore les rouages de la Cour impériale (Impératrice de Chine) m’ont beaucoup marquée. Je les relis encore avec plaisir d’ailleurs.

12. Franquin
Encore un souvenir d’enfance, que j’entretiens méticuleusement en relisant régulièrement les Gaston Lagaffe et les Spirou quand ils me passent sous la main. Menfin ! Il faut bien un peu de BD là dedans !

13. Léa Silhol
Elle fait la paire avec Tanith Lee (dont elle a contribué à faire traduire plusieurs œuvres en vf). Elle a un style et un univers assez comparable, féérique, très conte de fées, avec une écriture particulièrement ciselée, que ce soit dans ses nouvelles ou ses romans. Dommage qu’on soit pour le moment en plan pour ce qui est de la suite de Nigredo

14. J.K.Rowling
Parce que quand même, c’est juste la maman d’Harry Potter dont on a dévoré les aventures tome après tome, dont on a attendu la suite avec impatience pendant tant d’années tout en inventant moult théories de folie. Et qui se relit toujours avec plaisir.

15. André François Ruaud
Bon j’ai triché pour le dernier, j’ai changé. Arrivée à la fin, je me suis retrouvée avec 5 ou 6 noms que j’avais oublié, du coup j’ai préféré céder cette quinzième place à A.F. Ruaud. Je crois que je n’ai jamais lu aucun de ses romans, mais ses études autant que ses activités éditoriales ont plus que contribué à me faire découvrir des petits bijoux dans le domaine de la fantasy (Barbara Hambly, Terri Windling et j’en passe), alors ça mérite bien de trouver place dans le classement.

Quant à Connie Willis, Barbara Hambly, Daniel Keyes, Mary Gentle et Roald Dahl, ils attendront le tag des 20 auteurs ! Et non je ne triche pas, j’ai été taguée deux fois, j’aurais pu en mettre 30 d’abord !

Tout mon entourage est bientôt passé à la casserole, mais Fenice, si tu es intéressée, il est à toi. Et si quelqu’un d’autre veut le reprendre, il est le/la bienvenu(e) !

mercredi 17 novembre 2010

The Two Towers - J.R.R. Tolkien


J’ai honte. Il n’y a pas d’autre mot, j’ai juste très honte. Ca fait bien deux mois que j’ai fini ce tome-ci du Seigneur des Anneaux, et bien qu’ayant un paquet de choses à en dire (j’ai même pris des notes !), je n’ai fait que repousser aux calendes grecques le moment où j’écrirais ma chronique.

Ce n’est pas par manque d’enthousiasme, croyez-moi, The Two Towers (aka Les Deux Tours pour ceux qui préfèrent la vf) est et demeure mon tome favori. Comme souvent dans les trilogies, le tome 2 est le meilleur, parce qu’il ne nécessite ni introduction, ni conclusion, et se contente de continuer l’histoire en prenant son temps.

Assez étrangement, des trois films de Peter Jackson, j’ai toujours préféré le 2e (version longue bien sûre) parce que c’est celui que je trouvais le plus complet et riche, et finalement, il semblerait que ce soit aussi parce que c’est mon livre favori.

Nous avions laissé nos héros en bien mauvaise posture à la fin de la Communauté de l’Anneau. La Communauté, justement, se sépare. Voilà que Frodo et Sam partent seuls vers le Mordor, pendant que les autres… que font-ils les autres ? Bonne question, heureusement on les retrouve d’office dès le premier chapitre ou presque.

On y apprend ainsi la mort de Boromir, l’enlèvement de Merry et Pippin par des orcs, et très vite, voilà Aragorn, Legolas et Gimli lancés à leur poursuite à travers le Rohan, où ils vont avoir l’occasion de se mêler de la politique locale. Quant à Frodo et Sam, on ne les retrouvera que dans le deuxième livre, mais bien évidemment ils progressent doucement vers Mordor…

Autant le premier tome m’avait posé des problèmes à la lecture en anglais, autant The Two Towers a filé comme une lettre à la poste. Je n’arrive pas à savoir si c’est le style de Tolkien qui devient soudainement plus clair, ou moi qui ai gagné soudainement un niveau dans ma compétence vo, mais en tout cas, cette lecture a été un vrai plaisir. Il va sans dire que la suite contient des spoilers.


Ce qui m’a vraiment plus dans ce tome-ci, c’est que les personnages gagnent vraiment en épaisseur. Globalement dans le premier tome tous les membres de la Communauté étaient un peu comme des fragments d’une même entité, mais tout à coup, on les voit s’affirmer, et on leur découvre des caractères bien plus nuancés que dans les films.

Il y a Aragorn bien évidemment, dont on soupçonne de plus en plus le roi en lui. J’ai beaucoup aimé qu’on le découvre aussi plein de petites manies, parfois il est presque pire que Gandalf notamment lorsqu’il tient tout son discours sur pourquoi il refuse de laisser son épée à la porte du palais d’Edoras. Gandalf, d’ailleurs, se révèle nettement plus doux que sa version cinématographique.

Coté nouveaux personnages, je suis retombée sous le charme d’Eowyn. On a beau dire que Tolkien a tendance à oublier les femmes dans ses histoires (ou à leur laisser le rôle de la belle princesse qu’on épouse en récompense), Eowyn a un vrai rôle à jouer. Ca me surprend d’ailleurs toujours, ce passage où Théoden cherche à nommer quelqu’un pour veiller sur le royaume, et que c’est plus ou moins son peuple qui lui suggère sa nièce.

Quant à Eomer, je l’aime beaucoup via les amitiés qu’il entretient avec Aragorn et Gimli. C’est des choses que j’avais complètement oublié (elles sont inexistantes dans les films), mais toute l’histoire du débat sur Galadriel, où ils échangent leurs arguments sur un ton plutôt respectueux finalement, me fait toujours sourire.

D’ailleurs en parlant d’amitiés, tous les épisodes avec les Ents et les hobbits sont également incroyables : ils sont drôles et émouvants, très riches, et question amitié improbable, on attend le sommet, que dis-je, la cime !

Je ne sais plus quel imbécile a un jour prétendu que Tolkien était un raciste, mais il n’avait visiblement jamais pris la peine d’ouvrir ce livre où des gens de tous horizons arrivent à s’entendre aussi facilement malgré leurs nombreuses différences et leurs préjugés mutuels.

Cela se voit aussi dans le livre 2 d’ailleurs qui suit les traces de Frodo et Sam. Si le début est un peu dur à avaler (se résumant à deux hobbits qui marchent, puis deux hobbits et un Gollum qui marche), à partir de leur rencontre avec Faramir, c’est un vrai délice. Et définitivement mon passage favori. Et mon personnage favori également.

En fait il y a une scène qui m’a vraiment marqué à la relecture, c’est lorsque Faramir conduit Frodo et Sam à sa base cachée. Les deux hobbits se reposent, et sont ensuite réveillés pour un repas, ce qui conduit à des échanges inattendus sur les manières à table :
Before they ate, Faramir and all his men turned and faced west in a moment of silence. Faramir signed to Frodo and Sam that they should do likewise.
- So we always do, he said as they sat down. We look towards Numenor that was, and beyond to Elvenhome that is, and to that which is beyond Elvenhome and will ever be. Have you no such custom at meat ?
- No, said Frodo, feeling strangely rustic and untutored. But if we are guest, we bow to our host, and after we have eaten, we rise and thank him ?
- That, we do also, said Faramir.
Ils sont à l’autre bout du monde, en pleine guerre, et les voilà qui parlent coutumes… c’est tellement fou que ça semble improbable ! Définitivement, plus que des histoires de guerres, de lutte du bien contre de le mal et de quêtes, les Deux Tours, c’est finalement surtout des histoires d’amitiés qui se créent au hasard des rencontres.

Ce qui explique sans doute pourquoi j’ai réussi à écrire cette chronique sans jamais parler de la beauté des lieux traversés (le Rohan et l’Ithilien), l’Histoire qu’on traverse en route (les Marais des Morts, Minas Morgul), les différentes batailles (Helm, Isengard uniquement rapportée par Merry et Pippin), le souffle épique qui porte le roman, ou même de la trame générale où l’on voit peu à peu les pions se mettre en place pour la partie finale…

Bon en même temps, si vous avez lu jusqu’ici, vous savez sûrement tout ça… Je conclus sur ma citation favorite que je n’ai pu caser nulle part. De Hama, lors de l’arrivée de Aragorn et cie à Edoras :
It seems that you are come on the wings of song out of the forgotten days
Tout à fait ce qu’on ressent à la lecture, vous ne pensez pas ?


CITRIQ

lundi 15 novembre 2010

Le Royaume de Ga'Hoole : la légende des gardiens - Zack Snyder


« Les enfants ont enfin Le Seigneur des Anneaux », rien que ça, proclame l’affiche. En attendant d’autres films comme Scott Pilgrim qui se fait sérieusement attendre, rien de tel qu’un bon vieux film de fantasy jeunesse qui brasse toutes les ficelles du genre pour se changer les idées.

Le Royaume de Ga’Hoole est adapté d’une série de fantasy jeunesse, les Gardiens de Ga’Hoole, écrite par Kathryn Lasky, et qui ne compte pas moins que quinze tomes. Je n’en avais jamais entendu parlé mais j’y jetterais bien un œil à l’occasion, ça m’a l’air assez proche de Redwall de Brian Jacques. Le film porte à l’écran les trois premiers tomes.

Il raconte l’histoire d’une jeune chouette (enfin d’un jeune chouette techniquement), Soren, qui aime beaucoup les légendes des Gardiens que lui raconte Papa Chouette. Lorsqu’il est enlevé avec son frérot chouette (et non son chouette frérot) par les très méchants « sang pur » qui veulent dominer le monde (à moins d’un mois de la sortie d’Harry Potter 7-1 ça rappelle quelque chose), il se rend compte que son seul espoir est de retrouver les fameux Gardiens…

Je n’avance pas plus loin dans l’histoire, qui est tout ce qu’il y a de plus classique : une lutte du Bien contre le Mal, des divergences familiales, des innocents sacrifiés, des guerriers valeureux, le traditionnel groupe avec le héros, sa copine et les deux side-kick comiques, les duels sur fond de flamme ou de vide…

La seule nouveauté là-dedans est dans la nature des protagonistes, qui sont tous des hiboux ou des chouettes. Ah oui et il y a aussi un serpent, quelques corbeaux et chauve-souris, et un hérisson. Bref, uniquement des animaux, mais sans parti pris anthropomorphe. Au contraire, ils se révèlent généralement plutôt proches de leurs équivalents réels.

L’animation est bien peaufinée et rend bien. C’est du détail, mais j’ai bien apprécié qu’on voit aussi bien les différences de taille entre les oiseaux (alors que typiquement je râlais dans Avatar que les ewoks bleus de trois mètres ne faisaient pas si impressionnants que ça…).

Sans mauvais jeu de mots, cela donne donc un chouette film à voir, même si l’intrigue ne casse pas trois pattes à un canard. En effet, les retournements sont prévisibles à trois kilomètres, et vous n’y trouverez rien de plus que ce qu’elle donne à voir, en bon divertissement jeunesse un poil formaté : les méchants par exemple sont juste méchants, un point c’est tout. Pour la subtilité on repassera.

On passe cependant un bon moment, parce que du coup le film sait être rigolo, parfois en lui-même (il est difficile de résister aux deux side-kicks comiques que sont Twilight et Digger, ou quel que soit leur nom français), parfois à son insu, notamment à cause des ralentis que ne peut s’empêcher d’utiliser Zack Snyder dans tous ses films et qui ont toujours un petit côté héroïque ridicule (ça va donner dans Superman tiens…), et quelques niaiseries comme lorsque les chouettes commencent à se battre à l’épée.

Pour ce qui est de la 3D à laquelle il est difficile d’échapper, le rendu est plutôt bon avec toutes les scènes de vol, le sujet s’y prête plus que bien (et le générique de fin en relief plus « plat » se révèle fort joli). Ceci dit comme toujours, cela n’apporte pas énormément au film (à part l’augmentation du prix du billet), et surtout ça ne masque pas les faiblesses du scénario.

Bref, si vous avez envie de vous détendre devant un bon vieux film de fantasy jeunesse ultra classique et fort joli visuellement, allez voir le Royaume de Ga’Hoole au cinéma et vous en mettre plein les mirettes (3D). Par contre, n’espérez pas un film qui marquera les esprits par une certaine originalité, cela reste une production très lisse.

vendredi 12 novembre 2010

Torchwood - Saison 1


Ca ne vous surprendra pas, je pense, qu’après, enfin plutôt pendant que je dévorais Doctor Who saison après saison, je me sois penchée sur un de ses spin-off, Torchwood (qui est accessoirement un anagramme de Doctor Who pour le petit détail qui tue).

Torchwood est une organisation anglaise qui fait son apparition dans la saison 2 de Doctor Who. Créée par la Reine Victoria, rien que ça, son but est de récupérer les technologies aliens afin d'en tirer des moyens de défendre la planète contre les attaques des dits-aliens. Ce sont leurs recherches qui ont mené à la catastrophique conclusion de la saison 2 de Doctor Who avec les Cybermen et les Daleks.

Heureusement, quelqu'un de plus sensé a repris la boutique, un certain Capitaine Jack Harkness. Vous savez le type juste trop sexy à la fin de la saison 1 de Doctor Who qui flirte avec tout ce qui bouge ? Oui, je suis obligée d'admettre qu'il donne bien plus envie de s'intéresser à un spin-off que Sarah Jane (avec tout le respect que j'ai pour elle).

Nous voilà donc à Cardiff, haut lieu de manifestations aliens grâce à la faille spatio-temporelle sur laquelle elle est située. Gwen Cooper, policière de son état et dotée d'un charmant accent gallois, assiste à une étrange scène dans laquelle Torchwood est impliquée, et elle ne peut s'empêcher d'enquêter à leur sujet, ce qui l'amènera bien évidemment à être recrutée dans l'équipe et à chasser à son tour aliens et autres phénomènes paranormaux.

Par rapport à Doctor Who, Torchwood fait beaucoup plus classique dans son schéma narratif (une équipe de gens bizarres, un nouvel alien ou presque chaque semaine, plus quelques histoires entre les membres de l'équipe, on n'est pas loin de Stargate), cependant elle réserve de bonnes surprises.

Il faut comprendre que le ton est voulu comme résolument adulte par rapport à Doctor Who dont on oublierait presque le caractère familial tellement la série est intelligente. En fait on a l'impression que tout ce qui n'a pas pu être mis dans Doctor Who a donc atterri dans Torchwood.

Cela se voit dès les premiers épisodes. Le ton est bien plus sombre et moralement ambigu, le registre de l'horreur bien plus exploité, et surtout la quantité de violence, de gore et de sexe est presque affolante. Mention spécial au 2e épisode, First Day, qui pose d'office les bases dans le domaine avec son alien... je vous laisse découvrir ça par vous-même. C'est quand même une série qui ne se gêne pas pour montrer une morte revenue à la vie avec un monstre trou derrière la tête parce qu'elle s'est fait sauter la cervelle.

Forcément, la série attire l’œil par cette débauche de... cette débauche tout court en fait. A laquelle il faut ajouter des personnages hauts en couleur. Il y a Jack bien sûr (plus tourmenté et moins guilleret que dans Doctor Who), mais Toshiko et Owen valent le détour aussi. Sans parler de Gwen qui pour un personnage qui sert clairement de porte d'entrée au spectateur, se lance parfois dans des actions complètement inattendues voir franchement dérangeantes

Avec une équipe pareille, certains dialogues se révèlent excellents surtout qu'ils sont fréquemment méchants, truffés de sous-entendus... un délice quoi.

Coté scénarios, tous ne sont pas forcément mirifiques, mais la diversité des genres et des tons est plutôt agréable. Le registre de l'horreur est plutôt omniprésent, mais on peut se trouver sur des drames presque intimistes, des histoires plus légères (je classe là dedans Random Shoes qui a pour narrateur un gars mort, je vais peut-être revoir mes catégories), du pur film d'horreur ou une approche plus policière...

Et puis il y a de très bons épisodes, notamment en milieu de saison. J'ai bien apprécié Cyberwoman (qui s'amuse bien avec le huis clos tout en évoquant Doctor Who), mais aussi Countrycide (que je ne regarderais pas deux fois ceci dit). Celui qui m'a vraiment marqué, c'est They keep killing Suzie (oui les titres sont souvent complètement tordus), que j'ai trouvé à la fois très drôle et très émouvant, parfois les deux en même temps. Ce n’est quand même pas banal.

Globalement, Torchwood se regarde avec plaisir, d'autant plus que c'est une série anglaise, ce qui veut dire concrètement qu'elle prend pas mal de clichés à contrepied contrairement à beaucoup de séries américaines où tout semble tellement dosé et réglé. D'ailleurs je commence à devenir doucement accro aux séries british, j'ai même prévu de me mettre à Sherlock et Being Human. Mais pour le moment, saison 2 de Torchwood !

mercredi 10 novembre 2010

Science [et] Fiction : aventures croisées


En bon parasite que je suis, j’ai trouvé le moyen de me glisser la semaine dernière à la soirée d’inauguration de l’exposition Science [et] Fiction : aventures croisées à la Cité des Sciences et de l’Industrie, grâce à l’invitation de Tigger Lilly (même pas eu besoin de lui faire le regard de Chat potté).


J’ai pu ainsi profiter du buffet qui se voulait futuriste avec ses très jolis verres (ahem), ses légumes en poudre ou en tube, ses fruits secs sur pipette et ses patates à l’écume de pain grillé. En terme de duel SF vs fantasy, je pense que cette dernière remporte encore haut la main l’épreuve de gastronomie ! Parlons plutôt de l’exposition.


J’ai des très bons souvenirs des expositions de la Cité des Sciences. Ils en ont fait une sur Franquin il y a quelques années qui était très riche (avec une quantité de maquettes et de planches, juste un délice), sans parler de l’exposition Star Wars qui était une formidable occasion de baver devant les costumes sous prétexte de rapprocher la saga de la science…


C’est un peu ce qui se passe ici avec l’expo Science [et] fiction qui veut montrer, je cite, « la richesse du dialogue entre sciences et science-fiction et leurs influences réciproques ». L’exposition explore différents aspects de la SF, voyages dans l’espace, extra-terrestres, robots, utopies et autres grandes thématiques du genre, via des livres, des films, des animations, et tout un tas d’objets devant lequel nul geek ne peut décemment résister.


J’avoue avoir plus prêté attention aux objets, et aux extraits de livre et de film qu’à l’aspect Science en lui-même, mais il y avait tellement de choses à voir : des costumes et des objets issus de films, des manuscrits d’auteurs, des maquettes, des bouts de films qui réveillent des tas de souvenirs (ou éveillent l’envie de les voir, au choix)…


Bref, question iconographie autour de la SF à travers les âges, de Jules Verne à Matrix en passant par toutes les couvertures bien kitchs des pulps, on est servi. Il y a même un roman d'Emile Zola ! Et même si comme toujours on relèvera l’absence d’untel dont on aurait aimé entendre parler, la richesse de l’exposition compense amplement.


Le catalogue de l’exposition, à un prix abordable (30 euros), déborde également d’images si bien que je n’en ai toujours pas lu le moindre mot à part l’introduction (remarquez je ne suis pas sûre d’avoir jamais lu un catalogue d’exposition en fait, mais c’est l’occasion de s’y mettre).


Je ne vous fais pas un dessin, pour les amateurs de SF, c’est une exposition à voir, à revoir même (j’hésite à y retourner un jour plus calme pour mieux profiter des animations comme ce jeu pour voir si on fait un bon psychoroboticien, Asimov quand tu nous tiens…), en plus, c’est bien plus beau que sur mes photos miteuses !


Et n’hésitez pas à visiter le site internet plutôt riche également.

lundi 8 novembre 2010

Le Bon Gros Géant - Roald Dahl


Petit à petit, j'essaye de compléter ma connaissance de Roald Dahl avec ses romans jeunesse que j'ai réussi à ne pas lire lorsque j'étais enfant. Comme avec le Bon Gros Géant que j'ai déniché chez les bouquinistes pour moins d'un euro, et qui trainait dans ma pile. En fait, je l'ai commencé voilà quelques mois, mais la magie habituelle de Dahl n'a pas fait son effet, du coup je l'ai abandonné un bon moment avant de le terminer enfin.

Le Bon Gros Géant (alias le BGG comme l'auteur l'abrège si bien lui-même) raconte l'histoire d'une orpheline, Sophie, qui aperçoit une nuit un étrange géant se déplacer dans les rues. Hélas, celui-ci la repère et la kidnappe pour l'empêcher de raconter ce qu'elle a vu. Mais pas de panique, car son kidnappeur n'est autre que le BGG, un gentil géant qui ne mange pas les humains, mais préfère leur souffler des rêves pendant la nuit.

J'ai eu du mal à rentrer dans l'histoire, pourtant on y retrouve tout ce qui fait le charme des romans de Roald Dahl d'ordinaire, à savoir un enfant ordinaire et de préférence orphelin qui découvre un univers extraordinaire. J'avoue avoir même peiné sur la première partie un peu lourdingue où Sophie découvre le pays des géants.

Il faut dire que le Géant n'est pas très éduqué bien qu'il ait appris à lire, et utilise les mots à sa façon qui n'est pas sans rappeler celle du Prince de Motordu. Je ne devais pas être très bien disposée envers le procédé à ma lecture, parce que j'ai pratiquement trouvé ça insupportable. Même si c'est brillamment fait (et bien rendu dans la traduction à priori).

En fait j'ai plus aimé la deuxième partie où le BGG et Sophie passent à l'action, et qui contient des passages bien truculents typiques de Roald Dahl, ne serait-ce que le petit déjeuner avec la Reine d'Angleterre qui m'a bien fait rire, surtout pour la description du maitre d'hôtel.

Du coup je ne sais pas trop quoi penser. A mon avis c'est un bon Roald Dahl, mais peut-être s'apprécie plus avec des jeunes yeux, et surtout lu d'une traite et sans interruption. Il faudra peut-être que je réessaye.

CITRIQ