dimanche 31 octobre 2010

Le jour la nuit - Tanith Lee


Le problème quand on aime un auteur, c’est qu’on a tendance à vouloir lire toute son œuvre, et donc à chasser les titres épuisés chez le bouquiniste. Dans le cas de Tanith Lee, autant je suis furieuse que certaines de ses œuvres ne soient plus disponibles (Dieu merci le Dit de la Terre plate n’en fait plus parti), autant pour certains titres, je comprends que personne ne se soucie de les remettre en rayon.

Le jour la nuit tombe dans cette catégorie. En même temps, je cherchais un peu les ennuis. Ce roman a été édité dans la collection « Super + fiction » de Albin Michel en 1982. Avec une couverture horriblement métallisée au point d’avoir des taches de rouille (véridique !). La quatrième de couverture compare Tanith à six autres « grandes dames de la SF », et bien dans le tas il y en a deux que je ne connais pas, et deux que je n’ai jamais lu et dont les livres n’ont pas été réédités depuis un moment. Tout un programme !

Sur une planète qui ne tourne pas sur elle-même (ça doit être ma période, c'est pareil dans le Monde Vert), Vel Thaidis vit dans un palais doté de tout le confort moderne sur la face éclairée de la planète. Elle aurait une vie parfaite si le meilleur ami de son frère ne la mettait pas si mal à l’aise.

Cependant, l’histoire de Vel Thaidis, c’est aussi l’histoire que raconte Vitra, la Fabulaste, aristocrate vivant dans un palais sur (enfin plutôt sous) la face obscure de la planète, et dont la mission est d’abrutir la masse populaire avec ses Fictions (subtile analogie télévisuelle non ?).

Et c’est ainsi que s’articule chaque chapitre, qui consacre la moitié de ses pages au monde de Vel Thaidis (juste une histoire ?) et l’autre moitié au monde de Vitra, des étranges similitudes se tissant petit à petit entre ces deux univers opposés qui semblent également être les deux faces d’une même pièce.

Comme d’habitude chez Tanith Lee il y a une certaine ambiance baroque qui fait plaisir à lire, avec ces personnages de nobles riches et décadents qui règnent sur une masse de pauvres gens miséreux. Comme souvent avec elle on est à mi-chemin entre fantasy et science-fiction, avec toutes ces technologies et en même temps une fresque qui évoque (de loin) ce qu’on trouvera dans le Dit de la Terre Plate (avec ces très riches et ces très pauvres, ces palais et ces taudis façon conte de fées).

J’ai eu un peu de mal à rentrer dans l’histoire, mais une fois l’alternance entre deux intrigues clairement fixées, j’ai bien apprécié de suivre les péripéties qui se reflètent d’un côté et de l’autre. En fait, Le jour la nuit n’est pas un mauvais livre, mais c’est un livre qui a pris un sacré coup de vieux.

Je trouve le côté science-fantasy un peu désuet (et elle en a écrit un paquet dans ce genre d'univers, ça devait vraiment être la mode dans les années 70-80), et j’avoue avoir été assez peu satisfaite de la fin, qui m’a laissé dans le même état sceptique que les deux protagonistes principaux lorsque l'histoire s'arrête. Là encore, je soupçonne le coup de vieux. Il faudrait vraiment que je me lance dans du Tanith Lee en VO pour pouvoir lire ses ouvrages les plus récents, parce que les fonds de tiroir des parutions françaises, c’est quand même pas fantastique…

CITRIQ

samedi 30 octobre 2010

Le sang d'immortalité - Barbara Hambly


Je dois avoir un problème dans ma tête, la plupart des livres neufs que j’achète sont condamnés à vieillir sur une étagère un bon bout de temps avant de gagner le droit d’être lu (à part les BD bien sûr). Prenez donc le cas de celui-ci. Un roman de Barbara Hambly (dont j’apprécie beaucoup l’écriture). Deux romans même (le Sang d’immortalité suivi de Voyage avec les morts). Deux romans qui plus est avec des vrais vampires qui boivent du sang humain et crament au soleil.

Prometteur n’est-ce pas ? Je l’ai acheté au Salon du Livre, je l’ai enfin ouvert fin septembre. Je suis un cas désespéré. Ceci dit je n’ai pas été déçue, et une fois rentrée dedans il n’a pas fait long feu, même si j’ai eu beaucoup de mal au début (mais j’étais incapable de lire trois lignes sans y trouver une référence à Doctor Who, obsédée que j’étais par la série ; je me soigne depuis, enfin…)

Le Sang d’immortalité nous emmène à la fin du XIXe siècle, en Angleterre. James Asher, professeur à Oxford et accessoirement ancien espion de son état, est recruté (par le biais d'un odieux chantage bien sûr) par le vampire Ysidro pour faire la lumière (enfin…) sur une série de meurtres de vampires. Pas des meurtres commis par des vampires, mais des meurtres dont les victimes sont des vampires.

On a ici affaire à un véritable roman policier où Asher mène l’enquête, secondé par son épouse Lydia qui n’est pas banale dans son genre (imaginez une femme médecin fin XIXe siècle début XXe siècle). On rencontre les suspects, on visite les lieux du crime, on fait des recherches dans les archives…

En toute honnêteté je regrette presque d’avoir été aussi distraite dans les premières pages, parce que l’auteur ne facilite pas la tâche du lecteur (c’est peut-être là son seul défaut), et je me suis retrouvée un peu égarée dans l’atmosphère noire et brumeuse du roman.

Ceci dit c’est une ambiance délicieuse. Déjà il y a l’époque où se situe le roman : révolution industrielle plus qu’accomplie, la Londres engloutie sous la fumée comme dans les Sherlock Holmes, et surtout ces années 1900 avec toutes ces alliances de fou entre les Etats qui conduiront plus tard à la première Guerre Mondiale.

Et puis les vampires : des vrais, des sanguinaires, des qui fuient le soleil et qui craignent l’argent. Avec plein de nuances bien sûr, ils sont fous pour la plupart, et dangereux comme jamais. Ca faisait très longtemps que je n’avais pas lu une vraie et bonne histoire de vampires, à part Riverdream. Barbara Hambly les traite de façon très fantastique, tout en y ajoutant une approche scientifique plus inattendue qui donne au livre un petit parfum steampunk plutôt chouette.

Le Sang d’immortalité est un bon roman de vampires, très bon même, et il change agréablement de toute la bit-lit qui envahit les rayons. Mais le meilleur est à venir, puisque l’édition Mnémos inclut également Voyage avec les Morts, sa suite.

Si j’avais aimé le premier, j’ai adoré celui-là. Imaginez un peu, on prend les mêmes et on recommence. Enfin plutôt, on voyage à travers toute l’Europe, de Londres jusqu’à Constantinople en passant par Paris et Vienne dans les années 1900. C’est juste magnifique.

Ce roman-ci se concentre plus sur Lydia, ce qui m’a beaucoup plu. C’est une femme plutôt étonnante, très humaine, intelligente mais parfois bornée et dépassée par les évènements. Bref, on s’y attache très vite. Je ne vous en dis pas plus pour vous réserver la surprise, mais c’est un roman qui m’a happé. Comme l’intrigue est globalement bien plus simple, on la suit bien plus facilement, et on se laisse même emporté par ce voyage, aussi fascinant qu’effrayant par moment.

Bref une fois encore, Barbara Hambly ne m’a pas déçu. Une belle ambiance historique (bien documentée à mon avis), des personnages particuliers et attachants, une chouette interprétation du mythe du vampire classique mais avec quelques ajouts sympas, un léger parfum de steampunk… que demander de plus ?

CITRIQ

mercredi 27 octobre 2010

Des hommes et des dieux - Xavier Beauvois


Ca faisait bien deux mois que je n’avais pas mis les pieds dans une salle de cinéma, ça fait bizarre. Il faut dire que le programme n’était pas bien alléchant dernièrement. Mais ma tata voulait absolument voir Des hommes et des dieux, ma maman me le recommandait, du coup après trois semaines de rendez-vous ratés, j’ai enfin réussi à le voir…

D’habitude ce n’est pas trop mon genre de film, préférant nettement fréquenter les cinémas pour me changer les idées avec des films pop-corn et non pour me plomber le moral, mais je suis contente d’avoir fait exception cette fois-ci.

Des hommes et des dieux revient sur l’histoire des moines de Tibhirine, en Algérie, assassinés dans des circonstances encore obscures dans les années 90. Plutôt que d’étudier les dites circonstances, le film se contente de retracer la vie de ces moines, la routine quotidienne du monastère, leurs relations avec les habitants des environs, et leurs réactions face à la montée de la violence et la possibilité que leurs vies soient en danger.

Evidemment, on regarde tout ça avec un nœud au ventre, la conclusion étant évidente. Cependant, ce n’est pas forcément ce qu’on retient du film, qui se révèle incroyable riche sur bien des aspects, ceux-ci différant à mon avis selon qui le regarde.

Pour ma part, j’ai beaucoup apprécié ces petites scènes de vie, avec toutes les interactions entre les moines et les gens qui les entourent : les visites chez le médecin, le marché, les travaux de maçonnerie… La scène qui m’a le plus frappée est celle où on voit une jeune fille assise sur un banc à côté du frère médecin, discutant avec lui de ce qu’est l’amour (comme je le disais à ma tante, c’est bien la dernière personne à qui j’aurais posé la question).

A côté de ça, tout le cheminement de pensée des moines est très émouvant. Honnêtement je m’attendais (et je craignais un peu) une approche très religieuse, mais on en est loin. Certes on assiste à de nombreuses célébrations liturgiques, mais elles s’insèrent dans une vie quotidienne bien remplie entre repas, travaux et discussions.

C’est surtout des personnages très humains qui sont présentés, avec leurs qualités et leurs défauts, leurs inquiétudes et leurs interrogations (faut-il partir ou pas ?), leurs moments de doute, et leurs petits plaisirs (les frites lors d’un repas, ou le Lac des Cygnes). Et puis, ce qui ressort avec une force incroyable, c’est leur générosité, leur gentillesse et leur ouverture d’esprit, lorsqu’ils discutent religion avec leurs voisins musulmans.

(Pour la petite anecdote mes voisines dans la salle de cinéma n’arrêtaient pas de papoter au point que j’aurais voulu les frapper, ou à défaut, leur hurler de la fermer, mais j’aurais trouvé ça terriblement peu en adéquation avec le pacifisme des moines du coup je me suis abstenue)

Ce qui frappe également dans Des hommes et des dieux, c’est que le film ne porte aucun jugement sur rien ni personne. Il donne à voir un pays, une population, des conflits, des gens, des religions, des actes et des paroles. Il évoque des tas de choses, y compris le lourd passé de la colonisation en à peine quelques mots, mais il se garde bien de donner son avis sur quoi que ce soit, et cela, il le laisse au spectateur.

Je pourrais d’ailleurs sans doute continuer sur plusieurs pages, surtout qu’une semaine plus tard son ombre plane encore dans mon esprit, mais tout simplement, allez le voir pour vous faire votre propre idée. C’est un beau film, vraiment.

mardi 26 octobre 2010

Scott Pilgrim 1-3 - Bryan Lee O’Malley


1. Scot Pilgrim : Precious little life
2. Scott Pilgrim vs the world
3. Scott Pilgrim & the infinite sadness

Comme j’avais beaucoup entendu parler de cette série, pendant que son adaptation cinématographique se fait attendre, j’ai décidé de me mettre aux comics pour me mettre en appétit. Comics qui sont au demeurant assez étrange : petit format, pas de papier glacé, en noir et blanc, complètement à l’opposé de ce que je lis d’habitude donc. Pour un peu je m’attendais à un sens de lecture inversé d’ailleurs !

Côté style graphique, c’est assez sommaire également, mais plutôt plaisant une fois qu’on est rentré dans l’histoire. Le seul point négatif, c’est que les personnages ne sont pas forcément évidemment à différencier, ayant souvent la même tête.

Mais c’est excellent comme série, dès le premier chapitre. Pas tant à cause du pitch de Scott Pilgrim qui doit vaincre les sept petits amis maléfiques de sa chère et tendre, mais plutôt dans la façon dont tout cela est raconté.


Le tome 1 commence sur une sorte de teen-movie avec des échanges bien mordants entre potes et des romances à l’eau de rose. Si ce n’est pour le mode de déplacement particulier de Ramona Flowers, on jurerait qu’on est dans un monde normal.

Et tout à coup avant même de comprendre de quoi il en retourne, sur la fin du tome 1, on bascule dans une forme de grand n’importe quoi à mi-chemin entre le jeu vidéo et l’histoire de super-héros où Scott se castagne avec le premier petit copain maléfique de Ramona.

Les deux tomes suivants suivent la même recette, avec ce jeu déjanté où on bascule sans cesse d’une parfaite normalité avec parfois des passages plutôt émouvant à des délires complètement hallucinants, notamment sur les combats. A cela il faut ajouter une bonne dose de second degré, notamment quand l’auteur met en valeur ses propres ficelles pourries : « Ce qu’il me faut, c’est une sorte de… genre… un deus ex machina tout bidon de dernière minute ! »

Bref, c’est un peu confus, voir complètement barré, autant dire que c’est le genre de délire qui me plait tout à fait. La galerie des personnages est sacrément tartinée, et les dialogues sont plutôt succulents dans leur genre, je me suis même surprise à rire franchement dans certains passages. Vivement la suite !

CITRIQ

dimanche 24 octobre 2010

Museogames


Oh un article qui ne parle pas de Doctor Who ! Bon en fait celui de la saison 5 est bouclé depuis longtemps et prêt à être publier, mais on m’a subrepticement fait remarquer que ça devenait répétitif alors je vous offre une petite récréation sous forme d’un compte rendu d’exposition.

Jusqu’au 7 novembre au musée des Arts et Métiers se tient Museogames, une exposition sur les jeux vidéo, et comme on a pas souvent l’occasion de voir ce genre de choses (surtout que le musée du jeu vidéo qui avait ouvert à la Défense cette année a dû fermer genre une semaine après et est en recherche de nouveaux locaux si je ne m’abuse), je me suis embarquée avec Tigger Lilly et Elysio pour voir à quoi diable une expo de jeux vidéo peut ressembler.

Avant toute chose il faut savoir que la visite se fait par créneau horaire de 1h30, alors autant bien calculer son coup. En arrivant à 13h, vous pouvez rester jusqu’à 14h30, après quoi on vous met dehors. Vous allez me dire, 1h30 ça peut sembler beaucoup (surtout pour une expo composée d’à peine trois salles), mais croyez-moi, on ne voit pas le temps passé, surtout entre amis.

On commence comme dans toute expo par quelques panneaux introductifs sur le jeu vidéo , dont deux avec des définitions pour s’y retrouver. Petite mise à niveau sympa pour les novices dans le domaine, j’ai bien aimé apprendre que software était la « traduction de logiciel » (stricto sensu ce n’est pas faux, mais c’est plus juste dans l’autre sens !). Oui j’aime chercher la petite bête… Le jeu est bien sûr de trouver le mot dont vous ignorez le sens. Si vous n’en trouvez aucun, bravo vous avez gagné le droit de passer à la salle suivante !

On y accède par un couloir qui, faites attention, peut faire naitre un fort sentiment de nostalgie, puis qu’il expose tout un tas de consoles, de jeux et d’objets divers liés au jeu vidéo (et pas que, on y trouve aussi un téléphone pas tout jeune, comme égaré). Accessoirement les risques de prendre un coup de vieux à la vue des manettes archaïques ne sont pas négligeables. Et encore, je n'y ai pas vu de Dictée magique.

La deuxième salle est celle où on est susceptible de passer le plus de temps. On y trouve une vingtaine d’écrans, de manettes, de fauteuils, quelques explications sur les consoles. Il n’y a qu’à s’asseoir, lire les explications du jeu et en avant !

On y trouve à peu près tous les classiques du jeu vidéo : space invader, FPS, combat, plate-forme, le Pong, Pac-man et les lemmings bien sûr, sans oublier Tetris, Mario et Sonic. Les seuls genres qui ont été laissés de côté sont les jeux d’aventure et les rpg, mais je comprends qu’ils ne se prêtent pas trop à des séances de jeu minute.

C’est là où l’expo se révèle plutôt surprenante, on n’est pas là pour voir quelque chose, on est là pour jouer. Je n’ai pas tout testé, mais je me suis offerte une petite bouffée de nostalgie avec Rogue Leader sur Gamecube (qui a duré 3 minutes le temps de me crasher sur Tatooine, moi et les manettes ça fait cinq, je ne pratique les jeux vidéo que sur PC !). Et Pong se révèle être un classique indémodable, surtout joué avec une manette composée uniquement d’un bouton à tourner, ce qui demande un temps d’adaptation pour les habitués des claviers.

Mais prenez garde à l’heure, car il ne faut pas hésiter à visiter la dernière salle qui contient les bornes d’arcade (et nul besoin de pièces pour y jouer). C’est un peu là que j’ai eu la révélation devant Time traveller, un jeu holographique en full motion vidéo où l’on joue un cow-boy qui voyage à travers le temps, qui a intérêt à avoir de sacrés réflexes s’il veut passer le premier niveau.

Une charmante jeune femme courtement vêtue vous explique le principe du jeu, on se fait attaquer par des punks, des hommes préhistorique et Dieu sait quoi d’autres, un simili-Merlin vient vous faire la morale quand vous mourrez (« la prochaine fois, essaie de sauter ! »), il est possible de remonter le temps pour éviter sa mort si on a un reversale cube où je ne sais quoi… bref un jeu complètement hallucinant à ne pas rater !

Rien que pour ça l’exposition vaut le coup. Vous pouvez en voir des extraits sur cette vidéo si ça vous intéresse. Pour le reste j’ai trouvé que l’exposition donnait plus à voir (enfin à jouer) qu’à mettre en perspective, mais c’est aussi parce que le contenu plus « intello » n’est pas vraiment mis en valeur. Ceci dit le site internet a l’air d’avoir un contenu plutôt riche sur le sujet. M’en vais étudier ça à l’occasion.

Et en toute honnêteté, l’entrée n’est pas excessive (5,50 euros en plein tarif), et rien que la perspective de passer 1h30 à tester à loisir des jeux vidéo anciens ou récents entre amis ou tout seul vaut bien la peine d’aller y faire un tour. Je penserais juste à réviser ma pratique de Pong pour la prochaine fois.

mercredi 20 octobre 2010

Doctor Who - Saison 4 Specials


Normalement j’aurais dû traiter ces quatre épisodes avec la saison 4, mais vu la longueur de ma précédente chronique, et leur statut un peu à part de la saison, autant leur faire leur propre article. On a jamais assez de Doctor Who de toute façon (enfin quand on aime bien sûr). Comme d’habitude, les spoilers sont de la partie, alors inutile de lire si vous ne les avez pas vu, à moins de vouloir vous gâcher le plaisir.

The Next Doctor

J’ai l’impression qu’on va vers des épisodes de Noël moins fous, ceci dit cela n’enlève aux qualités de celui-ci, qui est vraiment excellent. Il m’a surpris à plusieurs reprises par certains de ses retournements, et aussi parce qu’il arrive à mettre en scène un Docteur seul (alors que dans Voyage of the Damned ça ne fonctionnait pas, pas plus que l’adjonction d’une compagne d’un épisode).

Le concept de l’autre Docteur est plutôt bien trouvé, et donne lieu à des moments bien funs (la séquence avec la corde, le tournevis « sonique », la montgolfière…). De tous les dingues du Docteur, on n’avait pas encore eu le droit au type qui se prend pour lui mais quel grand moment (surtout que ça n’est pas révélé de suite, le début a comme un parfum de Time Crash). Avec en plus un final plutôt émouvant où le Docteur accepte de partager un repas de Noël, on a vraiment un chouette épisode.


Planet of the Dead
Pas grand-chose à dire celui-là, il est extrêmement classique dans son histoire. Je n’ai pas accroché des masses à Christina à qui il manquait quelque chose (j’aurais bien aimé la voir ramasser le diamant que jette le Docteur parce que quelle voleuse y résisterait franchement ?), même si certains de leurs échanges sont chouettes. C’est sans doute le côté « parvenu » qui me dérange, comme dans Voyage of the Damned. Bon ceci dit le bus volant, le Docteur qui parle insecte, et Malcom son fan offrent de petits moments bien rigolos.


The Waters of Mars

Beaucoup aimé celui-là. C’est marrant parce que Doctor Who est une série qui vous emmène voir la fin du monde, l’autre bout de l’univers et toutes ces choses merveilleuses, mais quand elle s’arrête pour nous montrer la première base terrienne sur Mars, ce qui est une extrapolation plutôt classique et réaliste en comparaison c’est juste magique. Enfin moi j’ai été complètement sous le charme, ça m’a rappelé plein de lectures de mon enfance en plus.

J’ai beaucoup aimé le personnage d’Adélaïde, qui est incroyable dans son genre. Y’a pas à dire, mais cette série sait vraiment écrire de très bons personnages féminins (pas que hein, mais c’est une remarque que je me suis souvent faite en regardant les différentes saisons). Elle apparait dans un seul épisode, et pourtant je ne suis pas prête de l’oublier.

Le final m’a beaucoup surpris. Je trouvais dur le côté résigné du Docteur tout au long de l’épisode, mais son changement d’avis met très mal à l’aise, et rappelle qu’il marche en permanence sur le fil du rasoir lorsqu’il décide de sauver ou non des vies. Donna n’a vraiment pas tort quand elle dit qu’il a besoin de quelqu’un pour brider ses cotés les plus sombres.


The End of Time
Je l’attendais au tournant celui-là, forcément c’est le dernier épisode avec David Tennant, d’office ça promet d’être horrible. Vous vous rendez compte, changer de Docteur ? J’ai trouvé la première partie un peu longue et pas toujours très claire, même si le retour du Master, c’est que du bonheur (j’aime leurs confrontations toujours complètement inattendues, et le grand délire quand la Terre se retrouve peuplée uniquement par lui).


La deuxième partie, plus limpide est très bonne, avec un peu plus d’action, de suspense (notamment sur les fameuses « quatre fois » dont on se demande qui va les produire au final) et d’émotion aussi. On découvre plein de choses sur notre Docteur, et sur le reste des Time Lords (dont il a choisi de se souvenir des bonnes choses uniquement).

Ce qui est chouette, c’est que la conclusion prend son temps, avec le Docteur qui rend visite à tous ses anciens compagnons, pour mieux boucler la boucle. J’ai beaucoup apprécié quand il rend visite à Jack dans un remake de la cantina de Mos Eisley, puis son apparition au mariage de Donna, pour finir par Rose comme pour mieux boucler la boucle.

« This song is ending. But the story never ends. »


La fin est vraiment émouvante, et je suis plus que triste de voir partir David Tennant. Il a vraiment été un excellent Docteur, extrêmement riche, drôle, émouvant, torturé, plein de nuances, et je ne suis pas prête de l’oublier. Comme pour beaucoup, c’est « mon » Docteur.

Les deux minutes où on voit apparaitre le petit nouveau (Matth Smith) qui le remplace ne permettent pas encore de me faire une idée, mais je pense qu’il me faudra un petit temps d’adaptation (que je peux confirmer vu qu’à l’heure où je complète cet article, j’en ai fini de la saison 5).


En passant et parce que je ne sais pas si j’oserais faire un article uniquement musique, je salue une fois de plus le travail de Murray Gold sur ce dernier épisode (en plus des quatre saisons, la 5e j’attends de pouvoir la disséquer pour me faire une idée plus précise). La bande-originale des trois premiers specials est bien sympa (comme toujours), mais pour le dernier il y a des perles. Tout particulièrement le Vale Decem qui accompagne la régénération du Docteur (à écouter ici). Elle me file des frissons dans le dos celle-là, avec sa réinterprétation du thème du Docteur version chœurs puissants. Définitivement le genre de truc qu'on pense trouver dans une série télé...

On se revoit très vite pour la saison 5, et d'ici là, Geronimo !

dimanche 17 octobre 2010

Boucle d'or et les sept ours nains - Emile Bravo


Non, ne vous inquiétez pas, je ne retombe pas en enfance (enfin pas plus que d’habitude). Je cherchais désespérément un album pour offrir à mon filleul, vu que c’est son anniversaire aujourd’hui (enfin techniquement c’était hier mais c’est aujourd’hui qu’on fête ça en famille, la veille c’était avec les copains, faut pas plaisanter). Et après avoir errer dans les rayons telle une âme en peine, j’ai trouvé ce petit bijou coincé entre deux remix de contes classiques.

Le titre me plaisait déjà beaucoup, et en plus, l’auteur n’était autre que Emile Bravo (le Journal d’un ingénu, Jules ou l’imparfait du futur). Là je me suis dit « tu tiens quelque chose ». Je l’ai donc lu, pour vérifier. Et au bout de deux pages j’étais déjà amoureuse.

Boucle d’or et les sept ours nains raconte l’histoire de sept ours nains qui trouvent endormie sur leurs lits une géante, et s’en vont chercher un prince tueur de géants pour les en débarrasser. Emile Bravo s’est ainsi amusé à raconter un conte de fées à sa façon, c'est-à-dire en mélangeant tous les classiques.

De Blanche Neige aux Trois petits cochons en passant par Le joueur de flûte de Hamelin, le Petit Chaperon rouge et j'en passe des meilleurs, le récit est plus que truffé de références (dont certaines me sont apparues uniquement en deuxième lecture), du coup on a la fois une histoire bien rigolote pour les petits, et plein de petites allusions pour les plus grands. Sans parler des dialogues.

« Bonjour, je suis le dératiseur.
- On a besoin de rien, merci !
- Vous avez tort ! Ma flûte est très efficace ! Le résultat est garanti !
- Tût ! Tût ! C’est pipeau et compagnie votre truc ! »

Coté graphisme, c’est de la BD (tout à fait ce que je cherchais pour mon filleul en plus), et les dessins sont plutôt trognons, vifs et colorés, bref, je ne suis pas peu fière de ma trouvaille.. D'ailleurs, si ça ne lui plait pas, je le garderais pour moi, non mais oh ! En plus, j’ai vu qu'Emile Bravo avait réalisé deux autres albums dans le même genre, La belle aux ours nains et La faim des ours nains. Il faut que je mette la main dessus.

CITRIQ