Pages

samedi 30 novembre 2013

La stratégie Ender - Gavin Hood


Roman d'Orson Card paru il y a bientôt trente ans, La stratégie Ender est une formidable histoire, prenante et intelligente, qui m'a beaucoup marquée lorsque je l'ai lu. J'ai tendance à le considérer comme un classique, le genre de texte à mettre dans toutes les mains (d'autant plus qu'il est très accessible). Du coup j'étais assez contente de la voir porté au cinéma pour que d'autres personnes puissent le découvrir à leur tour.

L'adaptation cinématographique est on le sait un art délicat (que les studios américains pratiquent généralement au bulldozer et au tractopelle). On ne peut jamais rendre complètement compte d'un livre à l'écran, tout au plus en donner un aperçu tronqué ou biaisé.

En général je suis plutôt bon public face aux adaptations. Les changements ne me dérangent pas tant qu'ils ont du sens et qu'ils ne trahissent pas complètement l’œuvre d'origine. Par contre j'aime que les adaptations soient audacieuses et apportent un petit quelque chose en plus. C'est ce qui manque dans cette adaptation de La stratégie Ender.

L'histoire suit fidèlement celle du livre, se contentant d'occulter la partie moins visuelle de l'intrigue (les aventures politiques de Peter et Valentine). Oh bien sûr, quelques changements ont été fait : Ender est plus vieux, Anderson est une femme... mais globalement on s'y retrouve, tout au plus a-t-on l'impression d'avancer au pas de course par rapport à un livre qui s'étalait sur plusieurs années.

Le casting est fort sympathique, l'esthétique plutôt chouette (le rendu du Jeu d'Ender m'a bien plu) et les scènes de bataille ont de la gueule (j'aime beaucoup tous ces combats « en grappe », ça change de ce qu'on voit d'habitude).

(Par contre j'ai parfois trouvé les passages en apesanteur complètement ridicules, je blâme complètement Gravity qui est tellement beau et gracieux qu'à côté tout vous semble moche)

Pour le spectateur lambda, La stratégie Ender est donc un honnête blockbuster, doté d'un scénario intéressant et qui ne tombe (pas trop) dans les clichés, vu qu'on échappe quand même à ce qui semblait être l'inévitable romance avec l'une de ses camarades.

Par contre pour le lecteur du livre, il ne présente guère d'intérêt et se révèle beaucoup moins intense que le livre. Parce que le rythme est plus rapide, parce qu'on est plus dans la tête d'Ender, parce que celui-ci est plus âgé... du coup les émotions que j'ai eu devant le film n'étaient pas vraiment liées aux images, mais plus aux souvenirs de lecture que celles-ci évoquaient.

C'est un peu le problème avec les adaptations comme celle-ci. On ne peut pas vraiment leur faire de reproche sur le fond, mais le résultat est un peu trop plat pour rester durablement en tête. Un film sympathique donc, une occasion de découvrir un classique de la SF, mais pas un grand moment de cinéma !

(contrairement à Gravity allais-je conclure... je commence à croire que Cuarón va me pourrir durablement mes séances de cinéma à avoir mis la barre si haut !)

jeudi 28 novembre 2013

Alcatraz contre les infâmes bibliothécaires - Brandon Sanderson


A la fin du mois d’octobre, alors que j’avais le moral dans les choux, Olya m’a fait un très joli cadeau d’anniversaire en avance : Alcatraz contre les infâmes bibliothécaires, premier tome d’une série de romans jeunesse signés Brandon Sanderson.

Forcément, avec un titre comme ça, je ne pouvais que me jeter dessus, ne serait-ce que pour y chercher des idées pour pimenter la vie de mes lecteurs. Malheureusement nous nous sommes récemment débarrassés de notre encyclopédie papier au boulot, je ne pourrais donc pas m’en servir pour construire un autel pour sacrifier les lecteurs en retard !

Alcatraz contre les infâmes bibliothécaires nous raconte donc l’histoire d’un jeune homme de 13 ans (classique), orphelin (classique), cynique et accessoirement doté d’une telle capacité à casser les choses qu’on aurait du mal à prendre ça pour de la maladresse (là par contre c’est plutôt original).

Le jour de ses treize ans, après avoir cassé par mégarde la cuisine de sa famille d’accueil (ce qui lui promet de changer encore de foyer), Alcatraz reçoit un étrange paquet envoyé par ses parents, puis la visite d’un vieux fou qui se prétend son grand-père et l’embarque dans une aventure folle pour lutter contre les infâmes bibliothécaires qui cherchent à contrôler le monde.

Alcatraz découvre donc qu’il a une famille, que la Terre est bien vaste qu’il ne l’imaginait (il ne faut jamais croire ce que disent les livres, après tout ils sont contrôlés par les bibliothécaires). Par ailleurs, il apprend que sa capacité à casser les choses est en fait un authentique Talent (bref son pouvoir est magique).

Il y a un petit quelque chose de Roald Dahl dans ce Alcatraz contre les infâmes bibliothécaires : l’humour, la réécriture subversive de la réalité, l’association grands-parents/petits-enfants contre des adultes méchants ou ignorants… Avec une référence pareille, vous comprendrez qu’on a affaire à un excellent texte pour la jeunesse.

Ce qui est chouette dans ce roman, c’est qu’on a affaire à un héros qui est vraiment l’adolescent typique presque normal, auquel il est très facile de s’identifier. Il évolue au cours de son aventure, mais il ne devient pas soudainement un grand héros, il apprend juste finalement à tisser des liens avec sa nouvelle famille et à se servir de son cerveau (au lieu de développer un super-pouvoir qui annihilerait le méchant).

Par ailleurs j’ai beaucoup aimé l’histoire des Talents, parce qu’il y a quelque chose de très réconfortant dans cette transformation de défauts (retard perpétuel, désastre ambulant, incorrigible bavard) en d’authentiques pouvoirs qui peuvent amener à la victoire. C’est un peu une manière de dire qu’on peut tirer quelque chose même de nos pires défauts.

Là-dessus, il faut ajouter une narration absolument délicieuse, raconté par Alcatraz himself avec une chouette mise en abîme sur le récit et sur l’auteur, grâce à de nombreuses remarques pleines de malice sur l’écriture des histoires (le rythme, les fins de chapitre, le suspens, les allusions discrètes de l’auteur…). Bref non content d’offrir une belle aventure, ce roman est aussi un bel hommage à la littérature en général.

Et puis il est difficile pour moi de ne pas m’attarder si tout le détournement qui est fait de l’image du bibliothécaire. C’est quand même assez osé de transformer un stéréotype de personnage généralement effacé en génie du mal, d’autant plus quand il transforme la mission de mise à disposition de l’information en dictature presque orwellienne où les bibliothécaires contrôlent le monde en limitant la connaissance de celui-ci.

Je soupçonne presque Brandon Sanderson d’avoir ciblé son public : quel bibliothécaire pourrait résister à la lecture d’un tel ouvrage ? Du coup il est sûr de trouver son roman dans de très nombreuses bibliothèques (peut-être même en présentoir), et donc d’attirer un maximum de lecteurs. Un plan machiavélique je vous dis !

Bref vous l’aurez compris, Alcatraz contre les infâmes bibliothécaires est un livre qui m’a charmé. C’est drôle, extrêmement bien fichu et diablement intelligent avec ça. C’est donc un excellent titre jeunesse qui peut plaire à à des jeunes comme à des moins jeunes. Je commence du coup à comprendre tout le bien qu’on dit de Brandon Sanderson.

Par contre je ne sais finalement pas si je dois remercier Olya de son cadeau. Après tout, qui va devoir acheter la suite maintenant ?
« Peut-être qu'on vous a déjà donné des conseils de lecture. Peut être même que des amis, des parents, des profs vous ont mis un bouquin entre les mains en vous disant : « Tu dois lire ça ». Ces livres sont systématiquement décrits comme « importants », ce qui, d'après mon humble expérience, signifie qu'ils sont d'un ennui mortel. […]
Si le héros de ce type d'histoires est un garçon, je vous parie à dix contre un qu'il ne part pas à l'aventure se battre contre des Bibliothécaires, des monstres de papier et des Occulateurs Noirs cyclopéens. En fait, notre jeune ami n'aura droit à aucune aventure et ne combattra rien ni personne. Au lieu de ça, son chien mourra. Ou, dans certains cas, sa mère mourra. S'il s'agit d'un roman très sérieux, et le chien et la mère casseront leur pipe. (Apparemment, la plupart des écrivains ont une dent contre les canidés et les mères.) »

CITRIQ

mardi 26 novembre 2013

Doctor Who : autour de l'épisode anniversaire

Oui je sais, « Oh non pas encore ! ». Mais le cinquantième anniversaire d’une série, ça n’arrive pas tous les ans, et je me suis rendue compte en rédigeant mon précédent article que je ne pouvais pas faire l’impasse sur les autres productions liées au 50ème anniversaire. Voilà donc un petit billet qui en fait le tour (estimez-vous heureux que je fasse une synthèse !).


The Night of the Doctor 

Il s’agit d’un de ces « minisodes » qui introduisent assez régulièrement les épisodes de Doctor Who. Souvent simples vidéos anecdotiques, ce n’est pas du tout le cas ici. The Night of the Doctor fait en effet le pont entre The Name of the Doctor et The Day of the Doctor en révélant/confirmant l’identité de ce mystérieux Doctor joué par John Hurt, et ce avec un sacré panache.

C’est bien simple, quand j’ai vu Paul McGann (alias le 8e Doctor) apparaître, j’étais complètement sous le choc. Pourtant il ne m’avait pas vraiment convaincu dans le téléfilm où il apparaissait, mais là en trente secondes je suis tombée complètement amoureuse, parce qu’il semblait bien plus être le Doctor, et pour le coup j’aurais bien signé pour deux ou trois saisons avec lui (j’ai plus qu’à me mettre aux aventures audios du coup, c’est malin !).

Et puis cette micro apparition est d’une importance capitale, puisqu’elle conclut l’histoire du 8e Doctor (qui restait quand même très floue jusque-là), reconnaissant officiellement dans la foulée toutes ses aventures audios. Dans la foulée, on assiste donc au début de la réunion entre l’ancienne et la nouvelle série, travail qui sera achevé (avec brio) par The Day of the Doctor.

Et tout ça en à peine sept minutes. Comme quoi le format court a encore de belles heures devant lui...

A noter qu’il existe une deuxième prequel à l’épisode anniversaire, The Last Day, mais étant pour le coup assez anecdotique (surtout en comparaison de celle-ci), je ne m’étalerai pas dessus.



An adventure in space and time

Ecrit par Mark Gatiss, An adventure in space and time est un biopic qui revient sur le tout début de la série, depuis sa création jusqu’au départ de William Hartnell. Trois années à peine, mais déjà bien remplies.

C’est sympa de découvrir à quel point c’était une série novatrice dans tous les domaines à l’époque (y compris dans le fait qu’elle était produite par une femme !), et de voir comment tout cela était tourné, dans un mini studio ridicule avec des prises de vue en continu.

D’habitude je ne suis pas forcément très fan des docu-fictions, mais je dois avouer que c’est une approche judicieuse pour un sujet tel que Doctor Who, qui passe son temps à accommoder la réalité à sa sauce. Et il faut reconnaître que la reconstitution en met plein la vue, tout est délicieusement sixties.

Et puis il a la performance de David Bradley, absolument génial en William Hartnell. Autant les autres personnages ne m’ont pas plus touché que ça (j’ai un peu trop les acteurs en tête pour ne pas voir la différence) autant lui m’a bluffé, au point que quand les reconstitutions ont commencé à se mélanger aux extraits de l’époque après le générique, je ne savais plus ce que je voyais !

An adventure in space and time est donc un très joli cadeau d’anniversaire, et si vous n’avez pas le courage de regarder les vieux épisodes en noir&blanc, je vous en recommande vivement le visionnage, pour vous faire une idée du moment où tout a commencé.



The Five(ish) Doctors reboot

Dernier et non des moindres, The Five(ish) Doctors reboot est une hilarante vidéo de 30 minutes qui raconte l’épopée improbables des acteurs jouant les Doctors de l’ancienne série pour apparaître dans l’épisode du 50e anniversaire.

Sans même parler du contenu, je trouve cette initiative (et le fait qu’elle ait été reconnue officiellement) super chouette parce que cela permet d’inclure tous les Doctors dans cette célébration, même s’ils ne pouvaient pas jouer un rôle dans The Day of the Doctor (ça aurait été difficile à justifier scénaristiquement de tous les intégrer).

Et surtout le résultat est juste hilarant. The Five(ish) Doctors reboot, c’est 30 minutes de pur délire où les caméos s'enchaînent et où tout le monde en prend pour son grade (les anciens comme les nouveaux acteurs, et ne parlons même pas de Moffat, Russell T. Davies ou John Borrowman !), avec beaucoup d’affection, et un grand sens de l’auto-dérision.

Du coup, arrivé à la fin, on a bien sûr un sourire ridicule plaqué sur le visage, mais aussi un peu la larme à l'oeil, parce qu’il n’y a bien que Doctor Who qui permet de produire des OVNI pareils !

dimanche 24 novembre 2013

Doctor Who - The Day of the Doctor


D'habitude, j'aime bien faire mes chroniques Doctor Who en collant à la chronologie de l'épisode pour pointer tout ce que j'ai aimé et commenter au fur et à mesure, mais face à cet épisode du 50ème anniversaire, il m'a fallut déclarer forfait dès le départ, c'est chose impossible sous peine d'y être encore à Noël !

Je ne savais pas trop à quoi m'attendre face à cet épisode. J'étais à la fois curieuse et inquiète à l'idée de voir le résultat. Comment réussir à faire quelque chose d'exceptionnel en une durée aussi courte ? L'histoire avec John Hurt en vaudrait-elle la peine ? S'attaquer à la Time War n'était-ce pas un peu risqué ? Billie Piper et Jenna-Louise Coleman allaient-elles se taper dessus pour savoir qui est la meilleure compagne du Doctor ?

Toutes ces interrogations se sont complètement envolées hier soir alors que la diffusion de l'épisode débutait. D'ailleurs c'est un des excellents points de cet épisode anniversaire, d'avoir pu le regarder sur France 4 en même temps que partout dans le monde (en plus si ça peut se faire pour un épisode, ça doit pas être impossible de le faire à l'échelle d'une saison...).


The Day of the Doctor démarre en fanfare avec un onzième Doctor qui enquête sur d'étranges tableaux à la National Gallery, tandis que le dixième Doctor est perturbé dans son pique-nique romantique avec la reine Elisabeth Ière par une attaque de Zygons (des aliens métamorphes).

Leurs aventures respectives (et néanmoins liées) sont cependant perturbées par l'entrée en scène du « War Doctor » (a.k.a. John Hurt, le Doctor 8,5). Celui-ci s'apprête à utiliser le Moment, une arme terrifiante, pour mettre fin à la Time War. Sauf que le dit Moment est une arme consciente (qui prend pour le coup l'apparence de Rose/Bad Wolf), et celle-ci l'envoie visiter son futur pour l'aider dans sa décision.

Plusieurs Doctors, le retour d'UNIT et Kate Stewart, des aliens vilains pas beaux, Gallifrey, du timey-wimey, des blagues sur les tournevis soniques, du personnage historique, un fez... autant dire que c'est un peu Noël avant l'heure !


Commençons déjà par parler du nerf de l'épisode, la présence de trois Doctors (sans parler des caméos divers et variés). L'histoire aurait pu se contenter de mettre en scène les trois Doctors en train de bavasser sur un canapé pendant une heure que ça aurait déjà été génial, alors imaginez un peu ce que ça donne de les voir agir ensemble.

C'est quelque chose qu'on aimerait voir tout le temps, et avec plus de Doctors. Mais je comprends parfaitement que les scénaristes y recours aussi rarement, il serait dommage que ces rencontres deviennent banales à force d'être multipliées. Par ailleurs je trouve que s'être limité à trois Doctors est une bonne chose : les échanges sont équilibrés et vifs sans pour autant devenir confus.

Il y a vraiment une bonne dynamique entre le War Doctor d'un côté et Ten et Eleven de l'autre. J'adore la façon dont ils disputent à un moment (sur leur tenue, leur voix, leur tournevis...), puis se retrouvent à travailler ensemble la minute d'après, parce que finalement ils sont fondamentalement la même personne.

« I'm the Doctor. I'm 904 years old. I'm from the planet Gallifrey in the constellation of Kasterborous. I am the oncoming storm, the bringer of darkness, and you are basically just a rabbit, aren't you ? »
Revoir David Tennant m'a fait vraiment plaisir. Il y a belle lurette que quand je pense Doctor, c'est le visage de Matt Smith qui me vient en premier, mais j'ai trouvé magnifique le fait qu'il saute comme ça de nouveau dans les chaussures du Doctor et qu'on ait l'impression qu'il ne les a jamais quittées.

C'est plutôt malin d'avoir opté pour un Ten proche de sa fin d'ailleurs. J'avais peur que ce soit un jeune Ten (à cause de la présence de Billie Piper), ce qui aurait été moins intéressant à mon avis. Et puis du coup cela permet de s'amuser à raconter son histoire avec Elisabeth Ière, ce qui vaut son pesant d'or en matière de mariage imprévu.

Et puis il forme un duo fantastique avec Eleven. Même s'ils ont chacun leurs tics, leurs costumes, leurs gestuelles, on sent bien qu'au fond ce sont deux êtres torturés très semblables qui dissimulent leur noirceur avec beaucoup d’esbroufe... et s'amusent formidablement à jouer ensemble (que ce soit pour inverser la polarité ou négocier la paix entre Zygons et humains).

« Great men are forged in fire. It is the privilege of lesser men to light the flame... whatever the cost. »
En face de Ten et Eleven, nous avons donc le fameux War Doctor, clairement là pour remplacer Nine. Revoir Eccleston aurait été génial, mais je trouve que son refus de reprendre le rôle a finalement du bon, vu que cela a conduit à cette pirouette scénaristique absolument géniale.

Ce War Doctor n'est pas du tout ce à quoi je m'attendais à vrai dire. J'imaginais un personnage plus brutal, plus sombre. Même si on le voit brandir une arme ou dégommer des Daleks avec son TARDIS, il reste fondamentalement le Doctor : c'est un personnage assez doux, plein d'humour, malin, et bien sûr portant un peu trop le poids des années (et de l'univers) sur ses épaules.

Bien sûr on a aucune idée de tout ce qu'il a pu faire d'horrible pendant la guerre (dans cet intervalle entre le minisode Night of the Doctor et The Day of the Doctor), mais finalement j'ai eu l'impression d'un Doctor comme les autres, qui a surtout été rejeté à cause de la terrifiante décision qu'il a pris pour mettre fin à la Time War.


D'ailleurs parlons-en, de cette Grande Guerre du Temps. A l'origine elle a été inventée par Russell T. Davies lors du redémarrage de la série en 2005. Ca a permis de repartir de zéro et de mettre de côté les anciennes histoires pour ne pas noyer les nouveaux spectateurs. Jusqu'à maintenant c'était un mystère, une ombre dans le passé du Doctor et je ne pensais pas qu'un jour on en viendrait vraiment à l'aborder.

Et c'est là où je trouve que cet épisode fait un superbe travail, parce que sans jamais rentrer dans le vif du sujet (le pourquoi ou le comment de la guerre), The Day of the Doctor fait enfin le pont entre l'ancienne et la nouvelle série.

On voit en effet l'entrée en guerre du 8e Doctor lorsqu'il se régénère dans le minisode The Night of the Doctor (à rattraper d'urgence si vous ne l'avez pas encore vu), et la fin de la guerre avec la régénération du War Doctor en 9e Doctor. Du coup c'est comme un vide qui est enfin comblé.

Et si l'idée de sauver Gallifrey peut sembler un peu présomptueuse (mais ce n'est pas ça qui va arrêter le Doctor), c'est une belle manière de clore en beauté un pan de l'histoire de Doctor Who, et d'en ouvrir un autre avec un potentiel retour des Time Lords.

Je ne sais pas du tout où cela va nous conduire, mais en tout cas cela donne une belle occasion de se renouveler à la série, d'autant plus avec le changement de Doctor à Noël. Du coup The Day of the Doctor n'est pas juste une belle fête d'anniversaire, c'est aussi un sacré tournant dans l'histoire de la série !


Voilà pour les grandes lignes de l'épisode, mais celui-ci ne serait rien sans les multiples clins d'oeil, références et caméos qui abondent tout au long de l'histoire. On peut complètement les ignorer sans que cela nuise si on ne les connaît pas, mais quand on les repère, c'est un véritable festival, un authentique délice, du pur fan service, sans que cela se fasse au détriment de l'intrigue.

C'est cela que j'ai vraiment apprécier dans cet épisode anniversaire : c'est un épisode complet, très bien équilibré. Il vient avec son lot de clins d'oeil, mais ils sont très bien intégrés si bien que cela ne nuit pas à l'histoire. La réunion de Doctors n'est pas juste un prétexte, elle joue un rôle dans l'intrigue, et l'intrigue elle-même est suffisamment bien pensée pour qu'elle impacte sur les saisons à venir.

Pour un épisode pas tellement plus long que d'ordinaire (1h15), c'est une sacrée réussite ! J'espère bien que l'épisode du 100e anniversaire (lorsque je serais en maison de retraite, avec ma canne et mon dentier) sera tout aussi épique !

Et histoire de bien conclure, je ne peux résister à la tentation de vous faire un petit best-of de mes moments favoris dans l'épisode :


(pur combo de référence au tout premier épisode)

- Reverse the polarity !
- It's not working.
- We're both reversing the polarity!
- Yes, I know that.
- There's two of us - I'm reversing it, and you're reversing it back again ! We're confusing the polarity.
« Hang on. Three of you in one cell, and none of you thought to try the door. »
- You told me the name you chose was a promise. What was the promise ?
- Never cruel or cowardly.
- Never give up, never give in.
- You're not actually suggesting that we change our own personal history?
- We change history all the time. I'm suggesting something far worse.
- What, exactly?
- Gentleman, I have had 400 years to think about this. I've changed my mind.
- All 12 of them !
- No, sir... all 13 !
- I never forget a face.
- I know you don't, and in years to come, you might find yourself revisiting a few.
(Tom Baker !)
Bon on n'a plus qu'à prendre rendez-vous pour Noël ! En attendant, si vous êtes passés à côté, je vous conseille l'excellentissime The Five(ish) Doctor Reboot, un complément d'épisode absolument hilarant avec encore plus d'anciens Doctors, encore plus de caméos improbables, et une forte probabilité que vous ne voyiez plus certains passages de The Day of the Doctor de la même façon après !
« My journey is the same as yours, the same as anyone's. It's taken me so many years, so many lifetimes, but at last I know where I'm going, where I've always been going. Home...the long way round. »

vendredi 22 novembre 2013

Timeville - Tim Sliders


Parfois, on a des expériences de lecture affreuses, comme lorsque tout le monde vous parle d’un livre génial (Lune, Cornwall et Spocky), ce qui vous donne envie de le lire. Sauf qu’à la lecture, la sauce ne prend pas, et au final on se demande un peu quel est notre problème !

Timeville est un roman qui s’amuse à transporter une famille des années 2010 (une mère chirurgienne et un père cuisiner de renom en plein divorce, leur fille en pleine crise d’ado et leur jeune fils… lui ça va en fait !) au tout début des années 80. Voilà que la mère se retrouve infirmière, le père à la tête d’une brasserie et la fille doit apprendre à vivre sans téléphone portable, aïe aïe aïe la galère !

Ce roman est d’une efficacité redoutable : chapitres courts et rythmés, dialogues qui fusent, humour, si bien qu’on avale les pages sans même s’en rendre compte. C’est vraiment le genre de texte qui est plaisant à lire, extrêmement divertissant et pas prise de tête pour deux sous.

Cependant j’ai eu un peu de mal à l’apprécier à fond. J’ai trouvé l’histoire longue à démarrer, noyée sous un côté « catalogue des clichés des années 80 », et la fin insatisfaisante, trop sirupeuse et donnant finalement peu d’explications (vous noterez que j’ai donc apprécié le milieu, quand un semblant d’intrigue se développe et que les années 80 deviennent un décor et non l’élément moteur de l’intrigue).

Quelque part je pense que j’aurais peut-être plus apprécié l’histoire si j’avais réussi à mettre mon cerveau en veille, au lieu de m’interroger sur les mécanismes de ce voyage étrange dans le temps (vu qu’en fait il n’y en a pas vraiment).

On va donc en conclure que Timeville n’était pas fait pour moi, ce qui est un peu dommage parce que j’aimais bien le concept. Il semblerait que tous les voyages dans le temps ne sont pas bons à faire !

CITRIQ

mercredi 20 novembre 2013

Le guide Steampunk - Etienne Barillier et Arthur Morgan


Le mois dernier après avoir terminé Métronome, je n’avais qu’une envie : lire un essai digne de ce nom pour oublier ça. Et ça tombait à pic, j’avais justement ce petit guide d’ActuSF dans ma PàL depuis un moment. Vous n’avez pas idée quel plaisir j’ai eu à lire ce livre qui est réellement construit (c’est incroyable ce qu’un plan cohérent peut faire à votre humeur).

Le guide Steampunk est donc un petit livre format poche, qui en l’espace de 300 pages offre une balade exhaustive sur le sujet : histoire et présentation du genre (qui est aussi un mouvement, une esthétique, bref débrouillez-vous avec ça), puis déclinaison sur tous les supports avec suggestions de lecture/visionnage à l’appui, le tout enrichi par de nombreuses interviews.

L’ensemble est plaisant à lire, didactique, simple et très exhaustif (il ne néglige aucun format, du livre au film en passant par les vidéos sur Internet et le cosplay). J’ai d’ailleurs été agréablement surprise par la sélection d’œuvres qu’il propose, qui se révèle très diversifiée et offre plein de possibilités pour rebondir vers d'autres choses.

Je ne peux me prononcer que sur la partie livres (je connais mal les œuvres sur les autres supports), mais j’ai apprécié de voir se côtoyer allègrement grands classiques, ouvrages jeunesse et même des romans sentimentaux, sans que ces livres soient jugés sur autre chose que leur univers ou le plaisir qu’on aurait à les lire. Cela donne l’opportunité à chacun de découvrir le steampunk en passant par le genre qu’il préfère, et non par une liste d’ouvrages « de référence » qui ne seraient pas forcément toujours aisés à aborder.

Le seul aspect qui ne m’a pas plus botté que ça (mais c’est purement personnel), ce sont les interviews que j’ai fini par survoler, sauf pour les auteurs que je connaissais ou qui m’intéressaient (mais Daniel Pennac il dit qu’on a le droit d’abord de sauter des pages d'abord). Pour le reste c’est un petit guide sympathique à parcourir, qui donne plein d’idées de lecture.

CITRIQ

lundi 18 novembre 2013

Utopiales 2013


Cette année, j'ai enfin réussi à concrétiser une aventure qui me tenait à cœur : faire une virée à Nantes pour découvrir les Utopiales, THE festival de science-fiction en France. Installé bien au chaud (et à l'abri de la pluie) dans la Cité des Congrès de Nantes, on y trouve de très belles expositions, des films projetés nulle part ailleurs, de passionnantes conférences, des auteurs fort nombreux à rencontrer, une librairie à dévaliser et bien sûr plein de gens qui partagent la même passion que nous avec qui on peut papoter. Bref, c'est que du bonheur !

Je suis donc arrivée en compagnie de Tigger Lilly et de Tortoise le vendredi matin. Il pleuvait, mais il paraît que c'est traditionnel pour son baptême d'Utopiales (et pour le coup j'ai vraiment bien pris l'eau durant ces trois jours !).La première étape, une fois à l'intérieur, c'est la librairie (on ne se refait pas que voulez-vous) :


J'ai complètement oublié de prendre une photographie de la librairie en elle-même (vous m'excuserez, comme c'était mes premières Utos j'étais plus occupée à ouvrir grand les yeux qu'à planifier les illustrations de mon compte rendu), mais vous pouvez néanmoins admirer l'entrée avec le planning des dédicaces.

C'est LA photo à prendre tous les matins pour savoir à quelle heure on peut trouver quel auteur. C'est un système très pratique qui évite de courir après les auteurs, par contre on se retrouve du coup trop souvent à devoir choisir entre l'auteur qu'on veut absolument rencontrer ou la conférence qu'on ne veut pas rater, cruel dilemme.

En tout cas on a beau être prévenu, il est vrai que cette librairie est impressionnante. Elle est immense, et son fonds est loin de s'en tenir aux ouvrages des auteurs invités, on y trouve vraiment de tout, pour tous les âges, des grandes maisons d'éditions aux plus petites.

Pour régler tout de suite la question des achats, je vous l'annonce tout de suite, je n'ai acheté qu'un seul livre : l'anthologie 2013 du festival.


Le sommaire propose une belle panoplie d'auteurs à (re)découvrir, cela donne donc l'occasion de tous les traquer en dédicace et de ramener un joli souvenir en rentrant. Bref un bon compromis quand on vient avec un porte-monnaie presque vide !

D'ailleurs je suis fière d'avoir presque réussi un carton plein : de toutes les auteurs présents, je n'en ai raté qu'un, c'est donc un livre vraiment customisé que j'ai ramené (surtout si on ajoute le fait qu'il s'est retrouvé littéralement tatoué de gommettes et qu'il a pris l'eau lors d'une sortie à l'extérieur).

Mais, alors que je passais à la caisse pour l'acheter, voilà t'y pas que Tortoise me montre du doigt ce petit livre qui se trouvait sur un présentoir à côté :


Sur le coup j'ai lâché un très poétique « fait chier » parce qu'il s'agit d'un des rares Gaiman manquant à ma collection, ce qui voulait dire que je devais forcément le prendre et que j'allais donc devoir ressortir ma carte bleue. Finalement c'est Tortoise qui me l'a offert (grand merci à elle). En fait je devrais plus souvent insulter les livres posés à côté des caisses pour qu'on me les offre D.

Ceci dit il ne faut en effet pas voir la librairie uniquement comme un lieu de tentation où l'on fait flamber la carte bleue. C'est aussi le lieu de rencontre par excellence. Quelle que soit l'heure de la journée, vous avez toutes les chances d'y croiser une connaissance (c'est valable pour tout le festival, mais la librairie encore plus). Et si ce n'est pas le cas, il y a toujours moyen de tailler la bavette avec les voisins dans les files d'attente des dédicaces.

Mais les Utopiales, ce n’est pas que la librairie et les dédicaces. D’ailleurs si vous n’êtes pas du genre à courir après les signatures, vous pouvez aussi profiter des auteurs en conférence.


Dans le domaine il y a de quoi s’occuper de 10h à 19h, du space-opera aux zombies en passant par des conférences plus scientifiques et des entretiens avec des auteurs. Ce qui est chouette c'est que les modérateurs présentent très vite les auteurs, ce qui laisse beaucoup de place au débat entre les intervenants. Comme en général les conférences mélangent auteurs et scientifiques, il y a des échanges vraiment intéressants.

En trois jours, j'ai donc pu assisté à sept conférences (et j'en ai raté beaucoup d'autres). Je crois que mon intervenant préféré de conférence restera Ian McDonald, qui a le don pour sortir des anecdotes de derrière les fagots et pour s'approprier le sujet de la conférence à sa façon. En plus d'être un excellent auteur, c'est aussi un sacré orateur.

Comme ActuSF propose toujours des sessions de rattrapage, je vous recommande tout particulièrement celles que j'ai le plus apprécié :

- Philosophie et jeux vidéo, qui offre une plongée dans le monde du jeu vidéo et la place que peut y tenir un auteur. Finalement ça n'a pas tellement philosophé, mais les interventions de Stéphane Beauverger et Alain Damasio étaient rudement instructives !

- Citoyens du futur, qui a très vite dévié sur Internet et la question de la protection des données personnelles. Les conclusions qui en sont tirées n'est pas très encourageantes, mais les analyses faites par les intervenants sur l'actualité sont très intéressantes, et les intervenants tous très concernés par le sujet.

- Rencontre avec Michel Serres, qui prend un peu le contre-pied de la conférence dont je vous parlais avant. Je n'avais jamais rien lu de ce personnage, mais j'ai adoré l'écouter en conférence : il est extrêmement didactique, s'amuse à mettre en relation des choses improbables, et il est d'un optimisme qui fait du bien après trois jours à assister à des conférences souvent peu réjouissantes sur l'avenir de l'humanité. Je n'aurais pas rêvé mieux pour conclure mon passage aux Utopiales !

Entre deux conférences, il est également possible de visiter quelques très belles expositions. Là encore, en consultant le programme, je me rends compte que je n'ai pas tout vu, mais je peux au moins vous parler des deux qui m'ont le plus marqué :


Les cités fertiles de Vincent Callebaut (a.k.a. l'auteur de l'affiche de cette édition)

Il est difficile de rester indifférent face à ces projets de constructions durables, écologiques, qui semblent complètement folles et utopistes, mais qui sont pourtant réalisables (voir en cours de réalisation pour certains). C'est bon de voir que la science-fiction ne s'exprime pas que dans des livres ou des films, et que parfois la réalité semble vraiment rejoindre la fiction.


Souvenirs de l'empire de l'Atome

Cette étrange exposition qui revient sur la conception de l'album L'empire de l'Atome, par T. Smolderen et A. Clerisse, on y trouve des planches, des esquisses, des objets... le tout avec un côté rétro et coloré absolument délicieux, si bien qu'il est difficile de ne pas se jeter sur la BD après.

(j'ai personnellement résolu le problème en empruntant l'exemplaire de Tigger Lilly dans le train du retour, et c'était bien chouette à lire)

Sinon les Utopiales, c'est aussi plein de choses que je n'ai pas pu voir : je n'ai jamais trouvé le temps de voir le robot Nao, je suis passée complètement à côté des films (à regret quand j'ai assisté à la remise des prix), j'ai à peine vu les pieds dans le pôle ludique... C'est vraiment un festival immense, et il est difficile d'en faire le tour en trois jour.

(ou alors il faut arrêter de taper la causette aux copains mais qui voudrait faire une chose pareille ?)

Par contre, j'ai trouvé le moyen d'assister à toutes les remises de prix. Je vous renvoie au site officiel pour le palmarès complet, de mon côté j'évoquerais deux petits souvenirs qui n'apparaissent pas sur les communiqués officiels :
  • Les lectures d'extraits pour les différents nominés au prix Julia Verlanger, très joli moyen de présenter un ouvrage surtout quand c'est Claude Ecken qui s'en charge (ce monsieur pourrait lire le bottin téléphonique qu'on serait quand même sous le charme) ;
  • La sympathique introduction cinématographique de la soirée de remise des prix du samedi, avec quelques extraits bien choisis sur la cohérence scientifique des films de SF, de 2012 à Ghostbusters, un grand moment de fous rires !
Et puis surtout, j'étais là lors de la remise du prix Planète-SF des blogueurs (j'ai même participé à l'opération « débarquons de bonne heure pour réserver l'espace au bar de Mme Spock et faire des photos ridicules sur la grande scène » mais chut !).


Quatre ouvrages étaient nominés cette année, et le prix a été remis à Ian McDonald pour La maison des derviches. L'auteur est venu le recevoir en mains propres, en compagnie de son éditeur, ce qui est quand même très très classe (et en plus il a dit des chouettes choses sur les blogueurs).


L'objectif d'ici l'an prochain, c'est de trouver une idée sensationnelle pour faire la promotion du prix sans se faire expulsé des Utopiales. On travaille d'ailleurs très dur sur le sujet avec Lorhkan et Tigger Lilly (je comprends toujours pourquoi personne n'a validé mon idée de prendre en otage une conférence avec un fusil steampunk en plastique...).

Voilà, je crois avoir fait à peu près le tour de cette première aventure nantaise, à part pour l'expédition (mystérieuse) du dimanche après-midi qui fera l'objet d'un autre article.

En tout cas même si les circonstances de ma venue n'étaient pas idéales, j'ai beaucoup apprécié cette première visite aux Utopiales. La programmation de ce festival est vraiment passionnante et trois jours ne sont pas assez pour avoir le temps de tout voir.

Par ailleurs c'est aussi l'occasion de l'année de croiser plein de collègues blogueurs, en passant dans la librairie ou autour d'une choucroute ou d'un magret de canard accompagné de sa carafe d'eau du robinet (*hem hem*). Petit coucou donc à Tortoise, Tigger Lilly, Lorhkan, Elessar, Lhisbei et M. Lhisbei, Gromovar, Lune, Cornwall, Mariejuliet, Brize, Julien, Jae_Lou, BlackWolf et j'en ai certainement oublié au passage, dans ce cas je m'excuse platement.

A l'année prochaine (j'espère bien), aux Imaginales (sûrement), et dans tous les cas je serais à Sèvres (sauf si le ciel me tombe sur la tête d'ici là !).


samedi 16 novembre 2013

Un yankee du Connecticut à la cour du roi Arthur - Mark Twain


Il y a des fois où le hasard fait drôlement bien les choses. J’avais ce titre dans un coin de ma tête depuis longtemps (au rayon des « pourquoi pas ? ») mais je ne m’étais jamais vraiment soucier de mettre la main dessus. L’autre jour, en allant à la bibliothèque, je le trouve mentionné dans Le guide Steampunk, et voilà que dans la foulée je trouve ce roman sur la table des nouveautés dans la dite bibliothèque. A ce niveau-là, ce n’est même plus du hasard, c’est le destin !

Dans le cas d’un roman tel que Un yankee du Connecticut à la cour du roi Arthur, ce n’est pas bien compliqué, le résumé est dans le titre : un américain de la fin du XIXe siècle se retrouve propulsé dans le passé, en pleine ère arthurienne. Après avoir écarté Merlin du pouvoir, il décide de prendre les choses en main et de réformer le royaume à sa façon (anachronismes à l’appui).

Cela donne un texte absurde et assez improbable où l’on assiste entre autres à d’authentiques miracles (assistés par la technologie moderne) et où l’on croise des chevaliers faisant de la réclame pour du savon ou des brosses à dent, entre deux critiques satyriques sur la société.

J’ai beaucoup apprécié tout le jeu méta-textuel auquel l’auteur se livre avec La Morte d’Arthur de Malory (qui est la référence anglophone pour l’histoire du roi Arthur, une sorte de condensé de toutes les histoires médiévales). Il se l’approprie à sa façon, en l’intégrant dans l’histoire, non sans se fendre de quelques piques à son sujet. Pour l’avoir lu (enfin j’ai jeté l’éponge à la fin du tome 1 de la traduction française), il est difficile de ne pas approuver de tout cœur les critiques de Mark Twain.

Je vous avoue que par contre le côté critique sociale m’a un peu échappé, car cela se fait souvent sous forme de commentaires assez longs, et pour lesquels il me manque sans doute des éléments de contexte. Ceci dit les propos sont parfois d’une étonnante modernité, preuve qu’en dépit des évolutions techniques, on vit parfois un peu dans le même monde qu’au XIXe siècle.

Il est difficile de ne pas faire le lien avec des œuvres plus récentes comme Monty Python Sacré Graal ou Kamelott, qui se livrent exactement au même exercice de réécriture humoristique des légendes du roi Arthur, avec tout autant de panache. D’ailleurs il y a sûrement influence, à en croire la postface (très intéressante), ce texte aurait inspiré un sacré nombre d’histoires (jusqu’à Tintin et le Temple du Soleil).

Bref pour un texte assez ancien (et du coup parfois un peu lourd dans ses déblatérations), Un yankee du Connecticut à la cour du roi Arthur se révèle un texte agréable à lire, absurde mais pas du tout idiot.

Un petit mot pour conclure sur l’édition que j’ai trouvé à la bibliothèque : nouvelle traduction, illustrations intérieures vraiment sympas dans leur style vieilles gravures sur bois, postface qui apporte un complément d’informations juste bien taillé pour enrichir la lecture sans noyer le lecteur. Je ne connaissais pas du tout cette maison d’édition, mais je trouve qu’ils produisent de drôlement chouettes bouquins !

CITRIQ

jeudi 14 novembre 2013

Gravity - Alfonso Cuarón


J'ai découvert Alfonso Cuarón avec son Harry Potter et le prisonnier d'Azkaban, qui bien que prenant parfois de grandes libertés avec le livre, reste pour moi la meilleur adaptation de la série tant elle a de la personnalité. Après il y a eu Les fils de l'homme, excellent film de science-fiction que je ne suis pas prête d'oublier. Puis il nous a sorti Gravity.

Qu'il y a-t-il à dire sur ce film qui n'a pas déjà été dit par quelqu'un d'autre ? D'une simple histoire de survie dans l'espace, Alfonso Cuarón tire un film extraordinaire, une véritable expérience qui vous arrache à votre siège pour vous immerger dans l'espace, dans toute son immensité et sa dangerosité.

J'ai oscillé en permanence entre la fascination face aux images incroyables qu'il donne à voir, et l'angoisse provoquée par l'hostilité de l'environnement. Dès les premières minutes, on est littéralement happé, grâce à un incroyable travail sur le son et l'image qui fait qu'on s'y croirait.

C'est beau, c'est prenant (à tel point qu'à la fin de la séance je sentais l'hystérie gagner le public à force de se demander ce qui allait encore arriver comme catastrophe), et on ressort de là des étoiles plein les yeux et la tête vide (mais dans le bon sens du terme).

Un film à voir donc, parce qu'il n'arrive pas si souvent qu'on s'offre de si belles expériences de cinéma.

Et pour aller plus loin je vous recommande l'entretien avec Alfonso Cuarón dans l'émission On aura tout vu (ça commence vers 19:30) sur le film, ses influences, son interprétation... et même la petite culotte de Sigourney Weaver ! Très intéressant à écouter, pour compléter son visionnage.

mardi 12 novembre 2013

Le monde du fleuve (Le fleuve de l'éternité 1) - Philip José Farmer


Le monde du fleuve fait partie de ces classiques de la SF dont on entend tellement parler qu’ils finissent fatalement par échouer dans notre liste (sans fin) de livres à lire. J’étais donc bien contente que le Cercle d’Atuan me donne l’occasion de me plonger dedans lors de notre lecture commune mensuelle.

Premier des cinq volume du cycle du Fleuve de l’éternité, Le monde du fleuve nous emmène sur les traces de Sir Richard Francis Burton (un aventurier du XIXe siècle qui a eu une vie bien mouvementé et a noté presque réussi à découvrir la source du Nil), qui après sa mort se réveille sur les rives d’un étrange fleuve, comme les milliers de congénères qui l’entourent.

Très vite, on commence à comprendre que c’est toute l’humanité (de la préhistoire au début du XXIe siècle) qui a été ramenée à la vie sur les rives de ce fleuve sans fin, sans autre forme d’explication. Burton, explorateur par nature, va vouloir découvrir le fin mot de l’histoire, et ce sont ses aventures le long du fleuve que l’on va suivre.

Des fois, il y a une sacrée différence entre l’image qu’on se fait d’un livre (d’après la quatrième de couverture ou ce qu’on en a entendu) et ce qu’on découvre à la lecture, et c’est exactement ce qui m’est arrivé sur Le monde du fleuve.

Le concept laissait à penser qu’on aurait affaire à quelque chose à la limite de la philosophie ou de la métaphysique, ce n’est pas du tout le cas. On est plutôt dans le pur roman d’aventure où les péripéties s'enchaînent : découverte de l’univers et de ses règles, puis exploration, batailles, etc. Une pure lecture de divertissement donc, avec quelques mystères à élucider pour donner envie de poursuivre la lecture.

Par ailleurs alors que la quatrième de couverture promettait moult personnalités historiques, les stars se révèlent finalement assez peu nombreuses (si je me fie aux multiples vérifications que j’ai fait en cours de lecture). Cela évolue peut-être par la suite ceci dit.

Du coup avec un tel décalage entre mes attentes et le livre en lui-même, je suis sortie de ma lecture un peu déçue. Cela ne m’a pas empêché d’apprécier l’univers que l’auteur nous présente (bien qu’il soit légèrement *tousse* archaïque *tousse* question mentalités), mais il lui manque quelque chose pour que j'apprécie vraiment l’ouvrage.

Cependant la fin du livre étant bien plus intéressante que le début (avec quelques bonnes trouvailles scénaristiques et des idées à la fois pertinentes et rigolotes, notamment les multiples Jésus qu'on trouve le long du Fleuve), je vais certainement continuer à avancer dans le cycle, car je suis curieuse de voir où l’auteur va nous emmener. Affaire à suivre à priori.

Avis des autres atuaniens : Jae_Lou, Lorhkan, Lune

CITRIQ

dimanche 10 novembre 2013

Attila Marcel - Sylvain Chomet


Je suis tombée sur ce film un peu par hasard, au détour d'un couloir de métro, et je n'y aurais guère prêter attention si son titre n'était pas celui d'une chanson de la BO des Triplettes de Belleville. Voyant que les deux films avaient le même réalisateur, j'ai donc sauté sur l'occasion avant qu'il ne disparaisse des salles.

Attila Marcel est l'histoire de Paul, un trentenaire qui n'a jamais parlé depuis la mort de ses parents. Couvé par les deux tantes chez qui il vit, sa vie n'est faite que de piano et de chouquettes, jusqu'à qu'une voisine excentrique, Mme Proust, lui donne l'opportunité de plonger dans ses souvenirs et redécouvrir ses parents.

Ce film est un peu comme une extension des Triplettes de Belleville : on y retrouve l'enfant orphelin qui ne prononce jamais mot, les mêmes numéros musicaux improbables, les personnages de petites vieilles excentriques absolument délicieux...

Sauf qu'ici point d'animation mais des vrais décors, des vrais acteurs... mais le même charme étrange et décalé qui animait jusque-là les films d'animation de Sylvain Chomet. Attila Marcel est un film très drôle mais aussi très touchant (je suis admirative à quel point Guillaume Gouix dans le rôle principal arrive à faire passer des émotions sans jamais mot dire).

Sylvain Chomet a un style qui me fait penser un peu à Wes Anderson ou à Jean-Pierre Jeunet, dans le côté rétro-décalé et la galerie de personnages loufoques (des deux tantes à l'accordeur de piano en passant par les amis de la famille pétés de tunes). J'avais adoré jusque là tous ses films d'animation, et j'ai tout autant aimé ce premier film « en vrai ».

vendredi 8 novembre 2013

Petit bilan béophile trimestriel (10)

D'ordinaire je mets un point d'honneur à revenir en détail sur toutes mes découvertes des derniers mois dans cette rubrique, mais cet été je me suis un peu dispersée dans plein de directions différentes... du coup je vais me contenter des titres qui ont dominé mes playlists ces derniers temps.


The Lone Ranger – Hans Zimmer

Commençons en entrée avec un classique d'entre les classiques, un petit Hans Zimmer. Je n'ai pas eu l'occasion de voir le film mais la BO de The Lone Ranger s'écoute bien en elle-même, c'est du Zimmer pur jus, à mi chemin entre un Pirates des Caraïbes et un Sherlock Holmes, le tout avec une dominante très western (donc un peu Rango). Avec un petit faible pour le morceau Finale (qui est tout sauf une composition originale, mais c'est comme la chevauchée des Valkyries au banjo de Rango, ça a un charme fou).


Mass Effect Trilogy – Jack Wall, Sam Hulick & cie

En guise de plat de résistance, un sacré morceau : toutes les BO des trois jeux de Mass Effect, soit à peu près 6h30 de musique. C'est énorme d'avoir autant à écouter pour des jeux vidéo, tant bien même pour une trilogie, et je suis encore loin d'en avoir fait vraiment le tour.

Ceci dit pour être honnête, si je trouve que la musique fonctionne merveilleusement bien dans le jeu et ajoute à l'ambiance, elle ne s'écoute pas si bien que ça à côté à part pour quelques morceaux marquants (pour le 2 c'est les DLC qui amènent les plus jolies pistes je trouve).

Il y a quand même une exception de taille : le troisième volet (auquel je n'ai toujours pas joué) a une BO qui dépote vraiment façon blockbuster. J'ai vraiment hâte de voir ce que ça donne dans le jeu. A noter que Clint Mansell a composé une musique et demi (Leaving Earth & A end once and for all) dans ce jeu, et rien que ces deux pistes me donnent envie de se jeter sur le jeu.


Last Night – Clint Mansell

Passons maintenant au plateau de fromages (oui je file la métaphore culinaire jusqu'au bout). A cause de Mass Effect, j'ai replongé dans Clint Mansell et j'ai rattrapé tout ce que j'avais pu rater comme albums de ce compositeur ces dernières années.

Il a écrit plein de choses, parfois très différentes, et je suis loin d'avoir encore tout écouté à fond (certaines BO m'ont moins marquée que d'autres). Je suis tombée sous le charme de Stoker notamment (mais je crois que c'est le mélange des musiques et des chansons qui fait tout). Et puis j'ai mis la main sur la BO de Last Night.

Je ne sais même pas de quel film il s'agit, mais j'aime beaucoup cette musique très douce, presque atmosphérique qui est devenue ma nouvelle référence à écouter quand j'ai besoin d'un fond sonore discret (pour dormir c'est pas mal aussi, écoutez un peu First Mouvement).


Doctor Who Series 7 – Murray Gold

Et gardons le meilleur pour le dessert. La dernière BO de Doctor Who remonte à deux ans pratiquement, il était donc temps que celle-ci arrive avant que la frustration ne m'achève. Je me répète sur le sujet, mais je suis sans cesse émerveillée par la capacité de Murray Gold à se renouveler de saison en saison.

Pour cette saison-ci, c'est surtout pour la deuxième partie qu'il s'en donne à cœur joie, ceci dit il y a déjà de beaux morceaux quand il s'amuse avec le genre du western (The Salvation of Kahler Jex) ou qu'il accompagne magnifiquement le départ des Pond (Together or Not at All - The Song of Amy and Rory).

Ensuite, avec l'arrivée de Clara, on se retrouve avec des anomalies comme Bah Bah Biker (ce morceau est tellement improbable que... il me fascine en fait), avant de passer à la superbe musique de l'épisode The Rings of Akhaten (je ne vous citerais que The Long Song et Infinite Potential mais je me retiens).

Passons rapidement sur les épisodes suivants (sans quoi on y est encore en décembre), mais dernier et non des moindres, The Name of the Doctor amène son lot de très beaux morceaux (To save the Doctor et Remember me notamment).

Entre temps, la musique des deux derniers épisodes de Noël est sortie, mais je n'ai pas encore eu le temps de me pencher dessus, ça sera pour le prochain bilan... en décembre si tout va bien.

mercredi 6 novembre 2013

Star Wars : Le livre des Sith


L'année dernière je vous avais parlé du Manuel Jedi, il était assez logique que je finisse par m'intéresser à son pendant du côté obscur, Le livre des Sith, tout aussi joli mais un poil moins satisfaisant niveau contenu.

Il ne s'agit pas cette fois-ci d'un manuel pour devenir le parfait Sith, mais plutôt un recueil de différents textes de grands seigneurs Sith réalisé par Dark Sidious. On y croise donc des écrits fragmentaires d'« éminents » Sith .

Nous avons Sorzus Syn pour l'époque des tout premiers Sith sur Korriban, puis Dark Malgus (un méchant dans The Old Republic si je ne m'abuse), Dark Bane, le célèbre créateur de la règle de Deux (enfin un que je connais !), Mère Talzin, une Sœur de la Nuit de Dathormir qui apporte un peu de mysticisme et enfin Dark Plagueis, le maitre de Sidious avec ses recherches ésotériques sur la Force.

Le tout est accompagné d'une introduction et d'une conclusion de Dark Sidious/Palpatine et de commentaires manuscrits en marge, laissés principalement par les deux derniers possesseurs des textes, à savoir Palpatine et Luke Skywalker.

C'est intelligent d'avoir opté pour une approche radicalement différente (on imagine mal les Sith se lancer dans l'édition de manuels scolaires après tout), mais j'ai moins accroché au concept. J'avais juste du mal à imaginer des Sith prenant le temps d'écrire leurs mémoires, à de rares exceptions. Pour un peu on dirait que Palpatine cherche à laisser derrière lui un héritage sous la forme de ce livre, alors qu'il a tout fait pour ne jamais mourir !

Du coup j'ai eu un peu moins de plaisir à lire le livre, qui laisse une impression de grande confusion (pas si inadéquate que ça ceci dit, c'est un ouvrage Sith) et d'ennui parfois (les commentaires sont plutôt barbants).

Ca reste tout de même un bel objet-livre à parcourir. Chaque fragment de texte a un format, une couleur de papier et une typographie différente. Les illustrations sont très chouettes. Mais il s'apprécie moins à la lecture par contre. Ou peut-être que c'est aussi parce que je ne suis pas Sith dans l'âme, après tout je n'ai jamais été fichue de basculer complètement du côté obscur dans un jeu vidéo après tout !

CITRIQ

lundi 4 novembre 2013

Metronome - Lorànt Deutsch


Cette année, je me suis fixée comme objectif de sortir tous les vieilleries de ma PàL. Et ce Metronome y végétait depuis bien trois ans, attendant carrément sur ma table de chevet que je veuille bien prendre la peine de le terminer. Ce qui n'a pas été une mince affaire.

Pourtant ce livre me faisait envie, et j'ai été très contente qu'on me l'offre : l'histoire de France, j'adore, celle de Paris, tout autant, et associer le tout au métro me semblait un concept génial. J'ai bien aimé aussi le fait que l'auteur aille déterrer des ruines méconnues ou cachées pour appuyer son propos.

Mais le résultat m'a vraiment fait l'effet d'un texte extrêmement brouillon, et il n'y a rien que je déteste plus que les informations mal structurées. Je veux bien qu'il s'agisse d'un ouvrage de vulgarisation (certainement pas destiné aux encyclopédies psychorigides ambulantes dans mon genre), mais ça ne dispense pas d'un semblant d'ordre dans l'organisation de l'ouvrage.

L'ouvrage est divisé en 21 chapitres (comme autant de siècles d'histoire de France) et chacun est associé à une station de métro, juste que là tout va bien. Sauf que le lien entre les deux m'a semblé parfois très flou ou purement affaire de jeu de mots (typiquement Place d'Italie renvoie à l'époque romaine alors que les lieux évoqués sont plutôt dans le quartier... latin justement !).

Et le contenu des chapitres en lui-même est vraiment bordélique : Lorànt Deutsch ne cesse de se déplacer dans le temps (avec des digressions trois siècles en avant pour mieux revenir à l'époque dont il parle) et dans l'espace (j'en ai sorti mon plan de Paris parfois !).

Typiquement le chapitre « Palais royal / Musée du Louvre » démarre à l'époque de Louis XIV (avec la construction de la colonnade), évoque la création du musée (en 1793) et Napoléon III qui termina le palais, puis revient à François Ier et passe au massacre de la Saint Barthélémy avant de conclure sur l'assassinat d'Henri IV !

Je sais bien que l'approche chronologique ne fait pas tout mais tout de même, j'ai un peu de mal à croire qu'on puisse réussir à appréhender l'histoire d'un lieu ou d'un pays sans un minimum de repères dans l'espace et dans le temps.

Ajoutez à ça quelques informations que j'ai trouvé légèrement douteuses, l'absence totale de bibliographie (je ne lui demande pas de citer ses sources, mais au moins de donner au lecteur la possibilité de poursuivre sa découverte avec d'autres titres) et une conclusion d'une infinie tristesse sur les constructions du XXe siècle, « verrues infligées à la capitale », et vous comprendrez qu'il m'ait fallu trois ans (et une semaine d'arrêt de travail) pour venir à bout de ce livre.

A noter qu'il existe un Metronome illustré, qui accompagne le texte avec des photos de tous les monuments et lieux évoqués. Il est bien plus agréable à parcourir, mais comme le plan est identique (donc bordélique), je l'ai plus survolé qu'autre chose, même si c'est intéressant de pouvoir mettre des images sur les lieux qu'il évoque.