mercredi 28 janvier 2009

Si j'étais...

Dans la série des tests de personnalité bidon qui prennent trois plombes à faire, je suis tombée récemment sur celui-là :

Faut avoir envie de se manger 129 questions en anglais, pas toujours très claires, mais le résultat est parfois marrant, pour preuve, voilà ma fiche de personnage

Race : Humain (j’aurais pu être demi-elfe, j’ai autant de points)
Classe : Druide / Sorcier (Niveaux 2/1)
Alignement : Neutre Bon (à forte tendance loyal bon quand même)
Force- 10
Dextérité- 11
Constitution- 13
Intelligence- 16
Sagesse- 13
Charisme- 11

Un truc est sûr, si je créais mon personnage dans Icewind Dale II (le seul jeu que j’ai en stock qui permette un tel multiclassage), je serais un beau boulet (ou l’inadapté de service pour être plus poli)… les caractéristiques primordiales à avoir vu mes classes sont le charisme pour le sorcier (raté…) et la sagesse pour le druide (bof bof)… mais bon je me réjouis, parce qu’à défaut de sorts efficaces, je pourrais toujours terrasser mes adversaires avec la parole (ou les faire mourir d’ennui, au choix ^^) vu mon score d’intelligence…

Je médite encore sur son application à notre monde... A votre avis c'est quoi l'équivalent d'un sorcier-druide dans notre société ? Militant de GreenPeace pyromane vivant dans une communauté en pleine nature ?

lundi 26 janvier 2009

Twilight – Catherine Hardwicke


Oui oui, j’ai osé aller le voir, vous ne rêvez pas… bon il faut dire qu’entre ce qu’en disaient les journaux, ce qu’on pouvait lire sur PI, et ce qu’on pouvait trouver sur internet (comme par exemple sur VDM), il y avait de quoi titiller ma curiosité, à force.

Et bon Marmotte voulait à tout prix quelqu’un pour l’accompagner, je me suis dévouée… après tout rien ne vaut un bon navet pour se détendre avec une journée de boulot !

Nous voilà donc installées dans la salle, après le ¼ d’h habituel BA/pubs, nous voilà partis pour deux heures… deux heures de quoi ? De teen movie à la sauce fantastique, c’est de loin le qualificatif qui est le plus adapté, même si j’avoue que le « Un Roméo et Juliette fantastique qui a déjà bouleversé la moitié du monde » sur les affiches dans le métro a également du charme (et fait accessoirement nettement plus classe).

L’histoire ? Nous avons d’un coté Bella, qui part s’installer chez son père dans l’Etat de Washington, qui rencontre Edward, étrange garçon de son nouveau lycée, et accessoirement… *suspense qui tue*… un vampire. Voilà, je vous laisse imaginer la suite. Ca vient d’un livre, ou plus précisément d’une série de je crois 4 livres, best-seller et phénomène en passe de rattraper ce bon vieux Harry, donc forcément adapté en film.

Les 10 premières minutes, honnêtement, j’ai envisagé de prendre la fuite, mais bon j’avais payé ma place, et Marmotte était là. J’ai donc pris mon courage à deux mains, et accessoirement mis mon cerveau en pause… après quoi je suis restée pliée de rire pour les ¾ du film. Je me suis juste calmée vers la fin, quand il y a de l’action, et parce que mon cœur a fini par fondre un peu…

Alors qu’en dire au final ? Bah j’avoue que Studio (dernier numéro en passant, snif snif) a mieux résumé la question que moi en parlant du « film qui va vous faire regretter de ne plus avoir 15 ans » et ayant le potentiel du « film culte générationnel » parce que y’a vraiment de ça. Bon je n’ai pas regretté mes 15 ans personnellement, mais il faut reconnaître qu’on a sous les yeux un très bel exemplaire de teen-movie (à la sauce fantastique mais tout de même) comme je n’en avais pas depuis longtemps…

Depuis l’internat, même, le mercredi soir, ces fameux films qui sortaient d’on ne sait où, genre films américains sortis directement en VHS en France, dont on avait jamais entendu parlé et dont on retenait à peine le titre… un jour ils nous ont passé du kung-fu, c’est comme s’ils nous avait passé un chef d’œuvre du 7e art.

Bref en regardant Twilight, j’ai eu une pensée émue pour Save the last dance (scénario assez similaire mais plus centrée sur une question d’accomplissement personnel qui manque un peu là… scusez de mon pragmatisme mais tomber amoureuse d’un vampire n’est pas la méthode idéale pour moi xD), The Faculty (dans le genre série Z il est excellent, j’en garde un très bon souvenir), et autres navets du genre (passons sur Quarante jours et quarante nuits, Tomcats, et un truc complètement naze au titre oublié qui se terminait plus ou moins sur une descente en surf les fesses à l’air, en Alaska…)

Twilight brasse tous les stéréotypes du genre : la fille un peu différente, le déménagement chez le père qu’on a pas vu depuis 10 ans, le nouveau lycée, le bal, le beau gosse mystérieux, la bande de potes cool… cherchez pas, tout y est. Ajoutez à ça ces lycéens qui arrivent en voiture entre autres, les TP de bio idéals pour draguer, les casiers, le journal du lycée, et vous allez voir, ça va vous rappeler des milliards de souvenirs de films/séries télé (ce qui explique ma crise de fou rire quasi-permanente).

Là-dessus, il faut ajouter un fantastique un peu série Z de vampires tartinés de fond de teint (sauf à la fin du film où ils manquaient de réserve visiblement), dont les pouvoirs sont traduits par des effets spéciaux magnifiques (menfin assez ironiquement, à l’exception notable du fond de teint et de la peau dorée, ça ne m’a même pas fait tiqué ça, faut dire aussi que les effets spéciaux un peu foireux ont énormement de charme à mes yeux).

La thématique vampiresque est assez classique : gentils vampires (dont Edward) et méchants vampires (parce qu’il fallait bien autre chose que l’histoire d’amour) ; l’art et la difficulté d’aimer quelqu’un qu’on aimerait bien vider de son sang… rien de terriblement original là-dedans (pis de toute façon, je considère personnellement que Entretien avec un vampire a fait le tour de la question ^^).

Et pour ce qui est de l’action, ça fait du bien quand l’histoire commence enfin à bouger un peu plus, menfin n’attendez pas des miracles, disons que ça a le mérite de capter l’attention un moment (ce qui a permis à Marmotte de profiter de la fin du film en paix –à peu près-).

Globalement le film se défend un peu : les effets spéciaux un peu pourris mais passent, les scènes d’action ne sont pas originales mais se regardent, les dialogues ne sont pas trop niaiseux (quoique), les acteurs pas trop mauvais (sauf Edward, à choisir, je le préfère en pyjama dans HP, là il a un jeu inexpressif et patibulaire au possible), et la réalisation n'a rien de remarquable - à l'exception de quelques ralentis de mauvais goût comme c'est la mode-, mais c'est pas plus mal de ne pas jouer la carte de la surenchère comme certains le font souvent (tout en se vautrant).

Bref je suis assez contente d’avoir vu ce film finalement, déjà maintenant je sais à quoi j’ai affaire, et il faut reconnaître que c’est très divertissant en lecture nostalgique au 2d degré. Ca ne changera pas ma vie, mais quel fou rire messieurs dames… Certes, c’est fondamentalement un navet, mais c’est un navet de premier choix !

D’ailleurs Elysio, hâte toi de rendre le tome 1 à Marmotte que je puisse lui emprunter pour le lire, histoire que j’attaque le tome 2 après, on sait jamais, je pourrais finir accro :D

dimanche 25 janvier 2009

Les Noces Rebelles – Sam Mendes


(oui c’est la semaine ciné si vous vous posez la question, et soit dit en passant je devais encore y aller dimanche matin, mais comme j’avais la flemme de me lever encore à 8h, j’ai reporté à un autre jour… on s’occupera du film Che une autre fois ^^)

C’est pas vraiment mon genre d’aller voir des histoires d’amour au cinéma (exception faite notable de The Fountain), mais les louanges des critiques sur celle-ci m’ont convaincu d’aller y jeter un œil, et ça n’a rien à voir avec Di Caprio, bande de mauvaises langues, y’a longtemps que j’ai refilé ma collection de posters à la petite sœur d’une amie :P.

Bref tout le monde s’amuse à faire le comparatif avec Titanic, vu qu’on retrouve les deux mêmes acteurs à l’affiche… et j’avoue que je ne peux m’empêcher de faire pareil… même s’il convient de signaler que ces films se comparent non pas parce qu’ils se ressemblent, mais bien parce qu’hormis la présence du couple Leonardo Dicaprio / Kate Winslet, il n’y a strictement aucun point commun. Les Noces Rebelles (ou Revolutionary Road en VO) est de toute façon d’une simplicité extrême question mise en scène et moyens, comparé au géant qu’était Titanic.

Et ne parlons même pas du scénario… il ne s’intéresse pas à la naissance d’une histoire d’amour, mais bien à l’après "Happily ever after" du conte de fées, quand mal-être, malaises, et tensions sont à leur comble au sein d’un couple de banlieusard américains des années 50.

Lui travaille, dans la même entreprise que jadis son père, dans un boulot qu’il déteste, alors qu’il avait toujours voulu l’éviter. Elle, actrice ratée, ne supporte plus l’enfermement comme femme au foyer. Ils rêvent de changer de vie, de recoller les morceaux, mais tout n’est pas si simple…

Dès la première minute, ce film accroche et prend aux tripes. Il est difficile de ne pas vivre avec les personnages, de ne pas ressentir la même chose qu’eux, quelque soit la nature de leurs échanges. L’histoire se regarde avec angoisse et espoir en même temps.

Les acteurs sont géniaux, ça ne vous surprendra pas. La réalisation est d’une extrême simplicité qui frappe encore plus (c’est assez marrant parce que c’est le contraire absolu de Slumdog Millionaire par exemple, ce qui prouve bien qu’on peut faire deux films géniaux avec deux réalisations complètement opposés – c’est vrai aussi pour les navets ceci dit ^^)

A ça, il faut ajouter à cela une BO magnifique de Thomas Newman (dont je suis désormais accro), qui contribue grandement à l’ambiance du film, répétition avec variations d’un thème très mélancolique au piano et avec des instruments à cordes… ça rappelle un peu The Hours par moment, ce n’est pas anodin, c’est, je pense, le film qui ressemble le plus aux Noces Rebelles par certains points.

Un très beau film, sobre et bouleversant, déprimant, mais magnifique.

Slumdog Millionaire – Danny Boyle


Qu’est-ce qui fait que ce film est incroyable ?
A. Un scénario bien ficelé
B. Une vision de l’Inde comme on la voit rarement
C. Une manière de filmer incroyable
D. Une BO qui détonne

En fait, il y a un piège, en fait, toutes les réponses sont justes, et encore je me suis limitée à quatre propositions (vous admirerez ‘l’incroyable effort de construction de cet article)

Slumdog Millionaire raconte l’histoire de Jamal, jeune indien serveur de thé dans une entreprise de démarchage par téléphone, qui réussit à atteindre le sommet de la pyramide au célèbre jeu « Qui veut gagner des millions ». Accusé de triche, c’est à un policier qu’il raconte son histoire et comment il en est arrivé là…

L’histoire en elle-même n’est pas d’une originalité énorme, mais elle est extrêmement bien construite, alternant flash-back, plateau-télé et interrogatoire au présent, avec de très bonnes transitions entre les trois, et différents fils parfois sous-entendus dès le début, mais qui se rassemblent concrètement que sur la fin.

Et pendant ce temps, on en profite pour s’offrir une visite de l’Inde comme on la voit rarement dans toutes ses nuances, entre l’extrême richesse de certains et la misère des autres, entre les trafics, les gangs, les conflits religieux, la croissance ultra-rapide qui transforme des bidonvilles en quartiers des affaires du jour au lendemain…

Ces nuances sont brillamment rendus par la réalisation qui marque. Slumdog Millionaire est un film visuellement violent, pas au sens « du sang et et des armes à feu partout » (quoique par moment…), mais plutôt parce qu’elle en met plein la vue, entre les courses suivies de près par les caméras, les lumières, les couleurs…

Cette « agressivité visuelle » qui fait qu’on rentre bien plus dans le film que d’ordinaire est soutenue par une BO magnifique (dans le genre agressif aussi), qui contribue également grandement à l’immersion… on ressent le film tout autant qu’on le voit, et franchement, il ne manque guère que les odeurs pour suivre les héros de l’histoire de près dans leur épopée…

Tout ça pour dire que Slumdog est un très chouette film, qui en met plein la vue, mais dans le bon sens du terme. On ne sort pas avec une migraine, loin de là, on se laisse plutôt porter par l’élan de la dernière partie du film, et par son générique dansé en mode Bollywood…

jeudi 15 janvier 2009

Fanfiction Downloader

Ou le logiciel ultime pour les lecteurs de fanfiction.

Tout en errant dans le fandom de Stargate, décidément riche en découvertes en tout genre, je suis tombée sur un logiciel plus qu'utile aux gros lecteurs de fanfiction, ceux qui en lisent partout et qui les collectionnent sur leur disque dur.

Je ne compte plus les heures passées à enregistrer des pages web sur mon PC, classées par histoire, parfois par auteur voir par statut (un vrai travail documentaire ^^), à une époque où je n'avais pas d'accès internet permanent... encore aujourd'hui, ça m'arrive de le faire pour lire dans le train (quoique le problème soit contournable avec Firefox 3 : si on enregistre les onglets ouverts avant de quitter, ça garde les pages en mémoire).

D'ailleurs c'est le truc à faire quand on tombe sur une fanfiction qu'on aime particulièrement, sinon c'est la croix et la bannière pour la retrouver, pour peu que le titre et l'auteur ne nous aient pas marqué plus que ça.

(je cherche encore deux fanfictions Stargate m'ayant marqué, publiées sur fanfiction.net, et dont les seuls éléments que j'ai pour les retrouver sont les épisodes auxquels ils se réfèrent, mais qui ne sont pas cités dans le résumé xD)

Bref voilà donc la solution à toutes nos peines : Fanfiction Downloader.



Il fonctionne pour fanfiction.net et quelques autres gros sites, et fait tout le boulot pour vous en téléchargeant lui même les fanfictions. C'est très simple, on lui donne l'URL du premier chapitre, les chapitres qu'on veut enregistrer, le répertoire de destination, le format voulu (tout ensemble ou chapitre par chapitre, html, rtf, pdf ou ebook), et en avant !

Il dispose d'une traduction française assez riche en contresens sur les formats, alors privilégiez l'anglais.... Personnellement je suis déjà fan, et je vais enfin pouvoir rattraper mes retards de lecture sans avoir besoin de charger toutes les pages à la main... si vous voulez y jetez un oeil, vous le trouverez ci-dessous :

mardi 13 janvier 2009

Le Nouveau cabinet des fées – Louis Batissier


Et pour en finir avec la série des cadeaux de Noël (pas bien longue mais qui traîne en longueur), voilà mon deuxième paquet culturel de sous le sapin, un des petits derniers nés des Moutons Electriques, le Nouveau Cabinet des Fées.

Il s’agit en fait d’un livre de contes du XIXe siècle plus édité depuis… le XIXe, inconnu à la BNF (enfin ceci dit on trouve deux des contes dans d’autres publications), richement illustré de gravures, et le tout réédité chez les Moutons, donc pas de quoi se priver.

D’ailleurs comme toujours, encore un ouvrage magnifique à feuilleter, beau papier, super boulot de vernis sélectifs sur la couverture, beaucoup d’illustrations… on aura beau me dire qu’un livre est fait pour être lu et non caressé, n’empêche que….

Et le contenu ? Nous avons donc une préface moderne, la préface de l’auteur, cinq contes et un glossaire, moderne lui aussi. Passons sur la première préface qui revient sur la genèse de l’ouvrage… la préface de Louis Batissier est très intéressante, puisqu’elle disserte allègrement sur les contes, les fées, le surnaturel, le folklore, avec un passage très pertinent sur le fait que la Science a fait disparaître tout ce petit monde (ce qui est assez marrant venant d’un archéologue, plutôt un homme de science en général).

(Vous excuserez au passage l'imprécision totale de mes propos, mon exemplaire repose au calme chez mon père, je travaille donc de mémoire sur un livre fini il y a bien quatre jours ^^)

Les contes sont intéressants, pas tant pour leur trame que pour leur univers. Globalement, c’est cinq fois la même histoire (exception faites des deux derniers, qui s’en détachent un peu) : un prince, une princesse, beaux, riches et intelligents, destinés à se marier, sous la protection de fées, qui traversent des épreuves avant de se trouver enfin. De ce coté là, pas de quoi est surpris donc.

C’est plutôt l’univers qui est intéressant, riche en références mythologiques, en êtres féeriques en tout genres, et en manifestations magiques diverses et variées. Batissier possède, à n’en point douter, une sacrée culture dans ce domaine, ainsi qu’une bonne imagination. A cela on peut rajouter quelques idées assez originales (Bellinette ou la Jeune Vieille sort des sentiers battus dans les idées d’enchantements), et moult gravures à regarder…

Ces contes sont loin d’arriver au niveau de ceux de Grimm ou d’Andersen : ils sont un peu trop lisses et conformes au bon goût pour cela. Je m’interroge même sur les morales : dans pas mal des contes, les héros n’apprennent jamais de leurs erreurs, ce qui je trouve est assez paradoxal (ou alors je confond avec le roman d‘apprentissage). Mais ils offrent un aperçu intéressant d’une littérature française presque de fantasy au XIXe (je crois pas qu’on en ait beaucoup d’exemples en France), d’autant plus que si on pourrait croire ce recueil destiné à des enfants (vu les héros), le public visé est bien adulte…

A la fin se trouve un glossaire fort intéressant, sort de dictionnaire mythologico-féerique qui fait prendre conscience de la quantité de références laissées par l’auteur, et se révèle aussi une lecture fort sympathique en stand-alone (faudra que je pense à investir dans un dico féerique un jour, quoique qu’en agrégeant tous les glossaires de mes bouquins, j’aurais déjà de la matière…).

Bref un ouvrage intéressant à lire, d’autant plus que la consultation est agréable. Encore un bon choix éditorial, menfin c’est pas comme si on pouvait y trouver à redire aux Moutons Electriques de ce coté là….

Juste le détail qui tue pour l’ancienne élève en Métiers du Livre que je suis, c’est les problèmes de mise en page (ça change des coquilles ceci-dit) : table des matières fausses, numéro de page coupé, etc. Ca ne gêne pas particulièrement à la lecture (sauf quand on veut savoir combien de pages il nous reste à lire et qu’on commence à se croire folle), mais bon, c’est un peu ballot…

vendredi 2 janvier 2009

Kaamelott Livre V – Alexandre Astier



Tout le monde a entendu parlé un jour ou l’autre de Kaamelott, mini-série à la mode Caméra Café version médiévale passant sur M6, ou a du moins fait les frais de son humour un jour ou l’autre :
« C’est pas faux.
- C’est côtelette que t’as pas compris ? »
Kaamelott a commencé avec des franches tranches de rigolade de 10 minutes le soir, avant de s’offrir une véritable trame scénaristique à partir de la fin du tome III et surtout dans le tome IV. Ceci dit, j’avoue que je ne m’attendais au choc du livre V.

N’ayant peu voir pas de télé, j’ai vu le livre V de façon complètement chaotique : le téléfilm de la première partie mais pas celui de la seconde passé il y a peu je crois, quelques épisodes de cinq minutes (quoique je me demande si c’en était pas du livre IV), avant finalement d’avoir le coffret DVD pour Noël… coffret contenant non pas des petits épisodes mais huit épisodes de 45 minutes…

C’est à s’y perdre entre les versions. Mon avis se base entièrement sur la director’s cut du coffret, qui est sûrement la version la plus accomplie… J’avais un peu peur de ce que ça pouvait donner, mais la surprise est de taille, et en vaut largement la peine.

A la fin du livre IV, Arthur récupère Guenièvre, et Lancelot se retrouve tout seul dans la nature… la situation semble à peu près revenue à la normale dans le Royaume, mais l’impopularité du roi grandit, du coup, il replante Excalibur dans le rocher pour montrer à tout le monde qu’il est toujours roi, sujet dont traite les quatre premiers épisodes (la première partie). Les quatre autres se consacrent à l’« après », faute de meilleur terme. Honnêtement, si la première partie est déjà étonnante en soi, la deuxième est une vraie claque dans le visage.

Ce livre poursuit les changements amorcés dans les précédents : moins d’humour, plus d’histoire, et un développement significatif des personnages, mais sur une toute autre ampleur. Il faut reconnaître que le montage final contribue grandement à cela : le découpage en épisodes de 45 minutes permet d’avoir des intrigues plus denses, moins hachées et en alternance.

Les épisodes sont juste comme il faut : comme on part de formats réduits à l’origine, cela permet d’avoir 45 minutes bien remplies, sans pour autant donner l’impression de délayer la sauce. D’ailleurs, en quelques six heures de film (si on est un peu maso comme moi et qu’on se regarde ça quasiment tout à la suite), cela donne un ensemble bien plus dense que certaines séries de 20 épisodes, voir presque un (très long) film tant les séparations semblent inutile…

… Sauf pour pouvoir voir et entendre une fois de plus un superbe générique de début, avec un magnifique thème mélancolique et héroïque à la fois. Rien que pour ça, ça vaut le coup !

Ce qui fait le point fort de ce livre, au risque de me répéter, c’est l’histoire, qui bien qu’entrecoupée de deux trois notes d’humour, est sombre et dramatique à souhait. Le Royaume part en morceaux, Arthur est bouffé par ses soucis personnels, Lancelot est… euh… passons, la Dame du Lac est mortelle, Caradoc et Perceval montent leur clan à l’auberge, etc.

Si les dialogues sont toujours aussi mordants, ils recèlent plus que de l’humour. Alexandre Astier s’approprie vraiment les personnages, au-delà de la caricature, et tire des légendes arthuriennes une histoire bien à part, avec des thématiques peu être très personnelles, notamment sur la paternité, dont la saga en sort franchement grandie.

De toutes les adaptations modernes que j’ai pu voir, et j’en ai vu, du Excalibur en armure brillante au Merlin de la BBC, en passant par un navet nommé Le Retour de Merlin l’Enchanteur vu sur SciFi en passant hier (j’ai vu des types en armure attaquer un camion avant de zapper), c’est la première fois que je vois quelque chose qui fait passer les personnages bien avant le coté héroïque, ce qui offre une relecture unique qui touche, et même mieux, prend carrément aux tripes par moment.

En toute honnêteté, il faudrait être sans cœur pour arriver à regarder la 2e partie du livre V sans ressentir quoi que ce soit, encore plus les deux derniers épisodes, et ne parlons même pas de l’ultime, le Garçon qui criait au loup, qui est tout simplement bouleversant (même que je suis encore toute secouée de la conclusion).

En plus de ça, les décors sont variés (intérieurs, extérieurs de campagne, forêt et mer), les acteurs toujours aussi bons sur tous les registres (les sombres comme les comiques), les costumes variés (peut-être un peu niponisants sur les bords mais ça choque moins que les vestes en cuir dans Merlin), les guest-stars agréables (Alain Chabat est excellent, Christian Clavier en est presque supportable bien que rappelant beaucoup les Visiteurs ), et la musique magnifique (je me répète, je sais).

Bon s’il y a un mini-point noir, c’est la qualité de l’image qui donne parfois un peu l’impression qu’on a passé un filtre de photoshop… pas réussi à savoir si c’était volontaire ou non. Pour le reste, c’est excellent. Il fallait oser changer de ton, passer de l’humour au drame, du sketch à l’épisode, mais c’est une transition plus que réussie.

La série gagne en beaucoup en faisant cela, car ça lui permet de ne pas tourner en rond, et de montrer sa polyvalence, même s’il est évident que ça ne plaira pas à tout son public. En tout cas, chapeau d’avoir réussi à faire autre chose que de la fantasy carton-pâte avec quelque chose d’aussi vaste et riche que la Matière de Bretagne…

Pour ce qui est de la suite, quelque chose me dit qu’il va falloir patienter pour l’avoir, puisque le livre VI concernera la genèse de l’histoire, notamment les années d’Arthur à Rome… Avec un découpage en grands épisodes d’après ce que j’ai suivi, même si c’est pas clair entre les 3 téléfilms et les 8 épisodes… et après on aura des films, donc on est pas près de s’ennuyer !