jeudi 15 octobre 2009

Pôle Emploi powa (ou pas)


Après les débouchés du master pro, et la lettre de motivation (mazette il faudra bientôt un tag pour cette thématique), je ne pouvais pas ne pas vous faire part de ma première expérience au Pôle Emploi. Ca n'arrive pas souvent, mais parfois, on se demande si tout à coup, pour une raison inexpliquée, on n’a pas été projeté dans un film, tellement ce qu’on voit est… hors du commun.

Pôle emploi, c’est ça. Et pour ceux qui se posent la question, il s’agit d’une comédie.

Tout commence sur Internet. Si on n’a pas internet chez soit, on peut téléphoner (j’ai idée que ça doit être au moins aussi pire que les SAV). Et si on n’a ni l’un, ni l’autre, on peut éventuellement se rendre à l’agence directement, il parait. Mais Internet, c’est mieux.

Pour commencer, il faut réussir à atteindre la page en question, en évitant les périodes où le serveur est saturé. Et en début de mois c’est… tout le temps. On vous recommande de vous connecter avant 9h, entre 12h et 14h, ou après 17h. Des fois, même à 21h on se fait éjecté (je me demande si le serveur ne ferme pas pour la nuit, en fait ça ne m’étonnerait même pas).

Une fois qu'on y arrive, on fournit des tonnes d’informations, parfois on ne sait pas quoi répondre vu la clarté de la chose, et puis, une fois notre « brouillon » (ainsi qu'ils l'appellent) terminé, on nous propose de préparer notre futur entretien en remplissant deux documents. Le premier est la demande d’allocations chômage, le deuxième… pas moyen de l'ouvrir, ça règle la question.

Soit, on va faire la demande d’allocations même si on a aucune chance d’en toucher. On ne sait jamais, après tout.

Après quoi on éteint son ordinateur, et très vite, on reçoit une belle enveloppe de Pôle Emploi avec la date du rendez-vous pour finaliser le dossier et… le dossier de demande d’allocations à remplir !

Techniquement si on a un empêchement, il est possible de déplacer le rendez-vous. Le numéro de téléphone indiqué en bas de la page étant le standard, je vous souhaite bonne chance.

(Ca me rappelle un peu la CAF, genre un jour ils me préviennent d’une inspection -si ça existe, je l'ai vécu-. Il était possible de modifier la date en les prévenant avant 17h, le jour où est arrivé la lettre. Ils font comment les gens qui bossent ?)

Du coup, comme on n’a rien d’autre faire, on re-rempli la demande d’allocations (des fois que sur le net ça n'ait pas marché pas), on prépare sa paperasse, et lorsque vient le jour du rendez-vous, en route pour l’aventure !

Une fois arrivée là-bas, la marche à suivre n’est pas claire. Voyons voir… nous avons des ordinateurs, des gens, des téléphones et… oh merveille ! Une file d’attente qui cache un comptoir. C’est sûrement l’accueil !

On fait donc la queue, on donne son nom, on montre son papier, et hop, on nous envoie en salle d’attente avec un questionnaire (encore un !) à remplir pour préparer notre entretien.

C’est là où on se retrouve projeté dans une comédie. Il suffit de voir la salle d’attente. C’est une grande pièce avec des sièges collés contre le mur, et au milieu, deux tables avec des journaux et des stylos.

J’ai tout de suite pensé à Men in Black. Vous savez, la scène où ils remplissent un questionnaire, assis dans des fauteuils en forme d’œuf, et qu’ils arrivent pas à écrire parce qu’ils n’ont pas de support et que la seule table est au milieu de la pièce ?

Et bien Pôle Emploi, c’est la même chose. Même si on pourrait aller s’asseoir à une table, personne n’ose le faire, et on bataille tous à essayer de remplir nos questionnaires lisiblement en s’appuyant sur livre, genou, pochette, etc.

Et puis, alors qu’on est en train de réfléchir à s’il n’y a pas des pièges dans les questions (ce n’est que la 4e fois que vous réécrivez votre parcours scolaire et professionnel - ça rappelle un peu la bureaucratie dans H2G2), un type débarque et vient vous chercher.

Le premier rendez-vous sert à s’inscrire comme demandeur d’emploi et à régler les questions d’allocs. Dans mon cas c’est vite expédié, sortant de mes études. Ca serait bien de prévenir avant de nous faire rempli rdeux fois ce fichu dossier avec tant de précision ! Maintenant on le saura, le minimum c’est quatre mois continus de travail.

Ensuite, on vérifie une fois de plus les infos rentrées dans l’ordinateur, (nom, prénom, adresse, date de naissance, numéro de sécu, etc.) on photocopie les pièces justificatives, et hop, voilà votre carte de demandeur d’emploi, pensez en début de mois à vous connecter sur le site pour mettre à jour votre statut et raconter vos démarches du mois précédent, merci, au revoir et retournez en salle d’attente.

C’était bref mais intense… quoique non, même pas intense, juste bref. En plus la « carte de demandeur d’emploi » (l’item tant convoité qui permet parfois d’avoir tarif réduit dans les musées quand même !) est pour le moment une feuille rose saumon A4 pas franchement claire qui insiste surtout sur la nécessité de signaler tout changement de situation). Ils pourraient faire un truc plus festif façon fan-club, histoire qu’on se remonte le moral en sentant qu’on fait partie d’une grande famille quoi !

Retour à la salle d’attente, et on revient au fameux questionnaire qui va peut-être servir, qui sait ? La bonne nouvelle, c’est qu’à force de redonner toujours les mêmes infos, on est capable de sortir de tête son parcours dans le détail, même les dates de boulot et de diplôme (ce qui devient généralement assez flou plus on remonte dans le temps).

Et là, c’est l’apothéose quand le 2e « conseiller » arrive.

Je vous jure, des comme ça, je pensais qu’il n’en existait plus. Il faudrait les exposer dans des musées, tellement on les croirait sorti droit d’Amélie Poulain ou d’une comédie d’Etienne Chatiliez.

Tenez, ça commence comme ça : « C’est le dernier que je fais aujourd’hui ». J’ai pas osé regarder ma montre sur le coup. Nous partons donc dans son bureau, et on sent le type pressé de partir, vraiment la parodie du fonctionnaire, avec en prime un coté puant et hautain dans ses remarques sur les recruteurs, la façon dont les gens lisent les CV, etc.

(Je veux bien admettre qu’il a dit quelques trucs qui n’étaient pas faux, mais bon)

Et puis, en cinq minutes il va me demander l’emploi que je cherche, mes prétentions salariales, les langues que je parle, et hop ! Voilà ce qu’on appelle un projet personnalisé d’accès à l’emploi (c’est pas pour dire mais on en faisait des plus poussés que ça au collège !).

Après quoi il jette un coup d’œil sur mon CV, imprime deux trois papiers, explique en passant à sa collègue qu’il en a « déjà fait 7 aujourd’hui » (7h ou 7 demandeurs, on ne saura jamais), et me fout plus ou moins à la porte.

(genre le « vous avez des questions ? » il me l’a demandé en m’ouvrant la porte)

Et voilà, fin de l’histoire. C'est là que j'ai regardé ma montre et rigolé un bon coup, il était genre 16h30.

Plus tard, en lisant les papiers (qu’il fait signer sans laisser le temps de lire), je comprendrais qu’en gros  le projet personalisé d'emploi, c’est les infos essentielles qu’ils rentrent dans leur base, et qu’en fonction de ça on va me proposer les fameux trois emplois, et si je n’en accepte aucun, je pourrais être radiée des listes.

Et que si dans trois mois je n’ai toujours pas d’emploi, j’aurais le droit cette fois-ci à un suivi personnalisé avec un conseiller. Autant dire qu’on a encore le temps de patauger.

Bref, je ne me plains pas, personnellement je suis loin d’être dans la mouise jusqu’au cou. Mais quand je pense aux gens qui ne savent pas comment ils vont payer leur loyer, et qui peinent à retrouver quelque chose, ça me fait un peu peur.

Dans le questionnaire de préparation à l’entretien qu’on nous fait remplir, il est notamment demandé si on est confronté à des difficultés pouvant freiner notre recherche (santé, famille, problèmes financiers, découragement). Et bien vu la brièveté de l’entretien, je me demande comment on pourrait parler de ce genre de problème.

Bon ceci dit j’admets être tombée sur un cas. Le premier conseiller que j’ai rencontré avait l’air d’avoir un peu plus de bon sens.

Pour la petite note de fin, je ne sais pas si ce sont les bonnes ondes de l’ANPE, mais l’histoire a voulu que je trouve un boulot le lendemain de mon inscription. Bon, c’est un CDD de 2 mois payé au SMIC, mais c’est un bon début, et je préfère continuer à chercher en faisant quelque chose de mes journées.

Y’aura moins de mises à jour dans l’air d’ici la semaine prochaine je pense...

11 commentaires:

  1. Finalement, tu vis ce que la majorité des nouveaux demandeurs vivent... pour ma part, cela a été plus rapide: pas de serveur saturé, pas de rererereredossiers à remplir (ils avaient enregistré que je les avais téléchargé) donc nickel. Le tout a tenu en 1/2h (même situation que toi, ça va vite) et pas d'attente.
    Moi aussi j'ai décliné le suivi personnalisé, à la revoyure dans trois mois.
    Par contre, j'ai toujours ma carte rose saumon, mais elle sert à rien. Il faut absolument que tu aies avec toi le papier disant dans quelle catégorie tu te trouves (état de situation, à télécharger sur le net) pour t'ouvrir le monde des "réductions" de demandeurs d'emploi.
    Figures-toi que le métier que je veux n'existe pas en code rome, je me retrouve avec un type de poste que je ne voudrai jamais occupé... mais bon !

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  2. Voilà un épisode qu'on pourrait qualifier d'épopée comico-surnaturelle... Comme quoi ce qu'on nous explique a bien des manières de s'appliquer (et pourquoi donc ces gens râlent-ils ?! On les oblige pourtant pas à faire ce boulot bureaucratique ! Il serait temps d'employer quelques Vogons, je suis bien d'accord).

    J'espère qu'en Suède le système est mieux niveau organisation...

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  3. Ah ben j'ai vécu pile poil la même chose (sauf qu'à l'époque y'avait pas encore le fameux "3 propositions et on te radie") il y a 4 ans, comme quoi, ça change pas vraiment. Ca m'avait assez ébahie et déprimée, moi aussi. Je croyais qu'ils aidaient vraiment à trouver un job ou des idées de recyclage - pauvre naïve que j'étais. (et les bilans de réorientation, c'est pas mieux)
    M'enfin je dirais que tant que tu as un petit job, même précaire et tout, normalement ils te foutent la paix, et ils sont bien contents de ne pas t'avoir sur le dos...
    Quoique, je me demande, vu que statistiquement parlant tu doit être toujours dans les demandeurs d'emploi et il n'y a plus que ces chiffres qui comptent...
    (ils avaient quand même réussi à proposer à ma mère un job de lessiveuse à 50 km de chez mes parents, alors qu'elle était en pleine formation intensive de secrétariat...)
    Bref, je te souhaite vraiment bon courage pour surmonter tout ça, et surtout un bon paquet de chance pour tomber par hasard sur un poste qui te plait à peu près par rapport à ton parcours et tes goûts/envies!

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  4. (oh, et moi j'avais carrément reçu le dossier après mon rendez-vous, et j'avais perdu des heures sur le standard téléphonique pour essayer d'y comprendre quelque chose...

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  5. omg maintenant je comprends pourquoi tu disais "suréaliste" en revenant xD
    les formulaires... c'est la mort remplir ça... c'est jamais assez clair ou alors trop détaillé et trop précis *sors*

    (et je ne te laisserai pas une réflexion philosophique cette fois-ci ^^)

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  6. Il faut absolument que tu aies avec toi le papier disant dans quelle catégorie tu te trouves (état de situation, à télécharger sur le net) pour t'ouvrir le monde des "réductions" de demandeurs d'emploi.
    Encore un truc qui n'est marqué ou dit nul part, décidément j'espère pas en avoir besoin mais j'aurais aucun mal à faire l'épisode 2.

    Il serait temps d'employer quelques Vogons, je suis bien d'accord
    Je suis sûre que le Vogon (ah c'est ça leur nom, j'en étais pas sûre !) serait plus pédagogue, et s'intégrerait parfaitement dans ce monde de paperasserie

    Je croyais qu'ils aidaient vraiment à trouver un job ou des idées de recyclage - pauvre naïve que j'étais.
    Moi aussi je suis naïve (une grande optimiste de la vie dirons-nous), c'est exactement ce que je m'attendais à voir, façon conseiller d'orientation...

    (et je ne te laisserai pas une réflexion philosophique cette fois-ci ^^)
    Trop gentil, faut que je parte à la gare alors merci de m'éviter d'avoir à écrire une page de réponse ^^

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  7. Ma sœur, c'est quand que tu écris un bouquin un vrai ??? Faut aller voir un éditeur... Moi qui ne lis jamais parce que la plupart des bouquins qu'on me conseille de lire m'endorment (et les autres aussi d'ailleurs), et ben je trouve que tes critiques sont très romancées et rigolotes (tout à fais mon style)!!! Donc écris quelque chose au moins pour moi please! La bise, Estelle

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  8. J'ai eu beaucoup de plaisir à lire ce billet qui rejoint un vécu personnel, mais exprimé avec un autre point de vue fort intéressant.

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  9. Allez, je déterre cette note histoire de partager ma toute fraîche expérience, comme promis ! ^^
    Rendez-vous 8h30, l'agence ouvre à 8h30, chouette me dis-je, je ne vais pas attendre normalement y'aura pas de retard... Quelle illusion ! Oui parce qu'en fait 8h30, c'est pas l'heure d'ouverture, c'est l'heure à laquelle les conseillers arrivent, ouvrent la porte et re-verrouillent derrière eux, des fois qu'on force l'entrée pour ne pas attendre dans le froid !
    Non mais sinon c'est quand même pas trop mal allé. Même pas eu besoin de passer m'enregistrer à l'accueil, une conseillère est venue me voir directement, m'a demandé mon nom et a dit "Allez suivez-moi, on va voir ensemble pour votre inscription". Bon, pour m'inscrire en demandeur d'emploi pas de souci, c'est un formulaire à deux feuilles j'avais tout juste ! *victoire*
    Par contre pour la demande d'allocations, il me manquait plein de trucs, j'avais pas coché les bonnes cases, pas mis les stages aux bons endroits (en même temps quand tu préremplis sur Internet c'est très mal expliqué, c'est que une fois que tu as enregistré (et donc que tu ne peux plus modifier), que tu te rends compte que t'as foiré). Donc il faut re-remplir (parce que les ratures ça le fait pas sur le formulaire) et re-signer. OK pas grave, ça je le savais avant d'arriver. Bon, par contre, "il vous manque le formulaire E101, votre carte AVS (les joies d'avoir travaillé en Suisse), etc... bon il faudra revenir avec votre dossier complet pour la demande d'allocations". -_-" Heureusement, apparemment j'aurai juste à déposer mon dossier complet, mais ça ne nuit pas à mon inscription à Pôle Emploi. Oui parce qu'à la base moi j'y vais pour ça, pour récupérer une attestation et régulariser ma situation à la Sécurité Sociale. Ben non, l'attestation, je la recevrai par courrier "rapidement" (j'attends de voir xD).
    Deuxième étape, mon profil de recherche d'emploi. Et là tu te demandes à quoi ça a servi que tu te fasses chier deux heures à tout remplir comme il faut sur Internet, alors qu'elle re-remplit elle-même tout sur ordinateur en te demandant de confirmer à chaque fois. Je comprends maintenant pourquoi ils me disaient dans ma convocation de prévoir une heure pour le rdv...

    Alors je te rejoins sur le fait que ça a l'air surréaliste ! Et encore, vue l'heure de mon rdv, il n'y avait pas trop de monde (juste un mec, avec sa soeur et sa mère je suppose, qui lui faisaient tout un speech sur "tout le monde a commencé balayeur, il faut gagner sa vie peu importe comment, regarde untel qui a commencé employé dans une grande surface et qui a son propre dépôt maintenant" xD), je n'ai pas eu à remplir un formulaire sur place (enfin si, mais pas dans la salle d'attente en me battant avec ma pochette pour faire support ^^), et je n'ai rencontré qu'une seule conseillère (qui en plus me connaissait vaguement et m'a donc demandé où elle m'avait déjà vue, mon nom lui disant quelque chose...). Donc tu vois, ça s'est modernisé comme on le pensait ! :P Prochain rdv dans 4 mois si je n'ai rien trouvé, en attendant je ne dois pas oublier d'actualiser ma situation de demandeur d'emploi tous les mois sur le site. Elle m'a aussi bien fait comprendre que je trouverais certainement par le biais de mes recherches personnelles, que leur aide risquait d'être... minimale. Ô joie ! Ça valait le coup de se lever, tiens !

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  10. Moi je suis sûre que c'est parce que tu habites dans un coin paumé, du coup y'a moins de monde :P

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  11. Non c'était l'heure je pense, quand je suis sortie il y avait nettement plus de monde qui attendant devant le desk de l'accueil xD mais c'est sûr que comparé à Paris, y'a pas photo ! :P

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