mercredi 24 juin 2015

Le fond des forêts – David Mitchell


Cela faisait un petit moment (depuis ma lecture de l’excellent Cartographie des nuages en fait) que je voulais lire d’autres textes de David Mitchell. J’ai fini par croiser un autre roman de lui à la bibliothèque, et sa lecture n’a fait que confirmer tout le bien que je pense de cet auteur.

Le fond des forêts ou Black Swan Green en VO suit les pas de Jason Taylor, un adolescent de treize ans qui vit dans une petite ville anglaise. Il souffre de bégaiement et fait tout pour cacher son problème à ses camarades de classe car le collège qu’il fréquente est sans pitié avec ceux qui ne sont pas populaires ou qui ne rentrent pas dans le moule.

L’histoire est racontée sous forme de chroniques (une par mois), ce qui donne un côté un peu décousu à cet ensemble de souvenirs, mais cela colle finalement assez bien pour suivre les pas d’un adolescent qui saute d’une idée à l’autre et dont l’humeur ne cesse de changer. Et la dernière partie n’oublie pas de rassembler tous les fils comme il se doit.

Je me suis assez vite rendue compte à la lecture que Le fond des forêts n’était pas un roman anodin parce qu’il fait partie de ces textes qui s’installent dans votre tête et ne vous quitte pas de la journée, même quand vous n’êtes pas en train de le lire. Ce n’est pas juste l’envie de savoir la suite, c’est l’atmosphère et parfois mêmes les mots qui reviennent spontanément en tête lorsqu’on y pense pas.

C’est sans doute parce que son sujet parle : les difficultés de Jason qui doit surmonter son bégaiement (à priori c’est du semi-biographique, ce qui explique à quel point c’est crédible), les tensions dans sa famille et le fait qu’il aimerait clairement pouvoir montrer ce qu’il est vraiment au lieu de le masquer… tous ces aspects font qu’il est difficile de ne pas sympathiser avec le héros, et qu’il est parfois très facile de se reconnaitre en lui.

A la lecture, j’ai souvent pensé à l’excellent Loin, très loin de tout de Ursula K. Le Guin, car ces deux romans offrent des excellentes incursions dans le monde très complexe des adolescents et de leurs jeux de pouvoir et de réputation. L’océan au bout du chemin de Neil Gaiman m’est aussi revenu en tête, pour cette manière de replonger dans l’enfance, mais sans l’aspect fantastique (même si certains passages ont une légère connotation fantastique).

En plus de parler de justesse de son sujet, Le fond des forêts est également un texte très bien écrit qui s’apprécie autant pour son fond que pour sa forme, à l’image de Cartographie des nuages. L’auteur s’est vraiment prêté au jeu de reconstituer l’année 1982 dans les moindres détails (musique, politique, cinéma, produits, etc.), et si je ne joue pas au jeu des citations pour vous montrer la qualité de l’écriture, c’est qu’il y a tellement de belles phrases qu’on a envie de ressortir que je ne sais pas laquelle sélectionner !

Bref Le fond des forêts est un texte qui m’a touché et que j’ai savouré de la première à la dernière ligne. N’hésitez pas à en faire autant, pendant que je m’en vais explorer le reste de sa bibliographie !

CITRIQ

7 commentaires:

Brize a dit…

Cela fait un moment que j'ai repéré l'auteur, toujours pas lu (mais je commencerai je pense avec "Cartographie des nuages"), ce titre-ci notamment, dont je suis ravie de lire ta critique.

Vert a dit…

@Brize
Il faut lire des choses de lui, c'est que du bon (pour ce que j'ai testé en tout cas ^^)

Lorhkan a dit…

Ça fait un bon moment que je me dis qu'il faut que lise David Mitchell. Ça viendra. un jour.
Mais je sais déjà que ça va me plaire vu ce que tu en dis. :)

Tigger Lilly a dit…

Faudra vraiment que je découvre cet auteur à l'occasion.

Vert a dit…

@Lorhkan
C'est un auteur à découvrir en effet ^^

@Tigger Lilly
Ils en ont deux trois à la bib si ça peut t'aider !

Karine:) a dit…

Ah, voilà! Je me souviens pourquoi je l'avais acheté, il y a des années! Le personnage bégaie! Merci de la piqûre de rappel, peut-être est-ce que ça va m'encourager à le sortir plus vite!

Vert a dit…

@Karine:)
Il faut ^^