Après les débouchés du master pro, et la lettre de motivation (mazette il faudra bientôt un tag pour cette thématique), je ne pouvais pas ne pas vous faire part de ma première expérience au Pôle Emploi. Ca n'arrive pas souvent, mais parfois, on se demande si tout à coup, pour une raison inexpliquée, on n’a pas été projeté dans un film, tellement ce qu’on voit est… hors du commun.
Pôle emploi, c’est ça. Et pour ceux qui se posent la question, il s’agit d’une comédie.
Tout commence sur Internet. Si on n’a pas internet chez soit, on peut téléphoner (j’ai idée que ça doit être au moins aussi pire que les SAV). Et si on n’a ni l’un, ni l’autre, on peut éventuellement se rendre à l’agence directement, il parait. Mais Internet, c’est mieux.
Pour commencer, il faut réussir à atteindre la page en question, en évitant les périodes où le serveur est saturé. Et en début de mois c’est… tout le temps. On vous recommande de vous connecter avant 9h, entre 12h et 14h, ou après 17h. Des fois, même à 21h on se fait éjecté (je me demande si le serveur ne ferme pas pour la nuit, en fait ça ne m’étonnerait même pas).
Une fois qu'on y arrive, on fournit des tonnes d’informations, parfois on ne sait pas quoi répondre vu la clarté de la chose, et puis, une fois notre « brouillon » (ainsi qu'ils l'appellent) terminé, on nous propose de préparer notre futur entretien en remplissant deux documents. Le premier est la demande d’allocations chômage, le deuxième… pas moyen de l'ouvrir, ça règle la question.
Soit, on va faire la demande d’allocations même si on a aucune chance d’en toucher. On ne sait jamais, après tout.
Après quoi on éteint son ordinateur, et très vite, on reçoit une belle enveloppe de Pôle Emploi avec la date du rendez-vous pour finaliser le dossier et… le dossier de demande d’allocations à remplir !
Techniquement si on a un empêchement, il est possible de déplacer le rendez-vous. Le numéro de téléphone indiqué en bas de la page étant le standard, je vous souhaite bonne chance.
(Ca me rappelle un peu la CAF, genre un jour ils me préviennent d’une inspection -si ça existe, je l'ai vécu-. Il était possible de modifier la date en les prévenant avant 17h, le jour où est arrivé la lettre. Ils font comment les gens qui bossent ?)
Du coup, comme on n’a rien d’autre faire, on re-rempli la demande d’allocations (des fois que sur le net ça n'ait pas marché pas), on prépare sa paperasse, et lorsque vient le jour du rendez-vous, en route pour l’aventure !
Une fois arrivée là-bas, la marche à suivre n’est pas claire. Voyons voir… nous avons des ordinateurs, des gens, des téléphones et… oh merveille ! Une file d’attente qui cache un comptoir. C’est sûrement l’accueil !
On fait donc la queue, on donne son nom, on montre son papier, et hop, on nous envoie en salle d’attente avec un questionnaire (encore un !) à remplir pour préparer notre entretien.
C’est là où on se retrouve projeté dans une comédie. Il suffit de voir la salle d’attente. C’est une grande pièce avec des sièges collés contre le mur, et au milieu, deux tables avec des journaux et des stylos.
J’ai tout de suite pensé à Men in Black. Vous savez, la scène où ils remplissent un questionnaire, assis dans des fauteuils en forme d’œuf, et qu’ils arrivent pas à écrire parce qu’ils n’ont pas de support et que la seule table est au milieu de la pièce ?
Et bien Pôle Emploi, c’est la même chose. Même si on pourrait aller s’asseoir à une table, personne n’ose le faire, et on bataille tous à essayer de remplir nos questionnaires lisiblement en s’appuyant sur livre, genou, pochette, etc.
Et puis, alors qu’on est en train de réfléchir à s’il n’y a pas des pièges dans les questions (ce n’est que la 4e fois que vous réécrivez votre parcours scolaire et professionnel - ça rappelle un peu la bureaucratie dans H2G2), un type débarque et vient vous chercher.
Le premier rendez-vous sert à s’inscrire comme demandeur d’emploi et à régler les questions d’allocs. Dans mon cas c’est vite expédié, sortant de mes études. Ca serait bien de prévenir avant de nous faire rempli rdeux fois ce fichu dossier avec tant de précision ! Maintenant on le saura, le minimum c’est quatre mois continus de travail.
Ensuite, on vérifie une fois de plus les infos rentrées dans l’ordinateur, (nom, prénom, adresse, date de naissance, numéro de sécu, etc.) on photocopie les pièces justificatives, et hop, voilà votre carte de demandeur d’emploi, pensez en début de mois à vous connecter sur le site pour mettre à jour votre statut et raconter vos démarches du mois précédent, merci, au revoir et retournez en salle d’attente.
C’était bref mais intense… quoique non, même pas intense, juste bref. En plus la « carte de demandeur d’emploi » (l’item tant convoité qui permet parfois d’avoir tarif réduit dans les musées quand même !) est pour le moment une feuille rose saumon A4 pas franchement claire qui insiste surtout sur la nécessité de signaler tout changement de situation). Ils pourraient faire un truc plus festif façon fan-club, histoire qu’on se remonte le moral en sentant qu’on fait partie d’une grande famille quoi !
Retour à la salle d’attente, et on revient au fameux questionnaire qui va peut-être servir, qui sait ? La bonne nouvelle, c’est qu’à force de redonner toujours les mêmes infos, on est capable de sortir de tête son parcours dans le détail, même les dates de boulot et de diplôme (ce qui devient généralement assez flou plus on remonte dans le temps).
Et là, c’est l’apothéose quand le 2e « conseiller » arrive.
Je vous jure, des comme ça, je pensais qu’il n’en existait plus. Il faudrait les exposer dans des musées, tellement on les croirait sorti droit d’Amélie Poulain ou d’une comédie d’Etienne Chatiliez.
Tenez, ça commence comme ça : « C’est le dernier que je fais aujourd’hui ». J’ai pas osé regarder ma montre sur le coup. Nous partons donc dans son bureau, et on sent le type pressé de partir, vraiment la parodie du fonctionnaire, avec en prime un coté puant et hautain dans ses remarques sur les recruteurs, la façon dont les gens lisent les CV, etc.
(Je veux bien admettre qu’il a dit quelques trucs qui n’étaient pas faux, mais bon)
Et puis, en cinq minutes il va me demander l’emploi que je cherche, mes prétentions salariales, les langues que je parle, et hop ! Voilà ce qu’on appelle un projet personnalisé d’accès à l’emploi (c’est pas pour dire mais on en faisait des plus poussés que ça au collège !).
Après quoi il jette un coup d’œil sur mon CV, imprime deux trois papiers, explique en passant à sa collègue qu’il en a « déjà fait 7 aujourd’hui » (7h ou 7 demandeurs, on ne saura jamais), et me fout plus ou moins à la porte.
(genre le « vous avez des questions ? » il me l’a demandé en m’ouvrant la porte)
Et voilà, fin de l’histoire. C'est là que j'ai regardé ma montre et rigolé un bon coup, il était genre 16h30.
Plus tard, en lisant les papiers (qu’il fait signer sans laisser le temps de lire), je comprendrais qu’en gros le projet personalisé d'emploi, c’est les infos essentielles qu’ils rentrent dans leur base, et qu’en fonction de ça on va me proposer les fameux trois emplois, et si je n’en accepte aucun, je pourrais être radiée des listes.
Et que si dans trois mois je n’ai toujours pas d’emploi, j’aurais le droit cette fois-ci à un suivi personnalisé avec un conseiller. Autant dire qu’on a encore le temps de patauger.
Bref, je ne me plains pas, personnellement je suis loin d’être dans la mouise jusqu’au cou. Mais quand je pense aux gens qui ne savent pas comment ils vont payer leur loyer, et qui peinent à retrouver quelque chose, ça me fait un peu peur.
Dans le questionnaire de préparation à l’entretien qu’on nous fait remplir, il est notamment demandé si on est confronté à des difficultés pouvant freiner notre recherche (santé, famille, problèmes financiers, découragement). Et bien vu la brièveté de l’entretien, je me demande comment on pourrait parler de ce genre de problème.
Bon ceci dit j’admets être tombée sur un cas. Le premier conseiller que j’ai rencontré avait l’air d’avoir un peu plus de bon sens.
Pour la petite note de fin, je ne sais pas si ce sont les bonnes ondes de l’ANPE, mais l’histoire a voulu que je trouve un boulot le lendemain de mon inscription. Bon, c’est un CDD de 2 mois payé au SMIC, mais c’est un bon début, et je préfère continuer à chercher en faisant quelque chose de mes journées.
Y’aura moins de mises à jour dans l’air d’ici la semaine prochaine je pense...