samedi 31 octobre 2009

Bizarre ! Bizarre ! – Roald Dahl



De manière générale, Roald Dahl est plutôt connu comme auteur de romans pour la jeunesse. Si vous n’avez jamais entendu parlé et/ou lu Charlie et la Chocolaterie, Mathilda, ou encore la Potion magique de George Bouillon et Sacrées Sorcières (pour citer mes deux favoris), sans vous traiter d’ignare, vous avez raté quelque chose, surtout que pour les deux premiers au moins, ils ont été adaptés en films.

Mais cet auteur n’a pas produit que ces romans légèrement subversifs plein d’humour et de magie, on lui doit aussi le sympathique recueil de nouvelles Bizarre ! Bizarre !. Le titre exact anglais est Someone like you (Quelqu’un comme vous), et je me demande si le titre français n’exprime pas tout simplement ce que pensait l’éditeur français de l’ouvrage.

Parce que sans faire dans le lieu commun, on m’a présenté ce recueil comme bizarre, et il faut reconnaitre, qu’il l’est, bizarre. Alors finalement, Bizarre ! Bizarre ! est plus qu'adapté comme titre.

Le livre contient une vingtaine de nouvelles sur des thèmes assez variés. On y parle notamment meurtre, manipulation, tricherie, complot, pari, illusion, vengeance... que du bonheur, et y’en a pour tous les goûts.

On reconnait bien le style d’écriture de Dahl, dans ses descriptions pointilleuses, sa  manière à s’adresser au lecteur, et l’humour toujours présent. Si certaines nouvelles sont franchement glauques, on les lit toujours avec un sourire en coin.

Dahl maitrise à merveille ce format court, puisqu’il arrive à monter une intrigue en quelques pages, et surtout à vous scotcher jusqu’au dénouement final, souvent à des kilomètres de ce qu’on attendait. A la façon d’une bonne blague la plupart des nouvelles ont une chute, souvent fort surprenante.

Certaines, je l’avoue, m’ont laissé assez sceptiques sur leur sens, mais globalement c’est très agréable à lire, avec un ton frais et léger. Le connaisseur (ou pourquoi les paris peuvent être dangereux), Coup de gigot (un drame conjugale et culinaire), Venin (pour ceux qui détestent les serpents) et La grande grammatisatrice automatique (qui pourrait passer pour de l’anticipation) valent vraiment le détour.

mercredi 28 octobre 2009

Noob – Saison 1



Non, je ne suis pas du tout à la bourre dans mes chroniques…

(oui j’aime bien le terme chronique finalement, je trouve ça plus adapté que critique –un poil trop ambitieux-, billet –trop période live space- ou article –trop journalistique-, et vu que je raconte ma vie tout en présentant des bouquins –ou des séries télé-, c’est pas mal comme terme –et je vous ai dit que j’adorais les à coté entre tirets ?-)

… Je disais donc, je ne suis pas du tout en retard, j’aurais juste dû écrire celle-ci il y a bientôt quatre mois de ça quand j’ai découvert ce petit bijou sur Nolife, entre deux épisodes de Nerdz et une Minute du geek. Finalement, je l’ai fait quelques jours après la première diffusion du premier épisode de la saison 2 !

Bref, la première fois que j'ai croisé la route de Noob, je n'ai rien compris, normal, j’ai dû tomber en plein milieu de la série sur un des épisodes les plus obscurs (mais ô combien drôle). Et puis j’ai vu l’épisode 1, j’ai enchainé sur le 2, et ainsi de suite jusqu’au 22e épisode de cette première saison. Il faut dire qu’une fois rentré dans l’univers, c’est très dur de décrocher, on en redemande sans cesse.

Concrètement, Noob (abréviation de newbie, débutant dans un jeu vidéo un peu boulet sur les bords) est une série humoristique format court (pas plus de dix minutes par épisode) qui raconte les pérégrinations d’un groupe de joueurs pas aidés dans un MMOPRG.

Tout commence lorsque Gaea (invocatrice de niveau 1) se lance dans ce nouveau jeu. Elle découvre vite qu’elle doit rejoindre une guilde pour avancer, sauf que la seule guilde qui accepte les bas-niveaux est la guilde Noob, considérée comme la « pire guilde du serveur ». C’est donc à ses cotés et avec les incroyables membres de la guilde qu’on va découvrir l’univers fantastique de Horizon 1.0

Il y a Arthéon, le guerrier de niveau 10 qui pleure son personnage de niveau 100 effacé parce qu’il avait acheté des crédits pirates. Il y a Omega Zell, assassin macho, dont le rêve est de faire partie de la guilde de Justice.

Et puis il y a Sparadrap, prêtre de la bande et… boulet du groupe, dirons-nous. Mieux vous le découvrir par soi-même. La citation la plus appropriée à son sujet, au milieu de toutes les insultes est encore celle-ci : « La source du chaos ? Mais on la côtoie tous les jours ! »

Ensemble, ils vont accomplir différentes quêtes et visiter des donjons afin de pouvoir s’attaquer au premier étage de la tour Galamadriabuyak, et qui sait, un jour, atteindre le niveau 100 et débloquer la classe de guerrier du crépuscule.

Noob a un petit air du Donjon de Naheulbeuk en version vidéo. Si vous avez aimé Naheulbeuk, vous adorerez Noob, son casting loufoque, ses répliques qui fusent, sa dialectique sur les jeux vidéo en ligne et ses références en tout genre.

Si Sparadrap tient le haut du panier, tous ces personnages sont tous aussi siphonnés les uns que les autres. Arthéon pleure en permanence son personnage effacé et a une peur panique des maitres du jeu. Gaea est obsédée par l’argent et passe son temps à arnaquer son entourage. Et ne parlons pas d’Omega Zell, entre son rêve de faire partie de la guilde de justice et son obsession pour le joueur le plus connu du serveur, Fantom.

Autant dire que ce n’est pas le grand amour entre eux, ce qui déclenche des avalanches de dialogues qui partent dans tous les sens, avec un art de la réplique habilement maitrisé. De ce coté là, on ne risque pas de s’ennuyer.

Mais ce n’est pas tout. Noob parle de jeux vidéo, mais pousse le vice jusqu’à reconstituer l’atmosphère des jeux vidéo. Si les acteurs et les décors sont réels (quoique pour certains donjons…), tout un tas d’effets spéciaux (qui sont magnifiques, surtout compte tenu du semi-amateurisme de la série) contribuent à créer l’ambiance : les personnages ont un curseur avec leur nom au dessus de leur tête, lors des combats, on voit les points de vie défiler. On voit même les écrans de chargement ou les fiches de personnage.

L’histoire exploite largement l’aspect vidéoludique, et on s’y croirait presque. Je dois avoir 3h de MMOPRG à mon actif, mais je peux vous dire que l’esprit est parfaitement retranscrit, système de quête et vocabulaire compris (heureusement Sparadrap pose les questions connes à la place du spectateur !).

Globalement les épisodes tiennent souvent du sketch autour d’une idée et peuvent presque être vus dans le désordre, sauf certains qui fonctionnent par deux ou trois. Néanmoins il y a quand même un semblant d’histoire derrière (nos héros arriveront-ils au niveau 10 ?), ce qui mine de rien accroche à l’écran.

Outre l’humour des dialogues, il faut relever que les aventures de nos héros sont bourrées de références diverses et variées : aux jeux vidéo certes, mais pas que. Ca parle aussi cinéma, manga, et il est vivement recommandé de regarder la série entre amis pour toutes les saisir.

Bref, les séries télé sur les jeux vidéo ne sont pas légions, et celle-là est un petit bijou. C’est drôle, extrêmement bien fichu, avec des acteurs excellents. Et en plus, ça se regarde librement sur Internet, que ce soit sur leur site officiel ou sur différents portails de webséries, alors franchement, ça ne vaut pas le coup de se priver !

Note de fin : Il existe une websérie très connue anglophone sur les MMORPG qui s’appelle The Guild. Ca se regarde sur youtube, et y’a moyen d’avoir des sous-titres en anglais. C’est sympa et drôle, mais finalement c’est moins marquant que Noob.

Déjà on se concentre plus sur l’IRL des joueurs que dans le jeu. On les voit jouer, mais on ne voit pas le jeu. C’est frustrant, après une bonne dose de Noob. Et après je fais un blocage sur le fait qu’il habitent tous plus ou moins au même endroit dans la vraie vie. Je trouve ça un poil irréaliste.

C’est quand même très chouette (surtout leur clip), et c’est idéal pour apprendre plein de mots d’argot vidéoludique en anglais !

lundi 26 octobre 2009

La Magnificence des oiseaux – Barry Hughart




« Je joins à présent les mains, et je m’incline devant les quatre coins du monde
Mon nom de famille est Lou et mon prénom You, mais il ne faut pas me confondre avec l’éminent auteur du Classique du thé. Ma famille est parfaitement banale et, comme je suis le dixième fils de mon père et plutôt robuste de ma personne, on s’adresse d’ordinaire à moi en m’appelant Bœuf Numéro Dix. »

Ainsi se présente le narrateur de la Magnificence des Oiseaux, avant de commencer le récit de son aventure. Kou-fou, son village, a été frappé d’une étrange épidémie en pleine époque de sériciculture. Tous les enfants de 8 à 13 ans sont tombés dans une sorte de coma.

L’abbé du village envoie donc Bœuf Numéro Dix à Pékin pour y trouver un sage susceptible de résoudre cette énigme. Ce sera le vénérable Li Kao, qui souffre « d'un léger défaut de personnalité ». Très vite, le mystère de l’épidémie est éclairci par le brillant cerveau du sage, néanmoins, le remède pour sauver les enfants ne sera pas facile à trouver, puisqu’il s’agit de la Grande Racine de Puissance.

Bœuf Numéro Dix et Li Kao vont donc partir en quête de cette mystérieuse racine, ce qui ne manquera pas de les brinqueballer aux quatre coins de la Chine dans des péripéties plus ubuesques les unes que les autres.

L’univers dans lequel se passe l’aventure est la Chine, mais une espèce de Chine antique rêvée et parodiée à la fois, ce qui ne manque pas de piquant. Je n’ai pas les connaissances nécessaires mais je soupçonne une inspiration réelle dissimulée dans à peu près tous les éléments, mais réécrite en une véritable comédie.

L’écriture même joue sur ce coté référence/parodie, avec des phrases bien ampoulés, des salutations travaillées et des termes bien alambiqués.

L’histoire est un peu construite à la façon d’une vieille série télé : on va de rebondissements en rebondissements, la moitié des chapitres se terminent en cliffhanger avec le duo en situation de mort imminente, les personnages récurrents font, sinon une apparition par chapitre, une apparition par partie (en fait l’histoire tourne autour des dix même gens), et ont tous leur propre réplique culte.

(la Grande Ancêtre par exemple ne jure que par le « Qu’on lui coupe la tête », ce qui n’est pas sans rappeler une certaine Reine…)

Le résultat est drôle et divertissant. Bœuf et Li Kao ressemblent à un duo de détectives, Li Kao résolvant les énigmes (façon Sherlock Holmes, un sérieux grain de folie en plus) pendant que Bœuf porte le sage trop fatigué pour marcher, joue des rôles de composition, tape sur les gens et participe à des expériences assez uniques dont je préfère vous laisser la surprise.

Bref c’est un pur plaisir à lire, et c’est d’une légèreté sans pareil… à la rigueur il y a certains passages ennuyeux bourrés de termes tarabiscotés, mais rien n’empêche de les sauter s’ils vous ennuient. Alors si vous aimez les cocktails d’énigmes, de légende, d’action, d’amour, avec des méchants maléfiques qui ricanent, des femmes qui vous donnent des petits noms d’amour et un sage avec un léger défaut de personnalité, n’hésitez pas, c’est du bonheur.

Le pire c’est qu’il y a encore deux tomes, qui ont l’air aussi barrés que celui-ci.

samedi 24 octobre 2009

Mary et Max – Adam Eliott



A ceux qui pensent que les dessins films d’animation sont tous de grosses sucreries roses pour enfant de moins de 10 ans, passez votre chemin, ou attendez-vous à changer d’avis, parce que Mary et Max n’est pas un film pour enfant.

Sous les airs gentillets de la bande annonce, mêlant humour et pâte à modeler, se cache un espèce d’OVNI cinématographique, que ce soit en terme d’histoire, d’ambiance, d’animation et d’humour.

Mary et Max est un film d’animation en pâte à modeler (comme Wallace et Gromit si vous cherchez une référence), qui raconte l’histoire d’une correspondance improbable entre deux personnes… improbables.

Mary a huit ans et vit dans une banlieue australienne toute marron. Elle n’a pas d’amis, et une vilaine tâche de naissance sur le front. Max a la quarantaine et vit dans un New-York en noir&blanc. Il est obèse, n’a pas d’amis –non plus- et souffre du syndrome d’Asperger (une forme d’autisme).

Un jour, Mary, voulant savoir d’où viennent les bébés en Amérique, prend un nom au hasard dans l’annuaire –celui de Max-, et envoie une lettre pour le savoir. Commence alors, tandis que Mary grandit, une relation épistolaire entre les deux, qui partagent un amour du chocolat et une profonde solitude.

Le résultat est un film drôle, mais surtout émouvant. En effet, si à voir la bande-annonce, on a l’impression de quelque chose de léger, cette impression disparait assez vite (dès les premières minutes).

Ce n’est pas le genre d’humour dont on rit à gorge déployée. Au contraire, c’est de l’humour grinçant, qui vire sans cesse à l’aigre. La présentation des parents de Mary par exemple, est fort rigolote sauf qu’elle révèle en même temps l’abandon total de leur fille, ce qui est nettement moins drôle. Et c’est comme ça tout le long du film.

L’émotion, elle, se trouve dans l’évolution de cette amitié étrange, avec ses hauts et ses bas, les deux protagonistes ne respirant pas particulièrement la joie de vivre, et cherchant chez l’autre un moyen de s’accrocher (tout en découvrant que l'amitié n'est pas quelque chose de simple à gérer finalement).

Coté réalisation, c’est magnifique. La pâte à modeler en animation c’est toujours très beau (pour ceux qui ne sont pas convaincus, je vous conseille de jeter un coup d’œil au panel d’émotion d’un chien muet comme Gromit, pour voir…), et dans ce cas, l’ambiance fait son petit effet, tout de marron et de noir (avec les très beaux effets de la couleur qui s’insinue à New-York grâce aux lettres de Mary, tandis que les lettres de Max restent en noir&blanc).

Le seul défaut, c’est des petites longueurs quand ils lisent les lettres… des fois ça se résume à un personnage qui lit bêtement, ce qui visuellement est assez ennuyeux.

Pour le reste, n’hésitez pas à aller le voir si vous aimez les choses inhabituelles (et pleurer au ciné, parce que les larmes sont jamais loin dans ce film).

mercredi 21 octobre 2009

La Grotte de cristal (le cycle de Merlin 1) – Mary Stewart



L’autre jour à la bibliothèque je me cherchais des lectures faciles et distrayantes, du coup j’ai pris l’Oiseau Moqueur, et ce bouquin là. Je me suis rendue compte après que j’avais été flemmarde au point de tout prendre sur la même étagère, les deux auteurs ayant le même patronyme (bon allez, la prochaine fois, j’emprunterais uniquement des auteurs commençant par la lettre T, pour changer !).

Bref ça faisait un bon moment que je ne m’étais pas lu un peu de fantasy arthurienne, pourtant ça a longtemps été mon dada (avant que je tienne ce blog, ça explique sûrement l’absence de trace écrite). Pour les mordus de légendes, c’est quand même un must dans le domaine, surtout que chaque auteur en donne une interprétation différente

Chacun a son interprétation, ses références, son personnage phare, son mode de narration, ses partis-pris… en terme de bouquin, mes favoris sont les Dames du Lac de Marion Zimmer-Bradley (pour sa réécriture « au féminin ») et le cycle de Pendagron de Stephen Lawhead (un bon mélange entre légende et réalisme, même si seuls les tomes 2 et 3 sont vraiment intéressants). Mais l’Enchanteur de Barjavel a son charme aussi avec sa légèreté et son humour.

En toute honnêteté je ne savais pas trop à quoi m’attendre avec cette énième reprise du mythe arthurien, mais comme c’était centré sur Merlin, ça me plaisait bien. Si l’histoire du roi Arthur est relativement fixé par les textes médiévaux, et vite rébarbative à force d’être répétée, autant celle de Merlin est incohérente, remplie de flous et peu claire. Autant dire que les auteurs s’éclatent en général sur le sujet.

Mary Stewart aussi, apparemment, qui s’est décidée à raconter la vie de Merlin de son enfance à la naissance d’Arthur, pour le premier tome. Au début je n’étais pas hyper convaincue par son histoire, parce que bon globalement ça ressemble à tout ce que j’avais déjà lu : volonté d’unifier toutes les histoires et de leur donner une réalité historique.

Bon en fait je me fourvoyais un peu à cause de la traduction française récente. Ce n’est pas une énième reprise, c’est un précurseur. Ce bouquin a été publié en 1970, c'est-à-dire bien avant tous les autres (Dames du Lac compris). Et bon à cet égard, c’est quand même un sacré morceau. Je pense que la 4e de couv n’a pas faux en soulignant le coté inaugural de l’œuvre, elle a sûrement bien inspiré beaucoup d’autres, ce qui expliquerait la familiarité de certains évènements.

Et alors au final ça donne quoi ? En terme de vie de Merlin, c’est assez sympathique. Mary Stewart a conservé le coté étrange du personnage de légende, tout en permettant de suivre son parcours de près. Merlin est un enfant bâtard, qui ne connait pas son père, et qui a tendance à savoir des choses qu’il ne devrait pas, prémisse de ses dons de voyant (quoiqu’il soit plus prophète que voyant).

Lorsque son grand-père meurt, sachant qu’on risque de l’assassiner comme prétendant potentiel au trône, il prend la fuite, et se retrouve à servir Ambrosius en Bretagne, qui prépare la reconquête de la Grande-Bretagne avec son frère Uther.

Merlin est convaincu d’être guidé par un dieu, et qu’il agit selon ses désirs, même s’il ignore son identité (celui des druides, des mithraïstes ou des chrétiens ?). Ca donne un coté un peu étrange au personnage qui finalement n’a aucun libre arbitre, puisque tout ce qu’il fait, c’est parce qu’on lui a plus ou moins ordonné. Souvent on le voit agir par conviction, mais ici c’est moins présent en comparaison.

Autre élément assez novateur, Merlin finit par rencontrer son père (alors qu’en général il est ou inconnu, ou mort), ce qui donne lieu à des échanges assez étranges, qui sont certainement mes moments favoris du roman.

Sans être mémorable, c’est une lecture agréable dans le genre, qui reprend bien tous les classiques de la légende arthurienne à sa sauce. Si vous n’en n’avez jamais lu, c’est un bon moyen de faire connaissance avec le genre (et c’est beaucoup moins ennuyeux que les textes médiévaux !).

Comme en plus, c’est un précurseur, ça vaut la peine d’y jeter un œil, d’autant plus que ça se lit très bien, si on oublie quelques passages parfois un peu confus. Le narrateur, Merlin himself, n’est pas toujours très clair dans ses propos, omet des infos et les redonne 50 pages plus loin… de vraies mémoires quoi !

La suite… quand je l’aurais emprunté à la bibliothèque.

dimanche 18 octobre 2009

Kaamelott mon amour (Livre VI)



(c’était pour faire plus original que « premières impressions ».)

Honnêtement le premier épisode j’ai eu du mal. Bizarre, pas super clair, avec plein de nouveaux personnages à assimiler (un comble pour ce qui est la 6e saison !) et une construction en 2-1-2 (genre le début c’est en fait la fin) qui aide pas. Heureusement sur la fin, des visages familiers qui rassurent.

Le deuxième épisode a été une bien meilleure surprise, à faire défiler une bonne partie des habitués, avec quelques scènes bien loufoques (dont l’intro), tout en promettant une trame fort intéressante. Le troisième… j’étais scotchée, et pour le coup je sens que je vais trouver le temps très long jusqu’à samedi prochain.

Ce n’est plus le Kaamelott des premiers livres, avec ses trois minutes de fous rires. Désormais, ce sont des épisodes de 45 min, bien plus sérieux et dramatiques (cf. livre V). Le livre VI ne poursuit pas l’histoire, il la recommence, puisqu’il se situe 15 ans avant les autres.

(non ne pensez pas à George Lucas, mauvaise comparaison)

Cette saison-ci raconte l’ascension d’Arthur, quelconque soldat dans la milice à Rome, jusqu’au trône de Bretagne, pendant que les chefs de clans bretons se mettent sur la gueule.

J’aurais du mal à tout dire, et bon je préfère tout voir avant de juger mais…

J’aime bien les retours de tous les personnages familiers en version jeune, parfois de façon complètement inattendue et avec des perruques qui déchirent.

J'aime voir Loth et Léodagan se balancer des vannes (ce qui manquait dans le premier épisode).

J’aime l’ambiance romaine, qui sans vérifier dans les détails fait assez réaliste et évite le péplum.

J’aime d’ailleurs la différente de couleurs et lumières entre Rome et la Bretagne.

J’aime la destinée d’Arthur qui se développe pas à pas, découvrir sa version jeune en plein devenir (et déjà le personnage extrêmement complexe qu’il sera), les évènements absurdes qui lui tombent dessus.

Je suis (toujours) fan quoi.

samedi 17 octobre 2009

L’Oiseau moqueur – Sean Stewart



La collection Interstices chez Calmann-Lévy porte bien son nom, tant elle se compose d’ouvrages étranges qui se glissent dans les petits vides laissés par les gros mastodontes des littératures de l'imaginaire (et pas que). C’est la collection des 1001 vies de Billy Milligan de Daniel Keyes ou de la Voix du feu d’Alan Moore (un jour je le finirai celui-là, j’y compte bien !).

J’aime beaucoup le style de leurs couvertures (signées par Néjib Belhadj Kacem) -sauf celle-ci pour me contrarier), extrêmement simples mais très efficaces. Au milieu des panoplies de barbares, d’elfes, de châteaux et de fouillis fantaisistes, leur sobriété attire l’œil.

Et accessoirement, le contenu vaut généralement aussi le détour, la preuve avec l’Oiseau moqueur. A la bibliothèque où je l’ai emprunté, ils lui ont collé une étiquette « fantastique ». Soit, il y a de ça, mais c’est un fantastique très léger, sans aucune trace d’horreur, et très loin de la bit-lit qui explose dans les rayons en ce moment.

L’histoire est celle de Toni Beauchamp, trentenaire vivant à Houston. Elle vient d’enterrer sa mère, décédée des suites d’une longue maladie. Etrange personnage que sa mère, Elena Beauchamp, un peu sorcière sur les bords. Elle lisait l’avenir aux gens, et ponctuellement se retrouvait possédée par des entités un peu bizarres, des petits dieux qu’on appelle les Cavaliers

Ca n’a rien à voir avec l’Apocalypse, c’est juste qu’ils « chevauchent » la personne qu’ils possèdent (c’est moi ou cette phrase aurait sa place dans un mauvais roman érotique ?). Les dits cavaliers ont chacun un nom, une personnalité, et leur rangement dans un buffet.

Toni, elle, est actuaire, autant dire qu’avec sa manie des statistiques, elle est aussi rationnelle que sa mère était irrationnelle. D’ailleurs sans jamais avoir été fâchée avec sa génitrice, elle entretient des relations assez tendues avec son souvenir.

Peu après l’enterrement, elle décide de s’occuper de sa vie, en commençant par se faire un enfant toute seule (les miracles de la science), puis de lui trouver un père. L’affaire ne va pas être simple, les imprévus ayant tendance à pleuvoir, d’autant plus, qu’en prime, il semblerait que sa mère lui ait légué ses Cavaliers, ce qui ne facilite pas la vie.

Ne vous attendez pas à une grande aventure héroïque sur la sorcellerie (chasse au sorcière et grand méchant compris), vous n’en verrez pas pas la moindre trace. L’Oiseau moqueur, c’est l’histoire de la vie de Toni, qu’elle nous raconte à la première personne façon mémoires, de l’enterrement de sa mère à la naissance de son enfant.

C’est une histoire banale de vie de tous les jours, où l'on parle amour, famille, emploi, et où l’irruption de la magie est tellement admise par les différents personnages que cela en semble parfaitement normal.

Oui, c’est parfaitement normal de se faire posséder en pleine séance de shopping par un esprit féminin qui va dévaliser Victoria’s Secret et flirter avec la vendeuse. De même qu’il est tout à fait logique d’avoir une mère qui lisait l’avenir pour une compagnie pétrolière. Ou encore une sœur qui voit l’avenir, mais uniquement lorsqu’il est positif.

Bref, ici l’élément magique est parfaitement inclus dans le paysage, et sert surtout à démêler les écheveaux complexes des relations de cette famille assez hors du commun, et des amis et autres personnes qui gravitent autour, qui semblent tous avoir un petit grain de folie.

Folie douce, c’est le terme qui caractérise cet ouvrage. L’écriture reflète tout à fait ça, puisque le récit se fait à la première personne, par Toni elle-même. Cela donne un franc-parler assez épatant, léger et facile à lire, qui sait être à la fois drôle et émouvant.

Les dialogues sont tout particulièrement bien léchés, très vivants, et parfois franchement drôles. Dans les premiers chapitres notamment, Toni annonce sa grossesse à sa sœur lors d’une séance de shopping (dans l’optique de se rhabiller pour trouver un père au bébé), ce qui donne des échanges complètement fous :

- C’est tout à fait cohérent. Je veux un bébé. Mais si je commence par attendre l’homme qui fera un bon père, je risque de ne plus avoir de temps devant moi quand il arrivera. Alors que si je commence par avoir un bébé, je me serai de toute façon constitué une famille, même si je ne déniche pas l’homme qui convient. […] Un « tiens » vaut mieux que deux « tu l’auras » non ?
- Tu es devenue folle, énonça-t-elle. Le traumatisme de la mort de maman t’a plongé en pleine crise existentielle.
- Je ne suis pas folle, je suis actuaire. Ce n’est pas pareil.

Le résultat, c’est quelque chose qui s’apparente à un mélange de fantasy urbaine et de chick-lit, un croisement un peu barré entre Bridget Jones et Juno relevé d’une touche de fantastique. Dans le genre, c’est franchement pas courant, et honnêtement, si y’en a d’autres comme ça, je suis preneuse !

jeudi 15 octobre 2009

Pôle Emploi powa (ou pas)


Après les débouchés du master pro, et la lettre de motivation (mazette il faudra bientôt un tag pour cette thématique), je ne pouvais pas ne pas vous faire part de ma première expérience au Pôle Emploi. Ca n'arrive pas souvent, mais parfois, on se demande si tout à coup, pour une raison inexpliquée, on n’a pas été projeté dans un film, tellement ce qu’on voit est… hors du commun.

Pôle emploi, c’est ça. Et pour ceux qui se posent la question, il s’agit d’une comédie.

Tout commence sur Internet. Si on n’a pas internet chez soit, on peut téléphoner (j’ai idée que ça doit être au moins aussi pire que les SAV). Et si on n’a ni l’un, ni l’autre, on peut éventuellement se rendre à l’agence directement, il parait. Mais Internet, c’est mieux.

Pour commencer, il faut réussir à atteindre la page en question, en évitant les périodes où le serveur est saturé. Et en début de mois c’est… tout le temps. On vous recommande de vous connecter avant 9h, entre 12h et 14h, ou après 17h. Des fois, même à 21h on se fait éjecté (je me demande si le serveur ne ferme pas pour la nuit, en fait ça ne m’étonnerait même pas).

Une fois qu'on y arrive, on fournit des tonnes d’informations, parfois on ne sait pas quoi répondre vu la clarté de la chose, et puis, une fois notre « brouillon » (ainsi qu'ils l'appellent) terminé, on nous propose de préparer notre futur entretien en remplissant deux documents. Le premier est la demande d’allocations chômage, le deuxième… pas moyen de l'ouvrir, ça règle la question.

Soit, on va faire la demande d’allocations même si on a aucune chance d’en toucher. On ne sait jamais, après tout.

Après quoi on éteint son ordinateur, et très vite, on reçoit une belle enveloppe de Pôle Emploi avec la date du rendez-vous pour finaliser le dossier et… le dossier de demande d’allocations à remplir !

Techniquement si on a un empêchement, il est possible de déplacer le rendez-vous. Le numéro de téléphone indiqué en bas de la page étant le standard, je vous souhaite bonne chance.

(Ca me rappelle un peu la CAF, genre un jour ils me préviennent d’une inspection -si ça existe, je l'ai vécu-. Il était possible de modifier la date en les prévenant avant 17h, le jour où est arrivé la lettre. Ils font comment les gens qui bossent ?)

Du coup, comme on n’a rien d’autre faire, on re-rempli la demande d’allocations (des fois que sur le net ça n'ait pas marché pas), on prépare sa paperasse, et lorsque vient le jour du rendez-vous, en route pour l’aventure !

Une fois arrivée là-bas, la marche à suivre n’est pas claire. Voyons voir… nous avons des ordinateurs, des gens, des téléphones et… oh merveille ! Une file d’attente qui cache un comptoir. C’est sûrement l’accueil !

On fait donc la queue, on donne son nom, on montre son papier, et hop, on nous envoie en salle d’attente avec un questionnaire (encore un !) à remplir pour préparer notre entretien.

C’est là où on se retrouve projeté dans une comédie. Il suffit de voir la salle d’attente. C’est une grande pièce avec des sièges collés contre le mur, et au milieu, deux tables avec des journaux et des stylos.

J’ai tout de suite pensé à Men in Black. Vous savez, la scène où ils remplissent un questionnaire, assis dans des fauteuils en forme d’œuf, et qu’ils arrivent pas à écrire parce qu’ils n’ont pas de support et que la seule table est au milieu de la pièce ?

Et bien Pôle Emploi, c’est la même chose. Même si on pourrait aller s’asseoir à une table, personne n’ose le faire, et on bataille tous à essayer de remplir nos questionnaires lisiblement en s’appuyant sur livre, genou, pochette, etc.

Et puis, alors qu’on est en train de réfléchir à s’il n’y a pas des pièges dans les questions (ce n’est que la 4e fois que vous réécrivez votre parcours scolaire et professionnel - ça rappelle un peu la bureaucratie dans H2G2), un type débarque et vient vous chercher.

Le premier rendez-vous sert à s’inscrire comme demandeur d’emploi et à régler les questions d’allocs. Dans mon cas c’est vite expédié, sortant de mes études. Ca serait bien de prévenir avant de nous faire rempli rdeux fois ce fichu dossier avec tant de précision ! Maintenant on le saura, le minimum c’est quatre mois continus de travail.

Ensuite, on vérifie une fois de plus les infos rentrées dans l’ordinateur, (nom, prénom, adresse, date de naissance, numéro de sécu, etc.) on photocopie les pièces justificatives, et hop, voilà votre carte de demandeur d’emploi, pensez en début de mois à vous connecter sur le site pour mettre à jour votre statut et raconter vos démarches du mois précédent, merci, au revoir et retournez en salle d’attente.

C’était bref mais intense… quoique non, même pas intense, juste bref. En plus la « carte de demandeur d’emploi » (l’item tant convoité qui permet parfois d’avoir tarif réduit dans les musées quand même !) est pour le moment une feuille rose saumon A4 pas franchement claire qui insiste surtout sur la nécessité de signaler tout changement de situation). Ils pourraient faire un truc plus festif façon fan-club, histoire qu’on se remonte le moral en sentant qu’on fait partie d’une grande famille quoi !

Retour à la salle d’attente, et on revient au fameux questionnaire qui va peut-être servir, qui sait ? La bonne nouvelle, c’est qu’à force de redonner toujours les mêmes infos, on est capable de sortir de tête son parcours dans le détail, même les dates de boulot et de diplôme (ce qui devient généralement assez flou plus on remonte dans le temps).

Et là, c’est l’apothéose quand le 2e « conseiller » arrive.

Je vous jure, des comme ça, je pensais qu’il n’en existait plus. Il faudrait les exposer dans des musées, tellement on les croirait sorti droit d’Amélie Poulain ou d’une comédie d’Etienne Chatiliez.

Tenez, ça commence comme ça : « C’est le dernier que je fais aujourd’hui ». J’ai pas osé regarder ma montre sur le coup. Nous partons donc dans son bureau, et on sent le type pressé de partir, vraiment la parodie du fonctionnaire, avec en prime un coté puant et hautain dans ses remarques sur les recruteurs, la façon dont les gens lisent les CV, etc.

(Je veux bien admettre qu’il a dit quelques trucs qui n’étaient pas faux, mais bon)

Et puis, en cinq minutes il va me demander l’emploi que je cherche, mes prétentions salariales, les langues que je parle, et hop ! Voilà ce qu’on appelle un projet personnalisé d’accès à l’emploi (c’est pas pour dire mais on en faisait des plus poussés que ça au collège !).

Après quoi il jette un coup d’œil sur mon CV, imprime deux trois papiers, explique en passant à sa collègue qu’il en a « déjà fait 7 aujourd’hui » (7h ou 7 demandeurs, on ne saura jamais), et me fout plus ou moins à la porte.

(genre le « vous avez des questions ? » il me l’a demandé en m’ouvrant la porte)

Et voilà, fin de l’histoire. C'est là que j'ai regardé ma montre et rigolé un bon coup, il était genre 16h30.

Plus tard, en lisant les papiers (qu’il fait signer sans laisser le temps de lire), je comprendrais qu’en gros  le projet personalisé d'emploi, c’est les infos essentielles qu’ils rentrent dans leur base, et qu’en fonction de ça on va me proposer les fameux trois emplois, et si je n’en accepte aucun, je pourrais être radiée des listes.

Et que si dans trois mois je n’ai toujours pas d’emploi, j’aurais le droit cette fois-ci à un suivi personnalisé avec un conseiller. Autant dire qu’on a encore le temps de patauger.

Bref, je ne me plains pas, personnellement je suis loin d’être dans la mouise jusqu’au cou. Mais quand je pense aux gens qui ne savent pas comment ils vont payer leur loyer, et qui peinent à retrouver quelque chose, ça me fait un peu peur.

Dans le questionnaire de préparation à l’entretien qu’on nous fait remplir, il est notamment demandé si on est confronté à des difficultés pouvant freiner notre recherche (santé, famille, problèmes financiers, découragement). Et bien vu la brièveté de l’entretien, je me demande comment on pourrait parler de ce genre de problème.

Bon ceci dit j’admets être tombée sur un cas. Le premier conseiller que j’ai rencontré avait l’air d’avoir un peu plus de bon sens.

Pour la petite note de fin, je ne sais pas si ce sont les bonnes ondes de l’ANPE, mais l’histoire a voulu que je trouve un boulot le lendemain de mon inscription. Bon, c’est un CDD de 2 mois payé au SMIC, mais c’est un bon début, et je préfère continuer à chercher en faisant quelque chose de mes journées.

Y’aura moins de mises à jour dans l’air d’ici la semaine prochaine je pense...

mardi 13 octobre 2009

Stargate Universe : premières impressions



Décidément c’est la période des retours. Merlin, Kaamelott à la fin de la semaine (*trépigne d'impatience*), et Stargate accessoirement. J’ai toujours pas commencé à fini de regarder Atlantis, mais j’avais envie de voir ce que donnait ce nouveau spin-off.

Je dois avouer que y’a du changement dans la franchise. Même si on reste en terrain familier, on est pour le moment assez loin de la copie-conforme-mais-dans-une-autre-galaxie qu’est Atlantis.

A l’origine de l’histoire, le mystérieux neuvième chevron de la Porte des Etoiles, que personne n’a jamais réussi à utiliser. Mais comme de par hasard un mordu de jeux vidéo en pyjama (ça change des archéologues aux théories fumeuses sur les aliens) arrive à résoudre l’énigme de son fonctionnement.

Il s’avère que ce neuvième chevron permet d’accéder à un vaisseau spatial, dans lequel s’embarque bon gré mal gré une équipe de gens divers et variés. Et plutôt mal gré que bon gré d’ailleurs.

J’avoue que c’est assez marrant de voir les gens se taper dessus et se disputer tout au long des trois premiers épisodes de la série, surtout que chacun semble avoir son propre agenda. C’est beaucoup moins lisse que les castings habituels, pour sûr, et c’est assez plaisant.

Nous avons le plus ou chef autoproclamé de l’expédition, le Dr Rush, qui est bizarre, à défaut d’autre terme, mais aussi Eli, le geek, ainsi que des militaires à foison, notamment un colonel qui ne meurt pas dès le premier épisode (pour le coup c'est une surprise), un lieutenant-futur-héros, et un espèce de Riddick (même si je ne sais pas d’où me vient la comparaison).

Pour l’histoire, le vaisseau spatial serait un vaisseau Ancien fonctionnant en automatique à travers l’univers, suivant un autre vaisseau qui lui dépose des Portes des Etoiles sur les planètes viables. Sauf que ce sympathique moyen de transport n’a pas bien vécu le passage des millénaires (des millionnaires même ?), et ses systèmes de survie sont complètement déficients.

Notre nouvelle équipe va donc passer ces trois premiers épisodes à tenter de les réparer histoire de pouvoir respirer, et vivre un peu plus (une saison de 20 épisodes, par exemple).

J’avoue que l’idée du vaisseau dont l’état s’est dégradé à travers le temps est très plaisant, dans un univers où en général, plus la technologie est ancienne, mieux elle fonctionne ! Quelque part on sent que Stargate prend un nouveau départ, même si on ne sait pas trop vers où.

L’histoire met du temps à démarrer, et arrivés à la fin de l’épisode, la direction prise (s’il y en a une) n’est pas claire. Ceci dit la série a l’air prometteuse, avec un casting complètement renouvelé, un ton plus mature (si vous avez déjà vu une scène d’intro comme celle du lieutenant dans les anciennes séries, prévenez moi !), et un coté « vers l’infini et l’au-delà » qui pourrait être sympathique.

Ce qui n’empêche pas que la première planète visitée est un désert... comme dans la toute première série. J’espère qu’ils verront aussi beaucoup de forêts, dans le même esprit de continuité !

lundi 12 octobre 2009

Runaway 1&2

Comme la sortie du 3e volet est proche, et qu’accessoirement je les ai refait tous les deux récemment, c’est l’occasion idéale de faire mon petit papier sur le sujet, histoire d’avoir la série complète (Maniaque moi ? Jamais !).

Mon tout premier jeu vidéo (si on laisse de coté le solitaire et le démineur) a été Day of the Tentacle. Je me demande sérieusement à quoi pensait mon père quand il l’a acheté, je l’ai jamais vraiment connu fan des scénarios de série B avec des tentacules qui partent à la conquête du monde après avoir bu des déchets radioactifs, pendant que les héros essaient de le sauver grâce à des WC à voyager dans le temps. On va dire que le look cartoon lui a plu, je ne vois pas d’autre explication plausible.

Je suis sûre que mon sens de l’humour foireux doit beaucoup à Day of the Tentacle en fait, mais là n’est pas la question (la question est plutôt d’ailleurs « Mais pourquoi n’ai-je pas déménagé mon CD de Day of the Tentacle ?).

En tout cas, à cause de CE jeu, je garde une affection tout particulière pour les jeux d’aventure 2D complètement cinglés et bourrés de situations hilarantes. Plus tard j’ai pu joué à Monkey Island, et j’ai encore quelques vieux jeux du genre en réserve par ci par là (entre le disque dur mort et les vieux CD de sauvegarde).

Et puis il y a eu Runaway premier du nom.

Runaway : a road adventure



Quand Runaway est sorti en 2003, j’en ai entendu parlé sur un site consacré aux vieux jeux vidéo (Abandonware France qui traine dans les liens à droite sous le nom de Lost Treasures). Imaginez le paradoxe !

Ce jeu avait quelque chose de très plaisant, c’était la configuration requise. Là où certains vous demande de la carte graphique high tech, de la RAM par légion et du processeur de compétition, Runaway ne demandait rien, sinon 2 Go d’espace disque (à titre de comparaison la même année est sorti le premier Kotor, et je peux vous dire qu’il n’aurait jamais tourné sur mon PC de l’époque).

Un jeu qui ne nécessite pas de changer de PC, déjà, c’est chouette. Quand en plus on le considère comme un héritier des jeux Lucas Arts… J’ai fini par l’acheter dès que son prix est devenu raisonnable (genre 20 euros et la semaine suivante, il en coutait 10… comme d’habitudeeuuh).

Bref au début du jeu, nous faisons connaissance avec Brian, qui dans le genre geek est pas mal : lunettes, études de physique, s’apprête à aller faire son doctorat à Berkeley. En fait il a un petit air de Bernard de Day of the Tentacle, en moins fou et sans la démarche de femme enceinte.

Ce cher Bernard Brian (décidément !) s’en va donc à Berkeley au volant de sa voiture, mais se rappelle soudain qu’il devait passer prendre un bouquin dans une librairie. Manque de bol, au passage, il renverse une très jolie fille et l’emmène à l’hôpital (en bon gentleman). La fille commence à raconter une histoire pas possible de père assassiné, de mafia et de crucifix, et nous voilà embarqués dans une folle aventure à travers les Etats-Unis.

Le sous-titre A road adventure n’est pas volé du tout. On va effectivement traverser, façon road-movie, le pays d’est en ouest, du musée de Chicago à une ancienne ville du Far West, et en voir de toutes les couleurs en passant. D’ailleurs, rien que sortir de l’hôpital n’est pas une partie de plaisir et demande à faire sérieusement fonctionner ses méninges (et ses yeux).

Runaway est un jeu d’aventure point’n’click, c'est-à-dire qu’il se joue entièrement à la souris. En gros avec le clic droit vous sélectionner l’action (parler/regarder/prendre) à réaliser, et d’un clic gauche vous interagissez avec votre environnement, et c’est parti ! Allons donc regarder par la fenêtre, parler avec Gina et prendre le gobelet sur la table de chevet (vous pouvez aussi passer deux heures à contempler Gina, et peut-être essayer de parler au gobelet, par contre ça fait nettement moins avancer le scénario)

Les énigmes sont… dans la grande tradition des jeux Lucas Arts. C’est difficile à jauger en terme de difficulté, ça dépend juste si vous êtes doté d’un esprit profondément rationnel ou si au contraire vous avez beaucoup d’imagination. Ca reste plus facile qu’un Monkey Island, la difficulté venant surtout du système de jeu presque trop rigide.

Brian refuse de ramasser les objets qui ne vont pas lui servir pour le moment (mais peut parfois le faire plus tard, donc il faut le garder à l’esprit), et refuse parfois d’agir si on ne lui « montre » pas la chose à faire, ce qui peut se révéler exaspérant. Et comme dans tous les jeux d’aventure, il faut parfois inspecter au pixel prêt pour trouver les objets…

Mais bon plus que le gameplay (c’est un jeu d’aventure), c’est l’ambiance qui vaut le détour dans ce jeu, parce qu’il se pose vraiment en digne héritier des jeux délirants de Lucas Arts. Déjà, on ne peut jamais mourir, c’est cool. La sauvegarde n’est là que quand on quitte le jeu ou en cas de bug (ce qui ne m’est jamais arrivé sur le 1 mais sait-on jamais…). Bref c’est un jeu tranquille.

Toujours dans la continuité des vieux jeux, les graphismes sont pour la plus grande partie dans le vieux style dessin animé en 2D (mais bien plus détaillés qu’autrefois). Ils sont vraiment chouettes, surtout dans les derniers chapitres (la ville du Far West est excellente). Certains passages sont perfectibles (surtout comparé au 2), mais c’est tout de même très agréable et ça change de la 3D.

Et puis, plus que tout, c’est le vent de folie qui souffle sur le jeu qui est marquant. Les énigmes sont tordues (essayez un peu de faire un café en pleine nuit dans un musée pour voir), les personnages loufoques (ma préférence allant à Saturne qui est vraiment illuminé), et les dialogues souvent drôles, et très vivants en tout cas (c’est vraiment de l’oral… à titre de comparaison là je suis dans The Longest Journey et je trouve que ça fait trop « livre »).

Le tout est en plus truffé de références et clins d’œil en tout genre, on ne s’ennuie donc jamais… et c’est tout naturel que ce jeu ait eu du succès et ait donné lieu à une suite.

Runaway 2 : The dream of the turtle




On prend les mêmes et on recommence, c’est une technique connue (et qui marche très bien commercialement parlant). C’est donc en 2006 qu’est sortie la suite de Runaway : a road adventure, et pour le coup je l’ai acheté plein pot.

On prend les mêmes et on recommence. Imaginez un peu, il passait très bien sur mon PC, toujours le même depuis 2003 qui déjà à l’époque était pas hyper performant, sinon comme chauffage d’appoint. Pour un jeu vidéo ce n’est vraiment pas courant (y’a pas longtemps j’ai regardé la configuration demandé pour le très prochain Dragon Age… j’ai pleuré).

On retrouve donc Brian et Gina, dans un univers de dessins animés, avec une histoire complètement folle, des énigmes loufoques, un casting de seconds rôles pas piqués des hannetons et une ambiance sonore plus que sympathique.

Comme le 1, mais en mieux.

Si si je vous jure. Le mot d’ordre a été visiblement de tout faire en mieux, et on est servi. Les graphismes et l’animation sont magnifiques, mais alors vraiment magnifiques. A titre d’exemple dans les trucs de fou, un des chapitres se déroule en Alaska et on voit les traces de pas qui apparaissent et disparaissent au gré des déplacements de Brian. Et en plus, le tout accompagné du crissement caractéristique de quelqu’un qui marche dans la neige.

Le scénario est fou. Adieu le road-movie, ici on vire plutôt à la série B de SF. A la suite d’un accident d’avion, Brian se retrouve coincé sur une île de l’archipel d’Hawaï, où il doit retrouver Gina. Sauf que Gina est introuvable et que des militaires contrôlent l’île pour des raisons inexpliquées. La suite, il vaut mieux la découvrir par soi-même.

Une fois encore, les décors sont variés (de Hawaï à l’Alaska, je vous laisse imaginer), et les énigmes loufoques sont de niveau assez varié. Tout dépend du joueur ; j’ai quasiment traversé tout le jeu sans aide (un exploit pour le cas désespéré que je suis dans le domaine), par contre j’ai buté sans cesse sur les deux derniers chapitres à la fin sur des passages carrément tordus et pas évidents du tout.

Mais bon, ce qui fait vraiment la force du jeu, c’est qu’il est vraiment drôle. Le premier était « juste » marrant, celui-ci est de classe supérieure. Les dialogues sont aux petits oignons, les situations cocasses, les personnages tous aussi fondus les uns que les autres (on retrouve des visages du premier jeu d’ailleurs), et les retournements de situation laissent parfois pantois.De belles tranches de rigolade en perspective donc.

Sans parler des multiples références diverses et variés au cinéma, aux jeux vidéo et à plein d’autres choses… la VF a été adapté en conséquent puisqu’on trouve entre autres un « Et la marmotte, elle met le chocolat dans le papier d’alu ! »)

C’est vraiment très proche d’un Day of the Tentacle ou d’un Monkey Island dans l’esprit, et ce n’est pas le dernier chapitre qui démentira sur ce point (qui à lui tout seul fait le jeu !). D’ailleurs les suggestions qui s’affichent quand on essaye d’interagir avec l’environnement valent souvent le détour.

Bref c’est un jeu de folie qui vaut vraiment le détour, et qui a peu de défauts… enfin si : toujours le même système de résolution d’énigmes trop rigide, des cinématiques parfois un peu longues, et une fin à la Pirates des Caraibes 2 pas super agréable.

Mais bon, le troisième volet devrait enfin bientôt être disponible, et vu les vidéos et les images, ça promet encore de belles heures de jeu !



samedi 10 octobre 2009

La Guerre du Mein (Acacia 1) – David Anthony Durham



Il était une fois, un empire gouverné par une famille, les Akaran, depuis des millénaires. Tout n’est pas aussi idyllique qu’on pourrait le croire, bien évidemment : l’empire doit en partie sa survie grâce un trafic de drogue et d’esclaves avec de mystérieux habitants d’un monde lointain ; et puis, l’unification n’a pas fait que des heureux et ceux-ci ne rêvent que de vengeance.

Autant dire que le roi actuel et ses quatre enfants n’ont pas que des beaux jours devant eux. Le premier va être assassiné sous peu et les seconds vont devoir fuir leur beau palais sur une île couverte d’acacias pour échapper au nouveau chef de l’empire et tenter de reconquérir leur héritage.

On a là un roman classique de fantasy : un monde avec plein de peuples différents (pas d’elfes par contre !), une légende de création du monde, un héros fondateur d’une dynastie, un peuple aigri et avide de vengeance, des monstres surpuissants, des malédictions, des batailles, un putsch, un assassinat, des enfants envoyés au loin pour échapper à la mort, des traitres, des manigances, des batailles… ah non ça je l’ai déjà dit, sans oublier des pirates, des prêtresses-oiseaux et des cours d’escrime.

Bref que du classique que je vous dis. Et c’est tout. J’ai cherché au long de ses 680 pages quelque chose d’autre, un traitement original, mais rien. Les ficelles du genre sont juste poussées jusqu’au bout, à la limite de l’ennui.

La narration est fragmentée, changeant de personnage à chaque chapitre. J’avoue je suis pas hyper fan du procédé à la base, mais là l’auteur a fait fort : on va suivre en vrac l’assassin du roi, le roi, son chancelier, les quatre enfants, le méchant, son frère, son oncle et un sbire mineur, ce qui ne fait pas moins de onze points de vue différents (et encore j’ai dû en oublier).

Du coup on a une histoire à plusieurs fils, sauf qu’aucun est réellement développé. Ce que je n’aime pas dans la narration fragmentée, c’est que souvent on a tendance à aimer plus un personnage et son histoire, et du coup on s’ennuie quand ce n’est pas « son tour ». Ici on il n’y a d’histoire plus intéressante que l’autre et on reste sur sa faim dans tous les cas par manque de développement.

En plus l’histoire met 200 pages à démarrer. On pourrait quasiment commencer à la deuxième partie sans ressentir un manque. Au contraire, les neuf ans qui s’écoulent entre la première et la deuxième partie sont réduits à des résumés, ce qui est très frustrant. Pour exemple on a l’ainé des enfants Akaran (donc le futur roi) qui passe d’ado un peu grincheux et peu sûr de lui au roi en reconquête de son trône d’un claquement de doigt, ce qui manque quelque peu d’intérêt.

Bref même s’il y a quelques bonnes pistes et quelques personnages qui pourraient être intéressants (Corinn tire son épingle du jeu, mais pas assez hélas), tout ça reste d’une facture très classique, et en plus c’est long.

Je jetterais peut-être un coup d’œil au tome deux, mais sans conviction. A réserver à ceux qui aiment les pavés de fantasy qui ne sortent surtout pas des sentiers battus !

vendredi 9 octobre 2009

Bruegel, Memling, Van Eyck… La Collection Brukenthal



Oui je suis d’humeur culturelle, je suis même allée à une exposition dernièrement, une exposition de peintures, avec deux de mes tantes au Musée Jacquemart André (et je cherche toujours une bonne âme pour m'accompagner à un pèlerinage au Louvre !). Je connaissais que de nom ce lieu, et ma foi, cet hôtel particulier contient quelques très belles pièces (au sens salle comme au sens œuvre d’art). Les propriétaires avaient du goût, et c’est un excellent moyen de réviser son histoire de l’art !

Leur exposition temporaire du moment, la collection Brukenthal, s’inscrit assez bien dans cette idée puisque qu’on pourrait la sous-titrer « Initiation à la peinture flamande du XVe au XVIIe siècle ». Le genre d’expo que j’aurais adoré pour réviser mes exams.

La scénographie de l’exposition est simple et limpide (Dieu merci, ai-je envie de dire, parce que les partis-pris des commissaires d'expo parfois… j’aimerais bien savoir ce qu’ils fument !). L’approche se fait par genre : portrait, paysage, natures mortes, peinture mythologique et religieuse.

A chaque fois on a un artiste majeur (Van Eyck, Memling, Bruegel, Jordaens) et des moins connus, mais non moins intéressants. D’ailleurs personnellement j’ai trouvé le Van Eyck (L’homme au chaperon bleu), présenté comme le chef d’œuvre de la collection, assez banal finalement (blasée ?). Par contre la Sainte Famille de Jordaens et les paysages de Bruegel sont très chouettes.

Le tout permet de se faire une bonne idée de ce qu’est la peinture de cette époque, avec ses multiples détails à décrypter, ses rendus hyper réalistes (surtout dans les natures mortes), ses jeux de lumière. Les connaisseurs apprécieront de chasser le détail et l’interprétation. Si vous faites la visite avec la tante experte en religion et la nièce diplômée d’histoire de l’art, vous n’avez pas fini de faire fumer votre cerveau, croyez moi !

A défaut il existe un petit guide de visite à 1,50 € qui peut jouer un rôle relativement similaire. Bref si on oublie la foule et le prix assez élevé des billets (quoique 11 euros c’est presque la norme maintenant), c’est une exposition assez sympathique qui permet de découvrir assez facilement une époque picturale pas forcément des plus populaires…

(vous pouvez vous faire la même initiation au Louvre, mais c’est moins didactique et à la fin vous aurez nettement plus mal aux pieds !)

mercredi 7 octobre 2009

La voix des morts (Cycle d’Ender 2) – Orson Scott Card



C’est assez rare que je peine à écrire une critique, mais la suite de la Stratégie Ender m’a vraiment fait sué. Déjà que j’en garde un souvenir brumeux pour l’avoir lu pour la majeure partie en pleine nuit pendant une insomnie. Et puis c'est un véritable numéro d’accrobatie de haut vol pour éviter les spoilers, au moins ceux sur la Stratégie Ender.

En principe j'ai réussi à faire l'impasse dessus, mais pour ceux qui me lisent juste pour la beauté de mes phrases, et qui n'ont pas encore lu le tome 1 du Cycle d'Ender, c'est à vos risques et périls.

La Voix des Morts se passe bien après la Stratégie Ender, quelques 3000 ans plus tard. Mais Ender n’a que 35 ans, parce qu’il a un peu trop profité des voyages spatiaux, le filou ! Ca vous perturbe ? Lisez Jules ou l’imparfait du futur, ça explique très bien le concept (et Emile Bravo est un génie en plus)

Bien que ce soit toujours un plaisir de s’infliger la migraine à réfléchir aux implications d’un voyage qui dure 8 jours à bord du vaisseau pendant que 40 ans s’écoulent à l’extérieur, là n’est pas le propos principal de ce roman (même si ceci et le fait qu’ils disposent à coté d’un système de communication instantané me rappelle l’Ekumen de Ursula Le Guin).

L’humanité a peu à peu émigré dans l’espace et colonisé de nouvelles planètes, sans jamais rencontrer d’êtres doués d’intelligences… jusqu’à la planète Lusitania, occupée par les piggies, qui doivent leur nom à leur allure porcine.

Afin d’éviter que cela finisse comme avec les doryphores, on décide de maintenir le contact au minimum. Les colons humains vivent enclavés et seuls quelques scientifiques peuvent rencontrer les piggies. Tout se passe bien jusqu’à que l’un d’eux soit sauvagement assassiné, évènement déclencheur qui va amener Ender, désormais devenu Porte Parole des Morts à visiter cette planète pour parler la mort du xénologue assassiné.

Ce roman là est plus complexe que la Stratégie d’Ender. Ender a grandi, et son univers avec lui. Si l'intrigue repose moins sur les mystères, il y a beaucoup plus d’informations à absorber. Même si 90% de l’action se déroule au même endroit, la galerie de personnages est bien plus développée, et les situations sont beaucoup moins « simples ».

Si l’histoire porte sur l’Autre (comment l’appréhender, le comprendre voir construire quelque chose ensemble), elle ne s’y limite pas. En vrac elle parle aussi de famille, d’amitié, de religion, de psychologie, de secrets cachés qui pourrissent, de douleur et j’en passe.

Il y a pas mal de références chrétiennes éparpillées dans le livre, même si on n’y prête pas forcément attention. Le parcours d’Ender (il a d’ailleurs lui-même un rapport assez original avec la religion) se prête assez facilement aux interprétations religieuses d’ailleurs (le sacrifice, le poids des pêchés, la pardon, le rachat des fautes et tout ça, il a un parcours assez christique je trouve).

L’intrigue repose sur un mystère (le mobile du meurtre), qui interroge pendant tout le roman, cependant c’est un peu moins frappant comme révélation que la fin de la Stratégie Ender (et on a pas mal d’indices disséminés en chemin). Le plaisir vient surtout de l'observation des interactions entre les personnes, humains comme piggies (qui sont une très belle race alien qui fait très « alien »).

C’est d’ailleurs l’intérêt premier du roman, en plus du fait de conclure encore une fois l’histoire d’Ender (c'est pas des cycles dans le genre « A suivre », c'est agréable). Le casting est tout de même très intéressant (même si on s’y mélange les pinceaux entre les Pipo, Libo et Milo), de même que l’ambiance assez unique d’une colonie catholique portugaise.

Il n’est peut-être pas aussi frappant que la Stratégie Ender, mais c’est quand même un fort bon roman, et il va sans dire que je lirais la suite (si elle veut bien revenir à la bibliothèque !).

mardi 6 octobre 2009

La stratégie Ender (Cycle d’Ender 1) – Orson Scott Card



Encore une preuve que je lis trop vite, ça fait un mois que je parle de la stratégie D’Ender, alors que le vrai titre est la stratégie Ender. Ca ne fait pas une différence énorme, mais ça modifie l’approche qu’on en a (quoique qu’entre le cycle d’Ender et le titre anglais, Ender’s Game, pour le coup on retrouve cette notion d'appartenance… maintenant je sais pourquoi je m’embrouille !).

Ender a six ans, et c’est un génie.

Ender n’est pas son vrai prénom, il s’appelle en fait Andrew Wiggin. Il se surnomme ainsi car il est le troisième enfant dans un futur où le nombre d’enfants par famille est limité à deux, sauf dérogation exceptionnelle. Comme dans son cas.

Il existe car on a vu dans son frère, Peter, puis dans sa sœur, Valentine, des capacités qui pourraient sauver la planète, et on espère qu’Ender sera le bon, celui qui pourra repousser les Doryphores, des aliens qui ont déjà tenté à plusieurs reprises d’attaquer la Terre.

C’est pourquoi à six ans, il part pour l’Ecole de Guerre, comme bien d’autres enfants. Et c’est son parcours là-bas qu’on va suivre.

Ca faisait très longtemps que je n’avais pas lu du Orson Scott Card, et jamais je n’avais lu ses œuvres de SF. Je connaissais Enchantement (un roman assez inattendu autour de la Belle au Bois Dormant) et les Chroniques d’Alvin le Faiseur (que j’ai abandonné à mi-parcours par lassitude), mais le cycle d’Ender, jamais ouvert, jusqu’à qu’il tombe en lecture du mois au Cercle d’Atuan.

Et ça s’est révélé une surprise de taille. L’histoire m’a happé d’une force que j’ai eu un mal fou à ne pas finir le livre d’une traite après avoir lu le début (je me suis pas gênée pour la suite par contre). C’est vraiment très prenant, et c'est très dur de faire durer pareil ouvrage un mois.

Déjà on a le schéma classique du roman d’apprentissage, qui fonctionne à merveille comme toujours : prenez un bout de chou et regardez le grandir, je ne sais pas pourquoi, mais ça marche à tous les coups (qui a dit Harry Potter ?). Ici ça ne fait pas exception. Pas de vieux magicien sage pour guider ses pas mais il n’empêche qu'on se prend au jeu.

Ensuite les chapitres sont habilement construits : d’abord un passage de « voix-off » en italique (qu'on identifiera par la suite), qui commentent le chapitre précédent, donnent des infos sur celui qui commence, ainsi que quelques pistes plus générales, puis vient le chapitre en lui-même, généralement du point de vue d’Ender. J’adore ce procédé et ici il fonctionne parfaitement, créant au passage un petit suspens pas désagréable du tout.

(Je vous soumets une question à la portée philosophique incroyable qui m’est venue en écrivant : un autre cycle coutumier du procédé est l’Assassin Royal, avec ses extraits de contes, de récits historiques, etc. en tête de chapitre. La série serait-elle aussi intéressante sans ces intros de chapitre ? )

Les chapitres en eux-mêmes sont assez indépendants. Ils se suivent, mais ça me rappelle un peu The Graveyard Book pour la structure : un sujet par un chapitre (un peu comme des leçons ou des paliers), même si le fil directeur reste très présent. On découvre peu à peu les étranges méthodes de formation de l’Ecole de Guerre : jeux vidéo, répartition en armées, batailles entre les dites armées…

Le fil directeur, parlons-en d’ailleurs. Vous serait-il venu à l’idée d’engager des enfants, aussi précoces et intelligents soient-ils, dans l’armée dès l’âge de six ans, pour les faire jouer à la guerre dans une étrange salle de bataille, et devenir dans l’absolu de parfaits soldats ? Dans quelle mesure on peut justifier une chose pareille ?

Voilà l’interrogation qui sous-tend la quasi-totalité du bouquin, et cela instaure dès les premières pages un malaise particulièrement perceptible. Jusqu’à quel point la fin justifie les moyens, même pour le bien de tous ? C’est une vaste question, que l’auteur développe avec brio au cours des pages.

L’autre grand point fort de ce roman, c’est le personnage d’Ender, et son parcours. Même si le principe du « gamin de six ans qui sait résoudre des équations du second degré » peut sembler un peu surréaliste, il est extrêmement bien rendu. Ender est certes un génie tactique, et la façon dont il traverse toutes les embûches de l’école de guerre le prouvent. Il y a un coté presque jouissif à le voir se déjouer des problèmes comme ça, d’un claquement de doigts.

Mais émotionnellement il reste très fragile… ses réactions rappellent souvent qu’il n’est qu’un enfant, pas forcément apte à porter le poids du monde sur ses épaules (qui pourrait le faire de toute façon ?). Le personnage est très attachant, mais fait aussi froid dans le dos dans certains passages.

C’est donc un sacré bout d’homme qu’on a plaisir à suivre au gré des pages, de ses rencontres et de ses exploits, de ses joies et de ses colères. Cela justifie donc parfaitement de dévorer l’ouvrage… et d’aller chercher immédiatement la suite à la bibliothèque.

En plus, pour un bouquin qui a plus de 20 ans, son ambiance n'a pas vraiment vieilli, sinon pour quelques mots de vocabulaire (le bureau qui est un ordinateur portable) et une ambiance géo-politique très Guerre Froide. J'ai lu sur Wikipedia que le livre avait été retouché en 91, mais j'ai idée que la traduction française n'en a pas bénéficié.

L’année n’est pas finie mais je pense qu’il aura définitivement une place dans mon top 3, celui-là. J'ai déjà fini la suite, vous devriez vite avoir des nouvelles d'Ender...

Avis des autres atuaniens : Arutha, Daenerys, El Jc, Iani, Kactusss, Olya, Spocky, Zahlya

lundi 5 octobre 2009

Le Château de Vincennes



Ce qu’il y a de bien avec les filleuls, quand ils grandissent, c’est qu’on peut commencer à les corrompre avec ses propres passions. Harry Potter il a découvert ça tout seul, mais vu qu’il aime déjà les châteaux forts, je pense qu’on devrait pouvoir doucement l’intéresser aux égyptiens et tout le reste… et en avant pour le Louvre !

Bref l’autre jour, on a donc fait expédition familiale au château de Vincennes pour voir un vrai château fort, expédition fort intéressante parce que le donjon a été en restauration pendant plus de dix ans. La chapelle n’était pas encore rouverte d’ailleurs quand on y est allé, mais patience…

Je vous épargne la présentation chronologique (y’a des sites qui font ça mieux que moi), mais concrètement il y a eu un manoir de chasse au XIIe siècle, suivi par le fameux donjon de Charles V, après quoi il y a la Chapelle (style gothique flamboyant), et quelques bâtiments sous Louis XIV, et les différents usages qu'on en a fait (prison, services historiques des armées, etc.). Bref, comme pour tous les demeures royales parisiennes, l’historique suffit à donner la migraine (et encore, comparé au Louvre, ce n’est rien).

Par contre je peux vous dire que c’est un monument à visiter. Je ne sais pas dans quel état le donjon était avant restauration, mais c’est vraiment un lieu magnifique actuellement. Déjà les murs tiennent debout de même que le toit, ce qui est pas forcément courant quand on visite les châteaux forts.

Ensuite ça permet de se faire une bonne idée de ce qu’est un château : on a tous les poncifs : chemin de ronde (photo ci-dessous), pont-levis, meurtrières, grande pièces… il n’y a pas eu énormément de transformations, et en plus les quelques panneaux explicatifs éclairent bien le fonctionnement de chaque pièce.



Outre l’aspect didactique, le donjon est aussi très beau (et j’emploie pas le mot à la légère, en général je l’emploie jamais !), dans le genre beauté médiévale bien sûr. Les pièces ont des superbes plafonds voutés, il y a des traces de polychromie sur les murs et les arcs (= peinture pour les néophytes, ça faisait longtemps que je l’avais pas utilisé celui là !), des fresques entières parfois, et des sculptures un peu partout. Du coup on imagine facilement comment ça devait être magnifique à l’époque.





Bref, au risque de me faire tuer par une certaine personne, c’est une visite qui vaut bien Versailles, en plus accessible, moins long (et que l’entrée est gratuite pour les moins de 26 ans désormais !), et moins fréquenté !